Chapitre 17

Les enfants retrouvent donc leur famille respective sur le quai 9 ¾ et Sirius demande à Barbra ce qui se passe quand il la voit se figer sur place en regardant une direction avec des yeux ronds d'horreur.

- Barb, qu'est-ce qui se passe? demande Sirius avec inquiétude.

- Il… il est venu… Il est ici, dit la jeune fille d'une voix blanche tout en refusant catégoriquement d'avancer.

- Qui?

- Mon grand-père, répond Barbra en levant ses yeux bleu-gris vers Sirius avec des larmes au fond des yeux.

- Viens, ne fait que lui dire ce dernier en la prenant par la main. S'il est venu jusqu'ici, c'est qu'il le sait et qu'il l'accepte, ajoute doucement Sirius.

Barbra le suit donc sans aucune résistance, trop choquée pour faire autre chose que de suivre Sirius comme une automate. Sirius rejoint donc l'homme d'une grande stature avec les cheveux blancs, le regard gris acier et tout en muscle pour son âge avancé.

- Bonsoir, Mr Addams, dit poliment Sirius.

Le grand homme tourne son regard gris vers ce jeune pré-adolescent et voit qu'il sert fermement la main de sa petite-fille qui semble avoir une peur bleue.

- Barbra, ma petite fée, est-ce que ça va? demande son grand-père avec inquiétude en s'accroupissant devant elle. Qu'est-ce qui se passe? Ce n'était pas comme tu le voulais, Poudlard?

- Tu… tu es au courant, constate Barb en regardant son grand-père avec crainte.

- En fait, je pense que je l'ai toujours su, dit doucement le vieil homme. Depuis toute petite, je savais que tu étais spéciale, ma petite fée. Mais je ne savais pas trop comment expliquer… ça à ton père. J'ai quitté le monde magique il y a tellement longtemps!

- Tu… tu l'as quitté?! Tu es un sorcier, toi aussi? demande Barbra avec incrédulité.

- Non, ma fée. Je suis ce qu'on appelle un Cracmol, mon ange. Je viens de la plus prolifique famille Sang-Pur de Grande-Bretagne, mais je suis né sans magie.

- Romulus! s'exclame une voix qui fait se relever la tête à Sirius. Je ne m'attendais pas à te voir ici.

- Orion! Comme je suis heureux de te revoir, dit le grand-père de Barbra. Comment vont Wally et les petits?

- Ils vont tous très bien, et c'est grâce à toi, oncle Romulus, dit Orion avec chaleur devant la surprise de son fils et son amie. Walburga semble plus heureuse que jamais depuis que tu la vois en consultation et Bella est enfin redevenue elle-même grâce à tes bons soins. Tu dois être Barbra, dit doucement Lord Black en s'accroupissant devant la jeune fille aux cheveux noirs. Ton grand-père m'a très souvent parlé de toi. Tu es sa joie et sa fierté, jeune fille.

- Alors je… je ne suis pas née de Moldus? demande la jeune fille d'un air incrédule.

- Romulus! Tu ne lui as rien dit? demande Orion avec surprise.

- Je ne l'ai jamais vue faire de magie devant moi, s'explique le psychiatre. Je ne voulais pas lui expliquer le monde magique si elle ne pouvait en faire partie, ça aurait été cruel de ma part! Même Cassiopée ne savait pas, et c'était ma fille!

Lord Black fait donc les présentations. Il présente ses deux fils à son oncle avec qui il avait gardé contact par lettre, mais il n'est jamais venu le voir dans le monde Moldu. Ce monde était bien trop intimidant pour lui! Les armes à feu et les bombes qui peuvent vous tuer, les voitures qui peuvent vous écraser… Tant de choses qui rendaient Orion nerveux.

- Viens, ma petite fée, il y a plusieurs choses dont nous devons discuter, dit Romulus en passant un bras protecteur autour des épaules de sa petite-fille.

