7. Après-Midi Humide

J'envoyais les enfants jouer dans le jardin et chargeais Mike de nettoyer la cuisine. Pendant qu'ils étaient occupés, je dépoussiérais et aspirais la maison entière, avant de nettoyer les toilettes.

Quand je revins dans la cuisine une heure plus tard, Mike n'avait réussi qu'à créer encore plus de désordre ! Le plan de travail était couvert de couteaux et de pelures de légumes. Je regardais autour de la pièce avec agacement et quand Mike me conseilla de me détendre, j'explosais.

"On va avoir des invités, Mike !" hurlais-je.

"Et le reste de la maison est rangée, Jacqui," me dit-il.

"La cuisine ne l'est pas. Elle est à l'opposé de rangée ! Qu'est-ce que tu as bien pu fabriquer pendant que je trimais comme une esclave ?" demandais-je. "Cette pièce est toujours complètement en pagaille !"

"J'ai préparé le repas de ce soir, Jacques. J'ai fait une salade, j'ai sorti les steaks hachés et les saucisses du congélateur pour qu'ils dégèlent et j'ai fait quelques kebabs de poulet épicé. Il y a du vin blanc au frigo et j'y ai même mis aussi quelques bières basiques au cas où Harry soit un philistin. Il y a du vin rouge et des vraies bières dans le recoin du comptoir. J'ai sorti des verres en plastiques pour les enfants et on a de la limonade, du jus d'orange pressé et des 'rasades de bière de gingembre', comme ils disent dans ces bouquins d'enfants démodés que tu lis toujours. J'ai préparé les maillots de bain et mis tout ce dont on a besoin pour la piscine dans la voiture. Est-ce qu'on a besoin d'autre chose pour le barbecue ?" demanda-t-il.

Je ne pouvais rien trouver à redire à ses préparation, maudit soit-il, je secouais donc la tête. Il avait fait tout ce qui devait être fait il n'avait simplement pas fait ce que je lui avais demandé de faire. Mike est un travailleur désordonné. Je range au fur et à mesure il travaille et laisse tout en désordre complet, refusant de ranger avant d'avoir fini de faire du désordre. Cela ne devrait pas m'ennuyer, mais c'est le cas. "La cuisine…" commençais-je.

"On va déjeuner avant de partir pour la piscine. Je finirai de nettoyer la cuisine après le repas, je te le promets," me dit-il.

"Finirai ! Tu n'as même pas commencé," protestais-je.

Il s'avança vers moi, plaça ses mains sur mes joues, se pencha en avant et m'embrassa. Je portais des gants de caoutchouc et tenais un seau dans une main et la bouteille d'eau de javel dans l'autre il n'y avait pas grand-chose que je puisse faire pour l'en empêcher. C'était un bon baiser et cela réussit à me calmer.

"Tu penses qu'on a besoin d'acheter autre chose ? Je pourrais faire un saut au supermarché en partant pour la piscine," dit-il en me relâchant.

"Non, je pense qu'on a tout ce qu'il faut," dis-je.

pinça les fesses, m'embrassa sur la nuque et me rassura. "Tout ira bien, Jacqui. Tu paniques toujours avant qu'on reçoive des invités et ensuite tu te demandes toujours pourquoi tu as paniqué. J'avais oublié, parce qu'on a pas invité qui que ce soit ici depuis des lustres." Sur ces paroles, il ouvrit la porte de la cuisine et emporta les pelures de légumes vers le composteur.

Je ne répondis pas. Je déteste vraiment quand mon mari a raison.

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Henry engloutit son déjeuner et sauta et rebondit tout autour de la cuisine pendant que Mike nettoyait et lançait le lave-vaisselle. Nos préparatifs de départ prirent plus de temps que nous ne l'avions anticipé car nous devions continuellement éviter le projectile de quatre ans qui ricochait tout autour de nous. Henry fut le premier à passer la porte quand nous fûmes enfin prêt à partir.

