Bonjour à tous !

Et voici le chapitre 8 !

Contexte : les ennuis commencent….

Ce chapitre me permet également de mettre en scène l'arrivée d'un personnage original que j'avais mentionné dans le chapitre 1 (à la toute fin), personnage que j'ai bien aimé créer, donc j'espère qu'il va vous plaire (spoil : il va devenir un des personnages principaux).

Bonne lecture !

Adaline Blue : merci pour ta review ! Contente que cela t'ait fait rigoler :D

Darkcuario : Hi ! Thank for your review! They have released the pressure yeah so friendship can begin! Sorry about June ^^'. I thought about it at the very first beginning but I remove that idea very quick. I have another plan for Shun about love so I hope you will find it great :)


District de Brooklyn, New York, Nuit du 31 octobre au 1er novembre 1991, 2h du matin.

Si Brooklyn est synonyme de tendance et de branché de nos jours, durant les années 90, cela n'était pas forcément le cas et plusieurs secteurs de l'arrondissement étaient considérés comme étant très dangereux. Néanmoins, compte tenu des récents événements, la criminalité était devenue bizarrement… secondaire. Et ce n'est pas Robin qui dira le contraire.

Ce dernier, SDF depuis 4 ans, rentrait de sa patrouille quotidienne, qui consistait à se déplacer dans différentes rues de Brooklyn et y laisser une trace de son passage : excréments, pisse ou déchets. La bienséance, l'hygiène, cela faisait bien longtemps que ce pauvre hère avait laissé tomber tout cela, ne restant accroché à la vie qu'à cause d'un muscle qui battait dans sa poitrine. Il avait pourtant tenté au début de rester dans les codes des "avec domicile" comme il les appelait. Mais… l'insécurité, les vols, les coups, la quête désespérée d'argent pour ne serait-ce que manger, avait fini par achever le reste de mental de ce SDF. Désormais, il n'était plus que l'ombre de lui-même, transportant la carcasse qu'était son corps.

Il marcha quelques instants encore dans la rue, cherchant un endroit où dormir. Plus il s'enfonçait dans ces rues sombres et délabrées, moins il y avait de gens. À un croisement entre deux rues, il n'y avait plus que lui et un type, visiblement pressé de rentrer.

Celui-là, l'est pas d'ici, se dit Robin

Il s'arrêta dans une voie sans issue et allait installer son sac de couchage sur un carton sentant la sauce tomate rance quand un bruit attira son attention. Visiblement, il n'était pas tout seul dans cette voie.

Il concentra son regard en direction du bruit. Ce dernier devait provenir du fond de la rue, là où il n'y avait aucune lumière, seulement celle d'un pauvre réverbère dont l'ampoule grésilla un instant, puis finalement s'éteignit. Les ténèbres avaient alors envahi le fond de la voie.

- Eh ! Tenta-t-il

Pas de réponse.

- J'sais pas qui t'es mec mais j'te conseille pas de venir me chercher des emmerdes. J'ai pas d'argent et mon froc est rempli de merdes donc même mes fringues sont pourries.

Encore aucune réponse.

C'est mon cerveau qui a dû déconner

Il allait s'allonger quand l'ampoule du réverbère commença à nouveau à grésiller. Juan tourna alors ses yeux vers ce dernier et l'ampoule s'éteignit à nouveau. Il commençait à se sentir légèrement mal à l'aise. Peut-être qu'il vaudrait mieux qu'il aille dormir ailleurs. S'il y a bien quelque chose que la rue lui a appris, c'est qu'il fallait faire confiance à son instinct. Et à cet instant précis, son instinct lui disait de se barrer.

Il prit son sac de couchage mais jeta derrière lui un dernier regard pour s'assurer qu'il n'aurait pas d'ennui, comme par exemple une attaque dans le dos. Un temps se passa alors qu'il scrutait les ténèbres.

Puis le réverbère s'alluma d'un coup, éclairant le fond de la voie.

Et c'est là que Robin le vit.

Une sorte de monstre humanoïde, dont la peau semblait avoir brûlé au 3ème degré.

Il hurla de peur et s'enfuit en courant dans les rues voisines.

