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C'est une Ginny frétillement euphorique qui entra sans préambule à peine le battant de la porte entrouvert. Hermione n'eut le temps de rien si ce n'est de l'observer s'installer en tailleur sur son lit et agiter deux bouteilles de Bieraubeurre comme des trophées.

— Où as-tu eu ça ? Lui demanda-t-elle, s'appliquant à refermer la porte de peur qu'on les surprenne.

— Blaize me les a filées, il a, je ne sais comment, réussit à en faire passer dans ses bagages. Expliqua la rousse surexcitée.

— Blaize ? Hasarda Hermione, un rictus au coin des lèvres. Elle savait que ces deux-là se tournaient autour, ce n'était plus qu'une question de jours avant qu'ils ne forment sûrement un couple.

— Hm Hm Hm Miss Granger, je vous vois venir ! N'essayez pas d'esquiver la discutions fatidique…

— Ginny…

— Explique-moi ce qu'il s'est passé. J'imagine que tu as été sanctionné ? Commença -t-elle tout en décapsulant les deux bouteilles avec sa baguette et d'en tendre une à Hermione qui la rejoignit sur le lit.

— Oui et non…

— Alors là, tu m'interroges, vu ton expression fataliste de tout à l'heure, j'imaginais au moins la fin des temps. Tenta la rousse ironique avant de prendre une gorgée de sa boisson.

— Si tu savais Ginny… C'est pire que ça ! Exagéra Hermione, avant de la suivre avec sa bouteille.

— Tu as vu la Directrice alors ?

— Ho oui et pas que… il y avait Snape aussi.

— Merde de Scrout ! Ne me dis pas que tu es virée ? Ginny s'était redressée paniquée, tandis que sa voisine au contraire s'affala contre la tête du lit soufflant son dépit. Mais enfin, il te doit la vie, il ne peut pas te faire ça !

— Figure-toi que j'y ai échappé, tu sais comment est McGonagall avec moi, elle a temporisé la chose évidemment. Et pour la dette de vie, on repassera, je pense plutôt qu'il m'en veut à ce sujet. Cela-dit, je n'ai écopé que des points en moins, d'un mois entier à errer dans les couloirs chaque soir et la corvée de supervision à prêt au lard. En fait, je m'en sors plutôt bien. Déclara-t-elle entre deux gorgées, avant de continuer. Elle a même insisté sur le maintien de mon perfectionnement avec lui.

— J'imagine qu'il n'a pas été des plus ravies…

— Non, il n'a pas vraiment sauté au plafond.

— … et il n'a rien dit ? Poussa Ginny, tirant les vers du nez de son amie qui semblait ne pas vouloir trop en dire.

— Justement… Hermione s'arrêta là, incapable de savoir vraiment comment expliquer la suite. Il faut dire qu'elle avait encore honte de son comportement alors s'épancher, là, de suite ne l'enchantais guère. Ne sachant pas trop comment débuter et dans un geste désespéré, elle but d'abord cul-sec sa bouteille pour se donner du courage.

— Mione' tu me fais peur…

Hermione rouvrit les yeux après le passage difficile de la boisson et balança d'une traite aidée par l'amertume :

— En sortant du bureau, il m'a bloqué dans le couloir, m'a fait son tour de Legilimancie où j'ai bien cru mourir et ma menacé de me faire pire. Moi plutôt que d'y voir le danger, je l'ai défié et nargué qu'il ne me faisait pas peur jusqu'à lui dire que ces menaces…et bien…m'excitaient.

Ginny l'observa interdite et sursauta presque à sa révélation. Mais Hermione continua…

— Ho Gin'… il y avait son odeur, partout, et sa force sur moi, son toucher sur ma peau, sa voix dans ma bouche… et moi… et moi, j'ai adoré ça. Le pire, c'est que pour je ne sais quelle raison idiote je lui ai déboutonné sa foutue redingote durant ce laps de temps. Je déteste ce satané vêtement ! Ne peut-il pas simplement rester en chemise ? Hermione posa son index sur la bouche de son amie comme pour l'empêcher de parler, bien que celle-ci ne comptait de toute façon rien dire. Ginny, j'ai touché sa gorge jusqu'à son col et tu sais quoi ? Le tissu me brûlait les doigts et ses yeux m'incendiaient le ventre… c'était dingue… j'ai été complètement dingue.

