Ron et Hermione vinrent passer quatre jours chez Harry et Dahlia. C'était bien sûr pendant leur temps de réserve et Harry aurait donc tout le temps de les accompagner dans leurs visites. Ils arrivèrent un matin, heureux et impatients. Dahlia était déjà partie travailler et Harry se chargea donc de faire découvrir leur appartement à ses amis. Il était fier et excité de leur montrer l'endroit où il vivait, de les accueillir là. Parfois Harry oubliait qu'il vivait à des milliers de kilomètres d'eux, parce que les Portoloins et la magie rendaient les distances plus courtes mais parfois, il avait le sentiment d'être loin d'eux, de s'être mis à l'écart lui-même, de les avoir un peu perdus. C'était donc rassurant de savoir que Ron et Hermione étaient là.
Harry ouvrit la porte et les laissa entrer dans le petit couloir de son appartement. Sur la droite se trouvait la première chambre, celle qui servait à accueillir les invités. Sur la gauche, les toilettes. Plus loin dans le couloir, après la chambre, il y avait la salle de bain, petite et sobre.
- On ne peut pas être trop exigeants à New York, expliqua Harry.
Hermione hocha la tête, elle comprenait parfaitement. Harry continua la visite. Au fond du couloir, il y avait leur chambre. Et juste sur la gauche, la porte qui menait au salon-séjour. La cuisine n'était pas séparée mais ouverte sur le reste de la pièce, comme c'était de plus en plus la mode. Une sorte de table de bar servait de délimitation. L'espace salon et salle à manger n'était pas immense mais suffisamment grand pour être à l'aise. Au fond, il y avait une large baie vitrée qui donnait sur le balcon. Le balcon en question courait le long de la façade, jusqu'à la chambre de Harry et Dahlia. Dans le salon, il y avait une grande bibliothèque et plusieurs plantes, rares détails auxquels Dahlia tenait vraiment.
Ils s'assirent tous sur les canapés, Harry proposa du café. Après tout, pour Ron et Hermione, il était assez tôt. Ils s'excusèrent de ne pas être venus les aider à déménager mais c'était juste pour la forme. De toute façon, Harry ne le leur avait pas vraiment demandé. Il avait senti qu'il était important pour Dahlia que ce soit ses amis qui s'en chargent. Et puis, de toute façon, c'était quand même plus pratique que ce soit eux, puisqu'ils vivaient à côté.
Ce fut quatre jours de visites et de promenades, de verres en cafés et de discussions confortables. Cela faisait très longtemps que Harry n'avait pas passé autant de temps avec Ron et Hermione de cette façon. Il se rendit compte que ça lui avait manqué et il devina, dans le sourire de ses amis, que ça leur avait manqué aussi. Entre quelques observations de la ville et beaucoup de photos, ils échangèrent des nouvelles sur leurs vies. Ils se voyaient tous les jours au travail mais en réalité, ils parlaient peu d'eux-mêmes. Ce n'était pas le lieu et ils n'avaient pas le temps.
Ron apprit à Harry qu'ils avaient l'intention de déménager et de quitter Londres. Ron voulait une maison à la campagne, avec un vrai jardin et de l'espace. Il avait besoin de verdure et de calme. L'ambiance du Terrier lui manquait et il voulait retrouver quelque chose comme ça. Hermione était d'accord, cela lui plaisait bien aussi. Harry réfléchit un instant à ces déclarations. Aimerait-il une maison à la campagne, lui ? Cela signifierait sortir de Hidden City et donc de New York, s'isoler dans une petite ville où ils ne connaitraient personne. L'idée ne lui plaisait pas vraiment et il était à peu près certain que cela ne plairait pas à Dahlia non plus.
- Et puis, pour les enfants, je trouve que c'est bien d'avoir un grand jardin et de pouvoir les laisser sortir au grand air, conclut Ron.
Harry se tourna vers lui avec un sourire interrogateur.
- Vous voulez avoir un enfant maintenant ? Demanda-t-il.
- Nous commençons à y penser sérieusement, oui, répondit calmement Hermione. Ce serait une bonne occasion de prendre un congé et de quitter le bureau des Aurors, comme j'ai toujours le projet de le faire.
- D'accord, dit Harry. Vous avez beaucoup de projets alors, c'est bien !
Il songea que quand ils auraient leur enfant et qu'Hermione aurait changé de travail, il verrait encore moins ses amis qu'avant. C'était la vie sans doute, mais cela attristait un peu Harry. Être avec Ron et Hermione, c'était la seule chose de son passé qui lui manquait vraiment.
Pour leur dernier soir à New York, ils allèrent manger au restaurant tous les quatre et trinquèrent à l'anniversaire de mariage de Ron et Hermione. Cela faisait un an.
- Pas trop de regrets ? demanda Dahlia avec un sourire moqueur.
- Tous les jours, soupira Hermione.
Ron lui lança un regard outré et elle éclata de rire. Ils s'entendaient bien, maintenant. Il n'y avait plus de moments de gêne ou de tension. Hermione et Dahlia étaient franchement amies, quant à Ron, quelque chose avait changé. Harry préférait ne pas poser de questions et apprécier les changements sans les commenter. Il voyait toutefois que le regard de Ron, quand il se posait sur Dahlia, était beaucoup plus doux et amical qu'avant. Ils se souriaient sincèrement, parfois, ils se regardaient vraiment. C'était nettement préférable à la relation qu'ils avaient au début.
- Est-ce que tu viendras à Noël ? demanda Ron à la fin du repas.
Harry évita son regard et hésita un instant.
- Non, finit-il par dire.
- Je m'en doutais… avoua Ron.
- J'ai discuté avec Ginny, nous nous sommes plus ou moins réconciliés mais je me sens coupable de lui imposer ça. C'est elle qui doit fêter Noël avec vous, pas moi.
Ron et Hermione baissèrent la tête, déçus et embarrassés. Dahlia n'osait rien dire, elle ne voulait pas envenimer les choses.
- C'est dommage, dit Ron. Tu as toujours été là à Noël, ce sera bizarre.
- C'est la vie, répondit Harry. Je fêterai Noël avec Dahlia.
- Dahlia est la bienvenue chez mes parents, tu le sais bien.
- Je sais mais ce n'est pas le problème. Ginny n'a pas à subir ma présence à sa fête de famille et pour être honnête, je n'ai pas envie de passer Noël avec son entraineur de Quidditch.
- C'est normal, apaisa Hermione. Rien ne nous empêchera de nous voir à Noël quand même.
- Exactement.
Harry se sentait coupable envers Arthur et Molly de leur tourner le dos de cette façon mais il était sûr qu'ils comprendraient. Ginny et lui avaient joué, ils avaient perdu, et il fallait accepter cela. Ils trouveraient un autre moyen de se voir, ce n'était pas si grave.
Le mois de novembre s'installa franchement, décembre arriva, avec ses bourrasques de vent froid et ses chutes de neige. C'était le deuxième hiver que Harry passait avec Dahlia et il aimait toujours autant cette période. Ils reçurent Meg et Harold chez eux, pour les remercier de leur dernière invitation. Harry se rendait à des cours de tennis presque chaque semaine et progressait bien. Harold était impressionné. L'équipe de Dahlia avait remporté ses premiers matchs, ce qui était très encourageant pour la suite. Harold et Meg étaient partis à Hawaii à la fin novembre et ils racontèrent leur voyage avec enthousiasme.
- Il faudrait vraiment que nous partions en vacances un de ces jours, dit Harry. Maintenant que j'ai du temps libre, nous pourrions organiser ça.
Dahlia hocha la tête. C'était une bonne perspective. Meg avait une autre idée qu'elle voulait réaliser : fêter le nouvel an avec l'équipe de Quidditch. Elle allait en parler au prochain entrainement. Dahlia était d'accord, ça changerait un peu, ils n'avaient encore jamais fait ça. Harry prévint qu'il ne serait pas disponible, il avait promis à Dean et Seamus de venir faire la fête avec eux, cette année.
OoOoO
Il neigeait dehors mais l'intérieur de leur chambre était doux. Il faisait même chaud, à vrai dire, sous la couverture. Harry attrapa les poignets de Dahlia, les tint fermement puis glissa ses doigts entre les siens. Il se pencha pour embrasser les fleurs sur son bras puis sa bouche. Il sentait Dahlia gémir contre ses lèvres à chaque fois qu'il bougeait en elle. Il sentait ses jambes autour de lui, son sexe contre son ventre. Harry accéléra un peu ses gestes, s'enfonça plus rapidement en elle, l'écouta gémir, soupira lui aussi. C'était toujours aussi bon et excitant. Dahlia se libéra de ses doigts, se caressa pour se faire jouir. Harry jouit avant Dahlia, resta en elle jusqu'à ce qu'elle finisse et se retira doucement. Il s'allongea sur elle, haletant, et remit correctement la couverture sur eux. Dahlia posa une main sur son front pour repousser ses cheveux et reprendre son souffle.
Harry la regarda un instant, perdu dans des questionnements qu'il avait depuis des mois et qu'il n'avait jamais vraiment osé mettre en mots. Ce jour-là, il ne savait pas trop pourquoi, il avait envie de le dire.
- Dahlia, appela Harry. Qu'est-ce que ça fait exactement d'être pénétrée ici ? C'est vraiment aussi bon que ça en a l'air ?
Dahlia se tourna vers lui et éclata de rire, surprise par la question. Il avait l'air très sérieux, comme un enfant posant une question primordiale sur le monde qui l'entourait. Il attendait une réponse.
- Oui, quand c'est bien fait et quand on est habitué, c'est bon.
Il s'en doutait bien, sinon cela voudrait dire qu'elle simulait depuis un an et demi, ce qui serait tout de même d'une tragédie sans nom. Il était cependant curieux de ce qu'on pouvait ressentir. Il ne s'était jamais trop posé ces questions avec Ginny et Jane, parce qu'il n'avait pas le même corps qu'elles et qu'il n'aurait pas pu comparer. Mais là, à vrai dire…
- D'accord mais qu'est-ce qu'on ressent ? Il parait que les ho… enfin, qu'on est censé avoir une prostate qui donne du plaisir et en fait, je n'en sais rien du tout parce que je…
Il rit nerveusement, se sentit débile, détourna la tête. Dahlia resta immobile à côté de lui puis se redressa légèrement sur son coude.