- À l'aide ! Au secours ! ne pouvait-il s'empêcher de crier.

Mais pour les habitants des immeubles de ce quartier de Brooklyn, il n'était qu'un énième SDF en proie à des visions paranoïaques.

C'est ainsi seul que Juan courait désespérément dans les rues sombres, cherchant à préserver sa vie. Il décida de s'enfuir par les égouts, dans l'espoir de retrouver quelques autres SDF qui vivaient là-dedans. Il tourna dans une rue où il savait qu'il y aurait un passage, enleva la plaque et se glissa à l'intérieur de la Grosse Pomme Souterraine.

Se sentant un peu plus en sécurité, il marcha vite vers un des lieux dans lequel les SDF aimaient bien se retrouver.

Il regretta aussitôt d'avoir cherché cet endroit quand ses yeux virent la pire chose qu'il puisse imaginer.

Là, devant lui, le cadavre de quelques-uns de ces compagnons d'armes… dont les corps éventrés ou décapités gisaient, à peine éclairés par la lumière provenant de l'extérieur. Et tout au bout de cet endroit, une créature, semblable à une chauve-souris sans ailes, qui semblait se repaître des intestins d'un pauvre bougre comme lui. Seulement, cette dernière avait entendu du bruit et elle tourna alors ses yeux rouges globuleux et son museau ensanglanté vers Robin. Elle devait faire 2 mètres.

Les cheveux de ce dernier devinrent instinctivement blancs et tout son corps relâcha les derniers fluides qu'il contenait. Il était incapable de bouger, incapable de s'enfuir. Tout son corps, épuisé par sa dernière course, était paralysé de peur.

Il vit la créature se relever et lui faire face, les griffes ouvertes, prêtes à le déchiqueter, puis fondre sur lui, gueule ouverte, assoiffée de sang.

New York, 1er novembre 1991, 16h

- Mais tu vas sortir de ce corps sale démon ?!

Ledit démon répondit par un crachat par l'intermédiaire du petit garçon qu'il possédait. Il le faisait se tordre dans tous les sens, le visage déformé par une bave noire et un rictus malveillant. Ses parents se tenaient sur le seuil de la porte de la chambre, tremblant, pleurant et priant Dieu et tous les saints pour que leur enfant soit sauvé.

- Ce qui m'étonne connard c'est que tu aies choisi de posséder un corps alors que depuis qu'un passage a été ouvert, tu as littéralement la possibilité de venir dans notre monde avec ton vrai corps.

- Que veux-tu mon cher Johann, on garde ses bonnes cartes en réserve ! Répondit la voix caverneuse du petit garçon possédé

La mère redoubla de sanglots en entendant cette voix immonde qui n'était pas celle de son petit garçon.

Voyant que la situation n'allait pas s'arranger, Johann décida de passer au plan B.

- Que quelqu'un m'apporte un grand miroir !

Par chance pour les parents et ce garçon qui étaient d'origine haïtienne, l'esprit de communauté et de solidarité était très fort dans cet immeuble miteux du Bronx, où s'entassaient plusieurs immigrants de la même nationalité qu'eux. Surtout durant cette situation qui les avait tous ameutés. C'est ainsi que plusieurs voisins se relayèrent pour trouver ce que le sorcier vaudou voulait. Une personne arriva ainsi avec un miroir en main.

- Plus grand que ça ! Le plus grand que vous pouvez trouver !

Aussitôt dit, aussitôt fait, un groupe de résidents arriva avec un miroir mesurant 1m60 tout au plus.

- Parfait ! Mettez-le à terre ! Et mettez une chaise juste devant

Ils s'exécutèrent tous, se demandant ce qu'il comptait faire.

- Aidez-moi à l'attacher !

Deux hommes plutôt costauds ainsi que le père vinrent aider le sorcier qui se prenaient des coups de griffes et de pieds par le garçon. Un des hommes fut violemment projeté contre le mur.

- Mais il a la force d'un homme adulte c'est pas possible ! s'écria le père.

- On fait avec ! Ne le lâchez pas surtout.

Ils arrivèrent tant bien que mal à l'installer sur la chaise.

- Esprits de l'air, venez à moi ! cria le sorcier.

