Bonjour ! Ceci est ma première fanfic ASOIAF/GOT :) et c'est également la première fois que je publie ici, j'en appelle donc à votre indulgence ^^

Je tiens également à préciser que l'entièreté de l'univers appartient à George RR Martin.

Bonne lecture ;)

Sansa attendait depuis quarante-cinq minutes maintenant. Elle devait s'y résoudre, Harry ne viendrait pas ce soir. Il avait sûrement oublié. Elle espérait qu'il avait oublié. La pernicieuse pensée qu'il avait peut-être eu quelque chose de mieux à faire s'insinua dans son esprit mais elle ne pouvait s'y résoudre. Non, il l'aimait et il avait oublié voilà tout. Sansa avait toujours eu un don pour modifier dans son esprit la réalité qui l'entourait, pour la rendre plus douce et plus facile à accepter. Cependant, cette méthode Coué du pauvre commençait à moins bien marcher. L'arrivée dans le monde adulte et la confrontation à un monde trop laid et trop violent pour être maquillé derrière une couche de fois en l'humanité et de bons sentiments avaient eu raisons de ses autopersuasions.

Ça y était. Elle commençait à sentir le goût affreux de la honte et de la gêne dans sa bouche. Bons dieux, pourquoi la regardaient-ils tous comme ça ? Etaient-ils réellement obligé de poser lourdement leurs yeux emplis de piété et de compassion sur elle, comme si elle n'était qu'un petit être fragile à plaindre ? La jeune femme se décida à partir. Non, elle ne pouvait décidemment pas rester une minute de plus là, à attendre un homme qui ne viendrait pas comme une pauvre cruche. Elle ne parvenait pas à croire que Harry, qui avait toujours était si charmant et prévenant avec elle, venait de lui poser un lapin. Elle ravala sa fierté et ses larmes en se levant et s'excusa auprès de la serveuse d'avoir gardé une table pendant près de quarante-cinq minutes, sans rien commander de plus qu'une limonade sans sucre.

Après la honte, vînt la colère. Oui, elle était énervée contre lui. Sansa avait dit à Harry au moins quatre fois cette semaine le jour, l'heure et le restaurant auxquels ils devaient se retrouver. Et malgré tout cela, il avait oublié, comme si leur relation n'était pas importante. Certes, cela ne faisait pas très longtemps qu'ils sortaient ensemble, mais tout de même, s'il avait quelque chose de plus important à faire (bien que sous le coup de l'énervement, Sansa ne voyait pas ce que son petit ami aurait eu de mieux à faire que de la voir, elle, sa petite-amie dont il était amoureux), il aurait pu, dû avoir la délicatesse de la prévenir, histoire qu'elle ne ridiculise pas devant la salle entière de l'un des restaurants les plus en vogue de Port-Réal.

Ce fût sur le trajet du retour que l'amertume vînt. Le goût, plus âpre encore que celui de sa limonade sans sucre ajouté, avait comme une impression de déjà-vu. Elle avait vécu cette situation dans le passé, et avait tout fait pour ne pas la revivre. Apparemment ses efforts avaient été vains. Elle retenait ses larmes si fort, mais elle ne put empêcher une perle salée de rouler sur sa joue. « Quelle idiote, se dit-elle, vais-je apprendre un jour ? »

Elle entendit son téléphone sonner dans son sac à main de luxe, mais elle ne décrocha pas. D'abord, elle était en train de conduire et ensuite, elle n'avait pas envie de prendre le risque de voir son nom sur l'écran. Parce que même si elle en voulait à Harry, elle savait qu'elle aurait décroché et prétendu ne pas avoir été dérangée par le fait qu'il l'ait oubliée. Une fois garée sur le parking de sa résidence, Sansa coupa le contact mais s'accorda quelques secondes avant de sortir de la voiture. Là-haut, il y avait Margie et un de ses frères. Sa colocataire-meilleure-amie-confidente avait profité que Sansa sorte pour faire venir de la famille chez elle. Habituellement, elle évitait l'appartement était petit et elle ne voulait pas que Sansa se sente rejetée et étrangère dans sa propre maison, la présence d'un semi-étranger pouvait créer des situations gênantes. Sansa n'avait jamais vraiment compris le raisonnement apparemment logique de Margie, mais cela ne l'avait pas empêché de l'appliquer à elle-même, ne voulant pas faire vivre à sa meilleure amie ce qu'apparemment elle redoutait le plus.

