Me revoilà avec une nouvelle histoire à laquelle j'ai pensé en écoutant le cinquième tome d'HP. Le passage au département des mystères m'a beaucoup inspiré, en particulier les quelques lignes qui parlent de la fameuse salle de l'Amour.
J'espère que ça vous plaira et bonne lecture !
Rating : K+ pour l'instant
Résumé : Pendant la bataille du ministère de la Magie, au Département des Mystères, Hermione tombe par hasard dans la salle de l'Amour. Là, elle découvre avec stupéfaction qu'elle est liée à quelqu'un et cherche désormais à comprendre pourquoi et surtout comment s'en détacher.
Chapitre 01
Nuit du 17 au 18 juin - Département des Mystères
Hermione et Luna entrèrent dans la salle et claquèrent la porte derrière eux. La respiration sifflante d'avoir trop couru, une main sur son point de côté, Hermione posa la tête sur le bois de la porte et attendit quelques secondes que sa respiration et son cœur s'apaisent.
Ce fut la voix rêveuse de Luna qui rompit le silence.
– Regarde !
Hermione releva la tête et vit, au-dessus de la porte, une inscription gravée en lettres d'or :
Avant moi, rien ne fut créé
sinon d'éternel. Et moi, je dure éternellement.
Vous qui entrez, abandonnez toute espérance.
Des paroles étranges, songea Hermione avec un frisson.
Elle s'en détacha et observa les lieux.
Ils ne ressemblaient en rien au reste du ministère de la Magie. La pièce avait l'immensité d'une cathédrale mais contrairement à la salle des prophéties, il s'y dégageait une aura de chaleur douce. De grandes tentures de soie et de mousseline rouges, lilas et roses pendaient du plafond, séparant les étagères des tables et des tapis moelleux et colorés recouvraient le sol.
Les tables exposaient des flacons, des rouleaux de parchemin, des livres et des objets inconnus et auxquels même Luna s'abstint de toucher. Les étagères, quant à elles, formaient un véritable labyrinthe. Certaines étaient masquées par des rideaux de velours rouges, mais celles qui étaient ouvertes montraient de petites sphères semblables à celles des prophéties à la différence près qu'elles étaient rose pâle et non pas blanche.
L'air embaumait un mélange délicieux d'herbe fraîchement coupée, de parchemin neuf et d'une odeur qu'elle adorait sans parvenir à mettre le doigt dessus. A côté d'elle, Luna avait stoppé sa marche et fermé les yeux, un sourire sur le visage.
– Quoi ? demanda Hermione.
– Tu sens comme ça sent bon ? dit-elle de ton habituelle voix éthérée.
– Oui, répondit Hermione en souriant. L'herbe...
– La pluie après une chaude journée d'été, coupa Luna perdue dans ses pensées. Et aussi celle du papier encore chaud qui sort de la machine à imprimer.
Hermione l'observa, un instant perdu car ça ne sentait absolument pas ça pour elle.
– Où sommes-nous ? demanda-t-elle.
– La Salle de l'Amour, dit Luna sur le ton de l'évidence.
Soudain, la porte claqua derrière eux. Hermione se retourna et vit deux Mangemorts franchir le seuil. Elle attrapa Luna et fila à travers les rayons aussi silencieusement que possible mais Luna trébucha et un des objets tomba à terre avec un bruit sourd qui se répercuta.
– Par là, hurla un Mangemort.
Hermione jura et elles filèrent à travers les hauts rayonnages, le bruit de leur pas heureusement amortis par un tapis épais. Malheureusement, cela signifiait aussi que les Mangemorts pouvaient les surprendre.
Elles se cachèrent entre deux rayons. Chacun était gravé d'une lettre et Hermione vit qu'elles se trouvaient entre les rayons F et G. Luna était collée contre Hermione qui sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine.
– Hermione, chuchota Luna.