Aussitôt, le garçon fut plaqué contre la chaise, comme si un vent violent l'empêchait de bouger.

- Vite des cordes ! Tout ce que vous pouvez trouver.

Le garçon se retrouva alors bien vite entouré par des cordes en lin, des câbles électriques, des cordes à sauter et tout ce qui pouvait servir de lien.

- Okay écartez-vous, à moi de jouer maintenant, dit Johann

Puis, se retournant vers les voisins :

- Surtout, faites-en sorte que les parents n'interviennent pas.

Il prit son bâton, inspira plusieurs fois pour se calmer, fit plusieurs incantations et frappa le miroir avec le bout. Au lieu de se briser, le miroir se para d'un sceau de couleur verte. Il prit alors une corde qui restait et l'installa autour du garçon, les deux extrémités dans ses mains et se plaça derrière lui. Et il tira, voulant faire basculer la chaise contre le miroir au sol. Comprenant cela, la mère du garçon voulut intervenir mais une voisine l'en empêcha tant bien que mal.

Le garçon hurlait, se débattait et poussait la chaise vers l'avant. On pouvait percevoir les veines de son cou comme des gros vers prêts à sortir de la peau. Tous les résidents s'étaient mis à prier.

Et Johann tirait, tirait, tirait, hurlant.

À ce moment précis, la chaise bascula enfin, faisant voler en éclat le verre du miroir.

Cependant ! Au lieu de se blesser contre les débris, l'enfant parti avec sa chaise dans le miroir, comme aspirer par un trou noir. Le sorcier lâcha la corde et précipita sa main dans le trou béant.

Tous les résidents étaient interloqués, les parents en premier.

Puis, ils virent le bras du sorcier ressortir, avec le gamin au bout qui semblait être redevenu lui-même.

- Mon fils ! hurla alors la mère suivie du père qui se précipitèrent sur l'enfant endormi.

Le verre du miroir était redevenu intact. À la différence près qu'à l'intérieur une ombre noire hurlait, comme retenue prisonnière.


- Comment pouvons-nous vous remercier ? demandèrent les parents du petit garçon, qui commençait à se remettre doucement de ses émotions.

Le jour tombait sur ce quartier du Bronx. Dans la petite cuisine, Johann buvait un énième verre d'eau. C'est qu'exorciser, c'est du boulot !

- Bah… invitez-moi un jour à manger un sòs poul avec du diri ak djon djon ou alors du diri ak pwa wouj si jamais vous ne trouvez pas du djon djon.

Cette énumération de plats haïtiens firent sourire les parents, ravis de se trouver des points communs avec le sorcier.

- Vous êtes haïtien ? demanda la mère

- Ma mère était haïtienne. Moi je vis depuis que je suis gamin aux États-Unis, en Louisiane plus précisément, répondit-il avec un sourire.

Il allait quitter la résidence quand les parents s'arrêtèrent sur le seuil de la porte pour le remercier encore.

- En tout cas, merci encore du fond du cœur. Votre réputation n'est pas à redire ! Heureusement que nos voisins nous ont parlé de vous, dit la mère

- Que Dieu vous garde mon ami ! s'exclama le père avec joie

Johann s'éloignait dans le couloir, le miroir possédé sous le bras, quand il entendit les mots de la mère. Il eut un sourire en coin : il savait bien que, du bayou de Louisiane à la jungle haïtienne, beaucoup de choses circulaient sur lui, et nombre de gens chantaient ses louanges… ou mettaient en garde.

Après quelques instants de marche, il décida d'aller s'installer sur un des toits pour profiter de la vue sur New York. Il s'éleva dans les airs grâce encore une fois aux esprits puis, arrivé à destination, s'installa les jambes dans le vide et s'alluma une cigarette. Il poussa un soupir, épuisé par cette journée.

- Je ne te dérange pas ? lui demanda une voix dans sa tête.

- Non, vas-y, répondit mentalement Johann qui avait reconnu l'Estrange, un des disciples de Hécate.

- Tu en es à combien de créatures ?

- 5 avec le dernier. Sauf que cette fois-ci c'était un cas de possession par un démon.

