À peine la voix d'Arthur Weasley résonna dans la tente, que Kristy ouvrit les yeux. À ses côtés, Jérémy et Malia grommelèrent, le sommeil encore lourd. Lorsque Kristy se leva sans ménagement, ils ouvrirent des yeux rougis par la fatigue. Sur le deuxième lit de la tente, Ginny émergeait lentement tandis que déjà debout Granger rangeait ses affaires.
— On y va, dit-elle à Kristy qui lui jetait un œil interrogateur. Monsieur Weasley nous attend dehors.
La Serpentard hocha doucement la tête en signe de compréhension avant de récupérer ses affaires pendant que son frère et sa sœur se levaient avec lenteur. Elle s'occupa également de leurs sacs puis les attrapa chacun par un bras pour sortir de la tente. À peine eut elle fait un pas à l'extérieur que les jumeaux la séparèrent de Malia et Jérémy. Bien que Fred et George soit plus âgés qu'elle de deux ans, pendant les vacances d'été, l'adolescente avait eu le temps de passer du temps avec eux lorsque ses parents invitaient la famille Weasley. Les deux garçons se comportaient avec elle comme avec Ginny et la sensation d'avoir deux grands frères à la fois espiègles et protecteurs était plutôt agréable pour Kristy. Étant l'aînée de sa propre fratrie, elle était habituée à devoir gérer les situations de crise fraternelle et parfois, elle aurait souhaité avoir une sœur ou un frère plus âgé pour la soutenir. Fred et George l'attirèrent à l'écart pendant que leur père s'assurait que personne n'oubliait la moindre affaire.
— Tout va bien ? questionna George.
Kristy les observa un court instant puis sourit affectueusement en hochant la tête.
— Sûre ? insista Fred. Hier soir, ça n'avait pas l'air d'aller et on a eu le droit à aucune explication.
L'adolescente soupira.
— Jérémy… Il craint le père de Drago et il ne voulait plus dormir dans la tente des Malefoy alors j'ai simplement demandé à votre père si on pouvait passer la nuit ici.
— Pourquoi il a eu peur ? demanda Harry qui s'approchait d'eux.
Kristy soupira une deuxième fois.
— Monsieur Malefoy est parfois… Un peu trop… Lui, répondit-elle.
Sans plus d'explication, Kristy rejoignit sa fratrie et leur saisie chacun une main. Arthur Weasley lui adressa un grand sourire.
— J'ai pu trouver un hibou dans la nuit et j'ai prévenu tes parents que tu étais avec moi. Ils sont très occupés avec… Ce qui est arrivé hier. Ils m'ont donc demandé que tu restes chez nous pour la journée.
Kristy hocha la tête en répondant au sourire du patriarche Weasley.
— Allez ! Direction le portoloin ! s'exclama-t-il.
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Dans la file d'attente pour ledit portoloin, Kristy aperçut Lucius Malefoy et ses deux amis qui forçaient le passage dans la foule à seulement quelques mètres d'eux.
— Kristy… murmura Jérémy en accourant vers sa sœur pour se cacher derrière elle.
Kristy passa un bras rassurant sur ses épaules. Détournant les yeux pour faire comme si elle ne les avait pas vus, elle s'attira le regard curieux d'Harry auquel elle répondit d'un haussement d'épaules. Soudain, une voix reconnaissable la fit se retourner de même que Malia et Jérémy. Maxwell Bicksburks, l'air furieux, venait de héler Lucius Malefoy et s'approchait de lui à grandes enjambées. Son père semblait hors de lui, si elle ne le connaissait pas, elle aurait pu croire qu'il se retenait de frapper Lucius. Instinctivement, Kristy s'approcha pour entendre leur conversation sans se rendre compte que les Weasley & Co en faisaient de même.
— … Arthur… mes enfants…
Kristy vit le patriarche Malefoy faire une grimace agacée.
— Si tu les remets en danger, je ne resterai pas sans rien faire. Je tolère tes penchants par respect pour Narcissa et l'amitié entre nos enfants mais ne dépasse pas les bornes avec moi !
— Tu penses que je ne peux pas te rendre la pareille ? contra Lucius avec un air menaçant. De toute façon, les choses sont sur le point de changer et tu le sais parfaitement, je saisis juste le coche avant toi.
La dernière phrase prononcée par l'homme résonna dans la tête de Kristy comme un coup de marteau. Le seigneur des ténèbres était-il vraiment sur le point de revenir ?
Maxwell fit un pas en arrière avant de serrer les poings avec colère.