Hermione, les larmes aux bords des yeux, tenta de boire après sa tirade, mais pesta contre sa bouteille désespérément vide. De rage elle la jeta alors contre le mur, et la bouteille explosa dans un vacarme étourdissant. Ginny abasourdie, eu pour seul réflexe de lui tendre la sienne avant de lancer un sortilège d'insonorisation. Elle avait non seulement perdu sa langue, mais tout autant l'envie de boire.

L'intéressée au contraire semblait assoiffée et termina aussi vite cette deuxième bouteille avant de s'essuyer la bouche d'un geste peu gracieux.

— Ginny, s'il te plaît, dit quelque chose…

— Figure-toi que je cherche…

— Dit le … Tu peux… Que je…je me suis comportée comme la pire des dépravés à la libido exacerbée. Et qui cerise sur le gâteau, n'a rien trouvé de mieux que de sauté sur le pire des enfoirés.

Ginny encore sous le choc regretta un instant d'avoir amené les bières. Bien que légères, après un tel événement elles avaient sans conteste eu un effet dévastateur sur son amie qui se mettait à se fustiger en rime. Mais là n'était pas le gros du problème. Les paroles d'Hermione raisonnèrent jusqu'à la faire tiquer, elle finit par lui demander :

— L'enfoiré en question, qu'a t'il fait ?

— Et bien… il me tenait, fort, et m'observait, sans ciller, en fait il semblait juste énervé… et perdu… et chamboulé, hoo Gin', tout s'est passé si vite et tu sais comme il est bizarre avec ses trucs qu'il fait avec ses yeux et son visage.

— Oui, justement, je sais comment il fait et jamais il n'aurait laissé qui que ce soit vivant après ça.

— Qui sait, peut-être qu'il compte me tuer et qu'il a décidé de préparer soigneusement la chose. Brasser un poison pourrait lui prendre, je ne sais pas… Quelques jours…

— Miss-je-suis-parano a fini ? Demanda Ginny, mi amusée mi exaspérée.

— Je vais devoir me méfier des pommes… continua Hermione pour elle-même.

Ginny lui pinça la cuisse pour capturer son attention. Après une brève plainte, Hermione observa son amie du coin de l'œil, elle semblait agacée, mais il ne fallut pas grand-chose pour qu'elles finissent par en rire.

— Plus sérieusement, ce que je veux te faire comprendre, c'est que peut-être que ton numéro d'allumeuse ne lui a pas déplu. Après tout, tu es très jolie, intelligente et cultivé tandis que lui, et bien, est intelligent et indéniablement cultivé, pour le reste, j'imagine qu'il devrait se sentir chanceux d'avoir cet effet sur toi.

— Tu exagères, il est physiquement particulier, mais il a ce truc captivant qui…qui… ça me plaît…beaucoup. Laissa planer Hermione quelque peu honteuse d'avouer une telle chose.

— Oui et bien pour ça, je n'ai aucune explication outre le fait que possiblement, tu pourrais avoir besoin de lunettes.

Ginny se retrouva avec une multitude de plume dans les cheveux et la bouche après qu'Hermione lui ai balancé son oreiller.

— Rectification, vous êtes fait l'un pour l'autre, tout autant susceptible que tyrannique !

Un second fou rire les anima et Hermione réalisa comme cette discussion avec Ginny lui faisait un bien fou. Aborder ce problème avec légèreté dédramatisait complètement l'affaire. Il lui fallait au moins ça pour espérer dormir presque tranquillement.

Leurs rires s'étouffèrent lorsque l'une et l'autre arrivèrent à saturation. Elles étaient maintenant couchées et se tenaient le ventre douloureux d'avoir ri autant. Hermione, lesyeux observant dorénavant le plafond rompit le calme à peine revenu.

— Merci Gin'.

— De quoi ?

— D'être là et de m'écouter.

— Mione' nous sommes, amies, c'est mon rôle et sache que jamais je ne te jugerais.D'ailleurs fait moi une promesse.