- Ah le démon n'avait pas son vrai corps ? Étrange ça…

- Pas vraiment. À mon avis, chaque créature a son mode d'action différent. Les esprits dit primaires ne vont pas se poser de questions et vont passer dans notre monde avec leur corps tandis que les autres, ceux un peu plus évolués intellectuellement comme les démons, vont être plus prudents et se laisser plusieurs options disponibles pour parfaire leurs objectifs. J'ai compris ça tout à l'heure.

- D'accord.

- Mais en un sens c'est ça qui m'inquiète. C'est plus fourbe et difficilement détectable. À l'heure où je te parle, il doit y avoir d'autres personnes qui se font posséder. New York est un festin d'âmes pour eux. En plus, avec le passage ouvert, ils doivent se dire que c'est open bar.

- C'est certain.

- De plus, ils sont plus forts, comme si l'ouverture avait triplé leur force. J'ai galéré comme un chien tout à l'heure et j'ai dû utiliser la technique du miroir. Alors que normalement deux trois jets d'eaux bénites, des incantations et limite les proches qui disent des mots d'amour et hop là c'est réglé.

Puis reprenant une bouffée de cigarette :

- Toi c'était comment ?

- J'en suis à 3 pour le moment. Mais comme toi, je suis inquiet. New York est un vrai capharnaüm et retrouver des créatures là-dedans risquent d'être plus compliqué que prévu. Surtout si ces dernières jouent les fourbes en ne possédant seulement.

- On n'est pas dans la merde. T'as une idée de qui aurait pu faire ça ? Hadès est de retour ?

- Pas exactement. En fait, Hécate sait qui c'est. C'est un chevalier d'Athéna, il a servi de réceptacle pour le dieu de la mort. Et il a ouvert un portail physique entre notre monde et celui de l'Autre monde.

Johann crut s'étouffer avec sa cigarette.

- Pardon ?!

- Oui tu m'as bien entendu.

- Okay… alors j'ai plusieurs questions mais je vais poser la plus évidente : on le trouve comment ce chevalier ? Parce qu'à l'heure qu'il est, je devrais être tranquille dans mon bayou à jouer de la guitare et réviser pour mes examens de novembre. Et j'aimerai bien que ça se fasse. Si possible, pas dans une situation apocalyptique.

- D'après Hécate, il est en Italie en ce moment. Mais elle prédit qu'il va rentrer rapidement à New York. C'est là où il habite. Elle t'a chargé de le retrouver.

- New York, c'est grand comme ville.

- Oui je sais. Selon elle, tu le trouveras dans un vieux cinéma de Brooklyn, qui s'appelle le Dante.

- Quand ?

- Elle ne saurait te le dire. C'est trop nébuleux pour elle car tout dépend de lui.

- Okay super… bon j'ai un lieu c'est le principal. Merci l'Estrange.

- De rien. Je ne t'embête pas plus longtemps. Je m'en retourne à la chasse aux créatures. D'ailleurs, on peut s'en charger avec un autre disciple. Tu peux en profiter pour te reposer. Tu en as beaucoup fait.

- Merci L'Estrange, appelez-moi en cas de problème.

- Ce sera fait.

Le fidèle disciple d'Hécate coupa la discussion. Johann soupira.

Il n'aimait pas la tournure que prenait cette histoire.

Vraiment pas.

Un sentiment de malaise l'envahit. Comme si le pire était à venir, à l'image des nuages noirs qui commençaient à s'avancer dans le ciel. Johann n'aimait pas non plus ce présage.

Il se demanda alors à quoi pouvait bien ressembler ce fameux chevalier d'Athéna.


Mesdames et Messieurs, je vous présente donc : Johann, sorcier vaudou. Il est inspiré du personnage de Jéricho Drumm, sorcier vaudou que l'on voit souvent dans l'univers de Dr Strange. Personnage que j'aimerai bien voir un jour dans le MCU si possible… Kevin Feige, si tu m'entends ?...

Comme vous pouvez le constater, les nouveaux pouvoirs de Shun commencent sérieusement à faire des dégâts. Parviendra-t-il à les contrôler ?

Sur cette question existentielle… à bientôt pour le chapitre 9 ! *disparition ninja