- Tu veux que je te montre, c'est ça ? Demanda-t-elle.
Il se tourna à nouveau vers elle, rougit. Ils se fixèrent un instant puis Dahlia rougit à son tour.
- Avec mes doigts Harry, précisa-t-elle. Ne t'imagine rien d'autre.
- D'accord…
- D'accord quoi ?
- J'ai envie que tu me le fasses.
- Très bien, la prochaine fois alors.
Harry se détendit, il avait osé demander. Elle l'avait un peu poussé, c'est vrai, et il lui en était reconnaissant. Il s'allongea à côté d'elle et regarda l'heure. Il était encore tôt et demain, c'était dimanche. Harry se sentit d'excellente humeur. Il alla jeter le préservatif et retrouva Dahlia. Elle avait pris le journal du jour et terminait de lire les articles qui l'intéressaient.
- Quand est-ce que Teddy arrive, exactement ? demanda-t-elle distraitement.
- Je vais le chercher lundi après-midi.
- J'espère que ça ira, dit sincèrement Dahlia. C'est la première fois qu'il prendra un Portoloin…
- Il a eu six ans, il peut prendre un Portoloin.
- Je connais la loi, rétorqua Dahlia. Mais j'espère simplement qu'il ne sera pas trop malade ou chamboulé.
Teddy devait venir passer une semaine chez son parrain, un peu avant Noël. Maintenant qu'il était en âge de prendre des Portoloins, cela facilitait grandement les choses. C'était une solution parfaite pour partager un long moment avec le petit garçon, sans abandonner Dahlia et sans la présence d'Andromeda. Dahlia refusait catégoriquement de la rencontrer et Harry n'avait pas insisté.
- Et que se passerait-il si tu étais appelé pendant cette semaine de dispo ? demanda Dahlia.
- Je ne sais pas… avoua Harry. Tu ramènerais Teddy à Londres ? On trouverait une solution avec Ron et Hermione.
- Mmh…
- Que se passe-t-il d'intéressant en Amérique ? demanda distraitement Harry à son tour.
Dahlia lui résuma quelques nouvelles mais dans l'ensemble, il n'y avait rien de très intéressant. Le mandat de la présidente du MACUSA serait certainement reconduit, le prix des baguettes ne cessait d'augmenter, les guérisseurs se plaignaient du manque de personnel, des Aurors avaient tué deux sorciers noirs en Caroline du Sud sans aucune raison valable. Bref, rien qui sortait de l'ordinaire.
- Tout le monde a accepté de venir fêter le nouvel an chez Meg, déclara Dahlia.
- Ah c'est bien, ce sera surement une bonne soirée.
- Oui mais ça m'embête de laisser Emily. Il y aura Marilyn je pense mais…
- Tu as le droit d'avoir d'autres amis, dit doucement Harry.
- Je sais…
Il aimait quand elle semblait réellement préoccupée par le bien-être de quelqu'un d'autre. C'était ce genre de petits changements qui avait poussé Harry à tomber amoureux d'elle. Dahlia se replongea dans la lecture du journal, un peu soucieuse. Il aimait aussi quand elle pinçait les lèvres de cette façon et qu'elle fronçait les sourcils en lisant des choses qui ne lui plaisaient pas. Il se pencha vers elle, embrassa sa joue, sentit ses cheveux lui chatouiller la peau. Il se rappela qu'il venait de faire l'amour avec elle, que ça avait été bon. Il se sentit un peu excité à nouveau. Dahlia se tourna vers lui, l'embrassa sur la bouche, doucement.
- Tu viens voir mon match demain ? C'est le dernier avant la pause de fin d'année.
- Oui, assura Harry.
Il se leva, quitta la chambre et s'enferma dans la salle de bain pour aller aux toilettes. Une fois là, Harry hésita un instant, se regarda dans le miroir, hésita encore puis se décida. Il ouvrit le placard, attrapa le flacon de Corpore Sano, la petite poire puis entra dans la douche. Il se lava rapidement, grâce à la potion très efficace et remit son pyjama. Quand il revint dans la chambre, Dahlia lisait encore. Il s'allongea à côté d'elle, s'appuya sur son coude et l'observa. Souvent le soir, il s'endormait comme ça, en l'écoutant tourner les pages du livre qu'elle lisait. C'était un son qui le berçait. Ce soir cependant, Harry n'avait pas envie de dormir.
- Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? demanda Dahlia sans se tourner vers lui.
- Parce que j'aime te regarder.
Elle se tourna vers lui, lui lança un coup d'œil blasé et moqueur. Quand il lui disait des choses comme ça, elle ne savait jamais s'il était vraiment sincère ou non. Cela n'avait pas d'importance au fond, elle aimait cela quand même. Dahlia dut retenir un sourire en sentant les mains de Harry se poser sur sa jambe, sous la couverture.
- Tu me déconcentres… dit-elle en continuant sa lecture.
- Pas assez visiblement.
Dahlia sourit mais ne le regarda pas. Harry se glissa sous la couverture, lui écarta doucement les jambes.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle en riant.
- Je te déconcentre.
- Oui, je voulais finir la fin de l'art… mmh…
Dahlia se tut, gémit en sentant la langue de Harry sur son sexe. Elle laissa tomber le journal par terre, écarta davantage les jambes, ferma les yeux. Ils avaient fait l'amour un peu plus tôt mais elle se sentit nettement durcir à nouveau dans la bouche de Harry. Dahlia replia ses jambes vers elle et posa les mains sur la couverture, là où se trouvait la tête de Harry. La chaleur de sa bouche l'excitait, ses mains sur sa peau l'excitaient aussi. Dahlia poussa un nouveau gémissement, sentit sa respiration s'accélérer. Cela lui plaisait bien que Harry fasse des choses comme ça, qu'il ait envie d'elle deux fois de suite. Elle espérait bien qu'il aurait toujours envie d'elle.
Dahlia rouvrit les yeux quand la bouche de Harry l'abandonna et qu'elle le devina bouger. Il rejeta un peu la couverture pour s'avancer vers elle. Il embrassa le cou de Dahlia, sa mâchoire, ses lèvres puis se recula.
- Ce qu'on a dit tout à l'heure, est-ce qu'on peut le faire maintenant ? demanda Harry. Je me suis préparé…
- Ah, c'était donc ça que tu faisais, commenta Dahlia en souriant. Très bien.
Elle le repoussa sur le lit, arrachant la couverture et défaisant complètement les draps. Harry s'allongea sur le matelas, excité. Il avait un peu froid mais il espérait qu'elle le réchaufferait rapidement. Il regarda Dahlia poser sa bouche sur chaque parcelle de son corps, de son cou jusqu'à son ventre. Les mains de Dahlia caressaient son torse, son ventre, se refermèrent sur son sexe et le masturbèrent pour le faire bander. Harry soupira, sentit les battements de son cœur s'accélérer. Les doigts de Dahlia lâchèrent son sexe, agrippèrent ses cuisses et les écartèrent d'un geste autoritaire. Les poils de Harry se hérissèrent un peu quand les ongles de Dahlia griffèrent ses jambes et que ses lèvres entourèrent sa verge. Il soupira à nouveau. Les cheveux blonds de Dahlia tombaient sur les cuisses de Harry, il aimait cette sensation. Il aimait comment elle le suçait, il aimait comment elle le tenait. Il aimait tout ce qu'elle lui faisait.
Dahlia arrêta, se releva, attrapa le flacon de lubrifiant qui trainait encore sur la table de chevet et s'en versa sur les doigts. Elle en versa sur Harry aussi, sur ses testicules et entre ses fesses. Harry frissonna à cause du liquide froid puis à cause des doigts de Dahlia qui le caressaient. Il écarta davantage les jambes, se crispa légèrement quand les doigts de Dahlia se posèrent sur son anus puis se détendit. Elle se pencha à nouveau vers lui, reprit le sexe de Harry dans sa bouche et se remit à le sucer. Harry banda encore plus, c'était bon. Il poussa un soupir quand Dahlia entra un doigt en lui et il laissa retomber sa tête sur le drap. Il n'avait plus envie de penser à rien, il ne voulait plus rien voir. Il voulait juste ressentir. Ressentir le doigts de Dahlia en lui, ses lèvres autour de son sexe, sa langue sur son gland. C'était un peu bizarre, les premiers instants mais plus elle bougeait son doigt en lui, plus c'était excitant. En fait, c'était même franchement bon.
Harry poussa quelques soupirs étouffés pendant que son ventre se contractait de plaisir à chacune de ses inspirations. Il sentit qu'elle entrait un second doigt en lui et gémit à nouveau. Il allait bientôt jouir, c'était trop bon d'être caressé ainsi à deux endroits en même temps. C'était trop bon que ce soit elle qui le lui fasse. Il se concentra sur la sensation à la fois désagréable et excitante de ses doigts en lui, sur la douceur de ses cheveux contre ses cuisses.
- Dahlia, je vais jouir, souffla Harry en ouvrant les yeux.
Elle s'écarta de lui, le masturba avec sa main libre et le regarda éjaculer sur son ventre dans un dernier soupir. La poitrine de Harry se souleva et s'abaissa rapidement, le temps qu'il reprenne son souffle. A vrai dire, il n'avait pas vraiment envie de le reprendre, il n'avait pas fini. Il tendit la main vers Dahlia, la posa sur sa joue, agrippa ses cheveux, se redressa vers elle. Il embrassa son cou, ses seins et la repoussa sur le lit pour l'allonger à son tour. Il la masturba en léchant et embrassant ses seins, jusqu'à ce qu'elle jouisse puis ils s'étendirent en travers du lit, l'un contre l'autre.
Dehors, il neigeait toujours et ils eurent bientôt froid. Harry et Dahlia se glissèrent sous la couverture chaude de leurs ébats et y restèrent blottis contre le corps de l'autre. Harry devinait qu'il allait s'endormir rapidement, il était fatigué d'avoir joui deux fois de suite et il était de bonne humeur. Il se demanda vaguement s'il y avait beaucoup d'hommes qui laissaient leur copine leur faire ça et il conclut qu'il n'en avait rien à faire. Toutes ces histoires ne l'avaient jamais vraiment intéressé à vrai dire et puis, de toute façon, il n'avait jamais été exactement comme les autres.