Hermione se tourna vers elle et Luna tendit l'index vers le rayon G où, sur une étagère à mi-hauteur, était gravé son propre nom "Hermione Jean Granger" en lettres d'or en-dessous d'une petite sphère. Stupéfaite, Hermione se leva, et observa la sphère rose posée sur son écrin de velours. De là, elle ne distinguait rien de plus que de la fumée dorée dans la petite boule.
Elle se rendit compte qu'elle retenait sa respiration et que son cœur cognait si fort dans ses oreilles qu'elle n'entendait plus rien.
– Hermione, chuchota Luna qui attrapa un pan de sa robe.
Mais Hermione n'écoutait plus. Elle avait peur mais l'excitation et la curiosité prirent le pas sur le reste et elle saisit la petite sphère entre ses mains. Celle-ci se mit à briller comme si l'intérieur contenait un petit soleil.
Aussitôt, un sentiment intense de bonheur et de paix s'empara d'elle, l'enveloppant comme un cocon. Jamais, elle n'avait éprouvé une telle sérénité, une telle paix. Ou plutôt si, ce sentiment lui évoquait d'heureux souvenirs d'enfance auprès de ses parents.
Puis, elle se rendit compte qu'elle se sentait aimée. Un amour sincère, profond et réciproque comme on le rêve souvent. Ce n'était pas un amour passionnel ou violent mais quelque chose de plus durable, de doux, qui pouvait tout surmonter et qui plaçait le respect et la joie au-dessus des drames.
Hermione sentit ses yeux se couvrir de larmes et elle fixa la sphère qui jusque-là s'était contentée de briller. A présent, elle lui présentait un visage clairement reconnaissable. C'était quelqu'un qui, elle le savait, pouvait lui donner tout cet amour, cette paix et cette sérénité. Choquée par ce qu'elle voyait, elle reposa la sphère sur son socle qui sembla s'éteindre et reprendre sa teinte rose pâle habituelle.
Elle se rendit alors compte du silence oppressant qui régnait autour d'elle et vit que Luna n'était plus là. Les derniers vestiges de paix et d'amour qu'elle ressentait furent aussitôt remplacé par la peur et elle courut chercher son amie.
Dernière semaine du mois de juillet
Une fraîche journée d'été touchait à sa fin dans le petit quartier paisible de la ville de Surrey. Les maisons parfaitement alignées affichaient une pelouse bien verte et les massifs de fleurs débordaient de couleurs.
Contrairement à la canicule de l'été précédent, celui-ci était frais. Une brume froide enveloppait les rues le matin et ne se levait que péniblement vers le milieu de la journée. Le soleil souvent voilé peinait à réchauffer les corps et les esprits et la plupart des présentateurs météo concluaient leurs prévisions en expliquant que les mois de juillet et août seraient probablement bien plus frais que la normale.
Au numéro dix-sept de l'allée des Cerisiers, la maison des Granger avait ouvert ses fenêtres pour aérer les pièces. Un homme s'afférait sur un rosier du jardin, taillant avec précision les branches mortes, tandis qu'une femme dans le salon, buvait une tasse de thé devant un feuilleton. Au premier étage, Hermione Granger faisait sa valise.
Elle avait été invité à passer la fin de l'été chez Mr et Mrs Weasley par Ron et Ginny et elle avait hâte de s'y rendre même si ses parents lui manqueraient. Ils avaient passé quelques jours à la plage pendant leurs congés mais à présent qu'ils travaillaient de nouveau, ils avaient accepté qu'Hermione parte. Ils étaient déçus de ne pas l'avoir tout l'été, elle le voyait bien, mais les événements tragiques qui s'étaient déroulés à peine quelques semaines plus tôt la hantaient sans qu'elle ne puisse s'en ouvrir à ses parents.
Elle ne voulait pas les inquiéter.
Pourtant le soir, elle scrutait parfois pendant des heures le plafond de sa chambre en pensant à Sirius qui était mort, à Harry qui le pleurait, à Voldemort caché quelque part en attendant son heure. Une angoisse sourde mêlée de tristesse gonflait alors dans sa poitrine en la laissant parfois secouée de larmes.