— Laquelle ? Hermione, se tourna et l'écouta, la tête sur ses mains jointes.

— De ne plus jamais hésité à me parler de ces choses-là et surtout que tu le fasse sans honte.

— Promis. Souffla-t-elle tout en tendant son petit doigt pour le crocheter au sien.

La promesse était actée et c'est parce qu'Hermione était épuisée qu'elle ne lui en dit pas plus ce soir là. L'instant suspendu lors du sauvetage de son professeur ne resterait encore qu'un secret, mais bientôt elle pourrait se confier, elle avait promis.

Le silence reprit ses droits dans la chambre dorénavant bercée par la lumière de la lune, si bien que les deux amies s'endormirent de concert.

Il fut assez étonnant de constater que la suite de la semaine pour Hermione, se passa relativement, tranquillement. Se livrer à son amie, l'avait libérée d'un poids si bien que même Luna ne lui parla plus non plus des joncheruines. Forcément, ces journées sans apercevoir, ni croiser son professeur de Potion, l'avait aidé à y remédier.

Il faut dire qu'elle n'avait pas tari d'effort lors de ses rondes, évitant soigneusement certains passages de prédilections de son professeur, et plus particulièrement les cachots.

Lors des repas, alors qu'elle passait chaque fois les grandes portes la boule au ventre, Ginny la rassurait immédiatement l'informant qu'il y était aussi absent.

Oui, Severus Snape avait loupé chaque repas de la grande salle depuis leur « bousculade » dans le couloir et Hermione s'était focalisée à ne pas se questionner sur le sujet, bien trop encore honteuse sur la situation.

Une semaine relativement sereine donc, mais comme toutes bonnes choses, elle prit fin en ce vendredi midi.

— C'est quand même dingue ! On ne l'a pas vue de la semaine et malgré tout, j'ai cette angoisse qui monte.

Hermione venait d'enjamber le banc pour s'installer avec ses amis tout en rassemblant ses boucles en un chignon flou sur son crâne avant de réajuster son pull en cachemire sous sa robe.

— Et tu vas nous faire croire que tu n'as pas une petite plante dans tes serres pour remédier aux angoisses Neville ? Suggéra Blaize sournoisement qui vint s'installer à leur table.

— Il y a bien un plant d'aubépine dans la serre 2, idéal contre l'anxiété et la nervosité, combiné à la mélisse en une tisane, je suis certain de parvenir à nous concocter quelque chose.

Chacun se mit à sourire en écoutant Neville trop innocent pour propre son bien. Ils le laissèrent énumérer les multiples combinaisons multiples de plantes inoffensives, jusqu'à ce qu'il se rende compte lui-même qu'il s'était encore lancé dans un monologue soporifique.

Hermione, les avait quelque peu lâchée. Elle fixait la chaise vide au loin à la table des professeurs, incapable d'ignorer plus encore l'étrange absence de Snape. Son parfum lui chatouilla le nez en une sulfureuse réminiscence, cette combinaison de chênes et de mûres, rien que d'y penser l'enveloppa dans cette chaleur incontrôlable avant de percevoir de nouveau cette honte indélébile…

Hermione ferma les yeux et grimaça…

— Hey, ma belle, ça va aller. Intervint Ginny qui lui frotta le dos.

— Il va me tuer Gin'…

— On en a déjà parlé, outre le fait qu'il n'en a pas le droit, je reste persuadée qu'il en est incapable pour des raisons qui restent à élucider. Lui glissa Ginny accompagnée d'un clin d'œil pour tenter de la rassurer, en vain.

— Mais tu les as vus toi aussi, les premières années sont tous revenus de son cours complètement tétanisé…

— Comme absolument tout les premières années chaque année…

— Les troisièmes et sixièmes aussi. Continua-t-elle encore plus dépitée.

— Toujours rien d'étonnant Mione. Ho et puis crotte, ressaisis toi ma belle, tu as vaincu Voldemort nom d'un chaudron !

Ginny n'avait pas tort, et ça ne lui ressemblait pas de s'apitoyer sur son sort, non jamais elle ne s'était laissée démoraliser ainsi, pas même dans les pires épreuves qu'elle avait du traverser ses dernières années. Elle devait se secouer, ce qu'elle fit. Quelque peu ressaisis, elle avala son déjeuner en quelques bouchées et empoigna sa besace fin prête à affronter son prochain cours dans les cachots.