OoOoO
Teddy avait été nettement chamboulé par le voyage en Portoloin mais cela ne lui avait pas déplu. Il arriva dans l'appartement avec un grand sourire aux lèvres, les cheveux ébouriffés et un pas encore un peu chancelant. Dahlia éclata de rire en le voyant dans cet état et Harry prépara un chocolat chaud pour le petit garçon. Ce dernier visita l'appartement avec un mélange de curiosité et d'intimidation. Il aimait bien la chambre d'amis mais c'était un grand lit et il la trouvait loin de celle de Harry.
- Nous laisserons les portes ouvertes, assura Harry. Et je changerai le lit.
Cela rassura Teddy. Harry donna un coup de baguette au lit pour le transformer en lit une place mais son sortilège ne fut pas très convaincant. Dahlia finit par le faire à sa place, bien mieux que lui. Ils ne pouvaient pas être bons en tout.
Ce fut une semaine bien remplie, fatigante et joyeuse. Harry emmena Teddy au cinéma pour la première fois de sa vie, profitant d'être très loin d'Andromeda qui, malgré tout, ne voyait pas ces activités moldus d'un très bon œil. Elle n'emmènerait jamais Teddy au cinéma, c'était clair. Ils allèrent voir la Statue de la Liberté, que Teddy avait en figurine et qu'il voulait découvrir en vrai. Ils se promenèrent, jouèrent dans des parcs, restèrent à l'appartement pour goûter, colorier, jouer et mettre le bazar. Dahlia leur lançait des regards un peu blasés parfois, quand elle rentrait du travail et qu'elle les trouvait en train de courir partout, Teddy sur les épaules de Harry, pour faire l'avion. D'ailleurs, elle ne savait même pas vraiment ce qu'était un avion.
Elle aurait pu prendre un ou deux jours de congés pour passer plus de temps avec eux mais à vrai dire, elle n'en avait pas eu envie. Même si elle aimait toujours regarder Harry jouer avec Teddy, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une angoisse et une tristesse qu'elle n'aimait pas. Elle préférait donc rester à l'écart, loin des rires de Teddy et surtout, loin du sourire de Harry qui faisait l'avion, lisait des histoires et dessinait n'importe comment des monstres colorés auxquels le parrain et le filleul inventaient des noms improbables. Malgré elle, Dahlia essayait de s'imaginer ce que ça serait de vivre la même chose avec leur enfant à eux. Et quand elle le faisait, elle avait peur, envie, mal et elle s'abîmait dans des réflexions qu'elle ne partageait pas avec Harry.
Harry et Teddy allèrent rendre visite à Dahlia, dans sa boutique, pour acheter des livres au petit garçon. Il neigeait toujours et Teddy avait l'air d'adorer marcher sous la neige, même s'il faisait froid. Il secoua son bonnet, retira ses gants et suivit Dahlia jusqu'au rayon pour enfants où elle entreprit de lui montrer des livres qui pourraient lui plaire. Harry resta près du comptoir avec Emily qui avait croisé les bras et observait Teddy à travers les étagères.
- C'est ton fils caché que tu as eu à dix-sept ans pendant la guerre, c'est ça ? murmura-t-elle à Harry.
Il se tourna vivement vers elle, prêt à la détromper farouchement mais il vit qu'elle souriait et se moquait de lui.
- Je rigole, dit Emily. Je sais très bien qui il est.
- C'est mon filleul, je tiens beaucoup lui, même si je sais que je ne suis pas assez présent, avoua Harry.
- Tu fais ce que tu peux, tu étais très jeune quand ses parents sont morts. Moi je trouve que c'est plutôt noble ce que tu fais pour cet enfant.
- Merci, bredouilla Harry, surpris du compliment.
Il était toujours choqué quand Emily était gentille avec lui alors qu'elle l'était la majorité du temps. C'était absurde. Il se sentit cependant heureux qu'elle ait validé sa façon de s'occuper de Teddy, qu'elle l'ait sans le vouloir déchargé d'un peu de culpabilité. Elle avait ce pouvoir-là sur lui, il ne savait pas très bien pourquoi. Harry était particulièrement sensible à tout ce qu'elle lui disait.
- Je crois que ça fait un peu mal à Dahlia, chuchota Harry.
- Oui, admit Emily. Mais ça, personne n'y peut rien. Et d'un autre côté, ça me semble important qu'elle soit confrontée au fils de sa cousine.
Harry glissa un regard vers Emily, incertain.
- C'est-à-dire ?
- C'est-à-dire sa cousine qui a épousé un loup-garou et qui est morte durant la guerre dont ses parents sont en grande partie responsables. Je pense que c'est bien qu'elle soit mise face à ces choses-là.
- Face à la culpabilité, tu veux dire, rétorqua Harry un peu froidement.
- Oui. J'adore Dahlia et je lui ai beaucoup répété qu'elle ne devait pas se sentir coupable pour tout ce qui est arrivé. Mais entre nous, il faut qu'elle se sente un peu coupable, pas vrai ? Sinon, elle serait aussi monstrueuse que ses parents.
- Je vois ce que tu veux dire, répondit Harry, déstabilisé.
Il y avait eu quelque chose d'un peu dur dans la voix d'Emily et Harry comprit qu'elle n'était pas entièrement indifférente au passé de Dahlia. Elle l'avait aidée à devenir quelqu'un de meilleur et elle l'aimait mais elle méprisait quand même ce que Dahlia avait pu faire.
- Je suis étonné que tu penses ça, avoua Harry.
- J'ai les Mangemorts en horreur, répliqua Emily d'un ton ferme. Et ce qu'ils ont fait aux parents de Teddy ou aux Nés-Moldus, ça me répugne.
- Euh, oui, moi aussi, évidemment.
- Donc, quand je vois Dahlia s'occuper de Teddy Lupin de cette façon, je me dis que tout va bien et que toutes ces horreurs sont vraiment derrière elle.
Harry médita la phrase d'Emily. C'était peut-être la première fois de sa vie qu'il était aussi d'accord avec elle sur un sujet. Et il trouvait son analyse très pertinente. Il observa Emily un instant, partagé entre des sentiments contradictoires. C'était étrange mais elle avait l'air de savoir parfaitement qui étaient Teddy, Remus Lupin, les Malefoy. Dahlia avait dû lui raconter des choses, c'est vrai, mais tout de même.
- Tu sais beaucoup de choses sur la guerre, fit remarquer Harry. Je suis assez surpris que tu sois au courant de tellement de détails.
- J'étais dans les relations internationales, répondit Emily.
- Oui mais…
- Dahlia m'a raconté.
Harry s'apprêtait à répliquer mais Emily lui adressa un sourire qui le fit taire. Il n'y avait rien d'agressif dans ce sourire, il était même amical et bienveillant. Mais il semblait lui ordonner de la fermer et d'arrêter ses questions. Harry obéit malgré lui. Dahlia et Teddy revinrent quelques instants plus tard, de façon assez opportune et Harry paya les livres que l'enfant avait choisis. Ils rentrèrent tous les trois, puisque Dahlia avait terminé son service pour aujourd'hui. Elle lut une histoire à Teddy pendant que Harry préparait le dîner en l'écoutant d'une oreille distraite. Il songea qu'Emily avait parfaitement raison et il leva les yeux pour regarder vers le salon. Il contempla Dahlia, assise près de Teddy, qui lisait avec un visage concentré. Il voyait bien qu'elle faisait des efforts pour plaire à l'enfant, qu'elle l'écoutait toujours avec attention, qu'elle se retenait de poser plus de questions sur Andromeda, qu'elle était émue quand Teddy disait « Grand-mère est allée voir sa sœur. » Et pour toutes ces raisons, exactement comme l'avait dit Emily, Harry aimait Dahlia.
Pour le dernier jour de Teddy à New York, le dimanche, Harry avait proposé à Andrew de venir. Il lui avait posé la question comme on demande une faveur et Andrew avec accepté en riant, un peu surpris et un peu touché. Il arriva pour l'heure du goûter, avec des pâtisseries qui firent briller les yeux de Teddy et ils les dévorèrent tous ensemble. Andrew se présenta comme un ami de Dahlia et Teddy ne sembla pas gêné par sa présence. Il le fut encore moins quand Harry dit en souriant :
- Andrew est métamorphomage.
L'enfant se tourna vers Andrew, curieux.
- Tu peux changer la couleur de tes cheveux toi aussi ? Demanda-t-il.
- Oui, assura Andrew. Donne-moi une couleur.
- Violet, choisit Teddy après réflexion.
Les cheveux longs d'Andrew prirent une teinte violet foncé et Teddy le fixa avec quelque chose qui ressemblait à de l'avidité. Une lueur s'était allumée dans le regard de l'enfant, parce qu'il n'avait jamais rencontré de gens comme lui, parce qu'il avait des questions sur ce pouvoir étrange et personne pour lui répondre. Il aurait donné n'importe quoi pour que sa mère lui apprenne comment s'en servir mais sa mère était morte et Teddy ne savait pas qui il était. Surexcité, Teddy se mit à dire plein de choses, à poser des tas de questions, à demander à Andrew de lui montrer d'autres changements. Andrew le fit obligeamment et patiemment, amusé par l'enthousiasme de l'enfant. Harry et Dahlia allèrent dans la cuisine, prétextant de nettoyer la table du goûter et les laissèrent seuls tous les deux. Harry regardait la joie sur le visage de Teddy et ne regrettait pas une seule seconde l'idée qu'il avait eue. Dahlia regardait l'émotion sur le visage d'Andrew, qui se sentait utile et apprécié pour ce qu'il était vraiment et elle ne regrettait pas l'idée de Harry.
Andrew resta dîner puis resta prendre un dernier verre avec Harry et Dahlia après que Teddy fut allé se coucher. C'était une excellente soirée, le genre de soirée ordinaire et belle à la fois. Au moment de partir, Andrew sourit à Harry.
- Si Teddy revient chez toi un de ces jours, je serai ravi de le revoir.
- C'est noté, dit Harry en souriant à son tour.
- Je viens de réaliser que j'adorais les gosses, déclara Andrew en riant. Qui l'aurait cru ?
- Tu adores tout le monde de toute façon, répondit Dahlia.