Il se tenait à côté de la voiture de Mike en criant "Allez, 'lez, 'péchez-vous," pendant que nous fermions la maison. Henry était tellement surexcité que Mike dut le maintenir pour pouvoir l'attacher dans son siège auto. Non seulement il allait 'nageouiller' avec James, mais James allait venir le voir ensuite. Quand nous démarrâmes, mon fils était occupé à lister tous les jouets avec lesquels 'moiéJames' allaient jouer, ce qui semblait être absolument tous.

"Tu as rangé sa chambre, n'est-ce pas ?" demanda Mike alors que nous roulions vers Harbottle.

"Évidemment." Je hochais la tête.

Mike soupira. "Si James est un tant soit peu comme Henry, ça leur prendra à eux deux moins d'une minute pour la remettre en complet désordre," murmura-t-il.

Si Mike avait son mot à dire, je ne rangerais jamais la chambre de Henry.

Je fus empêchée de faire un réponse cinglante lorsque Mike annonça "Les voilà, Henry. Je peux voir la rouquine."

Mike pointa vers le Range Rover qui attendait pour s'engager sur la route principale et Henry poussa un cri de joie. J'essayais de leur faire signe mais nous les avions déjà dépassé.

Le trajet jusqu'à la piscine était long, quarante minutes. Il semblait que que peu importe le chemin emprunté, il faille toujours quarante minutes. Henry devenait habituellement bougon et agité sur le chemin du Centre Sportif. Ce jour là, il était trop excité pour se plaindre, mais il me rendit folle malgré tout.

"Y sont toujours arrière de nous ?"

"Oui, Henry."

"James y sait nageouiller ?"

Je n'avais aucune idée d'où ce mot était venu, mais Mike n'arrangea rien. "On ne dit pas nageouiller," commençais-je.

"C'est nageouillotter, Henry," interrompit mon mari. "C'est compliquouillé, tout ces motillons, hein Henry ?"

"Oui, Papa," approuva Henry, hochant sérieusement la tête. J'abandonnais.

Après une demi-heure dans la voiture, Henry avait dû demander 'Y sont toujours arrière de nous ?' au moins deux douzaines de fois et la seule amélioration que j'avais obtenu était "Y sont toujours derrière de nous ?" Ce maigre progrès fut perdu quand, à cinq minutes de la piscine et frustrée d'entendre la même question encore et encore, je craquais et répondais stupidement "Non."

Henry éclata en sanglots et demanda à ce qu'on s'arrête. Je dus m'excuser auprès de lui d'avoir menti et promis solennellement qu' "Y sont toujours arrière de nous, promis."

J'avais tout juste réussi à le calmer et à sécher ses larmes quand nous arrivâmes. Mike se gara dans une place libre bien à l'écart de la piscine et Harry se parqua à côté de nous.

"Salut James," hurla Henry de toutes ses forces, me faisant sursauter.

Henry était assis derrière moi et James était derrière son père. Ils se faisait de très grands signes et je pouvais voir que James hurlait lui aussi. Harry me sourit et m'indiqua poliment que je devais sortir la première.

Nous débarquâmes en masse dans une confusion de salutations et de cris. Henry et James bavardaient entre eux avec excitation. J'essayais de les prévenir de faire attention aux voitures tout en sortant Annie de son siège et en disant bonjour à Harry et Ginny. Mike me coupa dans mes salutations.

"Je suis Mike Charlton," dit-il, tendant sa main à Harry. "Vous pouvez m'appeler Mike, mais je réponds à peu près à n'importe quoi ces temps-ci : Papa, Hé toi ou même Michael si vous voulez utiliser mon nom de baptême. Il semble que nous épouses sont trop occupées pour effectuer les présentations."

"Harry Potter," dit Harry, serrant la min de mon mari. J'avais totalement oublié qu'ils ne s'étaient pas rencontrés, tout comme Ginny, visiblement. "Ravi de vous rencontrer, Mike," dit Harry. "J'ai beaucoup entendu parler de vous. Mais la majorité m'est venu de Henry via James."

"Dans ce cas, si c'est positif, c'est vrai sinon, ce sont des mensonges," dit Mike avec un sourire.

"Les garçons !" cria Ginny. Henry et James courraient vers la piscine. Ils filaient entre les voitures garées et n'avaient pas vu la voiture qui avançait le long de l'allée suivante. Heureusement, les deux garçons s'immobilisèrent au cri de Ginny.