Son groupe d'amis la suivit, Ginny la première, fière d'être celle qui savait y faire.

Le même manège du premier cours recommença lorsque les élèves furent accueillis par le bruit sourd des portes qui claquent. En revanche, cette fois, Severus Snape n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, que chaque élève s'installa avec précipitation.

Hermione moins téméraire que la première fois rejoignit au plus vite Ginny sur une paillasse au milieu de la classe. Bien que la distance entre lui et elle lui parut raisonnable, cela ne l'empêcha pas d'apercevoir un sourire sarcastique étirer ses traits tandis qu'il continuait de les observer se batailler pour se placer.

Elle ne s'éternisa pas sur ce constat, et préféra s'attarder sur le contenu de sa paillasse. Elle y découvrit dessus tout le nécessaire pour l'élaboration d'une potion et souffla intérieurement de soulagement. Rien de tel que la confection pour rester concentrée et tenter de ne pas divaguer, c'était tout à fait ce qu'il lui fallait, parfait.

Le cours commença dès lors que son professeur se leva. D'une démarche vive il se dirigea au tableau et commença à y inscrire le nom de la potion du jour. Hermione, terrée sur sa chaise, lutta quelque peu contre ce feu en elle qui s'éveilla à la vue de sa silhouette qui au rythme des lettres vacillait. Ses mèches sombres et lisses balayaient ses épaules saillantes tandis que sa main avait cette poigne ferme sur la craie tant et si bien qu'elle s'effritait entre ses doigts.

Hermione déglutit et frissonna, malgré elle, alertant de ce fait sa voisine qui d'un coup de coude l'obligea à se reprendre.

La rassurant sur son état en un demi-sourire discret, elle se concentra de nouveau et devina le sujet. Son enthousiasme revint de concert avec la voix de son Professeur qui clama strictement :

— Potion de sommeil sans rêve, vous avez trois heures.

Tous se mirent au travail tandis que par magie la recette détaillée ainsi que les ingrédients apparurent sur chaque tablée. Bien, Hermione ne traîna pas non plus à s'y mettre.

Très concentrée tandis qu'elle entama la pluche des brins de lavande, elle se laissa à penser que cet exercice avait sûrement le but bien précis de croître les stocks. Après tout, si chaque binôme parvenait à une mixture au moins passable à la fin du temps imparti, cela pourrait suffire à les ravitailler chacun, lors de la période des examens. C'était malin et altruiste, pensa Hermione, si bien qu'elle y vit là l'aide détournée de leur professeur pas si terrible que ce qu'il voulait bien faire croire.

Lorsqu'au terme de sa botte, les doigts imbibés de la fragrance des brins de lavande, elle souffla de soulagement. Ce n'était pas l'étape la plus difficile, cela dit ça n'en restait pas moins fastidieux. Ginny au même moment versa les deux doses de poudres d'herbes minutieusement pesées dans un mortier sous l'œil complice de son amie.

L'une et l'autre était tout aussi pointilleuse sur la préparation si bien qu'elle formait un duo tout aussi complémentaire dans la vie que de toute évidence dans l'élaboration des potions. Aussi scrupuleuse l'une et l'autre, nul doute que cela annonçait des quantités de fioles emplies de breuvage parfait.

L'élaboration de la potion se passa relativement, sereinement jusqu'à présent. Les premières étapes avaient été plutôt simples si bien que personne n'avait encore entendu le professeur pester contre qui que ce soit. Hermione curieuse de voir ce qu'il fabriquait releva un instant les yeux de son macéra de lavande terminé, pour les poser sur lui.

Elle l'aperçut deux rangées plus loin se pencher par-dessus l'épaule de Neville, puis devina aisément à sa grimace, qu'une fois de plus, la mixture ne devait pas avoir la consistance requise. Pauvre Neville, malgré tout ses efforts rien y faisait, les potions resteraient à tout jamais ses Némésis. Gryffondor perdit quatre points avant que Snape ne reprenne ses observations.

