Helloooo ! Je suis de retour. Je suis désolée de mettre autant de temps à écrire, mais entre le travail et le syndrome de la page blanche, j'ai du mal. Tout est déjà planifié mais c'est compliqué à mettre en forme ! Enfin voilà. Merci de me suivre, et je suis curieuse de savoir quel trouple tu envisages, Momento Mortis.
Chapitre 9 :
POV Lilwen :This place is about to blow.
Dès que nous avions atteint le navire, nous étions tombés dans nos habitudes bien rodées et Crocodile avait prit la barre. Il était le plus doué d'entre nous pour cela. Doflamingo avait levé l'ancre, et Sirius était parti chercher le log pose que nous avions modifié grâce à la magie. Il nous était essentiel pour pouvoir retrouver les Mugiwaras puisque nos navires ne mouillaient pas au même endroit. Caesar, notre nouvelle addition, nous regardait nous activer, en retrait. Mais à chacune des explosions qui retentissaient au loin, je le voyais tressaillir.
Je bondis du haut du mats d'où j'avais détaché les voiles, et créais un courant ascendant pour freiner ma chute. Mes pieds touchèrent le sol au moment où Sirius passait le log pose à Crocodile. Nous pouvions faire confiance au corsaire pour nous guider, mais nous devions faire attention aux autres navires. En cas d'attaque, nous devions être prêts à nous défendre.
- Lilwen chan ! Transforme-nous à nouveau. Ordonna Doflamingo alors qu'il s'approchait de moi à grandes enjambées.
- Ca ne sert à rien! Elle va user de l'énergie pour rien. Vu l'état d'alerte dans lequel est l'équipage de Big Mom, ils tueront la moindre personne qui tentera de s'échapper. Emit Sirius.
J'hochais la tête pour appuyer les dires du Gryffondor. Avec la réputation que Big Mom avait, il était impératif que personne ne puisse sortir vivant de cette Tea Party. Si quelqu'un apprenait qu'elle avait failli être tuée, que sa fête avait été ruinée et qu'elle avait perdu de nombreux objets précieux, sa réputation en prendrait un coup. Un coup tellement puissant que sa force pourrait être remise en question. Elle ne se permettrait jamais un tel échec complet. Peu importait qu'on soit lié aux événements s'étant déroulés sur son territoire, maintenant, chacun des invités serait traqué et éliminé.
Doflamingo sembla concéder le point et se tourna vers Caesar, un air menaçant prenant place sur ses traits. Le scientifique eut un mouvement de recul et déglutit difficilement.
- Cher « ami »… Si jamais on nous attaque, je te conseille de nous aider à repousser nos ennemis, peu importe leur identité. Sauf si tu préfères perdre la vie… Ton coeur est si facile à réduire en miettes.
Le visage de l'homme-gaz blanchit encore un peu plus, mais il hocha la tête pour montrer qu'il avait bien compris la menace. Son regard se posa rapidement sur Sirius et une lueur de haine brilla dans l'or de ses yeux, avant qu'il ne retourne son attention sur le blond. Le mouvement n'avait pas échappé à ce dernier, si j'en jugeais par sa tempe qui battait furieusement, mais il fit volte-face et attacha un fil au sommet du mât. En un instant, il s'était hissé au sommet pour surveiller l'horizon.
Notre petite équipe avait bien évoluée. Maintenant, l'ancien roi de Dressrosa ne contestait plus la position de Crocodile comme navigateur, et s'occupait de façon différente. Il était clair qu'il avait perdu l'habitude de devoir faire les choses par lui même sur un navire, mais petit à petit, il s'était attribué des tâches, comme celle de remonter ou abaisser l'ancre. Ou de faire le guet, même s'il le faisait souvent plus par ennui que par pure volonté d'aider.
Une main se posa sur mon épaule et je tournai la tête pour voir que Sirius s'était placé à mes côtés. Ses traits étaient tirés par l'inquiétude, mais un air de défiance graciait tout de même son visage. Il ne ressemblait pas tant que ça à l'image que je m'étais faite de lui en écoutant mon père et Severus en parler. Il ne ressemblait pas non plus à ce qu'Harry m'en disait. Certes, il était toujours prêt à jouer une farce ou se moquer de quelqu'un, mais les moqueries semblaient moins acerbes et violentes que ce que j'avais entendu dire. Le désintérêt pour les autres semblait un lointain souvenir maintenant qu'il m'avait acceptée. Il était clair qu'il était protecteur envers ceux auxquels il tenait ou pour lesquels il avait un intérêt. Mon cousin éloigné était aussi assez courageux pour tenir tête à des corsaires redoutables et continuer à se battre malgré ses faiblesses.
- Tu tiens le coup? Demanda-t-il.
Je souris avec amusement pour cacher l'inquiétude que je sentais régner au fond de mon coeur. Si je croisais à nouveau Big Mom et qu'on devait la combattre, qu'arriverait-il à nos âmes? Que ferais-je si j'étais de nouveau face à un brasier? Je n'avais pas réellement peur du feu, mais plutôt de ce qu'il me rappelait. Chaque feu que je voyais évoquait le souvenir de cet auror au regard sombre. Celui qui m'avait tant troublée par ses agissements. J'avais vu la violence pure dont il était capable lorsqu'il était intervenu contre un raid de mangemorts. J'avais aussi remarqué à quel point les êtres qui l'entouraient n'avaient aucun intérêt pour lui. Ils ne semblaient être que des insectes insignifiants à ses yeux, hormis l'autre auror: Alix, celui qui semblait me vouer une haine des plus virulentes sans que je ne l'aie jamais provoqué. Mais Nathanael… Lui ne me haïssait pas. Ce n'était pas un regard de haine qu'il posait sur moi, oh non, jamais. C'était un regard de prédateur. Un regard qu'il ne réservait qu'à moi. Je savais que mes mouvements étaient épiés en sa présence. Je sentais le danger qui irradiait par vagues de son aura. Son ton poli mais menaçant et lourd de promesses que je ne savais interpréter…
- Lilwen?
Je secouais la tête pour chasser l'auror de ma tête. J'étais bien loin du danger qu'il représentait désormais.
- Désolée… Pour le moment ça va. Et toi?
Il haussa les épaules et me fit un clin d'oeil.
- Tu sais… Des situations dangereuses j'en ai connu des tas! Mon meilleur ami n'est pas un loup-garou pour rien.
Je lui souris en retour, appréciant la blague pour ce qu'elle était: une tentative pour calmer nos nerfs mis à rude épreuve.
- Il y a une flotte à tribord arrière. Environ dix navires, dont un qui doit être à un des commandants vu sa taille. Annonça Doflamingo, du haut du mât.
Je ne décelais pas une once de peur dans sa voix, juste une excitation sous-jacente. Sa déclaration eut l'effet inverse sur moi et je sentis la peur enserrer mon esprit. Avions-nous vraiment nos chances contre une telle flotte? Cela dépendait sûrement de quels membres de l'équipage de Big Mom la composaient.
- Tu en reconnais certains ? Demanda Crocodile.
- Il y a Amande, celle qui se bat à l'épée. Et un autre homme avec elle que je n'ai jamais vu, ils sont en discussion. Le reste, c'est surement du menu fretin!
Doflamingo descendit et se posa devant moi, un sourire carnassier aux lèvres.
- Qu'est-ce qu'on attend pour les tuer?
Il proposait qu'on les attaque, ce qui nous ferait perdre du temps pour rattraper les Mugiwara. Je pouvais créer un vent contraire qui freinerait nos ennemis et nous permettrait de les distancer. Mais ce ne serait pas suffisant pour qu'ils nous perdent de vue, donc ils nous suivraient et finiraient par nous attaquer. Ce qui voudrait dire qu'on amènerait d'autres ennemis supplémentaires au groupe que nous devions sauver. Or, ils étaient la cible principale de l'équipage de Big Mom, je ne doutais donc pas qu'ils affrontaient eux aussi de nombreux ennemis en ce moment même.
- D'accord, on va riposter. Décidai-je.