Andrew lui fit un clin d'œil et s'en alla en chantonnant.
Noël arriva, avec ses lumières et ses sentiments de joie. Harry avait pris la décision de travailler le jour de Noël, parce qu'il fallait bien que quelqu'un de son équipe se dévoue. Et puisqu'ils n'avaient rien d'incroyable de prévu, Harry estima qu'il valait mieux le faire cette année et être débarrassé les deux suivantes. Quand il s'était porté volontaire, Mark avait immédiatement proposé de rester aussi, ils devaient être deux. Harry rejoindrait donc Dahlia après son service qui finissait heureusement tôt à l'heure newyorkaise et tout irait bien.
Il n'y avait pas grand monde au Ministère et le bureau des Aurors était quasiment vide en dehors de Harry, Mark et les membres des autres équipes qui s'étaient portés volontaires pour travailler ce jour-là. Ils s'ennuyaient un peu, c'était plutôt calme et lorsqu'il se passait quelque chose de mineur, c'étaient les policiers de la Brigade magique qui se déplaçaient. Or, il ne se passait que des faits mineurs. Ce qui n'était pas plus mal, bien sûr, Harry ne réclamait pas de meurtres à Noël mais voilà, c'était le calme plat.
Mark avait posé ses pieds sur son bureau et s'était calé dans le dossier de son fauteuil dans une position totalement désinvolte qu'il n'aurait jamais eue si tout le monde avait été présent. Il buvait du thé, tout comme Harry, pour passer le temps.
- Tu ne trouvais pas ça gênant de laisser ta copine pour Noël ? demanda Mark pour faire la conversation.
- Non et tu sais, pour nous il ne sera que deux heures de l'après-midi quand je rentrerai donc nous aurons largement le temps de nous voir.
- Ah oui, c'est vrai…
- Et toi ? Tu vas louper la journée avec tes parents.
- Oui, justement, dit Mark en riant. Ce ne sera pas une grosse perte ! Tu sais comme je m'entends merveilleusement avec mon frère…
- Oui, admit Harry qui était au courant des relations compliquées que les deux frères entretenaient.
- Et mes parents me gonflent. Ils sont vieux, ils radotent, ils passent leur temps à me poser des questions lourdes et répétitives sur ma vie. Je suis mieux ici avec toi finalement !
Harry sourit. Il était toujours surpris de constater qu'il y avait autant de gens qui ne s'entendaient pas avec leur famille. Il se disait parfois que si ses parents étaient restés en vie, il se serait disputé avec eux et ne leur aurait jamais pardonné de ne pas s'être révélés les héros qu'il imaginait. Il avait plus ou moins pardonné à son père ce qu'il avait fait dans sa jeunesse mais c'était surtout parce qu'il était mort et que ça ne l'engageait pas à grand-chose. Bref, ces pensées étaient plutôt déprimantes.
- Qu'est-ce que tu penses du mariage de Rufus ? demanda Mark. J'étais presque étonné qu'ils aient mis autant de temps !
- Il avait l'air vraiment heureux quand il nous l'a annoncé donc je suis content pour lui, j'imagine. Et ce sera surement une bonne journée !
- J'ai hâte de le voir saoul, ce n'est encore jamais arrivé, dit Mark avec un sourire sournois.
Harry éclata de rire et termina son thé. Leur chef d'équipe leur avait annoncé la grande nouvelle quelques jours plus tôt, le sourire jusqu'aux oreilles. Ils étaient tous invités, bien sûr. Le mariage se tiendrait au mois de mai et ils étaient tous impatients. Harry se tourna vers Mark qui ne parlait plus et fixait sa tasse d'un regard absent.
- Tu n'as pas l'air si content que ça, toi, fit remarquer Harry.
Mark tressaillit et haussa les épaules avec un sourire forcé.
- Oh tu sais, c'est juste… Je me demande comment vous faites, parfois. Ça a l'air tellement facile avec vous, vous rencontrez une femme, vous tombez amoureux, tout va bien, comme si c'était normal et naturel. Moi je…
Il haussa une nouvelle fois les épaules et éclata de rire.
- Je suis juste un peu jaloux, avoua-t-il.
Harry ressentait de la compassion pour Mark parce qu'avant de rencontrer Dahlia, c'était à peu près ce qu'il pensait aussi.
- Je pense que c'est surtout de la chance, dit Harry. J'ai eu la chance de rencontrer une femme qui était parfaitement faite pour moi et Rufus aussi, apparemment. Ça t'arrivera surement un jour ou du moins je l'espère. Tout devient facile et naturel à ce moment-là.
Mark lui lança un regard très sceptique et un peu moqueur, l'air de se demander comment l'autre pouvait lui sortir une telle niaiserie. Harry rougit et haussa les épaules à son tour.
- Bon, ça va, dit-il.
Mark rit et la morosité du moment se dissipa. Ils passèrent leur journée à discuter de cette façon, du mariage de Rufus, du nouveau copain de Jane, de la nouvelle organisation qui leur plaisait bien, de politique, de tout ce qui leur passait par la tête. Ils n'eurent aucune mission à gérer et rentrèrent chez eux dès qu'ils le purent pour retrouver leurs proches.
Harry rentra dans l'appartement et rejoignit Dahlia dans la cuisine. Il jeta un coup d'œil au sapin qui brillait dans un coin du salon, embrassa Dahlia et observa la dinde crue posée sur le plan de travail.
- Tu arrives juste à temps pour m'aider à préparer tout ça, annonça Dahlia qui ne semblait pas très emballée à cette idée.
Harry ne l'était pas plus qu'elle à vrai dire, aucun d'eux n'aimait particulièrement cuisiner. Ils avaient néanmoins proposé de fêter Noël chez eux, pour inaugurer leur nouvel appartement et pour soulager Emily qui, habituellement, accueillait ses amies chez elle. Harry et Dahlia préparèrent le repas, mirent la table, allèrent ouvrir la porte à Emily et Marilyn quand elles arrivèrent. Ce fut une bonne soirée, tranquille et amicale. Harry ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour les Weasley, pour Ron et Hermione, avec qui il aurait dû être si les choses avaient été différentes. Il était un peu triste, bien sûr, mais il essaya de se concentrer sur le moment présent, sur la jupe rouge de Dahlia, sur son sourire, sur l'enthousiasme de Marilyn qui adorait sa formation de magizoologiste, sur les yeux noirs d'Emily qui se posaient parfois sur Harry et échangeaient avec lui un regard amusé quand Dahlia disait quelque chose de drôle.
Le 26 décembre, Arthur et Molly Weasley vinrent rendre visite à Harry pour fêter Noël avec lui. C'était aussi une excellente excuse pour venir se promener à New York et découvrir la ville. Molly, qui ne sortait finalement pas souvent de chez elle, adorait l'idée de pendre un Portoloin pour venir voir Harry à l'autre bout du monde. D'autant que depuis quelques années, maintenant que leurs enfants étaient grands et autonomes, leur situation financière s'était nettement améliorée. Ils pouvaient donc se permettre sans problème de faire le voyage. Harry n'eut pas de pull, elle avait arrêté de tricoter. En revanche, ils eurent droit aux éternels pâtés et aux délicieux gâteaux qu'elle avait cuisinés. Dahlia les accepta avec la même reconnaissance que la première fois. Elle ouvrit avec plaisir le cadeau que Molly et Arthur lui offrirent, à savoir une jolie plante dont elle ignorait le nom. Pendant que Harry faisait la vaisselle, Dahlia but un thé avec Molly. Heureusement, Molly Weasley parlait facilement et avait toujours des choses à dire. Dahlia l'écoutait parler, un peu sidérée et en même temps, un peu heureuse. Elle aimait le sourire de Molly qui s'adressait à elle, elle aimait son regard doux et bienveillant qui se posait sur elle. Molly Weasley était toujours gentille avec elle, elle lui faisait des compliments sur sa coiffure, sur sa saison de Quidditch, sur la façon dont elle avait accueilli Teddy. Dahlia s'y complaisait un instant.
Elle aimait passer Noël avec ses amies mais elle trouvait aussi très plaisant de voir Arthur et Molly Weasley. Peut-être parce qu'ils donnaient à Harry des conseils un peu condescendants comme les parents le faisaient, parce que Molly venait de donner à Dahlia sa recette de pâtés, comme une mère le faisait, parce qu'Arthur avait dit « J'aimerais beaucoup voir la librairie dans laquelle tu travailles ». Et que, dans l'esprit de Dahlia, c'était à ça que devait ressembler Noël, normalement.
Le 31 décembre, Harry rentra en Angleterre pour passer la soirée avec ses amis. A défaut d'avoir vu Ron et Hermione à Noël, il les voyait à la fête et c'était déjà ça. Cette année, c'était chez Dean qui avait tout organisé avec l'aide de Seamus. Il y avait Neville et Hannah Abbot, qui sortaient ensemble, Luna, Parvati Patil, Susan Bones, Terry Boot, Justin Finch-Fletchley et d'autres amis de Dean et Seamus qu'ils s'étaient faits depuis. Harry ne voyait plus si souvent que ça ses camarades de Poudlard. Le temps avait passé, ils s'étaient tous tournés vers des chemins différents et ils menaient leur propre vie. Cependant, ils étaient toujours heureux de se retrouver dans de tels événements. C'était l'occasion de se tenir au courant de l'avancée de leurs projets, de passer un bon moment ensemble, de reparler des souvenirs qui les avaient marqués. Harry sentait bien que ça ne durerait pas des années, que l'année prochaine, ou peut-être celle d'après, ils arrêteraient de fêter le nouvel an ensemble mais ça n'avait pas d'importance. Il profitait de ces instants avec plaisir.
Dahlia, elle, passa la soirée chez Meg et Harold avec son équipe de Quidditch. Elle se sentait toujours un peu coupable de laisser Emily seule mais une partie d'elle était heureuse de voir d'autres gens et d'avoir des relations plus étendues. Son équipe de Quidditch représentait l'autre cercle sécurisant de sa vie. Elle s'entendait bien avec tout le monde, personne n'avait jamais fait de remarque sur rien et elle pouvait être elle-même quand elle était avec eux. Elle passa donc une excellente soirée.