Et bon sang, maintenant Sansa comprenait ce que Margie entendait par « situation gênante ». Elle savait qu'à peine elle franchirait le pas de la porte, elle fondrait immédiatement en larmes dans les bras de sa meilleure amie, présence du frère ou pas. Elle ne pourrait tout simplement pas retenir ses émotions. Tout se mélangeait dans son corps et dans son esprit et sa gorge était bloquée, comme si toutes ses émotions s'étaient rassemblées là pour fusionner en une boule qui l'étouffait. Sansa hésita un instant à prendre la route et à rentrer pour le week-end chez la famille de sa mère, qui habitait plus près que ses parents. Mais ne voyant pas comment elle pourrait justifier cette arrivée surprise à son oncle et à son grand-père, elle décida de prendre son courage à deux mains et d'affronter ses problèmes comme une grande fille.

Encore une chose qu'il lui avait reproché dans le passé. De fuir ses problèmes comme une enfant, de ne jamais vouloir aller jusqu'au conflit alors que lui avait cette désastreuse tendance à exploser à chaque fois que quelque chose n'allait pas dans son sens. A la pensée de son ex petit-ami, Sansa se gifla mentalement. Pourquoi donc revenait-il dans son esprit à chaque occasion ? Peut-être que c'était parce que la gifle qu'elle venait de se donner était mentale, alors que les siennes avaient bien été réelles.

La jeune femme savait qu'il était plus que temps pour elle d'avancer et de passer à autre chose, mais elle n'y parvenait pas. Son esprit était bloqué sur cette histoire passée et ressassait sans cesse tout ce qu'il s'était passé entre eux, de leur premier flirt à la dernière gifle. Enfin, ça avait été plus qu'une gifle, étant donné que les marques avaient alerté Margie, qui elle-même avait alerté ses parents. Si son amie était restée silencieuse, obéissant à la volonté de Sansa de ne pas inquiéter ses parents pour quelques secousses, la vue de son corps teinté de couleurs pastel avait était la goutte de trop. Alors Margie avait pris son courage à deux mains et avait téléphoné à Catelyn. Sansa n'eut connaissance de cette conversation que lorsque ses parents décidèrent de lui toucher deux mots à propos du comportement de son petit-ami. Lorsque Catelyn en avait d'abord parlé à Eddard, la réaction de celui-ci avait d'abord été violente, son instinct de père protecteur prenant le dessus sur tout.

« Je vais me le faire ce petit con. » Catelyn l'en avait convaincu autrement. La violence ne résoudra rien, avait-elle dit et elle n'aidera sûrement pas notre fille qui en est victime. Mais après la première colère, Ned et Dat avaient d'un coup commencé à ressentir de la culpabilité. Sournoisement, les pensées qu'ils auraient dû savoir et qu'ils auraient dû la protéger étaient petit à petit rentrées dans leurs esprits. Mais comment avaient-ils pu être aveugles à ce point ? Comment n'avaient-ils pas pu voir les signes ? Les repas familiaux qu'elle évitait, les hauts à manches longues même en été ?

Lorsqu'ils en parlèrent pour la première fois, Sansa fit l'autruche. Bien évidemment, comment aurait-elle pu faire autrement ? Était-ce parce que c'était plus simple et sûrement moins douloureux que de s'avouer que oui, sa relation avec Joffrey était toxique ? Que non, ce n'était pas normal que les coups et les insultes pleuvent sur elle à chaque fois qu'il en avait envie ? Qu'à dix-neuf ans sa vie ne devrait pas être entièrement consacrée à se conformer aux attentes inatteignables d'un garçon, même si elle l'aimait de tout son cœur ?

« Ce n'est pas ta faute. »

A l'époque, pourtant, pour elle, ça l'était. Elle se flagellait mentalement à la moindre chose qu'elle pensait faire de travers. Pourquoi avait-elle mis un chemisier blanc alors qu'il n'aimait pas cette couleur ? Elle savait pourtant que quand elle le voyait, elle devait mettre du rouge. Le plus vif que possible, même si cela jurait affreusement avec le magnifique auburn de ses cheveux. Pourquoi quand un garçon lui parlait, elle répondait ? Tous les hommes sont des prédateurs, la proie est déjà prise par le lion, et celui-ci n'est pas partageur. A croire qu'elle le faisait exprès. Après tout, ce n'était qu'une pauvre conne.

Bon sang. Mais qu'est-ce qui lui prenait de penser à des choses pareilles alors qu'elle était déjà au bord de la crise de larmes ? Cela fait quatre ans que c'était fini avec Joffrey. Le traumatisme aurait dû être digéré. Et pourtant, son esprit y revenait à chaque fois que quelque chose allait mal dans sa vie.

L'échec de son couple était quelque chose de difficile à accepter. Elle y avait mis tellement de temps et d'énergie. Se remettre avec quelqu'un, après tout ce qu'il s'était passé, avait été une épreuve pour elle. Arriver à de nouveau donner entièrement sa confiance avec un homme était dur. C'est vrai qu'Harry avait déployé des trésors de patience pour l'obtenir. Ne pas être trop pressant, lui donner son espace, accepter de ne la toucher qu'après de nombreux rendez-vous. Puis après elle s'était laissé emporter par la vague de l'amour. Comme d'habitude, les premiers mois avaient été idylliques. Harry ne ressemblait en rien à Joffrey. Moins lâche, jamais de colère ni de gestes violents (ce qui pouvaient sembler être la base d'une relation saine, mais sachant son passif, Sansa avait abaissé la barre de ses exigences très bas, si barre il y avait encore).