Il n'en fallut pas plus pour qu'il tourne la tête vers Caesar avec un air menaçant, lui ordonne de le suivre et ne me soulève du sol. Doflamingo s'élança dans les airs, sans plus attendre. L'idiot m'avait embarqué avec lui et j'allais devoir me battre contre une flotte de pirates. J'avais déjà combattu. Je pouvais m'en sortir… N'est-ce pas?
Je lançai un regard désespéré vers le pont de notre navire qui rapetissait, vers Crocodile qui insultait Doflamingo et Sirius qui semblait sur le point d'exploser. Caesar planait au dessus de l'eau, aussi léger que du gaz, et il nous suivait à contrecoeur.
- Lilwen, tu retourneras chercher Crocodile une fois qu'on sera sur le navire ennemi. Dis à Sirius de tenir la barre et de suivre le log pose.
Je ne répondis pas, je savais qu'il avait raison. Même si l'idée de le laisser seul avec Caesar sur un navire ennemi m'inquiétait.
- Et ce sera une bonne occasion de tester ton haki de l'armement en situation de stress.
Il changea brusquement de trajectoire, virant sur la gauche. Il nous laissa tomber sur plusieurs mètres avant de remonter brusquement, un rire franc lui échappant. J'entendis des coups de feu et des cris. Pourtant, rien n'arrêtait notre avancée à haute vitesse. Rien n'arrêtait Doflamingo quand il était assoiffé de sang.
Je me contorsionnais pour voir le pont du navire ennemi. Il grouillait d'ennemis qui tiraient des volées de flèches, et seuls deux personnes n'avaient pas bougé et nous observaient avec calme. Une femme aux longs cheveux bleus et un homme aux cheveux rose. Je les oubliais vite, mémorisant les formes de la zone que je visais, les couleurs, les obstacles. Il y avait le gouvernail, mais il était bien loin des rambardes. Nous avions de la place pour nous poser ici.
- Lâche-moi! Ordonnai-je.
Le corsaire m'obéit. Le bras qui me retenait se déroba de sous mon dos alors que je lâchais son cou. La sensation de chute me saisit et je visualisais le pont de notre navire. Je transplanai. En un instant, je fus devant Crocodile qui posa tout de suite son regard sur moi. Sirius avait pris la barre et hocha la tête dans ma direction.
- Fais attention à toi, blondie.
Je saisis le bras tendu du corsaire aux cheveux de jais et transplanais avec lui. Mes pieds eurent à peine touché le sol que j'érigeai un bouclier magique autour de nous deux pour nous protéger de tout projectile. Quelques balles et flèches perdues se heurtèrent à la paroi invisible dans un grand fracas, pourtant à peine discernable dans la cacophonie qui nous englobait. Je lâchais le poignet de Crocodile et m'élançais en avant.
Je bondis sur le côté pour éviter un coup de sabre, lançai un expelliarmus qui envoya mon opposant par dessus bord. Je bloquais d'autres flèches d'un bouclier, et bondis sur la rambarde. Devant moi, le pont principal du navire avec des ennemis qui s'élançaient vers les escaliers. Je plaçais un protego autour de moi pour assurer mes arrières avant de me concentrer sur les marches en bois. Les aspérités devinrent lisses et bientôt, ce fut une pente glissante qui fit office d'escalier. Les pirates engagés dessus tombèrent en arrière sans comprendre ce qui venait de leur arriver.
- Malfoy… Tu ne peux pas gagner un combat si tu n'utilises que des sortilèges inoffensifs. Grinça la voix de Tom.
Les deux orbes sanglantes étaient fixées sur moi, glaciales et inflexibles. Il n'y avait aucune pitié dans ce regard. Aucun signe de faiblesse.
Un mouvement brusque de sa main et je fus saisie par le cou. Je sentis mes pieds quitter le sol, ma respiration se bloqua. Je ne pouvais pas respirer. Je ne sentais pas l'air dans mes poumons. Ma gorge était écrasée et mon souffle coupé. Tout ce que je voyais étaient ces orbes de sangs qui me fixaient sans la moindre émotion.
- Comptes-tu rester faible et mourir, Malfoy?
Un murmure glacial, une menace. Je suffoquais. Respirer. Je devais respirer. Respirer pour vivre. Pour m'en sortir. Vivre… Vivre. De l'air. Il me fallait de l'air.
Les vitres éclatèrent sous la force du vent qui s'engouffra dans la pièce, tournoyant autour de nous. J'avais besoin d'air. il devait me lâcher. Et il le fit. Lorsque je lançai un Crucio dans sa direction. Il l'évita aisément mais me lâcha. Et son rire cruel retentit dans la pièce alors que je m'effondrais sur le sol et tentais d'avaler la moindre goulée d'air disponible.
Il s'accroupit face à moi et ses ongles s'enfoncèrent dans la peau de ma joue lorsqu'il me força à le regarder. Je n'enregistrais même pas la douleur, je continuais d'inspirer et je plongeais mon regard dans le sien.
- Ne montre aucune pitié.
Je n'hésitais pas. Je changeais la pression de l'air, l'augmentais brusquement. Les hurlements de douleurs et les craquements des os écrasés retentirent dans l'air. Mes ennemis étaient pressés contre le bois, incapables de bouger. Je continuais à augmenter l'intensité. Si je leur montrais la moindre pitié, ils nous tueraient. Je devais le faire. Je devais continuer. Je vis les éclats rouges du sang, j'entendais l'agonie de mes ennemis, je continuais. Jusqu'à ce que je sois sûre qu'ils ne puissent pas se relever.
Je me retournais et me laissais tomber en arrière pour éviter un coup d'épée dont la portée était telle qu'elle trancha le mât en deux. Mon dos heurta violemment le sol. Il était chaud et moite. Je me redressais sur mes coudes et me rendis compte avec horreur que j'étais à moitié avachie sur un corps broyé, et que l'humidité que je sentais était due au sang. La nausée me saisit, mais je la vis, la femme aux longs cheveux bleus et au grand chapeau blanc. Elle était debout sur la rambarde et en posture d'attaque. Elle bondit en avant, je roulais sur le côté. Son épée se planta avec force dans le bois, là où je me trouvais quelques instants auparavant. Je lançai un souffle violent vers elle pour la repousser en arrière. Je me redressai alors qu'elle n'avait cédé qu'à peine un mètre.
- Je ne t'ai jamais vue avant. Nota-t-elle d'un ton neutre.
Elle se tenait en garde. L'aura qui s'échappait d'elle était dangereuse, mais pas aussi suffocante que celle de sa mère, ou même que celle de Nathanael, Alix ou Voldemort. Je n'avais besoin que de la toucher pour qu'elle succombe à un de mes sortilèges, mais ses réflexes étaient trop rapides. Elle les éviterait sans efforts. Il fallait que je sois inventive.
- Ne t'en fais pas, tu ne m'oublieras pas après cela.
Je transplanai. réapparaissent sur sa droite, j'utilisais un courant d'air puissant pour projeter des cadavres vers elle. Un de mes bombarda toucha le bas du mât qui était resté en place. Celui-ci explosa en mille morceaux, tout comme les planches autour d'elle. Je propulsais les morceaux de bois vers elle en un arc de cercle. Un demi-cercle meurtrier qu'elle parvint à parer. Elle bougeait si vite… Un nouveau coup de son katana fila vers moi. Par réflexe, je positionnai mes bras devant moi, priant pour que le haki fonctionne. Je transplanai à nouveau, pas assez rapidement pour ne pas sentir le coup résonner dans tous mes bras. Mais assez vite pour que mon haki ne cède pas face à la pression qu'elle exerçait.
Du coin de l'oeil, je vis que Dofflamingo était perché sur une immense figure de soldat faite en une matière ressemblant à du biscuit. Il contrôlait un autre soldat grâce à ses fils et tentait de trouver une ouverture dans la parade de son opposant, l'homme aux cheveux roses. Un navire explosa sur notre droite, et le souffle me propulsa en arrière. Mon souffle fut coupé par le choc de l'impact, mais la peur courait dans mes veines et me poussais à agir. Je me rendis invisible et transplanais à nouveau. Je changeais mon emplacement en priant qu'elle n'ait pas entendu le craquement distinctif qui accompagnait mes déplacements magiques. Je m'approchais d'un des corps sans vie. Je grimaçais en voyant l'os du coude du pirate qui avait percé la peau à cause de la pression que j'avais exercée. Plus tard. J'y penserai plus tard.