Barbra, un sourire radieux aux lèvres, suivit son grand-père avec joie vers la Bentley de ce dernier pour retourner à la maison.

Un qui n'était pas ravi de retourner chez lui était James Potter. Depuis qu'il était revenu dans son corps de 9 ans, il ne se comprenait plus! Il avait des migraines pas possible, des souvenirs qu'il ne comprenait pas et il sentait parfois ses muscles l'abandonner. Bien sûr, il avait caché ça à Peter. Ce bon à rien qui l'avait trahi dans une autre vie. Mais comme autant Sirius que Remus ne voulaient rien savoir de lui, et il ne comprenait pas pourquoi, il s'était résigné à prendre Pettigrow comme faire valoir. Mais à chaque fois qu'il croisait le regard de Lily, ou Lilith, il se rappelait de sa vie d'avant. Quand il était heureux, avec sa femme et son fils et ses amis autour de lui. Après la mort de ses parents, il s'était senti ENFIN libre! Il sait très bien que ses parents l'ont toujours manipulé pour qu'il fasse ce que bon leur semblait. Mais dans sa première vie, il n'en avait eu confiance qu'après Poudlard. Maintenant, il se sentait plus seul que jamais! Il détestait ses parents de se servir de lui pour la ¨renommée¨ de la famille. Ils avaient fait de lui le monstre social qu'il était devenu et le mari de merde qu'il avait été avec la douce Lily.

Quand James est enfin seul dans sa chambre, il s'effondre sur le sol. Ses jambes ne peuvent plus le porter. Il a l'impression de pourrir de l'intérieur. Et il a aussi des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Il est dans le bureau de Dumbledore quand ce dernier est en grande conversation avec un homme dans la mi trentaine et que le directeur a la main droite calcinée. Cet homme intimidant qui dit à Albus qu'il ne peut défaire ce qui a été fait, mais qu'il peut lui donner plus de temps. Une fois qu'il est parti, Albus se tourne vers James et lui dit qu'il a besoin de ses souvenirs quand il reviendra. Qu'il ne veut pas mourir de cette façon et qu'il aura tous les éléments en main pour arrêter cette guerre bien plus tôt. Mais James était mort à cette époque. Comment pourrait-il se souvenir de ça?! Il sait que c'est Dumbledore qui a fait le rituel de Seconde Chance pour lui. En tant que parrain, il pouvait le faire, tout comme Sirius aurait pu le faire pour Harry. Le seul moyen pour "Oncle Albus" de faire ce rituel pour lui après sa mort, aurait été de faire de son cadavre un Inféri et de travailler autour de ce semblant de vie. Mais jamais le grand Albus Dumbledore ne s'abaisserait à faire ce genre de chose. N'est-ce pas? Mais ça expliquerait ce qui se passe en lui. La haine qu'il ressent en permanence, son corps qui le lâche à des moments aléatoires, les souvenirs qui ne semblent pas lui appartenir. Il sait très bien qu'il ne peut pas en parler à ses parents, il a déjà essayé et son père lui a dit que si Dumbledore l'avait fait, il devait avoir une bonne raison et il s'était ensuite pris la raclée de sa vie… de ses deux vies. James s'était alors promis de ne pas dire à Albus ce qui lui avait confié avant de le laisser revenir. Comme les souvenirs étaient dans la "conscience" d'un mort, Albus ne pouvait les violer par Légilimencie, et ce n'était pas faute d'avoir essayé. James voulait à tout prix partir du Manoir Potter. Il ne pouvait pas rester ici. Quand ses jambes finissent par lui obéir un minimum, il met le plus de choses possible dans son sac à dos et se traîne douloureusement vers la cheminée du bureau de son père. Il prend d'une main tremblante une poignée de poudre de cheminette avant de dire fort et clair sa destination et s'écroule sur le sol d'un salon qu'il a bien connu avant de mourir dans son autre vie et perd connaissance avant que qui que ce soit ne sache qu'il est là.