OoOoO
Emily posa le pied sur le trottoir gelé et rabattit le col de son manteau sur son cou. Elle s'enfonça dans les rues de Washington, évita les groupes de jeunes déjà ivres qui avaient commencé leur réveillon dans les bars, garda ses mains dans ses poches. Il faisait terriblement froid et elle n'était pas certaine de trouver ce qu'elle cherchait mais tant pis, elle en avait eu envie. Elle n'aurait su expliquer pourquoi mais ça l'avait prise d'un coup, quand Marilyn avait déclaré qu'elle serait avec son amie d'enfance pour le réveillon. Emily avait eu envie de venir là et de renouer un tout petit peu avec son ancienne vie. Elle l'avait fuie pendant assez longtemps, peut-être pourrait-elle s'y laisser glisser ce soir, juste une fois.
Elle s'arrêta devant un mur vide décorés de graffitis discutables et agita sa baguette. La devanture d'un bar apparut lentement et elle y entra sans hésiter. Il y avait plus de gens qu'elle le pensait et elle savait qu'ils avaient tous un point commun. Ce bar était réservé à un groupe très précis. Il n'y avait quasiment que des hommes, qui buvaient seuls ou en groupe, parce qu'ils n'avaient plus personne avec qui fêter le nouvel an. Ou qu'ils n'en avaient plus la force. Emily repéra l'homme qu'elle était venue voir et s'assit à côté de lui au bar. Il avait les cheveux gris et une fine barbe tout aussi grise qui courait sur sa peau noire. Elle fut un peu émue de le revoir.
- Vodka, demanda Emily au serveur quand il s'approcha d'elle.
Son voisin de comptoir se tourna vers elle, l'observa un instant puis tressaillit et siffla entre ses dents.
- Tiens tiens, je dois avoir une hallucination, agent Lennox.
- Tu n'as pas d'hallucination, répondit Emily en souriant. Et je ne suis plus agent.
Il la regarda encore, détailla les traits de son visage, but une gorgée de Whisky.
- Emily Lennox. Qu'est-ce que tu viens foutre dans cet endroit ?
- Je suis venue te voir. Ça fait longtemps… J'ai appris que tu avais pris ta retraite.
- Ouais… Et oui, ça fait longtemps. Depuis que tu as démissionné et abandonné l'équipe.
Emily prit une gorgée de vodka et reposa le verre sur le comptoir avec un bruit sec.
- Je ne suis pas venue pour entendre des reproches. C'était mon choix de partir, j'en avais le droit. Je refuse de travailler pour des gens qui me traitent comme de la merde.
- Ce sont les relations internationales qui t'ont traitée comme de la merde, pas nous. Nous t'aurions trouvé une autre couverture, tu le sais parfaitement.
- Je ne pouvais plus travailler avec Josh de toute façon.
L'homme poussa un soupir, sembla hésiter à faire d'autres reproches puis se résigna et laissa tomber.
- Marcus, souffla Emily. Tu m'as manqué.
- Tu m'as manqué aussi Lennox. T'étais l'une de mes meilleures élèves. Je te l'ai déjà dit ça ?
- Oui chef, répondit Emily.
Marcus eut un rire désabusé.
- Pourquoi es-tu là ? Répéta-t-il.
- Je n'avais personne d'autre avec qui passer le nouvel an. J'étais sûre que je te trouverais ici, comme d'habitude.
- C'est triste, hein ? Je suis toujours aussi seul et alcoolique, comme tu peux le voir. Mais je ne suis pas le seul… Tu aurais surement fini comme ça toi aussi si tu n'étais pas partie.
- Je ne pense pas.
- Tu ne penses pas, rit Marcus. Non, c'est sûr, tu es bien trop dure et forte pour ça. J'ai été tellement surpris que tu te brises comme tu l'as fait, ça ne te ressemblait pas.
- Abigail m'a quittée et s'est mariée avec Josh.
- Ouais, je sais. Je suis désolé, vraiment.
Emily termina son verre et en commanda un autre. Elle avait la ferme intention de se saouler avec lui mais ça ne l'effrayait pas. Elle avait toujours bien tenu l'alcool. Elle raconta à Marcus ce à quoi sa vie ressemblait maintenant, la librairie, la paix, ses amis. Ils évoquèrent quelques souvenirs, rirent un peu trop. Elle était heureuse de le voir. Cet homme avait été son instructeur pendant des années, il lui avait appris tout ce qu'elle savait. Elle lui avait confié qui elle était avant de le dire aux autres et il ne l'avait jamais jugée. Il était son ami et il lui avait manqué. Elle s'en voulait de lui avoir tourné le dos après avoir été écartée des relations internationales mais ça avait été trop dur pour elle. Elle savait qu'il lui en voulait aussi. C'était cependant agréable de passer cette soirée avec lui, comme au bon vieux temps.
OoOoO
Le 1er janvier 2005, Harry et Dahlia se retrouvèrent chez eux, à des heures différentes. Harry était rentré vers neuf heures du matin et Dahlia revint vers une heure de l'après-midi. Ils étaient fatigués tous les deux, avaient la gueule de bois tous les deux mais raisonnablement. Ils se firent un thé brûlant qu'ils sirotèrent sur le canapé, l'un contre l'autre, en se racontant leur soirée respective. Harry espérait franchement que cette année serait meilleure que la précédente où ils s'étaient déchirés et séparés. Où il avait été enlevé et avait failli mourir de soif. Il se disait que ça ne pouvait pas être pire, de toute façon. Mais avec Harry, on ne pouvait jamais en être totalement sûr.
En fin d'après-midi, Dahlia eut envie de sortir se promener pour chasser la brume qui envahissait son esprit à cause de la courte nuit. L'air frais lui ferait du bien, elle voulait marcher et se réveiller. Harry l'accompagna de bonne grâce, il aimait marcher à côté d'elle. C'était peut-être à cause de leur rencontre qu'ils aimaient ça, parce que c'était de cette façon qu'ils étaient tombés amoureux, en se promenant côte à côte. Harry prit la main gantée de Dahlia dans la sienne et ils avancèrent au hasard dans les rues de New York. Puisque c'était le premier janvier, ils marchèrent sur Madison Avenue, que Harry n'avait jamais vue, profitant du fait qu'il n'y avait pas grand monde. Les touristes devaient se remettre de leur soirée et il faisait froid. Harry et Dahlia pouvaient donc se promener tranquillement. Ils bifurquèrent et rejoignirent la 5th Avenue.
Harry tourna la tête et regarda le bâtiment sur sa droite. Il s'immobilisa quelques secondes.
- C'est ça, l'Empire State Building ? S'étonna-t-il.
- Oui…
- J'imaginais ça plus grand. Et plus… impressionnant.
- C'est surtout joli quand tu le vois de loin, remarqua Dahlia. Et la vue doit être assez incroyable d'en haut.
Harry leva les yeux puis regarda autour de lui. Il faisait nuit déjà et il n'y avait pas beaucoup de gens sur les trottoirs. Il connaissait le nom de la tour, comme à peu près tout le monde, sans même réellement savoir ce que c'était. C'était étrange quand il y pensait.
- C'est vrai que la vue doit être impressionnante tout en haut.
- Les Moldus paient pour monter, commenta Dahlia avec circonspection.
- Et si on y allait ? proposa Harry, pris d'une envie subite.
- Tu veux faire la queue avec les Moldus pour monter à l'observatoire ? demanda Dahlia, peu emballée par l'idée.
- Non, je veux dire maintenant, juste nous deux.
Dahlia leva les yeux vers le sommet de la tour.
- C'est complètement interdit de faire ça dans le décret du secret magique américain…
- Je m'en fiche complètement, avoua Harry d'un ton calme et posé. Personne ne nous verra de toute façon.
Elle hésita un instant, juste pour la forme. Elle savait qu'elle finirait par céder et accepter, parce qu'elle aimait les idées folles de Harry.
- Très bien.
Ils avancèrent jusqu'à trouver une rue perpendiculaire vide puis Harry transplana en entrainant Dahlia avec elle. Ils arrivèrent au sommet de l'Empire State Building, là où aucun civil n'avait le droit de venir. Harry eut un mouvement de recul un peu impressionné en voyant le vide en bas mais Dahlia resta impassible. Il n'y avait pas grand-chose entre eux et le gouffre mais ça ne faisait rien. De toute façon, c'étaient des sorciers et le danger était différent pour eux. Ils observèrent la ville qui s'étendait devant eux, éclairée par des milliers de lumières. Les décorations de Noël amplifiaient le phénomène et rendaient la vue plus jolie encore. Enfin, Harry ne savait pas si c'était réellement joli mais c'était impressionnant. Un peu émouvant presque. Et puis, ils étaient seuls, tout en haut, avec la ville à leurs pieds. Cela donnait à Harry un sentiment de liberté et de pouvoir qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Comme si le monde lui appartenait.
Il se tourna vers Dahlia pour la regarder. A cette hauteur, le vent faisait voler les mèches de cheveux blonds qui s'étaient échappées de son chignon et lui fouettaient la joue. Elle semblait subjuguée par la vue, elle aussi. Elle finit par se tourner vers Harry et lui rendre son regard.
- Pas mal, n'est-ce pas ? Dit-elle.
- Pas mal en effet.
Harry contempla à nouveau New York. Ce n'était pas sa ville et il doutait que ça le soit un jour. Cependant, il ne pouvait nier qu'il se mettait à aimer cet endroit, parce que c'était là que s'était joué toute son histoire avec Dahlia, ou presque. Et normalement, si tout se passait enfin comme il l'espérait, ils avaient encore beaucoup de choses à vivre dans cette ville. A vrai dire, leur histoire ne faisait que commencer. Il y aurait d'autres Noël, d'autres réveillons, d'autres hivers. Il voulait tous les passer avec Dahlia, l'un après l'autre. Il n'imaginait pas qu'il pourrait un jour s'en lasser. Harry se tourna à nouveau vers Dahlia et constata qu'elle le regardait. Peut-être pensait-elle la même chose, qui sait ?
- Dahlia, dit doucement Harry. Toi et moi c'est pour la vie, n'est-ce pas ?