Je lançai un sortilège de Gemino sur le corps. Puis sur un deuxième. Avant de les projeter sur la femme. Elle les trancha de son katana, mais le mal était fait. Elle les avait touchés. Les corps se multiplièrent. Et bientôt, elle fut aux prises avec des cadavres qui se dupliquaient sans cesse. Malgré sa rapidité, elle ne parvenait pas à se débarrasser du sortilège. J'en profitais pour évacuer l'oxygène qui se trouvait autour d'elle. Je la privais d'air. Je croisais son regard alors qu'une lueur de peur faisait surface dans celui-ci. Mais je la perdis de vue lorsque les cadavres se multiplièrent encore et l'ensevelirent. Je continuais de chasser l'oxygène de la zone. Evaluant le taux de dioxyde de carbone qui s'échappait d'elle. J'attendis qu'il diminue assez pour m'indiquer qu'elle avait perdu conscience. Je cessais de manipuler les particules d'air et me tournai vers les deux corsaires qui se battaient contre l'homme de Big Mom.
Crocodile avait rejoint Doflamingo et les deux se battaient côte à côte. Le sable tourbillonnait, les fils jaillissaient de toutes part, et l'homme parvenait à parer les attaques. Mais il était blessé. Son rythme était plus lent que toute à l'heure, son visage était ensanglanté, et la seule chose qui semblait le faire tenir debout était la rage pure qui brillait dans ses yeux.
- Fufufu, je n'aurais jamais imaginé me battre contre des soldats en biscuits. Ricana Doflamingo.
- Commence par te battre sérieusement. Grogna Crocodile alors qu'il esquivait un coup d'épée avec souplesse.
Doflamingo ricana à nouveau et sauta de son perchoir. Ses doigts s'agitèrent une fraction de secondes et des balles se fichèrent dans l'épaule droite de leur opposant qui ne réagit pas, continuant à bloquer les attaques répétées de Crocodile. Aucun des deux corsaires ne semblait blessé, donc je décidais de les laisser se débrouiller sans moi. Je me tournai vers le navire à babord qui se rapprochait de plus en plus de nous pour nous aborder. Ils n'en auraient pas le temps.
Je focalisais mon attention sur la coque. Je l'imaginais exploser sous la force d'un sortilège, le trou que cela ferait et comment l'eau s'infiltrerait dans les cales. Je relâchais ma magie en un point concentré, et mon Bombarda Maxima perça un trou grossier dans le navire ennemi. Des cris de paniques retentirent. Je n'attendais pas pour transplaner au sommet de leur mât. J'enchainais avec un incendio qui mit le feu aux voiles, avant de transplaner à nouveau sur le galion que je venais de quitter. Je regardais ce qu'il restait de la flotte autour de nous. Quatre navires avait sombré et il ne restait d'eux que des épaves et des corps calcinés. J'en avais coulé un autre. Il n'en restait donc plus que trois.
Caesar survola l'étendue d'eau qui le séparait de moi et m'adressa un petit sourire supérieur. Je le pris pour ce que c'était : un défi.
A nous deux, il ne nous fallut qu'une vingtaine de minutes pour nous débarrasser des autres navires. J'en profitais pour observer les pouvoirs du scientifique et notais avec intérêt qu'il semblait pouvoir manipuler différents gaz. Quand nous retournâmes sur le galion principal, l'opposant des deux corsaires était au sol et baignait dans son sang. Je détournais la tête, le sentiment de malaise revenant à la surface en voyant l'étendue des dégâts que nous avions causés.
- Fufufu, je vois que vous vous êtes bien amusés. Fit Doflamingo avec un petit sourire narquois.
Les deux corsaires étaient maculés de sang mais semblaient ne pas avoir subit de grandes blessures. Aussi, nous retournâmes auprès de Sirius.
Il nous fallut bien une heure avant de trouver les Mugiwara, mais quand nous les vîmes, ils fuyaient une flotte de pas moins de trente galions. Il nous était impossible de vaincre autant d'ennemis à nous seuls, aussi j'avais décidé de les ralentir en changeant l'orientation du vent devant nos ennemis, pour les freiner. Evidemment, je laissais le vent faire ce que bon lui semblait à notre niveau et celui des pirates au chapeau de paille. Ce manège dura pendant de longues minutes d'intense concentration. Jusqu'à ce qu'une île se dessine à l'horizon. Une île où une autre flotte plus impressionnante encore mouillait.
- Les imbéciles! Cracha Crocodile avec véhémence.
- On avait déjà établis qu'ils étaient stupides, tu peux élaborer en quoi? Cingla Doflamingo, agacé de ne pas pouvoir se battre.
Le brun pinça les lèvres mais répondit tout de même, mettant la longue vue de côté.
- On avait remarqué que leur capitaine et Vinsmoke n'étaient pas sur le navire avec les autres. Et nous ne sommes donc tombés sur eux que par hasard. S'ils se dirigent vers cette île, c'est forcément pour aller chercher quelqu'un ou quelque chose. Or, il y a un grand miroir au centre de l'île, et il est encerclé par ce qu'on pourrait qualifier d'une armée.
- Et donc? Il y a un miroir, génial! Ironisa Caesar.
- Ce que l'alligator essaie de dire, c'est que comme l'équipage de Big Mom ont un membre qui sait utiliser les miroirs comme des portails, alors, c'est prévu que quelqu'un passe par là. Crétin. Intervint Sirius, agacé.
Le scientifique allait protester, mais je lui lançai un sort de mutisme. Je regardais les trois pirates qui m'entouraient pendant que Sirius tenait la barre. Ils étaient la seule chance que je voyais pour que les Mugiwara et nous-même nous en sortions. J'avais beau créer un vent contraire à la flotte qui nous poursuivaient, cela ne faisait que les ralentir et me demandait beaucoup d'énergie. Et maintenant qu'une autre flotte risquait d'arriver depuis l'île dont nous nous étions approchés, je savais avec certitude que je ne pourrais pas les freiner également. Nous devions riposter pour pouvoir nous en sortir. La fuite n'était plus une option.
De plus, si je voulais réellement sauver les Mugiwara, il faudrait créer une route pour leur capitaine et Vinsmoke Sanji qui étaient coincés sur l'île cacao dont nous nous rapprochions. Sauf qu'entre eux et notre navire ainsi que le leur, il y avait toute une flotte amarrée. Ils n'arriveraient jamais à traverser tout cela à deux.
- Doflamingo, Crocodile, Caesar, il faut que vous alliez les aider! M'écriai-je, libérant la voix de Caesar d'un mouvement de main.
Crocodile leva les yeux au ciel alors que le blond affichait un sourire carnassier.
- Même pas en rêve! Protesta Caesar.
J'haussais un sourcil en le regardant droit dans les yeux. Je tentais de montrer que j'étais totalement concentrée sur la situation et que je pouvais lui tenir tête, mais la majeure partie de mon esprit et de mes forces étaient concentrées à freiner la flotte qui nous poursuivait.
- Tu es le plus grand scientifique, et tu as mangé le fruit du gaz! Je ne peux pas réaliser mon plan si tu ne m'aides pas! Argumentai-je d'une voix légèrement plaintive.
Je me forçais à le brosser dans le sens du poil, ayant déjà pu discerner que cet homme avait un égo démesuré.
- Ton plan? Répéta Doflamingo.
J'hochai la tête.
- Si Caesar répand de l'hydrogène dans la zone des navires ennemis, je pourrais y mettre le feu et on coulerait toute la flotte d'un coup.
Crocodile afficha un sourire amusé.
- Une explosion. C'est une bonne idée. Mais il nous faut un signal pour que tu saches quand mettre le feu. Et es-tu sûre de pouvoir attaquer de si loin?
Je le fixai avec détermination. Je savais que l'icendio avait une portée trop courte pour fonctionner dans ces conditions. Il fallait que je génère un Fiendfyre. C'était risqué car le sortilège était très complexe et développait sa propre volonté… Mais justement, je n'avais qu'à le garder sous contrôle jusqu'à ce qu'il entre en contact avec le gaz. Après, je pourrais l'éteindre. Il fallait juste espérer que cela ne me tue pas en épuisant mon énergie magique.