Tout avait été parfait, puis comme dans toute relation la passion des débuts s'était peu à peu calmée et seul l'amour, qu'elle croyait, à tort peut-être, réciproque et partagé, était resté. Harry est un garçon occupé, certes, mais il avait toujours trouvé du temps pour elle, entre deux entraînements de hockey et une soirée avec ses copains de la fac. Ils étudiaient sur le même campus mais pas le même domaine. Tandis que Sansa se plaisait à étudier la psychologie et se rêvait psychanalyste, Harry lui, était étudiant en droit et ne pensait qu'à ouvrir son propre cabinet en droit des affaires. Leur couple avait commencé à s'effriter après les partiels de cet hiver. Ils avaient tous les deux passé les fêtes de fin d'année dans leurs familles respectives et ne s'étaient vus que pour fêter le Nouvel an avec leurs amis, dans le chalet familial d'Harry, localisé, bien évidemment, dans l'une des stations les plus huppées du pays. Même si leurs petites vacances s'étaient relativement bien passées, ils n'avaient finalement pas passé plus de temps ensemble que cela et leur baiser de minuit n'avait laissé qu'un arrière-goût fade à Sansa.

L'insipidité avait désormais laissé place à l'amertume. Comment en quelques mois seulement leur relation avait-elle pu se dégrader à ce point ? Ils n'en avaient pas parlé ensemble ouvertement, mais ils sentaient bien que quelque chose n'allait plus. Alors, subtilement, ils avaient multiplié les sorties, les cadeaux, les soirées ensemble. Mais ce n'était plus comme avant. Quelque chose avait changé. Sansa sentait qu'Harry se laissait. Et elle ne savait pas quoi faire pour y remédier. Désespérée, elle qui d'habitude était si discrète sur ses relations s'était ouverte à sa mère, lorsqu'elle était rentrée dans le nord pour un week-end. Elle l'avait sauvé d'une précédente relation qui avait tourné à la catastrophe, elle pourrait sans doute empêchait celle-là d'en devenir une également.

« Ma puce, ce qui est mort ne saurait revivre. » lui avait-elle seulement dit. Vraiment pas le genre de réponse que la jeune femme attendait. Ce soir-là, elle avait longuement pleuré en regardant leurs photos ensemble sur son téléphone. Etait-ce vraiment fini ? S'accrochait-elle à une histoire qui n'en valait pas la peine ? Peut-être. Sûrement. Probablement.

Mais elle désespérait d'y croire. Elle refusait de se laisser abandonner. Elle était une Stark après tout, et elle avait sa fierté. Ce n'était tout de même pas cela qui allait mettre fin à plus d'un an de relation.

Alors, elle avait déployé toute sa force et son énergie dans son couple. Elle avait littéralement tout donné. Et son travail acharné avait payé. Depuis quelques semaines, la passion semblait être revenue, la flamme était enfin réapparue. Ce soir était censé être le bouquet final du processus de réconciliation, le dîner où enfin ils auraient pu célébrer que tout était redevenu comme avant.

Mais Harry n'était pas venu, et elle n'avait eu qu'un tas d'émotions négatives comme compagnie ce soir. Pas le date rêvé.

Inspire

Expire

Inspire

Expire

Tourne la clé

Non, ne laisse pas les larmes monter.

Ça y est, tu l'as fait, la porte est ouverte.

Maintenant, rentre.

Où sont-ils ? Cuisine ? Salon ? Sur la terrasse ?

Cuisine. Le son de leurs voix est trop flou pour venir du salon mais trop clair pour venir de la terrasse.

Parfait, si tu ne fais pas de bruit, tu vas pouvoir regagner ta chambre sans qu'ils ne le remarquent

Génial, pas de questions gênantes sur le fait que tu rentres à même pas vingt-et-une heure alors que tu n'étais même pas censée dormir là ce soir.

Et bien évidemment, Sansa fît tomber ses clés sur le carrelage.

Et bien évidemment, cela fît un bruit monstre.

« San ? C'est toi ? »

Sansa ferma les yeux. Soupira. Et se retourna d'un quart pour que son regard atterrisse dans celui de sa meilleure amie.

« Oh. » fût la seule chose que Margie parvint à prononcer quand elle se rendit compte du degré d'humidité des yeux de sa meilleure amie.

« Oh. » répéta-t-elle quand elle perçût les premiers reniflements.

Et enfin « oh », quand elle réalisa qu'elle aurait probablement une nouvelle fois le cœur de Sansa à réparer.