Elle serait mieux au Terrier.
Elle empila soigneusement ses robes de sorcières fraîchement lavées et repassées, ses sous-vêtements et ses livres préférées qu'elle voulait absolument emporter à Poudlard. Elle glissa sa baguette magique dans sa poche et prépara le panier de Pattenrond qui somnolait à présent sur un oreiller de son lit. Puis, une fois ses affaires prêtes, elle s'assit sur le lit et fixa le tapis au sol. Quelques petits fils ressortaient depuis que Pattenrond aimait s'y faire les griffes.
Hermione entoura ses épaules de ses bras, soudainement prise de frissons. Elle devait être honnête avec elle-même, elle ne pensait pas qu'à Sirius, Harry ou Voldemort.
Ce qu'elle avait vu dans la salle de l'Amour, au département des Mystères, tournait dans sa tête bien qu'elle fasse beaucoup d'effort pour l'oublier. Elle n'en avait parlé à personne, pas même à Ginny avec qui elle échangeait régulièrement des lettres, et surtout pas à Ron ou Harry qui ne comprendraient pas.
Hermione profita d'une dernière soirée avec ses parents. Une soirée simple composée d'une pizza extra-large et d'un bon film, de rires et de beaucoup d'amour. Puis, le lendemain matin, alors que le quartier était recouvert d'un brouillard épais et froid, Hermione respira une dernière fois le parfum entêtant du jasmin planté devant l'entrée de la maison, puis tourna les talons et partit vers le Terrier.
– Tu y es entrée ? questionna Ginny.
Ses sourcils étaient si froncés qu'ils ressemblaient à deux ailes d'un oiseau. Assises sur le sol de la chambre de Ginny, au premier étage de la maison des Weasley, Hermione et elle discutaient pour la première fois des événements survenus quelques semaines plus tôt. Ginny portait encore des stigmates de la bataille au Ministère et Hermione devait bien avouer qu'elle aussi.
– Oui, avoua Hermione. Juste après la cohue des prophéties on a été séparé, tu te souviens ? J'ai traversé la salle de l'Amour à ce moment-là.
Elle se laissa aller contre le lit de camp où elle dormait et gratta Pattenrond entre les oreilles. Il était allongé sur le tapis élimé de la chambre de Ginny, pareil à une descente de lit orange.
Pour la première fois depuis des semaines, elle pouvait lâcher prise et raconter ce qu'elle avait vécu. Elle pouvait se décharger d'un peu de ce poids-là.
– Et ? insista Ginny.
Hermione avait attendu toute la journée le moment où elle pourrait s'isoler en compagnie de Ginny pour enfin lâcher le secret qui alourdissait son cœur depuis des semaines. Elle se mordit les lèvres et avala précipitamment une Patacitrouille pour se donner du courage.
– Et la salle est immense et… je ne sais pas, étrange.
Hermione fit de son mieux pour décrire l'immense salle dont la décoration tranchait avec la froideur du Département des Mystères. Elle parla des objets étranges, des étagères de petites sphères qu'Hermione avait pris pour d'autres prophéties à l'exception qu'elles n'étaient pas blanche comme les autres mais d'un rose pâle.
Elle parla de l'odeur dans l'air qui était différente pour Luna et elle et des sensations enivrantes qu'elle avait éprouvé en prenant la sphère à son nom. Elle n'oublierait jamais la puissance de l'amour qu'elle avait éprouvé à ce moment-là.
– Qu'est-ce que c'était ? demanda Ginny avec avidité.
Elle avait déballé un Chocogrenouille et avalé le chocolat sans même regarder la carte qu'elle tenait encore à la main.
Hermione prit une longue inspiration et termina son verre de jus de citrouille où teintait quelques glaçons.
– Je ne sais pas exactement, admit Hermione. Ce n'était pas une prophétie mais ça concernait... quelqu'un. J'y ai vu le visage d'un jeune homme mais surtout j'ai éprouvé un amour si fort, une paix si profonde que...