- Tu n'as qu'a nous laisser dix minutes avant de faire jaillir des étincelles. Comme l'a fait Black. A ce moment, nous battrons en retraite et tu pourras les brûler vifs. Enonça Doflamingo.
Il posa une main ferme sur Caesar avant d'ajouter:
- Tu peux compter sur nous trois pour tuer le plus d'hommes de Big Mom possible en attendant que tu puisses agir.
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Ce fut dix minutes parmi les plus longues de ma vie. Je n'entendais que les cris distants. Des cris de rage, de peur, d'angoisse… Et partout où je posais mon regard, le chaos semblait suivre. La flotte ennemie progressait toujours derrière nous et Sirius faisait de son mieux pour que notre bateau suive celui des Mugiwara. Leur navire se trouvait devant nous, assez loin pour qu'on ne risque pas une collision, mais assez près pour que je vois la panique qui régnait sur les membres de l'équipage. Et à ma gauche, c'était là que le plus grand chaos régnait. Sur l'île Cacao, et en son port, des coups de feu retentissaient. Des éclairs de lumière traversaient la nuit. Des mâts s'effondraient ou des navires en forme de tarte se heurtaient.
- Lilwen! Tu es sûre de pouvoir faire ça? Demanda Sirius, la voix teintée d'inquiétude.
Est-ce que j'étais sûre de pouvoir créer un Fiendfyre? Oui. Est-ce que j'étais sûre de pouvoir le contrôler? Absolument pas. Mais il était trop tard pour changer d'avis. J'hochais donc simplement la tête avant de faire jaillir des étincelles roses et vertes dans le ciel. Je laissais dix secondes s'écouler avant de me concentrer sur ma magie. Je relâchais l'emprise que j'avais sur les courants d'air, ayant conscience que cela permettrait aux ennemis de se rapprocher.
Au fond de moi, je sentais cette force qui bouillonnait à l'idée d'être utilisée à nouveau. Je m'en saisis, imaginant comment les flammes jailliraient de ma main. Je me rappelais la chaleur ardente du brasier qui avait consumé la maison des Weasleys. Je me remémorais combien elle était suffocante, écrasante de puissance et capable de tout dévaster sur son passage. Puis je visualisais les flammes. Les même couleurs que l'aura de Nathanael, l'élémentaire de feu : rouge et or, avec en plus des teintes jaunes, orangées, toujours changeantes, dansant en un ballet mortel. Des flammes qui jaillirent brusquement de la paume de ma main et j'agrippais aussitôt mon poignet droit de ma main libre, continuant à déverser un jet de flammes qui grandissait sans cesse. Elles s'étendirent vers le ciel dans trois directions opposées et je serrais les dents. Elles devaient m'obéir. Elles devaient sauver mes alliés. Je devais les contrôler. Elles se stoppèrent et se rejoignirent pour ne former qu'un. Une seule forme, imposante de sa beauté majestueuse et dévastatrice: un aigle. Je l'imaginais prendre son envol et battre des ailes vers ces navires de guerre qui se tenaient près du port de l'île Cacao. Je sentis la résistance alors que la forme s'envolait vers l'avant. Cette résistance poussait sans cesse contre ma volonté, désireuse d'être libre et de pouvoir enfin consumer tout ce qui l'entourait. Je ressentais aussi son désarroi de se retrouver si près de l'eau, son élément opposé.
Je sentis le moment où mon corps vacilla. Mais c'était trop tôt. L'aigle n'avait pas encore atteint sa cible. Je n'avais pas encore sauvé mon équipage. Je devais continuer. Même si mes muscles semblaient eux aussi bruler comme les flammes qui s'approchaient dangereusement de nos ennemis. Des gouttes de sueur roulaient sur mon visage, et je tentais d'oublier cette sensation pour me concentrer sur les flammes. Ces flammes qui voulaient de nouveau se disperser. Pas encore. Quelques secondes… Encore…
Je puisais dans l'énergie azur qui faisait mon aura alors que mes jambes tremblaient. Ma vision étaient trouble et ma main me brulait tellement… Une explosion, distante, tellement distante; puis un océan de flammes qui se déversa devant mes yeux, à l'horizon. Plus que des lueurs jaunes et rouges qui se battaient contre l'obscurité de ma vision. Je clignais des yeux mais mes paupières semblaient si lourdes que les ouvrir fut un effort titanesque. Un effort qui me permis de voir une tâche jaune et rose entrer dans mon champ de vision. Mais cela n'atténua pas la douleur qui irradiait dans tous mon corps, la lourdeur qui engourdissait tous mes muscles, et le feu qui semblait se déverser en moi. Ma vision se déroba, mes jambes heurtèrent violemment le sol, et ce fut le noir, complet.
Il me semblait avoir entendu mon nom, avant que tout ne disparaisse.
-
POV Doflamingo : Off with your head, Dance 'til you're dead, Heads will roll
Je pliais mes doigts et un fil jaillit d'entre mes mains, s'attachant à un des nombreux nuages qui peuplaient le ciel. Je sentais le poids de Crocodile sur mon dos, ses jambes enroulées autour de ma taille et sa main valide qui me tenait fermement. Je ricanais brièvement devant le ridicule de la situation. Qui aurait cru qu'un jour, je porterai le brun jusqu'à un combat? Lilwen avait le don pour créer des situations improbables, où je finissais par trouver mon compte. Il serait jouissif de rappeler constamment cette humiliation à Croco-man, être porté au combat, ha!
Je m'élançais vers le ciel sans plus attendre, sentant Caesar qui me suivait. Je m'occuperai de lui plus tard, pour le moment, il devait servir à notre plan. La vengeance viendrait après… J'avais le temps, il était entre nos griffes, mes griffes.
Je fonçais vers les combats, allant de nuage en nuage, désireux de libérer toute cette excitation qui me gagnait à l'idée de pouvoir me battre et de faire souffrir ces idiots de l'équipage de Big Mom. Peut-être même pourrais-je discrètement blesser un des homme-poissons…
La vitesse à laquelle je pouvais me déplacer était tout simplement grisante. Les navires qui semblaient être de vagues formes à l'horizon quelques secondes plus tôt, se révélaient dans leurs moindres détails. Les hommes et femmes qui obéissaient à Big Mom criaient et étaient aux prises avec les hommes-poissons déjà à bord. Certains nous avaient repéré et s'apprêtaient à nous tirer dessus. Je survolais le premier navire et Crocodile lâcha l'emprise qu'il avait sur moi. Il se laissa tomber sur le pont et créa une lame de sabre qui transperça plusieurs adversaires. Je ne me souciais pas plus de lui.
J'atterris brutalement en plein milieu d'un combat. Je bloquais un coup de sabre avec un bras recouvert du haki de l'armement. Un réflexe. De ma main gauche, je fis jaillir quatre fils tranchants qui se fichèrent dans les têtes de mes ennemis les plus proches. Le sang gicla et un rire incontrollable franchit la barrière de mes lèvres. Je bondis en avant, décochant un coup de pieds dans le plexus solaire d'un de mes opposants qui fut projeté en arrière. Son dos heurta violemment le mât, un craquement, et il demeura immobile. Mon regard se posa sur un homme poisson qui me regarda avec surprise, hésitant à s'attaquer à moi ou à me considérer comme un allié. Je n'avais pas de temps à lui accorder. J'attachais un fil à une des barres de flèche du mat et me projetais sur le prochain navire. Je renversais un ennemi, l'écrasant de tout mon poids et créant des fils qui saisirent un homme de haute stature. Il serait une de mes marionnettes pour ce combat. Je me délectais de son cri de détresse à se voir privé de sa liberté d'agir. De la peur dans ses yeux quand il attaqua un de ses partenaires. Je me décalais à temps pour éviter une balle. Un saut en avant, rattrapage sur les mains, arc de cercle avec les jambes. Mes pieds heurtèrent des corps, je me rétablis. Un fouet enflammé jaillit de ma main droit et je le claquais d'un coup sec contre les voiles qui prirent aussitôt feu. Un fil chauffé à blanc pouvait faire bien des dégâts…
- QU'EST-CE QUE DOFLAMINGO FAIT ICI? Hurla un homme dont la voix s'éteignit aussitôt qu'un fil lui enserra la gorge et le tira brutalement vers le sol.