Mike et Harry étaient tous deux partis comme des sprinteurs quand Ginny avait crié.

Le temps que Ginny et moi ayons ordonné les trois plus jeunes, les deux garçons avaient reçu une sévère remontrance de leurs pères. Ils semblaient correctement admonestés, mais dès l'instant où les remontrances furent terminées, ils se tournèrent l'un vers l'autre et se sourirent d'un air penaud.

Ginny aussi l'avait remarqué. Elle me regarda et leva les yeux au ciel. "On va devoir garder un œil sur ces deux là, tu ne penses pas ?" dit-elle.

"Henry peut être un peu turbulent parfois. Il a probablement entraîné James," m'excusais-je.

"Ne parie pas là-dessus. J'allais dire exactement la même chose de James et m'excuser pour son comportement," dit Ginny.

Mike supervisait Henry et James pendant qu'ils marchaient, et ne courraient certainement pas, à travers le parking jusqu'à l'entrée du Centre Sportif. Tandis que nous nous apprêtions à les suivre vers la piscine, Harry revint rapidement et ramassa tous les sacs, y compris les nôtres. Il ignora mes protestations et me dit "Je peux m'en sortir, occupes-toi simplement de Annie." Il se tourna vers sa femme et ajouta : "Je dois y aller Ginny. Mike menace de payer pour tout le monde." Il s'élança derrière Mike et les deux garçons, laissant Ginny et moi avec les trois petits.

"James me rendait dingue dans la voiture," dit Ginny pendant que nous déambulions à travers le parking au rythme des bambins. "Il était tellement excité. Il demandait "Est-ce qu'c'est Henry devant ?" toutes les deux minutes.

"Henry était pareil," avouais-je.

"Est-ce que tes deux savent nager ?" demanda Ginny.

"Henry sait, presque," dis-je fièrement. "Je lui ai appris, mais Annie est encore trop petite pour être lâchée sans flotteurs. D'habitude, Mike joue avec elle pendant que je m'occupe de Henry."

"Tu enseignes la natation ?" demanda Ginny.

"En quelque sorte," dis-je modestement. "J'ai suivi un cours d'enseignement de base quand j'étais adolescente. J'étais nageuse en club. Je n'étais pas vraiment bonne, juste une des flotteuses, mais c'était assez amusant. Je faisais du dos, même si je n'étais pas la plus douée. J'étais de celles qui servent à compléter la seconde équipe de relais du club. Mais c'est un bon exercice pour eux, et pour moi, donc j'avais envie que Henry et Annie apprennent. Et les tiens ?

"Harry et moi avons appris ensemble, il y a une dizaine d'années. Il préfère nager sur le ventre plutôt que sur le dos," dit-elle. Ses yeux brillèrent et les coins de sa bouche frémirent.

"La plupart des hommes le préfère," lui dis-je. Nous nous sourîmes. Les trois plus jeunes écoutaient attentivement, je revins donc sur un terrain moins glissant. "Il y a dix ans ? C'est tard dans la vie pour décider d'apprendre à nager, non ?"

"Lors de nos premières vacances ensemble, nous avons vu des kite-surfeurs. On a essayé et on a adoré, et c'est là qu'on a décidé qu'apprendre à nager correctement serait une bonne idée. Harry a essayé d'apprendre aux enfants en Italie pendant l'été, mais James pensait que c'était une perte de temps. Henry lui a dit que c'était très amusant donc maintenant il a changé d'avis," dit Ginny.

Nous entrâmes dans le Centre sportif pour découvrir une dispute bonne enfant entre nos maris, chacun insistant pour payer pour tout le monde. Ginny et moi les interrompîmes et nous mîmes d'accord pour payer pour nos propres familles.

Nous guidâmes les Potter vers les vestiaires au niveau inférieur. Il était amusant de les observer. L'endroit nous était familier, mais les Potter regardaient partout avec curiosité. C'était comme s'ils n'avaient jamais été dans un Centre Sportif.

"Les cabines familiales sont tout au fond," dit Mike.

Harry hocha la tête et conduisit sa famille vers une cabine pendant que Mike se dirigeait vers celle d'à côté.