Les sourcils de Dahlia tressaillirent légèrement, surpris par la question inattendue. Elle le regarda dans les yeux, consciente qu'il était sérieux et sincère. Il ressemblait à un enfant qui demandait à sa mère « Tu ne mourras jamais, n'est-ce pas ? ». Elle aurait pu lui dire que ça ne voulait rien dire ce genre de choses, qu'ils ne pouvaient pas savoir, que c'était absurde et complètement délirant de croire que quoi que ce soit pourrait être « pour la vie ». Au lieu de ça elle répondit :
- Oui, pour la vie.
Harry parut rassuré et lui sourit. Elle l'aima encore plus, si c'était possible. Ils venaient de se promettre quelque chose qui n'avait aucun sens mais elle était heureuse. C'était surement ça l'amour de toute façon.
Ils étaient rentrés, excités par leur petite escapade en haut de l'Empire State Building et par leur déclaration un peu folle. Ils avaient eu envie de se toucher, de signer leur pacte avec leurs corps, pour le rendre plus vrai. Harry avait fait glisser ses mains sur les hanches de Dahlia, sur ses seins et sur ses jambes, épousant leurs formes qu'il connaissait maintenant par cœur. Puis Dahlia avait posé sa bouche sur la peau de Harry, partout où elle le désirait. Maintenant, elle embrassait sa bouche et Harry avait passé ses mains dans ses cheveux blonds pour s'accrocher à elle. La langue de Dahlia était douce contre la sienne, il aimait le goût qu'elle avait, la sensation de ses lèvres contre les siennes. Embrasser Dahlia était l'une des choses qui excitaient le plus Harry. Il poussa un soupir étouffé par leur baiser quand les doigts de Dahlia s'enfoncèrent davantage en lui. Elle l'embrassait, à quatre pattes au-dessus de lui, et elle bougeait ses doigts lentement, comme si elle voulait lui faire l'amour de cette façon. Harry sentait le collier de Dahlia se balancer et caresser son torse à chaque fois qu'elle bougeait, ça l'excitait aussi. Depuis que Harry avait laissé Dahlia le pénétrer avec ses doigts, ils le faisaient souvent. Harry trouvait ça bon, ça changeait un peu et il devinait que Dahlia aimait lui faire ça, même si elle ne le disait pas.
Harry lâcha les cheveux de Dahlia et fit descendre sa main sur son dos. Il caressa sa peau douce et fraiche, à cause du froid du dehors, s'arrêta sur ses fesses. Il écarta un peu plus les jambes, malgré lui, soupira à nouveau. C'était bon et à vrai dire, Harry pressentait que ce serait meilleur avec autre chose que des doigts. Il ne put s'empêcher de l'imaginer, comme il l'avait fait plusieurs fois ces derniers temps, ce que cela ferait si Dahlia s'allongeait entre ses jambes et entrait en lui. Harry avait été étonné de constater que finalement, ça ne lui semblait pas si bizarre que ça. Au contraire, c'était une idée qui l'excitait complètement. La main de Harry quitta les fesses de Dahlia, se referma sur son sexe et la caressa un instant. Il écouta le soupir de Dahlia contre ses lèvres et se recula. Sans trop savoir ce qu'il faisait, il resserra ses cuisses autour d'elle et garda son sexe entre ses doigts.
- Dis, tu ne voudrais pas me… commença Harry d'une voix un peu rauque.
Il se tut en croisant le regard de Dahlia et la lâcha. Il valait mieux ne pas demander ça, il en avait conscience.
- Non rien, dit précipitamment Harry.
Elle le fixa un instant, avec une expression impassible et Harry la repoussa sur le lit pour fuir son regard. Il avait honte de lui-même, il ne savait même pas vraiment pourquoi. Il avait peur de la blesser avec ses pensées et il n'avait pas envie qu'elle souffre à cause de lui. Pour être sûr de ne pas croiser ses yeux et pour cacher son trouble, Harry retourna Dahlia et parsema son dos de baisers impatients. Il descendit jusqu'à ses fesses, les embrassa aussi puis les lécha doucement. Il s'imprégna des soupirs de Dahlia, il regarda sa main se refermer sur la couverture, son bracelet argenté. Il avait envie d'elle, complètement et il n'osait pas le lui dire. Tant pis. Harry se redressa, caressa les fesses de Dahlia avec son sexe puis la pénétra lentement. Il tint fermement ses hanches pour se retenir, sentit sa respiration lui échapper. Les gémissements de Dahlia lui échappaient aussi. Harry oublia la gêne qu'il avait ressentie quelques minutes plus tôt, se concentra sur la chaleur et l'étroitesse autour de sa verge, sur les claquements de leurs corps, sur la peau de Dahlia sous ses doigts. Il fit glisser sa main sur ses hanches, attrapa son sexe et essaya de la masturber mais il avait du mal à faire deux choses en même temps. Dahlia referma sa main sur celle de Harry pour lui montrer le bon rythme et il la laissa faire. Ils jouirent tous les deux en frissonnant et la tension retomba doucement.
Harry resta allongé dans le lit, blotti sous la couverture et Dahlia alla s'enfermer dans la salle de bain. Il attendit qu'elle revienne, trouva que c'était long. Il la connaissait maintenant trop bien pour ne pas suspecter quelque chose et il se prépara à se lever pour aller frapper à la porte. Il n'eut pas besoin de le faire, il l'entendit sortir et se tourna vers la porte. Il vit nettement, à l'expression de son visage, qu'elle était soucieuse. Harry n'osa rien dire, de peur d'envenimer les choses et il laissa Dahlia se glisser sous la couverture à son tour. Elle resta assise à sa place, les jambes repliées contre elle, dans une posture méditative.
- Dahlia, dit finalement Harry, n'y tenant plus. A quoi tu penses ?
- A ce que tu as essayé de me demander tout à l'heure.
- Ce n'était rien, répondit précipitamment Harry.
- Je ne suis pas stupide, répliqua Dahlia un peu sèchement.
Il se tut et hésita. Il ne savait plus quoi dire.
- Tu… tu voulais que je te prenne, c'est ça ?
Harry rougit violemment devant la tournure de phrase et laissa échapper un éclat de rire nerveux.
- Eh bien, je… enfin… non pas vraiment mais… Je ne sais pas, je m'étais dit que…
Elle le regarda bafouiller pendant vingt secondes, blasée et perdue, ce qui donna à Harry le sentiment d'être complètement débile.
- Je me disais que ça serait surement encore meilleur, dit-il enfin.
Dahlia ne répondit pas tout de suite. Elle posa son menton sur ses genoux et médita la déclaration de Harry.
- Les femmes ne font pas ce genre de choses, dit-elle brusquement.
Harry tressaillit et cette fois-ci, il rit sincèrement.
- Qu'est-ce que ça peut faire ? rétorqua-t-il. On fait ce qu'on veut, non ?
Mais elle ne trouvait pas ça drôle et elle se renferma un peu plus sur elle-même. Harry se tut et attendit. Dahlia se tourna vers lui et l'observa attentivement.
- Mais tu as vraiment envie que je te fasse ça ?
- Eh bien, si tu ne veux pas, je n'en mourrai pas, je n'en ai pas éperdument envie. Mais oui, je crois que j'aimerais bien savoir ce que ça fait.
Il y eut un nouveau silence.
- Les femmes ne font pas ça, répéta Dahlia d'un ton presque buté. Ce sont les hommes qui le font normalement, je ne suis pas un homme.
- J'avais remarqué…
- Alors pourquoi tu me demandes de faire ça ?
- Parce que ce serait surement bon et que je me fiche de ce que les autres font. Ça ne veut rien dire franchement, je suis sûr qu'il y a des femmes qui le font !
- Oui mais j'aurais l'impression de… j'aurais l'impression d'être un homme si je faisais ça.
Harry se tourna vers elle. Il était partagé entre la compassion et l'agacement, sans trop savoir pourquoi.
- Donc, si on le faisait et que je te laissais me prendre, ça ferait de moi une femme, c'est ça ? Tu aurais l'impression que je serais une femme ?
- Non, répondit Dahlia, surprise. Non, je n'ai pas dit ça !
- Alors pourquoi est-ce que toi, tu serais un homme ?
Dahlia le fixa, stupéfaite, et ne trouva rien à répondre. Il l'agaçait avec ses remarques, ses questions et son indifférence. Il l'agaçait parce qu'il faisait naitre en elle des désirs et des peurs qu'elle ne supportait pas.
- C'est bon, dit Harry d'un ton ferme. Tu n'as pas envie qu'on fasse ça, j'ai compris, ce n'est pas grave. Oublie que j'ai proposé ça.
- Mmh, marmonna Dahlia, peu convaincue.
Harry se leva, il avait faim. Il enfila son pyjama et sa robe de chambre puis il se tourna vers elle et l'observa longtemps. Elle semblait perdue dans des considérations qui lui échappaient. Harry fit un pas vers le lit, inquiet.
- Dahlia, appela-t-il doucement. Tu vas faire une crise de dysphorie ?
Elle leva vivement les yeux vers lui, l'air exaspérée.
- Non ! s'écria-t-elle froidement. Merci de t'en inquiéter !
- De rien ! répondit Harry sur le même ton.
Harry sortit de la chambre et alla se préparer quelque chose à manger, énervé et frustré. « Pour la vie » qu'ils avaient dit ! Ça commençait bien.
Le lendemain, leur mauvaise humeur s'était dissipée et, dans les jours qui suivirent, aucun d'eux n'aborda le sujet. De toute façon, Harry travailla avec les policiers sur une affaire de réseau pédophile et resta dormir chez Mark pendant presque deux semaines. C'était glauque et complètement déprimant, à tel point qu'il osait à peine envoyer des messages à Dahlia pour lui dire comment se passait l'enquête. Même Mark ne faisait plus aucune blague et plus aucun commentaire. Quand ils rentraient, le soir, Harry et Mark buvaient une bière et se couchaient, pratiquement sans dire un mot. Il y avait des affaires comme ça, qui salissaient et laissaient des traces invisibles.
Il fut heureux de boucler l'affaire et d'être en réserve pendant deux semaines. Et surtout, il fut heureux de retrouver Dahlia, ses cours de tennis et Harold. Cela lui permit de se débarrasser d'une grosse partie de la boue qui s'était collée à sa peau. Janvier avançait lentement, un peu trop. Harry n'aimait pas beaucoup ce mois, il n'aimait pas février non plus. C'était trop sombre et lugubre. Il fut presque content qu'Emily vienne dîner chez eux un samedi soir, elle avait un côté dur que Harry trouvait réconfortant. Pendant que Dahlia discutait avec Andrew, Harry parla avec Emily et lui raconta les grandes lignes de son enquête. Elle n'eut pas l'air choquée ou horrifiée comme les autres pouvaient l'être. Elle sembla dégoûtée par la nature humaine et ses monstruosités mais d'une façon ferme et solide. Comme si elle en avait vu d'autres.