Il suffoqua un court instant avant que la pression ne soit trop forte. La tête fut tranchée et roula jusqu'à mes pieds, laissant un sillage de sang sur son passage. Je ricanais. Les tuer était un jeu d'enfant. C'était certes la flotte d'une yonko, mais ceux sur ces embarcations n'étaient dangereux que de part leur nombre.
Un croissant de sable vint heurter le navire de guerre à bâbord du miens, réduisant toutes âmes qui s'y trouvaient en momie desséchée. Crocodile avait des attaques toujours aussi intéressantes et cruelles. Je lui adressais un sourire auquel il ne répondit pas, bondissant sur le prochain navire pour en décimer sa population. Les balles et les coups le traversaient sans faire aucun dommage… Les avantages d'être un logia et de pouvoir transformer son corps en sable à volonté.
Une lame effleura mon flanc, créant une entaille superficielle. J'haussais un sourcil face à cet adversaire qui avait profité de mon moment de distraction. Le faire payer, rien de plus facile… Quatre fils d'acier le transpercèrent et le clouèrent au sol où il hurla de douleur. Je changeais de nouveau de cible alors que l'air autour de moi changeait d'odeur. Caesar était passé à l'action. Si Lilwen réussissait à enflammer ce gaz, les résultats seraient spectaculaires.
Je tuais au hasard, prenant un plaisir sans nom à voir le sang gicler et à entendre les cris de souffrances. Je laissais des survivants derrière moi, une façon d'alimenter le feu de joie que nous préparait Lilwen… J'avais déjà traversé cinq navires lorsque j'arrivais sur le pont d'une de ces tartes-bateaux qui servait d'avant-garde à Big Mom, Crocodile s'y trouvait déjà. L'homme me lança un bref regard avant de tirer une chape de fumée de son cigar. Toute personne à bord avait soit été lacérée, soit desséchée et il ne me restait plus rien à faire que d'observer le carnage avec un amusement non feint.
- Fufufu… Toujours aussi fascinant de te voir à l'oeuvre, Croco-man. Emis-je.
Il me lança un bref regard avant de faire attention était rivée sur les quais où Vinsmoke Sanji, le Germa 66 et Mugiwara affrontaient Big Mom et un des généraux, Oven qui avait le pouvoir de chauffer n'importe quoi. Crocodile s'élança en avant, je lui emboitais le pas, curieux de savoir quel serait son prochain mouvement. De navire en navire, nous avancions, mes fils d'aciers tranchant des gorges dans des gerbes sanglantes, mes cordes se resserrant autour de mes ennemis et les immobilisant jusqu'à leur briser les os à force de pression. D'autres, ceux qui ne périssaient pas sous mes attaques, mouraient sous les coups de lames de sable rendu tellement compact qu'il en devenait tranchant et qu'il ouvrait maintes plaies sur nos adversaires. Quand le manque de sang ne les tuait pas, c'était le manque d'eau dans leurs corps desséchés par le pouvoir du suna suna.
Je posais pieds sur le port, prêt à tuer tous ceux qui s'attaqueraient à nous. J'utilisais mes fils pour créer un filet qui immobilisa nos ennemis les plus proches. Vinsmoke Sanji courait à toutes jambes, son idiot de capitaine dans les bras et hors d'état de nuire. Derrière eux, Oven qui s'apprêtait à lancer une attaque. Je savais qu'ils ne pourraient pas riposter devant une telle avalanche de puissance. J'étais trop loin pour bloquer l'attaque avec du haki et mes pouvoirs ne me permettraient pas de stopper la vague de chaleur. Le poing rendu flou par l'intense chaleur qui s'en dégageait connecta violemment avec le mur de sable qui était sorti du sol. Je souris avec amusement devant la protection de Crocodile. Pourtant, le sable se transforma en verre sous l'effet de la fournaise et vola en éclat. Mais Mugiwara et son acolyte étaient saufs. J'avais réussi à créer un double fait de fils qui avait pris la plupart des dégâts à leur place.
- Toi! Tu n'étais pas censé pourrir à Impel Down? Grogna Oven.
Je ne pus m'empêcher de lui adresser un sourire goguenard.
- Aurais-tu oublié que j'ai réussi à m'échapper d'une flotte de la Marine?
Je vis la lueur de rage dans son regard alors qu'il s'élançait vers moi. C'était presque trop facile. Je tissais des liens invisibles entre les hommes et objets animés qui nous entouraient et moi, les forçant à se placer entre cet idiot et moi. A quoi bon me fatiguer? Le but était de maintenir les deux crétins en vie, et d'attendre le signal de Lilwen. M'engager dans un tel combat n'avait aucun intérêt.
- CROCODILE! DOFLAMINGO! QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ ICI? Hurla Vinsmoke Sanji.
Je ricanais ouvertement en reculant encore sous l'assaut enragé d'Oven qui tuait ses sous-fifres sans le moindre regret. Il lança une attaque différente cette fois-ci et ce fut le sol qui commença à brûler d'une intense chaleur. Après tout, son fruit du démon lui permettait de chauffer tout ce qu'il touchait… Rien de très dangereux pour quelqu'un qui pouvait se déplacer dans les airs. A peine la température du sol avait-elle augmentée que je bondissais sur un fil que j'avais tendu entre plusieurs bâtiments, à l'abri de l'attaque de mon ennemI.
- Ah… Mr Prince… Il me semble que nous vous sauvons la vie.
Crocodile avait parlé, une note d'amusement dans la voix. De mon côté, je me demandais simplement pourquoi il appelait le cuisinier des Mugiwara « mr Prince ». Une flèche m'effleura l'épaule droite et je poussais un soupir agacé avant de tirer un fil tranchant sur celui qui m'avait visé. Franchement, ils n'apprendraient jamais…
- C'EST UNE BLAGUE!
- Je blague peu. Je vous conseille plutôt de quitter l'île tous les deux, on discutera des technicités plus tard.
Cet air suffisant et méprisant était quelque chose qui m'avait toujours amusé et intéressé chez Crocodile. Cependant, je n'eus pas le loisir d'y réfléchir plus quand le fil sur lequel je me tenais prit feu. Je bondis au sol, me réceptionnai d'une roulade avant de me redresser et m'élancer vers l'avant, à la suite des pirates que nous tentions de sauver et de Crocodile. Je donnais un violent coup de pied à un ennemi qui me barrait la route, bondis vers l'avant, sautais sur le côté pour éviter un coup de lance. Je notais que les membres du Germa 66 semblaient enclins à protéger Vinsmoke Sanji, et nous protégeaient donc par proxy. C'était un avantage que je mettais aussitôt à profit.
Nous avions atteints les premiers navires amarrés au port quand le signal explosa dans le ciel. Une pluie d'étincelles roses et vertes. Je ne perdis pas un instant pour attraper Crocodile et le balancer sur mon épaule. Je m'élançais vers le ciel, tirant sur mes fils pour me faire avancer. Caesar nous rejoignait, j'entendais son rire parmi les explosions. Vinsmoke avait modifié sa trajectoire et se dirigeait vers son propre navire. Moi, je ne quittais pas des yeux l'endroit que je devais atteindre. Personne d'autre que nous ne le savait, mais si nous perdions la moindre seconde, nous serions pris dans le brasier.
J'avais à peine atterris sur un mât, que déjà je bondissais vers l'avant, avançant au plus vite. Je devais me dépêcher. Derrière moi, les hurlements de rage, de douleur et de surprise résonnaient, une douce musique dont je m'éloignais presque à contre-coeur. Mais ce que Lilwen avait promis serait mille fois plus beau. Une promesse de carnage. Une balle me transperça la jambe droite et je retins un cri de douleur. Je faillis perdre l'équilibre, tournai brusquement mon buste pour attraper un nuage plus à droite. Je sentais le sang chaud couler le long de ma jambe alors que la douleur irradiait. J'avais déjà connu pire. Pire que cet élancement brulant et cinglant, mais c'était déstabilisant. Toute ma technique de survol reposait sur mon équilibre, et avec Crocodile à charge, je n'étais pas à mon avantage de ce côté. Je serrais les dents, forçant des fils à former un garrot autour de ma jambe. Je reconstruirais les tissus sanguins et la chaire une fois sur le pont, quand je pourrais déloger la balle.