Nous fûmes les premiers changés et nous attendîmes que les Potter émergent.

" Allez, James, 'pêche toi," cria avec impatience Henry.

La porte s'ouvrit presque immédiatement et James se précipita dehors.

"James, ne cours pas sur le sol mouillé," ordonna Ginny en sortant à sa suite.

Ginny tenait fermement Al par la main et le souhait de Mike avait été exaucé. Elle portait un bikini bleu ou, du moins, un maillot deux pièces. Elle avait ses cheveux noués haut. Elle semblait ravissante et avec des formes agaçantes. Contrairement à moi, elle ne dégoulinait pas hors de son maillot. Harry la suivit immédiatement. Il portait un maillot boxer noir et portait contre sa poitrine la petite Lily, qui avait un maillot une pièce vert.

Le vestiaire était presque désert. Nous observâmes un groupe d'ados mouillés et ricanant sortir des sacs des casiers et entrer dans des cabines, nous laissant les seules personnes dans la pièce.

"Harry," dit doucement Ginny, lançant un regard autour de la pièce vide puis à sa poitrine. Harry prit une profonde inspiration et fit passer Lily à sa femme.

Il était mince, presque maigre, et ses muscles n'étaient pas clairement dessinés, mais je savais que des muscles saillants ne signifiaient pas forme physique. En fait, Harry semblait agile et tonique, et il portait un nombre impressionnant de cicatrices. Il y avait une trace comme une brûlure ovale sur sa poitrine. Juste à côté, sur son cœur, il avait une seconde cicatrice en forme d'éclair, apparemment identique à celle sur son front. Il y avait également de fines traces de ce qui semblait être une griffure animale sur ses côtes. Alors que Mike et moi regardions, il serra les poings nerveusement. Ce fut alors que je remarquais ce qui ressemblait à une écriture sur le dos de sa main gauche.

"Tu as déjà vu celle-ci," me dit-il en retournant son bras pour révéler la marque de couteau que j'avais remarqué dans la semaine. "Et celle-là." Il leva sa frange ébouriffée pour révéler la marque sur son front.

Il pointa du doigt le marques de griffe. "Celle-ci vient d'un Bagh Nakh, ou…"

"Une griffe de tigre, bon sang !" dit mon mari, révélant ses connaissances extensives d'armes ridicules, obtenues d'années perdues sur les jeux vidéos. Harry hocha la tête.

"Brûlure," dit-il en levant la main et pointant vers la cicatrices ovale. "Et le type qui me l'a offerte a pensé que ce serait aussi une bonne idée de me tuer en recréant la cicatrice de mon front. Ce sont de vieilles blessures de guerre. Des cicatrices d'une vie passée et c'est tout ce que je dirais à ce sujet."

"Harry et moi sommes ensemble depuis des années. Nous sommes partis pour nos premières vacances ensemble juste après mon dix-huitième anniversaire," dit Ginny, se tenant, farouche, à côté de son mari. "De parfaits inconnus fixent ses cicatrices et posent des questions idiotes. C'est très agaçant, donc j'ai pensé que…"

"C'est compris, rouqu…" commença mon mari. Il s'arrêta instantanément en voyant l'expression de Ginny. Ce fut au tour de Harry d'intervenir. Il fit un pas en avant.

"Ginny est Ginny. Pas rouquine, ou La Rousse, ou Rouge ou Poil de carotte, et certainement pas Gin," dit calmement Harry. "Elle n'est pas non plus Virginia."

Ginny rit quand il prononça ce dernier nom. "Maman pour mes enfants, mais Ginny pour tous les autres," dit-elle fermement.

"Désolé Ginny, je m'en souviendrais," s'excusa Mike. Je lui lançais un regard noir, m'assurant qu'il sache que j'étais mécontente et que dorénavant je le reprendrai moi aussi à chaque fois qu'il l'appellerait 'la rouquine'.

"Est-ce que tout le monde a oublié qu'on va nageouiller ?" demanda Henry, rompant le silence gêné. Nous rîmes, assurant à Henry que nous n'avions pas oublié, et guidâmes nos enfants vers le bassin.