- Tu sais que tu peux changer de travail, n'est-ce pas ? dit Emily en terminant son verre de vin.
- Je ne vais pas changer de travail juste à cause d'une enquête difficile, rétorqua Harry.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire… tu as grandi avec la certitude que tu devais combattre le mal au péril de ta vie. Mais c'est fini maintenant, tu n'es pas obligé de continuer, personne ne t'en voudra.
- Je… bredouilla Harry, déstabilisé.
- Il y a des gens qui supportent l'horreur mieux que d'autres et tu en fais partie. Cependant, au bout du compte, ça finit toujours par détruire tout le monde.
Harry pensa à Maugrey Fol Œil qui avait l'air bien détruit, exactement comme le disait Emily.
- Je t'encourage donc à partir au bon moment, avant que ce soit trop tard, conclut Emily.
- C'est peut-être déjà trop tard, murmura Harry.
- Mais non, assura Emily en souriant.
Harry se sentit mieux. Andrew partit tôt, il avait une réunion de famille le lendemain et il avait promis de se lever aux aurores pour être prêt à partir. Il semblait désespéré que la famille de sa mère soit aussi grande, cela les obligeait à les voir souvent. Au moins, du côté de son père, ses grands-parents étaient morts et n'avaient eu qu'un seul fils. Andrew se sentait coupable quand il pensait ce genre de choses. Et d'ailleurs, il adorait la sœur de sa mère, il s'entendait bien avec elle. Il n'avait rien contre ses oncles, ses cousins étaient plutôt sympathiques. Ses grands-parents maternels étaient stricts et lui faisaient un peu peur mais en dehors de ça… Bref, une joyeuse journée qui l'attendait encore. Dahlia le raccompagna jusqu'à la porte et lui souhaita bonne chance en lui pressant doucement le bras.
Emily resta et Harry annonça qu'il allait se coucher. Son enquête et ses courtes nuits chez Mark l'avaient fatigué, il avait besoin de se reposer. Dahlia n'essaya pas de le retenir, elle était plutôt satisfaite de rester seule avec son amie. Elles se servirent un dernier verre et s'assirent sur le canapé, l'une à côté de l'autre. Dahlia trouvait Emily un peu étrange depuis le nouvel an, plus renfermée et silencieuse. Elle avait expliqué à Dahlia qu'elle était allée voir un vieil ami, de son ancien travail, mais n'avait pas donné plus de détails. Dahlia avait été un peu surprise, c'était la première fois depuis qu'elles se connaissaient qu'Emily voyait quelqu'un de son ancienne vie en dehors de son ex-femme. Elle n'avait pas osé poser plus de questions cependant, elle sentait qu'elle n'aurait pas de réponses.
Elles bavardèrent de tout et de rien, comme elles savaient le faire. Dahlia aurait été incapable de résumer ce qu'elles s'étaient dit. Elle attendit la fin de son verre pour poser la question qui lui trottait dans la tête depuis des jours. Et puisqu'Emily venait de dire qu'il était temps qu'elle se trouve une nouvelle copine…
- Quand tu couches avec tes copines, c'est toi qui les pénètres ? demanda Dahlia.
Emily faillit s'étouffer en éclatant de rire, sidérée que Dahlia lui demande ça.
- Depuis quand tu parles de choses comme ça aussi directement ? s'amusa Emily.
- Je ne sais pas, s'agaça Dahlia. Donc ?
Emily essuya un peu de son mascara qui avait coulé quand elle avait ri et reprit une expression sérieuse.
- C'est moi à 60% du temps je dirais.
- Ah bon c'est tout ? s'étonna Dahlia.
- Euh, oui… répondit Emily, étonnée aussi. Si je voulais une relation morne et répétitive où tout le monde faisait toujours la même chose, je serais hétéro ! Or je ne le suis pas.
Dahlia lui lança un regard vexé et Emily écarta les mains d'un air faussement désolé. Il y eut un silence pendant lequel Emily attendit une suite mais cela ne vint pas.
- Pourquoi veux-tu savoir ça ?
- Je ne sais pas, comme ça…
- Tu as envie de le baiser ?
Dahlia détourna le regard et posa son verre sur la table basse. Elle ne s'était toujours pas habituée à la façon crue et vulgaire dont Emily parlait de sexe, parfois.
- C'est lui qui en a envie, avoua-t-elle.
Emily la fixa une seconde puis éclata de rire à nouveau, mais pas trop fort pour ne pas réveiller Harry.
- Sérieux ? Je suis positivement impressionnée, il est donc moins coincé qu'il en a l'air !
- Tu trouves ça drôle ?
- Bah… oui, reconnut Emily. Mais toi non, pardon.
Dahlia expliqua ce qui la gênait et les blocages qu'elle n'arrivait pas à dépasser. Emily écouta, pas vraiment surprise, elle savait déjà tout ça. Elle poussa un soupir à la fin, tendre et compatissant.
- Tu sais que toutes ces règles que tu te mets, elles n'existent que dans ta tête, n'est-ce pas ? Personne ne penserait que tu es un homme si tu faisais ça, et Harry encore moins.
- Oui mais, les autres femmes ne…
- Et alors ? coupa Emily. Tu ne seras jamais une femme cis, Dahlia, pas la peine de vouloir les imiter sur tous les points ! Tu n'es pas obligée d'être aussi chiante et coincée qu'elles. Fais ce que tu veux, personne ne te jugera, ça ne regarde que vous. Si tu as envie de le baiser, pour l'amour du ciel, baise-le !
- Je… je ne sais pas si j'en ai envie, bégaya Dahlia, décontenancée.
- Bien sûr que t'en as envie, rétorqua Emily. Tu ne te prendrais pas autant la tête dans le cas contraire.
Dahlia resta silencieuse un moment, méditant les paroles d'Emily. Elle se revit nettement à Poudlard, observant Harry avec un mélange de haine et de désir. Elle fantasmait sur des tas de choses, sur le fait qu'il la surprenne avec l'uniforme de Pansy, qu'il comprenne qu'elle était une fille et qu'il tombe amoureux d'elle. Sur le fait qu'il soulève sa jupe plissée et qu'il lui fasse l'amour dans les toilettes. Qu'il déboutonne son chemisier blanc et qu'il passe sa main sur sa poitrine. Et puis, parfois, elle fantasmait sur autre chose. Quand elle perdait au Quidditch, elle avait parfois envie de rejoindre Harry dans les vestiaires, de lui crier dessus, de se jeter sur lui, de l'embrasser à en perdre son souffle et de le baiser contre le mur de la douche. De le coincer dans un placard, au débout d'un couloir, de lui baisser son pantalon et de le sucer pour qu'il la ferme. Elle aurait adoré voir sa tête dans un moment comme ça. Ou de le rejoindre dans son dortoir, lorsqu'il n'y avait personne, l'allonger sur son lit, lui écarter les jambes et lui faire l'amour, le regarder rougir, gémir, juste parce qu'elle était en lui. Savoir ce que ça ferait.
Elle s'obligea à sortir de ses pensées pour se tourner vers Emily.
- D'accord, dit-elle. Je vais y réfléchir, merci.
O
Harry aimait tester ses progrès au tennis en jouant avec Harold. Bien sûr, son ami restait plus fort que lui mais Harry sentait qu'il se débrouillait de mieux en mieux. Son service était plus assuré, il était capable de renvoyer les balles sans faire de fautes. Il lui manquait maintenant surtout à développer sa technique, son analyse du jeu, à donner plus d'effets à ses frappes. Il se laissait trop souvent surprendre par les coups de Harold, il n'anticipait pas suffisamment. Il ne s'en vexait pas pour autant, il en ressentait au contraire une envie importante de s'améliorer. Et puis Harold était un bon adversaire, toujours bienveillant et encourageant. Il donnait à Harry des conseils pertinents, acceptait de perdre du temps à jouer avec quelqu'un qui était bien plus faible que lui. Harry lui en était reconnaissant. Il s'appliquait donc particulièrement aux entrainements qu'il suivait tous les mardis soir, pour ne pas démériter.
Après sa séance avec Harold, Harry rentra chez lui et prit une douche. Il savait que Dahlia rentrerait en coup de vent après son travail pour grignoter quelque chose et repartirait aussitôt à son entrainement de Quidditch. Il avait donc toute la soirée pour lui, ce qui lui plaisait bien. Il aimait leur organisation, il aimait la vie qu'il avait. Harry était toujours très surpris de s'en rendre compte parce que cela n'était pas arrivé souvent. Pourtant, il fallait bien le constater, il était heureux. Il en avait parlé avec Ron et Hermione, il savait que l'existence d'Harold et du tennis l'aidait beaucoup. Il avait enfin trouvé quelque chose à faire et une activité à aimer en dehors du travail. Il s'était fait un ami qui n'avait aucun rapport avec son passé ou avec son travail, c'était aussi une nouveauté agréable. En plus de cela, il y avait sa discussion avec Emily qui tournait en boucle dans sa tête et qui le délestait d'un poids qu'il ne pensait pas porter. Elle avait raison, il arrêterait avant qu'il soit trop tard. Il avait le droit de le faire. S'il sentait que son métier d'Auror lui pesait trop, il démissionnerait. Et personne ne pourrait le lui reprocher. Il n'avait pas envie de finir comme Maugrey, il n'était pas sûr de vouloir être confronté à la douleur et au danger toute sa vie. Pour l'instant, cela lui plaisait encore et il continuait à avoir besoin de ce sentiment d'être utile. Il pressentait cependant, pour la première fois de sa vie, qu'il pourrait peut-être se passer de ce besoin, un jour.