— Ne mêle pas mes enfants à ça, c'est tout ce que je te demande, déclara-t-il d'une voix à peine maîtrisée.
Faisant volte-face il vit ses enfants en compagnie de la famille Weasley. Tous les observaient curieusement comme bon nombre de sorciers autour d'eux. Il s'approcha d'eux d'un pas rapide et prit ses enfants dans ses bras.
— J'ai du travail, je suis désolé, on se voit ce soir, leur expliqua-t-il précipitamment avant de repartir en lançant un bref merci à Arthur Weasley tandis qu'il s'éloignait.
Kristy se tourna vers Lucius qui l'observait froidement. À côté de lui, Drago le menton haut, toisait les Weasley avec mépris tandis que Blaise semblait supplier son amie de l'emmener avec elle. L'adolescente lui adressa un regard désolé auquel il répondit d'une grimace fatiguée. La file devant eux commença à se réduire les rapprochant du portoloin.
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Une fois chez les Weasley, la journée s'écoula rapidement. Si Molly fut surprise de voir les trois enfants, elle n'en montra rien, se contentant de les accueillir à bras ouverts en souriant chaleureusement. Le terrier était plutôt petit, voire carrément exigu comparée au manoir des Bicksburks. Cependant la bienveillance et la chaleur qui se dégageait du foyer remplaçaient sans problème l'espace manquant. La matinée se déroula dans une longue explication de la coupe de Quidditch en omettant délibérément les évènements désastreux qui avaient suivi. Jérémy qui se détendit enfin en mangeant le copieux petit-déjeuner préparé par Molly, raconta à sa manière le match, créant ainsi de nombreux fous rires. Après le repas de midi engloutis, Fred et George proposèrent une coupe du terrier. C'est ainsi que débuta le match de Quidditch le plus cocasse auquel Kristy ait jamais participé. Entre coup fourré, tricherie amicale et chute rocambolesque, les adolescents s'en donnèrent à cœur joie. Lorsque vint le soir, Charley Bicksburks vint chercher ses enfants juste avant le dîner. Elle remercia longuement Arthur et Molly qui lui assurèrent que garder Kristy, Malia et Jérémy était un plaisir puis transplana avec ses enfants.
Arrivé chez elle, Kristy fut tentée de questionner ses parents mais les cernes sous leurs yeux et leurs traits tirés l'en dissuadèrent. Après le dîner, elle s'occupa de mettre Jérémy au lit en ordonnant presque à ses parents d'en faire de même. Une fois elle-même sous sa couette, elle soupira longuement. Une angoisse sourde pour compagnie, il lui fallut un bon moment avant d'enfin trouver le sommeil.
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Les jours s'écoulaient rapidement, rapprochant Kristy et Malia de leur rentrer à Poudlard. La quatrième année attendait l'aîné tandis que la cadette rentrait en deuxième année. Leurs parents quittaient la maison tôt le matin et ne rentraient que tard le soir, laissant les deux elfes de maison assurer le bon fonctionnement du foyer. Alors que le jour du départ n'était plus très loin, Charley Bicksburks s'accorda une journée pour emmener ses filles sur le chemin de traverse chercher leur fourniture. Après toutes les affaires achetées, la mère des deux adolescentes se rendit chez Madame Guipure, un grand sourire presque gravé sur son visage. Kristy et Malia l'observaient confuse. Elles entrèrent dans la boutique et la patronne, tout aussi souriante que Charley apporta une longue robe aux deux nuances de vert sertie d'émeraudes.
— Allez, va enfiler ça, ordonna sa mère à Kristy.
— Pourquoi ? demanda Kristy en saisissant le tissu.
Sans répondre, Charley fit un geste du doigt pour indiquer à sa fille d'aller se changer. Une fois habillée, Madame Guipure vint s'assurer que la robe était bien ajustée. Charley observa sa fille avec une fierté non dissimulée puis paya la patronne tandis que Kristy retournait se changer. Une fois sortit, Kristy insista auprès de sa mère pour savoir la raison de cette robe mais celle-ci ne pipa mot, laissant l'adolescente agacée.
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Le jour du départ arriva enfin, après un dernier au revoir à leur mère, Malia rejoignit rapidement ses amies et Kristy, elle retrouva Drago à bord du train. Entrant dans un compartiment, avec lui. Ils furent rejoints rapidement par Blaise et Daphné et les conversations commencèrent.
— Ma mère m'a emmené acheter une robe de soirée. Apparemment c'était sur la liste, expliqua Daphné.
— Moi aussi, renchérit Kristy. Elle n'a pas voulu me dire pourquoi !