"C'est clairement une rousse," dit Mike à mi-voix. "Elle a un tempérament encore plus explosif que le tien. Je ne tiens pas à avoir une mort atroce, alors ne me laisse plus jamais l'appeler 'rouquine'."

"Compte sur moi," lui promis-je.

Nous gagnâmes en masse la piscine et nous mîmes à l'eau. Les premières minutes furent chaotiques et désordonnées. Ginny et moi emmenâmes Henry et James du petit bain vers les eaux plus profondes du grand bassin. Il était évident que Henry était bien meilleur que son nouvel ami et je pouvais voir que James en était ennuyé. Ce qui lui manquait en technique, James le compensa par de la détermination.

Mike et Harry étaient dans le petit bain avec les deux filles et Al. Je vis Al regarder avec envie James et Henry. Il était évident à mes yeux que le plus jeune fils de Ginny était loin d'être à l'aise dans l'eau. Lily, en revanche, était trop jeune pour apprécier le danger et pataugeait et barbotait joyeusement aux côtés d'Annie.

Nous étions dans l'eau depuis une dizaine de minutes quand Ginny me demanda "Peux-tu gérer ces deux-là ?"

Je lui assurais que je le pouvais, elle s'éloigna donc. D'une brasse aisée et fluide –bien que techniquement piètre–, Ginny nagea pour rejoindre Harry. Après une brève discussion, Harry laissa Lily à Ginny et emmena Al dans le grand bain.

Harry supportait légèrement son plus jeune fils et l'encourageait tandis qu'il perdait pied, pataugeant follement. "Garde une main sous sa poitrine," lançais-je à Harry. "À ce stade, la confiance en soi est plus importante que les compétences. Si tu prends une grande inspiration, Al, tu pourras mieux flotter."

Harry me montra sa gratitude d'un signe de tête. Je voulais continuer à observer, mais Henry et James avaient décidé de faire un concours d'apnée. Henry gagna et j'intervins quand un James haletant demanda une revanche.

"Tu as besoin de plus d'entraînement, James," suggérais-je. "Pourquoi n'essaierais-tu pas de faire une roulade avant à la place ?" Je fis une démonstration, rassemblant mes jambes et roulant en avant avant de ré-émerger à nouveau.

"Souff' par t'nez quand tu roules," ajouta avec justesse Henry. "S'non toute l'eau è va r'monter dans t'nez." James essaya et émergea toussant et crachant. Mais il observa Henry le faire et essaya à nouveau. James refusait d'abandonner, j'étais impressionnée. Henry s'entraînait bien plus dur que d'habitude, s'assurant avec détermination de rester meilleur que James.

Après plus d'une demi-heure dans l'eau, je faisais toujours travailler ludiquement Henry et James. D'ordinaire, c'était le moment où Henry annonçait qu'il en avait assez d'apprendre. Ni lui ni James ne se plaignirent ils étaient tous deux très déterminés à en faire autant que l'autre. C'était formidable.

J'étais toujours occupée avec eux bien plus tard quand Harry se laissa glisser jusqu'à côté de moi, tenant et encourageant toujours Al. "Mike dit qu'il est temps d'y aller," dit-il. Je levais les yeux vers l'horloge nous étions dans l'eau depuis plus d'une heure.

"Il a raison," dis-je. "Henry ne tient pas aussi longtemps d'habitude. En avant, vous deux," dis-je aux garçons. "Le premier qui atteint le papa de Henry a gagné." Ils s'éloignèrent de nous en pataugeant, leurs bras s'agitant dans tous les sens et la tête hors de l'eau. Dans leur excitation, ils avaient oublié tout ce que je leur avais appris.

"Je vais aussi, Papa," couina Al.

"D'accord," dit Harry. "Mais tu dois enfiler ça avant." Il leva les brassards qu'il portait. Al parut mécontent.

"Tu ne veux pas essayer ça, Al ?" demandais-je. Je lui tendis la planche que j'avais utilisé pour apprendre aux garçons plus âgés à battre correctement des pieds. Il hocha la tête avec ferveur, je lui montrais donc comment tenir la planche correctement et Harry et moi l'escortâmes tandis qu'il battait joyeusement des pieds à travers le bassin.