Nous venions de dépasser les navires, Caesar avançait maintenant sur ma gauche. C'était à ce moment que je le vis prendre naissance. A peine un point à l'horizon, puis rapidement, un gigantesque aigle fait uniquement de flammes. Sans mes lunettes, l'intensité de cette soudaine lumière au milieu de l'océan aurait pu me faire marquer un temps d'arrêt. Mais je pouvais observer le spectacle alors que je fonçai droit sur notre bateau. L'aigle passa à côté de nous, une vague de chaleur étouffante nous submergea avant de disparaitre presque aussitôt.
Je me stoppais à quelques mètres de notre arrivée. Je devais voir le spectacle. Quand je me tournai, Crocodile maugréa mais redressa la tête pour voir ce qui m'avait faitm'arrêter. Tous deux nous vîmes le moment où le gaz rencontra cet être de flammes, le moment où ce brasier infernal naquit. Une explosion retentit, et une vague de puissance froissa la surface de la mer. L'aigle n'était plus, à sa place, des flammes sans guide se repaissaient de l'hydrogène dispersé par Caesar, léchaient le bois, consumaient les corps de nos ennemis. Les hurlements de terreur et de douleur retentissaient, donnant une meilleure saveur à l'odeur de chaire brûlée. Un franc ricanement franchit la barrière de mes lèvres avant que je ne fasse volte-face et ne bondisse sur notre navire. Crocodile se délivra de mon emprise et mon regard fut attiré par Lilwen. Elle était d'une pâleur cadavérique et tout son corps tremblait. Je vis ses jambes se dérober sous son poids alors qu'elle tombait en arrière, inconsciente. Son corps heurta les lattes du pont avant que je ne puisse la rejoindre.
- Lilwen?
J'avais laissé échappé son prénom sans le vouloir. D'ailleurs, je ne savais même pas pourquoi j'étais agenouillé à côté de la jeune femme, ni pourquoi j'avais appuyé deux doigts contre sa carotide pour vérifier son pouls. Il était faible, mais bien présent. Je notais sa main droite rougie et qui se couvrait rapidement de cloques. Elle s'était brulée en lançant son sortilège… Je ne savais pas pourquoi elle s'était évanouie. Personne ne les avait attaqué. Etait-ce normal pour les personnes de son monde de s'évanouir après avoir lancé une attaque? Avait-elle tenté quelque chose qu'elle n'avait jamais fait auparavant? Pourquoi je me souciais d'elle? Ce n'était qu'une fille comme une autre. Une gamine à qui je devais ma liberté et un espoir renouvelé d'obtenir ma vengeance à la fois sur les Mugiwara, et sur Marie-Joie, cette soi-disant terre sainte qui m'avait rejeté tel un déchet; moi, un des leurs. Moi, un dragon céleste… Un titre qui me revenait de naissance et me plaçait au-dessus du commun des mortels. Un titre qu'on avait eu trop peur de me donner.
Mon regard se posa sur l'autre sorcier qui venait d'accourir à mes côtés, les traits tirés dans une mine grave et soucieuse. Crocodile avait prit la barre et maintenait le cap, mais je croisais ses yeux dorés lorsqu'il chercha à observer Lilwen. J'entendais vaguement Caesar piailler en arrière-plan mais je n'y prêtais pas attention. Je m'étais focalisé sur le bout de bois dont Sirius se servait pour faire de la magie, chose qui le différenciait de notre capitaine. Il passa sa baguette au-dessus du corps de la blonde et un parchemin apparut de nulle part. Il le saisit au vol et son air s'aggrava d'autant plus.
- Qu'est-ce qu'il lui arrive à cette stupide femme? Interrogea Caesar de sa voix nasillarde.
Sirius serra les dents mais répondit, semblant prêt à attaquer ce sale traitre.
- Elle a presque vidé toute son énergie magique avec ce dernier sortilège. Peu de personnes savent faire ce qu'elle a fait et arrivent à en garder le contrôle sans mourir. Elle a eu de la chance de réussir à couper le lien avant qu'il ne la vide complètement. De plus, sa main est sévèrement brûlée. Elle aurait besoin de soins. Sauf que je ne sais pas traiter de telles blessures! Je connais les sortilèges basiques de soins, mais rien d'autre!
Il s'était saisit les cheveux avec violence, frustré de son incompétence. Je me contentais de prendre le corps fragile dans mes bras et de le soulever. Avec Crocodile pour garder notre cap, et un homme-poisson pour tenir la barre des Mugiwara, nous étions tranquilles. La flotte qui avait été ralentie par Lilwen était aux mains avec les membres du Germa 66, et l'autre flotte n'était plus qu'épaves carbonisées. Nous étions saufs. Lilwen avait besoin de soins, et aucun d'entre nous ne pourrait lui en conférer. Je pouvais la laisser mourir, mais ce serait du gâchis. La fille serait tellement plus intéressante avec plus d'entraînements au combat. Et jouer sur ses nerfs me manquerait. Il ne restait qu'une option: demander au médecin des Mugiwara de s'occuper d'elle. J'avais vu le Dr Chopper, ce stupide renne qui avait mangé un fruit du démon Zoan modèle humain, qui lui permettait d'adopter des formes humanoïdes différentes. Il était à bord. Si je les suppliais, ils la sauveraient. Avant, ma fierté m'aurait interdit un tel geste, mais désormais, je savais qu'un peu de théâtre me conduirait plus proche de mon but. Si je me faisais passer pour désespéré et que je leurs rappelais comment nous venions de les aider, ils soigneraient Lilwen, et je pourrais me rapprocher d'eux. A ce moment, j'en profiterais pour étudier leur dynamique de groupe, leurs forces et faiblesses. Quand ils ne me seront plus d'aucun intérêt, je disposerai d'eux.
Je m'apprêtais à rejoindre le navire où se trouvait le médecin, quand un cri paniqué de Caesar m'arrêta dans mes mouvements.
- JE LE SAVAIS BIEN QU'ON POUVAIT PAS S'ECHAPPER D'ICI! BORDEEEEL!
Je suivis le regard catastrophé de mon ancien subalterne. A l'horizon, devant nos deux navires, une flotte entière de Big Mom avançait. Nous ne pourrions jamais contourner ça, ce qui signifiait que nous allions devoir nous battre. Or, si jamais les membres du Germa 66 laissaient passer des navires, nous serions aussi pris à revers. Crocodile était désavantagé par son fruit du démon, encore plus lorsqu'il était sur l'eau. Il nous était impossible de compter sur la technique de Lilwen combinée aux pouvoirs de Caesar à nouveau. Black ne saurait jamais se battre contre autant d'adversaires. Il allait donc falloir espérer que les idiots à bord du bateau des Mugiwara soient capable de m'épauler.
Je reposais Lilwen au sol contre le mât et l'attachais à lui en créant une corde solide. Je me tournais vers Caesar et laissais un sourire cruel naitre sur mes lèvres. Ce sourire que j'arborais à chaque combat.
- Allons, allons, nous pouvons riposter… Un scientifique capable de se jouer de son allié le plus précieux peut bien aider à décimer une flotter qui le menace de mort ou de captivité, non?
Je rejoignis Crocodile en quelques mouvements, le petit sorcier sur mes talons. J'attachais un de mes fils au navire des Mugiwara. Il se ficha dans le bois avec facilité, ayant la robustesse et l'épaisseur d'un javelot et la souplesse d'un fil.