Il avait cette démarche certaine et presque impérieuse. Ses longues jambes fuselées fendaient les pans de sa cape à chacun de ses pas et Hermione se surprit à les fixer scrupuleusement. Elle remonta son regard, glissant sur ses cuisses musculeuses jusqu'à son visage, curieuse d'y déceler elle ne sait quoi.

De son regard à la profondeur abyssale, il resta impassible tandis qu'il balayait chaque tablée. Seuls ses sourcils plutôt fournis, mais dessinés pouvaient laisser voir un semblant de son jugement, tout était une question d'inclinaison plus ou moins accentuée.

Si loin, Hermione ne se risqua pas pour le moment à une hypothèse concernant le travail de son camarade d'en face et préféra continuer son étude à la dérobée.

Elle fixa son nez, si grand que lors de leur accrochage, ce fut le seul appendice qui l'eut presque touché. Elle ne retint pas son sourire grivois qui s'étira sur sa face à cette mention licencieuse, avant de finalement vite se reprendre.

En vérité, bien qu'imposant, il n'était pas disgracieux comme pouvait le penser certain, au contraire de son point de vue, il était même le point central de son charme. Sa taille et sa forme lui donnaient sans conteste cette allure certaine et avec son port de tête altier nul doute qu'il pensait de même.

Oui, c'est ça, il insufflait de sa prestance une aura de confiance, feinte ou pas cela restait à percer. En attendant, il continuait de déambuler le torse gonflé par la posture de ses bras croisés dans son dos. Ce qui ne laissait aucun doute quant à la vigueur de ce qui se cachais en dessous, sous la multitude couche de tissus et les innombrables boutons qui l'horripilaient.

Malgré cela, elle ne s'imagina pas une musculature imposante en dessous, mais plutôt vigoureuse. D'ailleurs, ses épaules larges et droites ne laissaient pas de doute sur le fait qu'il n'était pas non plus trop fin. Elle avait déjà pu s'en rendre compte lorsqu'elle avait déboutonné le haut de sa chemise tant la difficulté s'était faite sentir sur les deux premiers boutons dus à la largeur de ses trapèzes.

En y repensant ses joues s'échauffèrent malgré elle. Il fallait qu'elle se ressaisisse avant qu'il ne la surprenne.

Anticipant in extremis son approche, Hermione replongea dans son travail, se préparant un instant à l'autre l'entendre lui faire une remarque sur… peu importe, il trouvait toujours quelque chose à lui dire. Seulement, rien n'arriva. Il la dépassa finalement, ne se souciant pas d'un pouce de son travail et attribua cinq points à la tablée derrière elle, des Serpentard évidemment.

L'injustice qu'elle ressentit face à son attribution arbitraire de points ne fut rien comparée à sa frustration. Il l'avait délibérément ignoré tandis qu'elle s'était préparée à le percevoir tout prêt.

Elle avait eu envie de sentir sa cape contre son flanc, son souffle d'approbation dans sa nuque et son parfum riche et boisé flotter dans son espace, à défaut de son avis concernant sa besogne. Mais rien de tout cela ne se passa, ses frissons d'anticipation disparurent et son regain de concentration lui fit reprendre ce qu'elle était en train de faire, cette fois, sans grand enthousiasme.

Oui, elle était affectée, si bien qu'elle batailla plusieurs minutes avec le couvercle d'un bocal avant que sa voisine ne lui rappelle qu'elle avait sa baguette. Voilà maintenant qu'elle oubliait être une sorcière. Elle pesta contre elle-même de se laisser envahir par ses états d'âme, la rigueur de son travail n'avait pas à en pâtir. Heureusement, Ginny n'était jamais bien loin, prête à veiller.

Les queues d'écaille chiné l'aidèrent à évacuer sa divergence intérieure, elles n'étaient pas simples à hacher, ces petits papillons de nuit étaient déjà si petits qu'Hermione lutta pour obtenir un résultat convenable sur une si petite partie. D'ailleurs, elle remarqua comme la voix de son professeur s'éleva davantage à cette étape de la recette. Nombreux semblaient ne pas parvenir à accomplir la tâche avec l'exigence qu'il imposait.