"Tu es une bonne prof, Jacqui," me dit Harry. "Je t'ai observé. James a beaucoup appris."

"Je l'ai dit à Ginny, j'ai suivi un cours d'enseignement de base quand j'étais adolescente. C'était à l'époque où je nageais encore," dis-je. "Curieusement, je semble me rappeler de presque tout. Et apprendre à James et Henry ensemble est en réalité bien plus simple que d'apprendre à Henry seul. Henry s'ennuie vite à suivre les instructions de sa maman." Je me tournais vers Al, qui commençait à peiner. "Ne plie pas tes genoux, Al, garde les tendus et frappe avec tes hanches," conseillais-je.

Al fit comme je lui disais et commença à progresser un peu plus vite dans l'eau.

"Bien joué, Al," dit Harry, souriant de façon encourageante à son plus jeune fils. "Frappe… frappe."

Quand nous rejoignîmes les autres, Henry et James étaient debout dans le petit bain et parlaient à Ginny, qui avait Lily sur la hanche. Il n'y avait aucun signe de Mike ou d'Annie. Je regardais tout autour de la piscine. "Où sont…"

"Annie a eu une urgence," dit Ginny. "C'était 'veutpipipapa' et Mike l'a sortie de l'eau fissa."

"J'ai fait pipi dans la piscine," annonça fièrement et fortement mon fils. James rit.

"Henry !" le sermonnais-je, secouant la tête avec agacement.

Mike nous attendait quand nous arrivâmes dans le vestiaire. Je récupérais Annie dans mes bras et guidais Ginny et Lily vers les douches des femmes.

"Est-ce que vous venez directement chez nous, Ginny ?" demandais-je pendant que nous nous douchions rapidement. "Ou devez-vous passer chez vous pour vous changer ?"

"J'ai amené des vêtements de rechange, Jacqui. Nous pouvons venir directement, si ça ne vous dérange pas. Mais si vous avez besoin de temps pour préparer, on peut attendre," proposa Ginny.

Après une rapide discussion, nous nous mîmes d'accord pour qu'ils nous suivent jusqu'à la maison et nous retournâmes au vestiaire pour expliquer le plan à nos maris. Ginny et sa famille disparut dans une cabine. Ils étaient prêts et nous attendaient quand nous émergeâmes finalement du nôtre. Mes cheveux étaient encore mouillés quand nous partîmes mais, étrangement, les Potter étaient totalement secs et élégamment vêtus. Les cheveux de Ginny luisaient et elle portait une tenue –legging noir, short en jean et sweat gris– entièrement différente de celle qu'elle avait porté à son arrivée. Vêtue ainsi, elle ne semblait vraiment pas assez âgée pour avoir trois enfants.

Je fus une fois de plus frappée par l'une des nombreuses petites étrangetés concernant les Potter. Les deux sacs que Harry portait à l'épaule étaient assez grands pour contenir les serviettes et les maillots mais ils ne semblaient pas assez grands pour toutes les autres choses qu'ils avaient dû apporter avec eux.

Nous sortîmes du Centre Sportif ensemble. Mike surveilla à nouveau Henry et James à travers le parking, je portais Annie, Ginny portait Lily et Harry tenait la main de Al. Alors que nous marchions sous le soleil de l'après-midi, il y eut un sifflement tonitruant.

"Salut, chef," cria quelqu'un.

Il y avait une femme adossée au coffre de la voiture des Potter. Ses cheveux étaient noirs et en pics et les côtés de sa tête étaient rasés. C'était une grande goth solidement bâtie. Il n'y avait vraiment aucun autre moyen de la décrire. Elle portait des Doc Martens, des bas résilles et une profusion de vêtements noirs et violets.

"Bon sang ! Vous me donnez une minute ?" demanda Harry. Ginny hocha la tête.

"Reste avec Maman une minute, d'accord Al ?" demanda Harry. Il relâcha son second fils et trottina à travers le parking en direction de la femme.

"Ça ne vous ennuie pas d'attendre ?" nous demanda Ginny. "C'est Polly Protheroe, elle travaille pour Harry. Ça doit être important si elle nous a pisté jusqu'ici. J'espère qu'il ne va pas devoir aller au bureau."