Hermione avait du mal à mettre des mots sur les sentiments qui l'avaient traversé et laissé si profondément ébranlé.
Elle hésita avant d'ajouter :
– Ça concerne mon avenir amoureux, je crois, ajouta-t-elle. Ça m'a montré une sorte... d'âme sœur.
Elle avait utilisé ce terme faute d'un plus approprié.
Ginny avait la bouche ouverte de stupéfaction.
– Et donc ? la pressa-t-elle. Qui ?
– Celle que j'ai vu est un garçon à qui je n'ai presque jamais parlé de ma vie…
– On peut y remédier, assura Ginny.
– … qui est à Serpentard…
– Bon, coupa Ginny, personne n'est parfait mais on peut faire avec.
– … et de ce que je sache, c'est le fils d'un des mangemorts qui nous a attaqué au ministère, acheva Hermione.
Ginny grimaça, à court d'argument pouvant balayer ce genre de révélations.
– Merde, lâcha-t-elle. Punaise, dis-moi que ce n'est pas Malefoy.
Hermione prit une grande inspiration et croqua dans un autre Chocogrenouille.
– C'est Nott. Théodore Nott.
Ginny resta un instant interdite.
– Qui ?
– Un Serpentard de notre année, expliqua Hermione. Il ne parle pas beaucoup et il travaille souvent seul à la bibliothèque, c'est tout ce que je sais de lui.
Ginny sembla fournir un effort de concentration pour se souvenir de la personne en question.
– Je ne vois pas.
– Il est tard, dit Hermione. On en parlera demain.
Elles se brossèrent les dents puis se couchèrent en laissant la fenêtre ouverte pour laisser une brise entrer. Malgré sa fatigue, Hermione avait la tête pleine de pensées qui tourbillonnaient. Comme chaque soir, elle s'assoupit en pensant une nouvelle fois au Département des Mystères. Il lui sembla entendre d'étranges bruits au loin, ou peut-être dans sa tête, puis elle sombra définitivement dans le sommeil.
Le lendemain matin, elle s'éveilla en se sentant déjà fatiguée. Pourtant, elle se leva et accompagna une Ginny ronchon jusqu'à la cuisine pour y prendre un petit-déjeuner.
Les fenêtres étaient toutes ouvertes. Pattenrond somnolait sur le rebord de l'une d'elle, observant parfois un gnome courir à toute vitesse dans le jardin.
Sur la table, Mrs Weasley avait disposé des œufs, des toasts, des harengs, des saucisses et du porridge. Hermione était en train de manger des œufs accompagnés d'une tasse de café quand Harry et Ron entrèrent dans la cuisine. Mrs Weasley arriva au même moment, un panier plein de carottes, de brocolis et de choux de Bruxelles au bras.
– Bonjour, mes chéris, dit-elle en posant son panier sur le plan de travail de la cuisine. Des lettres sont arrivées pour vous, vos résultats je crois.
Hermione eut un instant de flottement pendant lequel elle pensa « Quelle lettre ? », puis elle se souvint des BUSE et des résultats qui devaient arriver aujourd'hui. Elle poussa un cri et se précipita vers Mrs Weasley, les mains tremblantes.
Elle ouvrit sa lettre et lut avidement ses résultats, sentant son estomac se détendre à chaque petit « O » soigneusement tracé qu'elle voyait.
Elle avait obtenu dix BUSE.
Elle laissa échapper un long soupir de soulagement et tenta de ne pas avoir l'air trop satisfaite d'elle-même. Mais tout de même, dix BUSE !
Harry et Ron eurent chacun sept BUSE et Mrs Weasley était si ravie qu'elle les embrassa chacun sur les deux joues.
– Je vais préparer un beau dîner pour fêter ça ce soir, dit-elle en agitant sa baguette magique.
Les carottes s'élevèrent dans les airs et se pelèrent toute seule.