Harry fit à manger, accueillit Dahlia qui entra rapidement, dîna avec elle en échangeant quelques mots pressés puis elle alla prendre ses affaires de Quidditch et s'en alla. Il y avait des jours comme ça où ils ne se croisaient presque pas et ce n'était sans doute pas plus mal. C'était très bien qu'ils aient leur vie chacun de leur côté, c'était ce qui lui avait manqué avec Ginny. Même s'il avait sa formation d'Auror et qu'elle avait sa formation de Quidditch, ils se retrouvaient trop souvent ensemble pour le reste. La famille de Ginny était quasiment celle de Harry, leurs amis étaient pratiquement les mêmes, Ron était son frère, bref, c'était un peu trop oppressant. Là au moins, Dahlia et lui avaient leurs propres amis, leur propre sport, leur propre famille et tout allait bien.
Harry était au lit quand Dahlia rentra, à lire un roman policier que Mark lui avait prêté. Ils aimaient toujours faire ça et en discuter lors de leurs pauses, c'était agréable. Harry souriait en lisant la description d'un interrogatoire un peu farfelu qu'ils n'auraient jamais mené de cette façon dans la vraie vie. Il leva les yeux de son livre pour regarder Dahlia qui s'était appuyée à l'encadrement de la porte et l'observait en silence.
- C'était bien ? demanda distraitement Harry.
- Oui, c'était bien mieux que la dernière fois, tout le monde était en forme.
- Tant mieux alors.
- Je vais prendre une douche.
Harry marmonna une réponse et reprit sa lecture. Le policier sorcier de l'histoire rentrait chez lui et retrouvait son fils. Harry pensa à Teddy quelques secondes. Il faudrait qu'il profite de son prochain congé pour aller le voir, ne serait-ce qu'un après-midi. Dahlia revint dans la chambre, vêtue de son pyjama gris et grimpa sur le lit. Elle s'approcha de Harry et l'embrassa, pour la première fois de la journée. Le baiser dura un peu, elle ouvrit la bouche, embrassa Harry plus profondément. Il referma son livre et le posa au hasard sur la table de chevet. Il savait qu'elle avait envie de faire l'amour quand elle l'embrassait de cette manière le soir. De toute façon, il la connaissait bien maintenant et il savait qu'après ses entrainements de Quidditch, à cause de l'adrénaline, elle avait rarement envie de dormir et souvent envie de coucher avec lui. Ça lui convenait plutôt bien, il ne s'en plaignait pas.
Dahlia repoussa la couverture et vint s'asseoir sur lui. Il posa ses mains sur son pyjama, caressa ses jambes et ses hanches, la serra un peu plus contre lui.
- Il est bien ton livre ? Demanda-t-elle.
- Oui, assura Harry.
- C'est encore un livre de Mark ?
- Oui.
- Je suis libraire, c'est moi qui devrais te donner des livres.
Elle l'avait dit d'un ton faussement jaloux et Harry sourit en l'embrassant à nouveau. Il glissa ses mains sous son pyjama, caressa son dos puis les posa sur ses seins. Dahlia soupira contre sa bouche, s'abandonna à ses caresses pendant un instant, le laissa déboutonner son pyjama pour embrasser ses seins. Elle finit toutefois par se reculer, les joues un peu plus roses qu'au début.
- Harry, dit-elle fermement.
Il la regarda avec attention, prêt à écouter ce qu'elle voulait lui dire. Elle avait l'air sérieuse et un peu nerveuse.
- Tu sais, quand tu m'as dit que ça te plairait que ce soit moi qui te pénètre ?
- Oui… répondit Harry avec hésitation, surpris qu'elle ramène ce sujet sur le tapis.
- J'ai toujours eu envie de faire ça, au fond. Quand on était à Poudlard, j'avais envie de te le faire, quand je t'ai revu à New York aussi. En fait, je meurs d'envie de savoir ce que ça ferait. J'adore l'idée de… t'allonger sur le lit, sous moi, d'écarter tes jambes, de rentrer en toi, de voir l'expression que tu ferais. J'en ai toujours eu envie mais ça m'a toujours fait un peu peur aussi.
Harry la fixa, les joues rouges, la gorge sèche. Elle avait déclaré tout cela avec un très léger sourire aux lèvres, un peu vaniteux et supérieur.
- Dahlia… murmura Harry. Maintenant que tu viens de m'exciter en détaillant ce que tu as envie de me faire, j'espère que tu vas me le faire.
- Oui, dit-elle en souriant davantage. Je voulais te dire que je voulais bien le faire, finalement.
- Tu es sûre ?
- Oui. Au moins une fois pour savoir ce que ça fait et réaliser ce fantasme.
- D'accord.
Elle hocha la tête, heureuse qu'il ait comprit puis elle descendit de ses jambes et s'assit devant lui. Elle le regarda un instant, dans l'attente que quelque chose que Harry ne comprit pas tout de suite puis il rougit à nouveau et se redressa.
- Bon… dit-il. Dans ce cas, je vais…
- Oui, l'encouragea Dahlia.
Harry se leva et gagna la salle de bain, un peu nerveux. Il se prépara comme il le faisait déjà régulièrement ces dernières semaines puis il retourna dans la chambre. Il ressentait un mélange d'impatience, d'excitation, de satisfaction et d'appréhension. En toute objectivité, il n'aurait laissé personne d'autre qu'elle lui faire ça. Mais c'était elle et il en avait envie. Parce qu'il l'aimait tellement qu'il voulait tout d'elle, même ça. Il voulait son corps dans le sien aussi, parce qu'ils pouvaient le faire et que Harry trouvait l'idée incroyable.
Elle était toujours là, assise sur le lit à l'attendre. Harry la rejoignit et l'embrassa vivement, avec une ferveur proche de la reconnaissance et aussi un peu de passion pour cacher pour fébrilité. Il lui ôta son haut de pyjama et reprit ses caresses sur ses seins. Il la sentit frémir et se tendre sous ses doigts et sous sa langue. Harry aimait ça, c'était toujours excitant. Dahlia glissa ses mains dans les cheveux noirs de Harry, soupira et ferma les yeux. Elle se tendit encore plus quand la bouche de Harry quitta ses seins, descendit sur son ventre puis caressa son sexe à travers son pyjama. Il se redressa, obligeant Dahlia à lâcher ses cheveux et lui retira doucement son pantalon de pyjama. Il aimait le faire glisser sur ses jambes et il revint vers elle en caressant ses cuisses. Dahlia referma les yeux, retrouva les cheveux de Harry quand il embrassa l'intérieur de ses cuisses puis son sexe et qu'il la suça lentement pour la faire bander.
Il la sentit durcir dans sa bouche, il pouvait voir son ventre se contracter et ses hanches bouger pour venir chercher sa langue. Il songea que bientôt, elle ferait la même chose entre ses jambes et cette idée acheva de l'exciter. Il se redressa, il avait envie de passer à la suite. Dahlia ouvrit les yeux et le regarda. Elle se releva d'un geste souple, s'accrocha à son cou, l'embrassa avidement et le poussa sur le lit. Elle continua à l'embrasser, frotta son sexe contre le sien tandis que Harry écartait les jambes. Les cheveux de Dahlia tombèrent en cascade sur les épaules de Harry, autour de son visage. Il y passa ses doigts, fébrile et impatient. Dahlia abandonna sa bouche, posa ses lèvres sur ses mamelons, sur son torse, sur son nombril. Elle lécha sa verge et la prit entre ses doigts pour la masturber. Harry soupira et la regarda faire, les yeux sombres et agrandis par le désir.
Harry attendit, le souffle court, que Dahlia attrape le lubrifiant et s'en mette sur les doigts. Il frissonna, à cause du froid, quand elle le pénétra pour le préparer mais la sensation disparut rapidement. Harry respira plus vite et son cœur s'accéléra aussi. Il regarda Dahlia qui le caressa avec ses doigts tout en parsemant l'intérieur de ses cuisses de baisers lents et appuyés. Elle le mordit légèrement, il soupira, elle lui sourit. Elle retira ses doigts et ils hésitèrent un instant. Ils étaient nerveux tous les deux mais ils trouvaient cela plutôt rassurant. Dahlia enfila soigneusement le préservatif et se pencha vers Harry. Il se crispa quand elle entra en lui, poussa un gémissement un peu rauque. Dahlia se mordit la lèvre et s'enfonça complètement en lui, doucement. Quand ce fut fait, elle posa ses mains autour du visage de Harry et se pencha au-dessus de lui. Ses cheveux tombèrent et Harry les attrapa. Il l'attira vers lui, l'embrassa et resserra ses jambes contre celles de Dahlia.
Elle bougea lentement d'abord, un peu moins doucement ensuite. Le cœur battant, le souffle court, elle regarda le visage de Harry, s'imprégna de ses soupirs, de la sensation autour de son sexe. C'était bon. Elle aimait l'avoir là, sous elle, elle aimait l'idée de lui faire ce qu'elle lui faisait. Harry soupirait à chaque fois qu'elle s'enfonçait à lui et sa main se crispait dans ses cheveux. Elle avait envie de plus, de le prendre complètement, de l'entendre gémir davantage. Dahlia accéléra ses gestes, entra plus profondément en lui.
- Putain, gémit Harry en lâchant ses cheveux.
Elle ne l'avait encore jamais entendu jurer, elle en ressentit un plaisir intense. Ses cheveux tombèrent à nouveau tout autour de Harry mais ils s'en moquaient. Il posa ses mains sur les fesses de Dahlia pour sentir ses mouvements. Il trouvait cela bon. Un peu douloureux parfois mais bon quand même. Et puis c'était incroyable de se dire qu'elle était en lui, entre ses jambes. Il aimait ça. Elle l'embrassa à nouveau, continua à bouger. Ils gémirent contre la bouche de l'autre, Harry jura encore. Il abandonna les fesses de Dahlia et se masturba vivement. Il avait envie de jouir comme ça, avec la sensation du sexe de Dahlia dans son corps, ses cheveux sur sa peau et ses lèvres sur les siennes. Il jura une dernière fois en éjaculant puis Dahlia jouit juste après lui en gémissant.
Elle se retira de lui doucement et ils se regardèrent, un peu sonnés, décoiffés, les joues rouges et la respiration sifflante.
- Nous sommes quittes maintenant, dit Harry en souriant.
Dahlia éclata de rire et se laissa retomber sur Harry. Elle posa sa joue sur son torse et écouta son cœur battre trop vite. Il la serra dans ses bras, heureux et totalement, absolument amoureux d'elle.