Pourtant, aucun de nous n'eut à agir. Une montagne prit naissance dans la mer devant nous, juste sous la flotte ennemie. Une montagne qui devenait de plus en plus haute et prenait l'apparence distincte d'un immense homme-poisson. Ce qui venait d'émerger n'était que sa tête, et rien que cela avait permis de couler plusieurs navires. La situation me semblait tout simplement irréelle. J'avais déjà vu des hommes-poissons, quand je les vendais entant qu'esclaves, ou aux ventes aux enchères. Je me fichais aussi bien de leur vie que d'une vie humaine. Je savais par contre, que la plupart d'entre eux détestaient les humains pour leur cruauté et parce qu'on avait utilisé leur peuple comme esclaves. Je trouvais toujours cela étonnant de les voir aider un groupe d'humains.
- Derrière nous! S'écria Sirius.
Je fis volte-face à son ton alarmé et jurai quand je vis Oven plonger ses mains dans l'eau. Celle-ci commença tout de suite à chauffer et à bouillonner. Si nous étions pris dans ces courants, notre navire s'enflammerait. Et aucun de nous ne pouvait contrer cela. Crocodile serra les dents et sa prise sur le gouvernail se fit plus ferme encore. Nous devions trouver une solution, et vite. Je devais distraire Oven, l'attaquer. Mais arriverai-je à retourner sur notre navire si je les affrontais seuls?
Je tombais violemment au sol, mon dos heurta les planches avec force. Je sentis ma jambe bruler avec plus d'intensité et la douleur m'arracha un autre juron. Le navire avait été propulsé dans les airs. Je tentais de me relever, mais l'impact du navire avec la mer me propulsa vers l'avant et je m'étalais à nouveau aux pieds de Crocodile. Le ciel s'était brusquement obscurcit et l'air avait changé. Une odeur de sel plus forte que jamais envahit mes narines alors que j'entendais distinctement Vinsmoke Sanji parler. Depuis quand étions-nous si proche de leur navire?
- Que s'est-il passé? Jimbe!
- Nous sommes dans la bouche de Wadatsumi. Répondit mon ancien collègue Schichibukai et capitaine des hommes-poissons.
- DITES-MOI QUE JE REVE! ON S'EST FAIT AVALER PAR UN POISSON GÉANT? Hurla Sirius.
Je me redressais et notais que l'homme se tenait à la rambarde du navire, à bâbord, et Caesar s'était accroché à tribord. Je fis jaillir des fils de ma paume et les enroulaient autour de la balustrade. Le Thousand Sunny (le navire de Mugiwara) était aussi à tribord, et ses habitants semblaient aussi déroutés que nous. Je ne pus que rire devant la tournure qu'avaient pris les événements. Un rire sans joie qui sortit de ma gorge, et résonna autour de nous. Ma vie était ridicule. Mon équipage avait été décimé par Luffy et ses acolytes, j'avais donc perdu la seule famille qu'il me restait. Je m'étais résigné à attendre mon heure, enfermé dans les profondeurs d'Impel Down, à subir les châtiments qui tomberaient sur moi, jusqu'à ce que je trouve le moyen de m'enfuir. Et cette fille était sortie de nulle part, changeant mon avenir avec la force d'un boulet de canon. Il n'y avait pas qu'un seul monde, mais plusieurs, et la magie existait. Une fille inconnue avait jugé mes talents utiles au point de risquer sa vie en s'infiltrant au sein d'une flotte de la Marine. Et cette gamine avait même réussi à s'allier avec Crocodile. L'homme qui m'avait toujours intrigué durant nos réunions entre Schichibukai quand je travaillais sous la protection du gouvernement mondial. Celui qui avait faillit découvrir une arme antique. J'avais découvert Zou, une île légendaire, et participé à la Tea Party de Big Mom. Maintenant, je défendais un équipage autrefois ennemi pour atteindre mon but, j'étais près de ma vengeance, et je venais de me faire avaler par un home-poisson gigantesque. Pouvait-on faire plus ridicule et improbable comme retournement de situation?
Mon rire mourut entre mes lèvres quand la lumière apparue brusquement. Nous fumes propulsés en avant et je heurtais violemment la rambarde avant du navire. Nous étions dans les airs. Cet homme-poisson venait de nous recracher avec tellement de force que le navire avait décollé. La sensation de chute, mon abdomen pressé contre la barre de bois, et soudain, un violent choc. Notre navire était entré en contact avec la mer. Des gerbes d'eau noyèrent partiellement le pont. Je reçus l'eau glaciale en pleine face et manquais de tomber à nouveau en arrière. Je me remerciais mentalement de m'être assuré et levais la tête vers l'océan qui s'étendait à perte de vue.
Un fin sourire apparut sur mes lèvres. Naviguer m'avait manqué lorsque j'avais dû diriger Dressrosa pendant plusieurs années. Je ne m'étais pas rendu compte combien le danger, l'appel du large et de l'inconnu, étaient si délectables. Le cri de victoire de Sirius me fit tourner la tête vers le petit sorcier. Il était trempé, mais un air soulagé ornait ses traits. Crocodile maintenait la barre, mais je notais que ses muscles s'étaient détendues et qu'il avait entamé un nouveau cigare. Caesar était sur le pont et pestait contre l'eau et sur sa situation en général. Je ne pus que ressentir une certaine joie à l'idée de pouvoir lui donner d'autres raisons de pester à l'avenir. Après tout, cet imbécile avait osé me trahir. Il était un atout pour notre équipage avec ses pouvoirs et ses connaissances, mais ce qu'il avait fait était impardonnable. Je détestais les faibles, mais je haïssais les traitres. Je posais mon regard sur Lilwen et me figeai.
La fille était toujours inconsciente, malgré les secousses, malgré l'eau qui imbibait ses vêtements et ses cheveux. Ca aurait dû la réveiller. Je me détachais promptement et rejoignis la sorcière, toujours attachée au mât. D'un geste de la main, les fils qui la maintenaient en place disparurent et je posais mes mains sur ses épaules pour l'empêcher de tomber. Il était grand temps de mettre mon plan à exécution. Je la pris donc dans mes bras, sous le regard méfiant de Sirius.
- Qu'est-ce que tu fais? S'enquit-il, d'un ton qu'il voulait dangereux mais que je trouvais adorablement ridicule. Il croyait encore qu'il pouvait être une menace pour moi, c'était tellement… Mignon.
- Je vais chercher de l'aide chez nos alliés. Ils ont un médecin.
Je lui avais répondu par pure pitié, avant de tourner mon regard vers Crocodile.
- Oi ! Croco-man, je te laisse gérer le navire pendant que je vais voir l'équipage de minables.
Le brun ne daigna pas me lancer le moindre coup d'oeil, mais je notais qu'il avait hoché la tête. Bah… C'était assez de sa part, pour l'instant. Plus tard, je le ferai ployer pour qu'il cesse enfin de se croire supérieur à moi. En attendant, la gamine avait besoin de mon aide,et je ne comptais pas la le lui refuser. Aller sur le Thousand Sunny promettait d'être amusant, et agaçant tout à la fois.
Je me plaçais sur la rambarde de notre navire, observant celui de nos futurs « alliés ». Il était en mauvais état comparé au notre. C'était une mince satisfaction de voir que leur précieux habitat avait besoin de réparations. Leur médecin s'affairait auprès de leur capitaine, la rouquine avait pris la barre. Vinsmoke Sanji semblait assez en état pour attendre un traitement patiemment, et leur squelette de compagnie était en discussion avec lui. Et avec une Minks qui ressemblait à une lapine. Jimbe, l'homme-poisson, n'était visible nulle part. Il devait sûrement être à l'intérieur. J'attachais un fil au mât et m'élançai d'un bond.
J'eus à peine posé le pied sur le sol de leur petit navire que je dû lever la jambe et l'armer de haki pour parer le coup du blondinet du Germa 66. J'affichais un visage impassible, même si la douleur fusa dans ma jambe d'appuie, celle où la balle était toujours logée.
- Fufufu… Allons donc, en voilà une façon d'accueillir son sauveur. Ricanai-je.