– Arthur va être tellement heureux ! ajouta-t-elle. Mon petit Ron, tu as plus de BUSE que Fred et George réunis.
Ron rougit et Harry lui donna une tape dans le dos. Puis, il remarqua dans sa propre enveloppe, un petit badge de...
– Capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor ! s'exclama Ron en prenant le badge des mains de Harry pour l'examiner sous toutes les coutures.
– C'est parfait ça, Harry, dit Hermione. Maintenant, tu as les mêmes avantages que les préfets.
Ginny attendit la fin du repas du soir pour reparler du secret d'Hermione. Ils s'étaient installés dans le jardin malgré la fraicheur de la soirée. Une grande table était installée au-dessus de lampions colorés qui diffusaient une douce lumière. Une fois l'énorme gâteau aux fraises dévoré, ils prirent une dernière tasse de chocolat chaud et montèrent se coucher.
La chambre de Ginny était plongée dans la pénombre et les deux jeunes femmes étaient allongées dans leur lit. Ginny dans le sien et Hermione dans le lit de camp qu'elles avaient coincé entre la porte et l'autre lit.
– Je n'arrête pas de penser à ce que tu m'as dit hier soir, dit Ginny en se tournant vers Hermione.
– Et moi donc, soupira Hermione.
Malgré le divertissement bienvenue des BUSE, son esprit revenait inlassablement à l'étrange salle de l'Amour du département des Mystères. Une salle dont Albus Dumbledore avait dit qu'elle contenait à la fois un pouvoir plus puissant que la mort, que l'intelligence humaine et toute autre force de la nature.
– A ton avis, qu'est-ce que ça signifie cette prophétie ? Que tu ne peux être véritablement heureuse qu'avec un garçon random à qui tu n'as jamais parlé de ta vie ?
Hermione réfléchit un instant avant de répondre et le silence fut seulement meublé par les grillons qui chantaient dans le jardin.
– Je ne sais pas, avoua-t-elle. Je pense que ça n'a pour but que de me donner une indication. J'y ai pensé quand Harry nous a expliqué pour la prophétie l'opposant à Voldemort.
– Comment ça ? demanda Ginny en se redressant sur son coude.
Hermione fit de même et lui expliqua :
– Dumbledore a dit que la prophétie n'a de sens que parce que Voldemort a choisi délibérément d'y croire et de l'interpréter comme il l'a voulu. Peut-être que c'est pareil ici ? Si je choisis de ne pas y accorder d'importance, ça ne changera rien.
– Certes, dit Ginny peu convaincue, mais ça n'est pas pareil. Ça n'est pas une prophétie, simplement une sorte d'indication ? Peut-être que ça signifie que tu peux être heureuse avec n'importe quelle personne de ton choix mais que celle-ci en particulier peut avoir une plus grande incidence sur ta vie ?
– Peut-être…
Hermione se rallongea, la tête pleine de questions plus que de réponses.
– Demain, on va sur le chemin de Traverse, rappela Ginny. On cherchera quelque chose chez Fleury & Bott. Peut-être qu'ils ont un livre hyper détaillé sur toutes les salles du département des Mystères.
Hermione sourit dans le noir et laissa son esprit divaguer doucement alors qu'elle sombrait dans le sommeil.
Il apparut bien vite que Fleury & Bott n'avait rien de plus sur le Département des Mystères que ce que le grand public savait : un endroit détenant les plus étranges et sombres secrets de la magie, connus seulement des Langues-de-Plomb.
Elle reposa « Les plus grands secrets du ministère de la Magie » sur son étagère et rejoignit Ginny qui était plongée dans « Le ministère de la Magie à travers les âges ».
– Rien ici, dit-elle en refermant l'épais grimoire. On a juste la date de création du département des Mystères mais rien sur ce qu'il contient précisément. Tu sais quoi, Hermione ? Je pense que nous sommes les seuls, avec les Langues-de-Plomb, à en savoir autant sur ce que contient cet endroit.