Elle termina fastidieusement l'affaire, lorsqu'au même instant un sifflement suspect s'éleva au-devant. Le chaudron de Neville fumait dangereusement si bien que Snape rebroussa la rangée en quelques enjambées avant de siffler sombrement :

— « Evanesco » ! Monsieur Londubat prenez vos affaires et sortez de ma classe, il est intolérable qu'a ce stade de votre cursus, vous puissiez encore confondre hacher avec piler.

La vision de son ami blanc comme un linge faisant son sac la fit grimacer. Le pauvre cela n'allait pas arranger ses angoisses. Peinée pour lui, elle lui transmit tout de même un sourire navré, lorsqu'il passa près d'elle, puis se remit rapidement au travail tandis que la porte se referma derrière lui.

Elle ne laissa pas cette parenthèse entachée son propre travail et repris la tâche si bien que son binôme fût le premier à passer à la phase suivante. Les découpes étaient faites, l'élaboration du macéra aussi, ainsi que les pesées. Il ne leur restait plus qu'à verser un à un, chaque élément dans le chaudron tout juste mis sur la flamme.

Une à une, elles s'en chargèrent jusqu'à ce que d'un simple hochement de tête elles se mirent d'accord sur le fait que seule Ginny poursuivre le reste. Soit le brassage. Cette étape ne pouvait se faire ensemble au risque de se perdre dans le décompte et le sens des tours de spatule à effectuer.

Ce moment fut l'occasion parfaite pour Hermione, qui exténuée, se laissa choir sur son tabouret. Ses tâches lui avaient demandées pas mal d'effort et de concentration si bien qu'elle avait maintenant chaud.

Les chaudrons quasi tous sur les flammes n'arrangèrent pas non plus sa fièvre tandis que la température de la pièce vint grimper en flèche. Elle se fustigea un instant d'avoir mis ce pull en cachemire, ça n'avait pas été la meilleure idée ce matin. Malgré tout, elle resta vigilante et surveilla d'un œil aguerri l'étape finale que son amie avait prise en charge.

Dans leur chaudron, la mixture commença à frémir. Les petites bulles significatives flottaient à la surface quelques instants avant d'exploser plus ou moins de façon sonore. Hermione fixa alors la réaction tandis que sans savoir pourquoi le même frémissement se fit au creux de son ventre. De toute évidence, ce bouillonnement était l'image parfaite de tout ce remue-ménage en elle et bien qu'inexplicable, il était au moins descriptible.

Elle avait maintenant ce feu en elle qui s'éveillait sans aucune raison, encore, et qui semblait avoir pris sa source dans les vapeurs environnantes. Sa présence à lui, y était-elle aussi pour quelque chose ? Faisait-il encore ce tour de Legilimencie sans même capturer son regard. C'était fort plausible, se convint, Hermione qui releva les yeux de son chaudron pour valider sa théorie.

Il était là, installer à son bureau, raturant une pile de copie avec exaspération. Ses mèches noir de jais barraient une partie de son visage concentré. Non, vraisemblablement aucune magie là-dedans, sa réaction n'était que naturelle et d'ailleurs cette simple vision raviva un peu plus ce brasier qui calcinait en elle.

Évidement qu'elle s'était posé la question ! Après tout, il avait été capable de lui faire ressentir toutes ces choses intenses et bizarres rien qu'en plongeant dans son regard, alors elle avait supposé que peut-être, sans connexion visuelle, il pouvait aussi… elle ne sait pas… non c'était idiot.

Elle vivait désormais l'enfer, suant et étouffant devant sa paillasse comme un cochon sur la broche. Rester devant la fonte rougeâtre qui irradiait cette chaleur accablante n'était sans conteste pas une bonne idée, alors elle s'éloigna, faisant de ce fait grincer de façon peu discrète les pieds de son tabouret sur le sol pavé.

Ce semblant de frais ne semblait rien y faire, tandis que le picotement sur ses joues se fit. La fièvre ne se calma pas non plus, irradiant dorénavant tout son être et plus particulièrement son ventre et le creux de ses hanches, c'était insupportable. Hermione étouffait presque, si bien que sans réfléchir plus longuement, elle déboutonna le devant de sa robe pour en écarter les pans. Cette couche en moins eut au moins le mérite de l'apaiser enfin.