Le sourire de Drago attira l'attention de l'adolescente qui lui adressa un regard interrogateur.
— Je ne dirais rien, répondit-il à la question silencieuse de son amie.
Kristy fronça les sourcils.
— Ton père t'a dit quelques choses à propos de ce qu'il se prépare à Poudlard ?
Le garçon haussa les épaules face aux regards de ses amis.
— Drago, commença Kristy. Tu sais parfaitement que je déteste les surprises ! Dis-moi !
Le blond soupira puis capitula devant les yeux suppliant de son amie. Les yeux de la jeune fille suffisaient toujours à faire disparaître sa volonté. Encore plus depuis l'année précédente quand il avait enfin réalisé la nature de ses sentiments pour elle.
— Le tournoi des trois sorciers est de retour et il aura lieu à Poudlard cette année, annonça-t-il d'une voix dramatique.
Kristy se leva brusquement.
— Quoi ? cria-t-elle.
Daphné couvrit sa bouche avec ses mains et Blaise se mit à sourire.
— Vraiment ? s'écria-t-il.
Kristy sentit l'excitation la gagner. Le tournoi des trois sorciers était l'assurance d'une gloire éternelle. Ce dont elle rêvait depuis sa naissance.
— Alors c'est pour le traditionnel bal de Noël, la robe, comprit l'adolescente dont l'impatience ne cessait de grandir.
Après plusieurs heures de discussions à propos du tournoi, Kristy voulut se dégourdir les jambes, elle laissa à Daphné et Pansy – qui les avait rejointe entre-temps – le soin de surveiller Mystère, son chat qu'elle avait lâché dans le compartiment puis sortit en compagnie de Blaise et Drago. Alors qu'ils avançaient dans le couloir du train, ils entendirent des éclats de voix enjouées provenant d'un compartiment dont la porte était grande ouverte. Kristy reconnu sans mal la voix de Ron et Neville, aussi se précipita-t-elle déjà prête à saluer Harry.
— On était dans la loge officielle, entendit-elle le jeune Weasley se vanter.
La voix moqueuse de Drago résonna à côté Kristy tandis qu'il la dépassait pour entrer dans le compartiment.
— Pour la première et la dernière fois de ta vie, Weasley.
— Il ne me semble pas qu'on t'ait invité Malefoy, contra Harry d'une voix glaciale.
Son visage crispé se détendit lorsqu'il aperçut Kristy. L'adolescente lui adressa un grand sourire accompagné d'un geste de la main auquel le Gryffondor répondit joyeusement. Les yeux de Drago se plissèrent, agacé par leur échange complice. Soudain, il aperçut dépassant de la valise de Weasley ce qui ressemblait à la manche du plus horrible vêtement jamais créé.
— Weasley… qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il en la montrant du doigt.
Le rouquin s'empressa de la ranger mais Drago fut plus rapide et s'en saisit. Il le tira, extirpant le tissu de la malle.
— Non mais regardez moi ça ! s'exclama-t-il. Weasley… Tu ne vas quand même pas porter ça ? La pointe de la mode de 1890 !
Kristy pouffa avant de changer son rire en quinte de toux lorsque les Gryffondor lui jetèrent un regard noir. Derrière elle, Blaise ne se gêna pas pour rire franchement.
— Alors, continua le blond. Vous avez l'intention de vous inscrire ? Hein Weasley ? La gloire éternelle et l'argent de la récompense, ça va t'intéresser ?
— De quoi tu parles ? demanda Ron en fronçant les sourcils.
Drago sourit.
— Et toi Potter ? Je suis sûr que oui, tu ne louperais pas une occasion de faire parler de toi, n'est-ce pas ?
— Mais enfin de quoi tu parles Malefoy ? insista le rouquin.
Drago éclata de rire.
— Aha ! Vous n'êtes pas au courant ? se moqua-t-il. Ah mais oui, papa Weasley n'est pas assez important pour savoir ce genre de chose, c'est une évidence. Mon père, lui, le sait depuis une éternité. C'est Cornélius Fudge qui lui en a parlé.
Sans attendre de réponse, et avec une allure théâtrale, Drago quitta le comportement laissant ses amis ainsi que les Gryffondor perplexes.
— Dis-moi, demanda Blaise en se tournant vers Kristy. Il se rappelle que nous non plus on n'était pas au courant ?
Kristy jeta un œil dépité à son ami, puis à Harry avant de faire une grimace et de prendre la même direction que Drago.
Quelques heures plus tard, ils descendirent du train pour rejoindre les diligences qui les conduiraient au château de Poudlard.