Différentes exclamations retentirent. Principalement de la peur, mais aussi de la surprise et de la colère. Je toisais le blond du regard, et lançai un bref coup d'oeil au reste de l'équipage. Une façon de jauger leurs réactions, mais aussi de prouver au cuisinier que je ne le considérais pas comme une menace. Leur navigatrice semblait apeurée mais avait resserré son emprise autour d'un bâton assez particulier. Surement une arme. La Minks avait l'air fatiguée mais me regardait avec curiosité, ses oreilles peinant à rester en place. Le squelette avait sorti son sabre et était en position de garde, prêt à intervenir. Quant à Mugiwara, il s'était redressé en position assise malgré les protestations de son médecin et me défiait du regard. Cet impertinent. Une vague de haine me pris à la gorge en le voyant. Mon équipage avait été décimé par ses soins, j'avais failli finir mes jours à Impel Down à cause de lui, et il avait réduit à néant des années de travail. Je n'avais qu'une envie, le tuer ici et maintenant, mais la respiration que je sentais contre mon torse m'en empêchait. Elle me retenait. Lilwen avait raison. Croco-man aussi. Nous avions besoin d'eux pour l'instant. Après, je pourrais les tuer le plus brutalement possible.
- Tu veux que je te batte encore, Mingo? Me provoqua le gamin au chapeau de paille.
Le culot dont il faisait preuve… J'avais perdu une fois contre lui, je ne comptais pas perdre à nouveau. Et surtout, dans un état aussi faible que le sien, il ne risquait pas de me causer beaucoup de dommages… Je me contentais donc de ricaner et forçais sur mon pied pour dévier celui du cuistot. Une fois hors de son champ d'attaque, je descendis simplement de la rambarde où j'étais perchée et m'arrêtais pour les regarder. Je devais avoir l'air le moins menaçant possible, mais je savais à quel point je les terrifiais, je pouvais le sentir dans l'air; et ça, c'était la raison pour laquelle je ne pus m'empêcher un petit sourire narquois. Malgré que leur capitaine m'ait battu, le reste de son équipage me craignait toujours. Et ils avaient raison, je pouvais tuer la plupart d'entre eux sans le moindre effort.
- Tu-tu-tu. Monkey D. Luffy, je viens de vous aider à vous échapper. Ton petit camarade du Germa 66 pourra te le confirmer. Il serait stupide de ma part de vous tuer après avoir mis tant d'efforts dans votre échappée.
- Et alors? Après ce que tu as fais à Tra-ya, tu veux que je te crois?
Il avait parlé avec colère en se redressant totalement, même si le geste lui couta et qu'il manqua de tomber. De mon côté, je me forçai au calme en me concentrant sur la respiration de la femme que je tenais dans mes bras. Si j'avais tant fait souffrir Trafalgar Law, c'était parce qu'il m'avait poussé à tuer mon propre frère. Il avait poussé mon Rocinante à me trahir et à me défier. J'avais dû tuer mon petit frère… Tout ça parce qu'un gamin que j'avais pratiquement élevé avait décidé de s'enfuir avec lui et de voler le fruit du démon que je convoitais depuis si longtemps… Le fruit du démon qui aurait pu me rendre immortel. Et on m'accusait d'avoir fait souffrir Trafalgar? Chacune de ses souffrances étaient méritée. Après avoir détruit ainsi ma famille, il osait se prétendre le plus blessé par mes actions? Quand je le retrouverai, je vengerai Rocinante… Oui, je le tuerai et Rocinante serait enfin vengé. Je n'aurais plus à sentir mon doigt presser la détente dans mes rêves, je ne verrais plus le sang écarlate de mon frère tâcher le sol neigeux. Je serai libre.
- Oh, je ne l'ai pas fait pour vous ou moi, mais Lilwen a insisté pour qu'on vous porte assistance. Je suis simplement venu ici pour vous demander votre aide.
Les derniers mots étaient amers et me donnaient presque envie de vomir, mais j'avais besoin de leur stupide médecin pour s'occuper d'elle. Lilwen faisait partie intégrante de mon plan pour atteindre le One Piece et anéantir Marie-Joie. Elle devait se rétablir au plus vite.
Ils eurent tous un mouvement de surprise à mes paroles, avant que la rouquine ne me lance un regard furibond.
- Notre aide après ce que tu as fait?
Je levais les yeux au ciel. Je n'avais fait que défendre mon royaume et conduire un business fructueux avec Kaido. Certes, cela se basait sur la confection de fruits du démons artificiels, mais en quoi faire travailler la population locale dans mes usines était mal? Ils n'étaient même pas assez forts pour être considérés comme des hommes, ils étaient plus utiles dans mon usine.
- Vous avez tué mon équipage, et j'ai failli aller en prison, je pense que nous sommes quittes sur ce point. De plus, si vous ne voulez pas m'aider, aidez au moins la femme qui a détruit une flotte entière pour vous sauver.
Le petit renne qui leur servait de médecin tourna toute son attention vers moi et arrêta de réprimander son capitaine. Son regard se posa sur le visage pâle de Lilwen, examina ses muscles relâchés dans mes bras, les brulures sur sa main qui pendait dans le vide. Il s'approcha de moi, même si on tenta de l'empêcher.
- Cho-bro, c'est un de vos ennemis… Argumenta la Mink.
Je m'agenouillais et déposais Lilwen sur le sol de leur navire. Sa poitrine se soulevait régulièrement, mais sa respiration était légèrement sifflante. Je fronçais les sourcils en m'en apercevant mais décidais de me concentrer de nouveau sur le médecin. J'enfonçais mes mains dans mes poches, me rendant moins menaçant, et m'assis sur la rambarde, croisant les jambes. Les autres membres de l'équipage me regardaient comme si j'avais une deuxième tête, je me contentais de tourner mon visage vers leur capitaine.
- Soigne-la. Elle est ma capitaine, et celle des trois autres sur notre navire. C'est elle qui a voulu qu'on vous sauve, elle qui a mis le feu à cette flotte au port de l'île Cacao, et c'est à cause de tout cela qu'elle est dans cet état. Par ailleurs, je ne vois pas votre charpentier à bord, j'imagine qu'il est là où se trouve l'autre moitié de votre équipage. Avec un navire dans cet état, vous n'irez pas loin. Sirius, un membre de notre équipage, peut aisément réparer les dommages.
- Luffy… Il ment forcément. Doflamingo, qui obéit à quelqu'un? Emit le cuisinier.
Je me redressais d'un bond et tous se mirent sur leurs gardes. Je dominais le blond de tout mon haut, la colère irradiant de mon corps. Je n'obéissais à personne si je n'y trouvais pas d'intérêt. Je ne mentais pas.
- Je lui dois ma liberté. J'ai décidé de la suivre. J'ai entendu dire que tu as libéré Crocodile à Impel Down pour moins que ça. Tu refuserais de sauver quelqu'un qui t'a sauvé?
Je n'avais pas épargné un seul regard à leur capitaine en m'adressant à lui, me contentant d'intimider le blond.
- Ce n'est pas moi qui vais décider. Chopper? Tu en penses quoi? Demanda le sale gamin qui leur servait de capitaine.
Le renne me regarda et m'adressa un léger sourire. Je sentis la tension qui habitait mes épaules se relâcher légèrement. Il avait accepté.
- Je suis un médecin, je vais la sauver.
Il se plaça tout de suite à côté de la jeune femme aux cheveux de neige et prit sa tension, écouta son coeur… Il inspecta sa main un certain temps, hocha la tête, puis se dépêcha de sortir des concoctions de sa trousse médicale, ainsi que des bandelettes. Bientôt, la main de Lilwen fut soigneusement enroulée dans des bandes.
- Les brûlures vont guérir avec le temps, mais je me suis occupé du plus gros. Pour le reste, je peux la réveiller, mais je pense qu'elle est épuisée.
- La réveiller? Même toute l'agitation des dernières minutes de notre échappée n'ont pas réussi à la réveiller. Répliquai-je, interloqué.
Le petit médecin sembla considérer mes propos avant de m'indiquer qu'il était sûr de pouvoir la réveiller. Autant essayer, si quelqu'un savait comment soigner une perte de connaissance lié à l'utilisation de la magie, c'était bien la gamine en question. Je fis donc signe à leur peluche de compagnie / médecin de la réveiller.
Dire que je ne m'étais pas attendu à la réaction de Lilwen au réveil fut un euphémisme…