Studieuse, Hermione reprit l'observation de son chaudron que Ginny était en train de brasser avant de se positionner de façon plus confortable sur son tabouret et de croiser les bras sous sa poitrine lui donnant un air davantage concentré.

Depuis son bureau, Sape ne lésinait pas sur les annotations à l'encre rouge. Il était désespéré en lisant les inepties des sixièmes années. Vraisemblablement, leurs connaissances déjà pauvres s'étaient envolées avec les vacances estivales. Il s'apprêtait à déchirer le parchemin sous ses doigts lorsqu'il entendit un tabouret grincé. Relevant les yeux, il aperçut l'insupportable Granger gigoter sur son tabouret. De son point de vue, elle ne semblait pas à l'aise. Rien d'étonnant, il faisait une chaleur insupportable entre ces murs. Son visage excessivement empourpré le rendit cependant perplexe.

Avait-elle réellement si chaud ? En y faisant plus attention lui aussi souffrait, mais ses années de pratique dans ces conditions l'avait habitué à supporter les effets d'une telle chaleur si bien qu'il n'y faisait plus vraiment attention.

D'un coup d'œil rapide, il balaya la classe et s'étonna d'admettre qu'elle était la seule dans ce curieux état. Ho, la chaleur était présente sans nul doute possible, mais pas au point de se trouver la robe ouverte et autant rougis.

Incapable de se soustraire à la vision de son élève en piteux état, il se laissa glisser sur le dossier de sa chaise et resta là, à la contempler, caché tout de même par ses quelques longues mèches.

D'un œil inquisiteur, il détailla les boucles évadées de son chignon. Trempées par la sueur, l'une d'elle goûta juste sous son oreille. Il ne quitta plus une seule seconde la curieuse, qui glissa et navigua sur son épiderme enfiévré par la chaleur incomprise, qu'il commença à percevoir lui aussi…

Sur son chemin, la goutte en rencontra une autre, avant de fusionner pour venir lécher avec vigueur l'arrête de sa clavicule. La course folle se poursuivit et s'aventura plus bas, prenant un chemin certain que son œil de professeur ne pouvait décemment plus suivre.

Severus Snape se força à reprendre ses notes. Il griffonna une phrase sans aucun sens, ratura deux mots, puis un troisième et pesta avant de finalement reprendre l'interdite observation.

Comme si la goutte l'attendait, sa glisse repris de plus belle. Proche d'une bouclette blanche en cachemire sur le bord du décolleté, elle fut contrainte par la rondeur de sa poitrine à dévier son chemin. D'une ligne luisante, elle souligna parfaitement ce mont d'une rondeur parfaite avant de glisser en chute libre dans la vallée fait des deux globes presque exposés par la position des bras croisés de leur propriétaire. Une fois totalement avaler par la poitrine affriolante, Severus Snape déglutit. Sa contemplation pris fin à cet instant et comme si de rien, il reprit sa besogne beaucoup moins nerveusement.

Ginny, qui n'avait cessé de compter les tours de son brassage, n'avait ceci dit rien loupé du manège de son professeur. Bien qu'il fût d'une discrétion implacable, rien dans ce domaine ne pouvait échapper à son esprit fleur bleu, si bien qu'elle se faisait maintenant une joie immense de rapidement quitter cette classe pour en informer l'intéressée.

Le cours pris fin lorsque chaque mixture fut mise en fiole et posée sur le bureau de leur professeur. Ginny et Hermione, les premières à avoir rendu leur travail allèrent passer la porte lorsque la voix de Snape les stoppa :

— Miss Granger, pas si vite, j'ai deux mots à vous dire !

Hermione sursauta imperceptiblement sauf pour son amie qui lui tenait le bras. Elles se regardèrent, Hermione les yeux écarquillés comme pour supplier son amie de la sauver et cette dernière, de façon moins fataliste qui l'entraîna à faire demi-tour d'une tape sur les fesses tout en lui soufflant :

— Reste confiante ma belle, on se retrouve dans la grande salle.

…à suivre

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