Hermione pensait la même chose et ça ne la rassurait pas. Elle aurait aimé avoir la possibilité d'en parler à Dumbledore qui aurait probablement des réponses à lui donner mais elle n'était pas Harry.
Harry aurait l'occasion de voir Dumbledore plusieurs fois au cours de l'année scolaire car le directeur avait prévu de lui donner des cours particuliers. Elle envisageait de plus en plus sérieusement de lui faire passer un message via Harry mais ça impliquait de parler à son meilleur ami de son escale dans la salle de l'Amour. Or, pour le moment, elle sentait qu'elle avait besoin de parler à une autre femme.
– Viens, dit Hermione, allons à la boutique de Fred et George, ça nous changera les idées.
Hermione et Ginny déposèrent leurs fournitures et leurs nouvelles robes au Chaudron Baveur puis remontèrent le chemin de Traverse jusqu'à la boutique des jumeaux.
La rue était sinistre avec tous ses magasins à la devanture fermée, à commencer par l'emblématique boutique d'Ollivander. Les gens allaient et venaient sans se parler, d'un pas rapide, et Weasley, Farces pour sorciers facétieux détonnait au milieu de la peur ambiante.
La boutique à la devanture rouge vif, lumineuse et bruyante était comme un feu d'artifice de couleurs au milieu d'une toile grise.
Hermione échangea un sourire avec Ginny et elles entrèrent.
Le premier septembre, Hermione retrouva le chemin de Poudlard avec un plaisir non dissimulé. Elle avait hâte de retrouver la bibliothèque, la salle commune, la Grande Salle, Hagrid et toutes ces petites choses qui rendaient la vie à l'école si agréable.
– Je te dis que c'est un Mangemort, insista une nouvelle fois Harry d'un ton buté.
Hermione se cacha davantage derrière son vieil exemplaire de l'Histoire de Poudlard et tâcha d'ignorer Harry.
Quelques jours plus tôt, lors de leur passage sur le chemin de Traverse, ils avaient croisé Malefoy se dirigeant vers Barjow & Beurk. Là, Hermione avait cédé à Harry et en compagnie de Ron, ils avaient tous les trois suivis leurs camarades jusqu'à la boutique miteuse de l'allée des Embrumes.
Depuis Harry s'était mis une idée en tête et semblait vouloir la partager à tout bout de champs, ignorant qu'Hermione avait plus important à penser.
– Harry, soupira-t-elle finalement avec agacement. Oui, c'est étrange ce qu'il s'est passé ce jour-là mais non, ça ne veut pas dire que Malefoy soit un Mangemort. Maintenant, s'il te plaît, peut-on parler d'autres choses ?
Harry s'enferma dans un silence boudeur mais au moins il ne parlait plus de Malefoy.
Le Poudlard Express filait dans la campagne écossaise en laissant derrière lui des panaches de fumées qui se confondaient avec les gros nuages gris du ciel. L'air frais et humide laissait sur les vitres de la buée qui brouillait le paysage.
Un petit tas de friandises et de sandwiches de Mrs Weasley trainait sur un des sièges et Hermione opta pour un sandwich à la dinde.
L'après-midi était parti pour être long. Ils eurent la visite de plusieurs membres de l'Armée de Dumbledore et dans l'après-midi Harry retrouva le professeur Slughorn dans son compartiment.
Hermione prétexta alors un passage aux toilettes pour laisser Ron et Neville discuter de Quidditch et sortit dans le couloir.
Elle ne se rendit pas aux toilettes mais fit le tour des compartiments du pas nonchalant de celle qui se promène. Elle passa rapidement sur celui des Serpentard où Pansy et Drago étaient installés et arriva devant celui qui l'intéressait.
Théodore Nott, le jeune homme mentionné dans sa prophétie, était assis seul dans son compartiment. Il avait étalé ses longues jambes sur une des banquettes et lisait le manuel de potions. Il dût se sentir observé car il leva la tête et croisa son regard l'espace d'un instant. Elle se détourna et poursuivit sa route jusqu'au chariot de sucreries.
Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue. Une révélation ? Une étincelle ? Un coup de foudre ? Rien de tout ça n'avait eu lieu.
– Rogue professeur de Défense contre les forces du mal ! s'indigna Ron pour la dixième fois depuis l'annonce du banquet.
Ils étaient montés dans leur salle commune et Harry, Ron, Hermione et Ginny étaient assis près du feu. Les premières années découvraient les lieux et dehors une pluie intense tombait.
– C'est vraiment étrange, dit Harry. Pourquoi Dumbledore a-t-il accepté ça ?
– Slughorn était professeur de potions, dit Hermione. J'imagine que c'était sa condition pour revenir.
Ils poussèrent un soupir. Harry tapotait distraitement son nez fraîchement réparé. Malefoy lui avait cassé dans le train après qu'il ait espionné leur conversation. Hermione savait que ce n'était qu'une question de temps avant que Harry ne reparte sur sa litanie « Malefoy est un mangemort ».
– On va se coucher, Hermione ? dit Ginny d'un air faussement fatigué.
Hermione repéra Lavande et Parvati en train de bavarder avec Dean et Seamus.
– Bonne idée, je suis fatiguée.
Elles souhaitèrent bonne nuit aux garçons et montèrent les marches du dortoir où Hermione, Lavande et Parvati dormaient. Pattenrond dormait sur sa valise, au pied de son lit.
– J'ai réfléchi, dit Ginny d'emblée en s'installant sur le lit d'Hermione.
Elle sortit de sa poche deux bouteilles de Bièraubeurre et en tendit une à Hermione.
– Où as-tu trouvé ça ? s'étonna-t-elle.
– Fred et George m'en ont donné deux avant de partir, expliqua Ginny en décapsulant la sienne. Pour le voyage.
Hermione but une longue gorgée et s'installa contre le montant du baldaquin de son lit. Puis, elle tendit la main et caressa du bout des doigts l'épaisse fourrure orange de Pattenrond.
– Il existe des livres sur la magie de l'amour, reprit Ginny. Je ne te parle pas de filtre d'amour idiot mais de vrai amour. On dit que c'est une des plus puissantes formes d'amour et je sais qu'on en parle dans certains livres…
– Dumbledore en a parlé à Harry, approuva Hermione. Lorsque sa mère est morte en voulant le sauver, son amour lui a fourni une forme de protection si puissante qu'elle a anéanti Tu-Sais-Qui.
– C'est beau, commenta Ginny. Je veux dire, vraiment beau.
Elles échangèrent un sourire en buvant une autre gorgée.
– Ce que je ne comprends pas, dit Hermione, c'est ce que ça représente. Je ne crois pas qu'il existe une seule personne faite pour nous et qu'une fois qu'on la perd ou si on ne la trouve pas alors c'est terminé. Dans ce cas, où est le libre arbitre ?
Ginny leva les mains en signe d'impuissance.
– Peut-être que la salle de l'amour t'a montré Nott parce qu'il est le plus susceptible de te rendre heureuse parmi tous ceux que tu connais ? suggéra-t-elle. Tu as le choix de le choisir ou pas mais disons que si tu le choisis lui tu as plus dix points de bonheur.
Hermione eut un petit rire.
– C'est un Serpentard fils de mangemort, rappela Hermione.
– Je n'ai jamais dit que ça serait facile.
– Ginny, c'est…
Hermione se mordit la lèvre en quête d'un mot approprié pour décrire la situation.
– Impossible. Improbable. Quelqu'un comme lui, même s'il n'est pas proche de Malefoy, ne voudra jamais sortir avec quelqu'un comme moi.
Elle termina sa Bièraubeurre avant d'ajouter :
– Ce serait même irresponsable, en tant que née-moldue, de chercher à faire une chose pareille.
Et voilà ! Je me suis lâchée sur ce premier chapitre qui est vraiment long !
J'espère que vous avez aimé, n'hésitez pas à me le dire en me laissant une review :-)
