Chapitre 5 : Assaut sur le Temple
A genoux, recouvert par des tas de marbres des murs du Temple, Qui-Gon toussa fortement devant l'épaisse poussière autour de lui. Il se frotta les yeux, tentant de se redresser, entendant de faibles gémissements sous lui. Il cligna des yeux, embués de larmes, causés par les poussières de pierres détruits.
« Obi-Wan, souffla-t-il en voyant les deux formes de vie en dessous de lui.
L'adolescent padawan serrait fortement l'initié dans ses bras, comme pour avoir essayé de le protéger. Une plaie saignait sur son front. Il leva les yeux vers Qui-Gon qui était au-dessus lui, qui avait fait de son mieux pour faire de son corps un bouclier face à cette attaque terroriste.
Car c'était ce que c'était, quelqu'un venait de cibler le Temple et par hasard, leurs quartiers avaient été pris pour cible.
- Est-ce que vous allez bien, s'enquit Qui-Gon en cherchant une potentielle blessure grave sur les enfants.
- Nous allons bien, maître, répondit Obi précipitamment essayant de dissiper l'angoisse du maître Jedi, plus de peur que de mal. »
Mais l'initié tremblait contre lui de tout son corps, terrifié, se retenant de pleurer, enfouissant son visage contre la poitrine de son ainé.
« Tout va bien, petit Wan, tout va bien, murmura Qui-Gon en lui envoyant des vagues d'apaisement.
L'enfant se détendit presque mais resta recroquevillé contre Obi, qui lui le garda dans ses bras. Qui-Gon s'apprêta à les aider à se relever quand une voix derrière lui le fit frissonner.
« Je m'attendais pas à te voir ici, mon Padawan. »
Sa respiration s'arrêta, son corps se tendit tout à coup. Tout en veillant à ce que les enfants soient derrière lui, il se retourna vers l'homme qui était sans aucun doute la cause de cette attaque surprise.
A quelques pas, entre les décombres, à l'entrée de cette façade laissée par l'explosion funeste, un homme grand, habillé de noir, le maintien droit, s'avançait vers lui, avec lenteur et élégance. Ses yeux dorés, caractéristique d'un Sith, s'étaient fixés sur Qui-Gon, qui déglutit difficilement devant l'apparition.
« Maître, parvint-il dire la gorge serrée gardant une main sur son sabre laser.
C'était dur à admettre que le Sith qui se tenait devant lui était autrefois son maître bien-aimé, celui qui lui avait tout appris.
Un sourire s'étendit sur le visage du vieil homme, c'était presque chaleureux, exprimant la joie et une certaine nostalgie.
- Mon cher Qui-Gon, tu es donc…bien vivant, je t'ai senti dans notre lien…j'ai cru que c'était une hallucination mais c'est bien vrai.
- Est-ce pour cela que vous avez pris d'assaut le Temple ? rétorqua le maître Jedi.
- Bien évidemment, que ne ferai-je pas pour toi ?
- Je n'ai pas demandé cela, vous avez perdu la raison, maître, vous vous êtes retournés vers le côté Obscur et vous connaissez mes antécédents. »
Le visage de l'ancien Jedi s'assombrit, une lueur mauvaise apparut dans ses pupilles dorés, il secoua la tête tristement.
« L'ordre Jedi n'est plus ce qu'il était, il est voué à l'échec, mon Padawan, il n'y a plus d'espoir pour les Jedi, la Force t'a rendu à moi et je vais te prendre, quitte à te prendre de force.
- Vous n'oserez pas, siffla Qui-Gon qui crut que son cœur allait s'arrêter face à ces paroles.
- Je refuse de te perdre à nouveau, dit seulement le Comte Dooku en allumant son sabre laser rouge.
Qui-Gon l'imita et se tourna vers les petits Obi-Wan.
« Partez ! s'exclama-t-il à leur intention.
Obi qui avait ressenti le danger, était déjà sur pied et hocha la tête, prenant la main du petit Wan, ils se précipitèrent vers leur unique sortie, à l'opposé de Dooku. Ce dernier, remarquant les enfants, utilisa la Force pour invoquer les débris autour de lui et les jeta vers eux. Qui-Gon tendit la main, les retenant alors, les empêchant d'atteindre leurs jeunes victimes. Cependant, Dooku semblait avoir anticipé son mouvement, car il lança son sabre laser vers eux, avec une intention meurtrière, utilisant la Force pour diriger son arme.
« Non ! Arrête ! »
Qui-Gon n'avait pas la force, ni la rapidité d'arrêter le sabre de son maître qui volait vers les enfants. Et Obi n'aurait pas assez de maîtrise et serait trop lent pour sortir son sabre et contrer cette frappe.
« Non, maître, s'il vous plait ! » implora Qui-Gon qui savait que ce serait inévitable.
Mais un sabre bleu protégea les deux enfants. Ce n'était pas Obi avait contré le sabre du sith. C'était Jedi Kenobi qui était apparu si vite près d'eux, que personne l'avait vu se déplacer, ni arrivé. Il repoussa le sabre violemment et utilisa la Force, pour écarter tous les dangers. Les roches de marbres et le sabre s'écartèrent d'eux. L'arme tournoya jusqu'à Dooku qui l'attrapa avec ennui, non ravi de voir l'ancien Padawan de son apprenti.
Une Togruta les rejoignit essoufflé et son regard s'agrandit quand elle vit le petit groupe devant elle. Elle avait suivi Jedi Kenobi, tout aussi inquiète que lui. Elle dégaina ses deux sabres quand elle remarqua le Comte Dooku, mais Jedi Kenobi l'arrêta alors.
« Non, padawan, nous nous chargerons de lui, je veux que tu emmènes les petits à un endroit sûr, ordonna-t-il à la Togruta, protège-les et préviens le Conseil. »
Elle jeta un œil aux plus jeunes qui la regardait avec de grands yeux. Il y avait quelques choses qui clochaient mais qu'elle n'arrivait pas à trouver. Elle en était presque attendrie. Devant l'air sérieux de Jedi Kenobi, elle obéit et leur indiqua de les suivre. Ils disparurent alors avec elle, dans les couloirs du Temple.
Jedi Kenobi se plaça auprès de Qui-Gon, il jeta un œil au Comte puis à son ancien maître. Qui-Gon reconnut aisément le Jedi Kenobi, conscient qu'il n'était pas face à l'Original, ce dernier étant trop faible pour se lever du lit médical.
« Maître, est ce que ça va ? Vous n'êtes pas blessés ?
- Je vais bien, tu es heureusement arrivé à tant pour sauver les petits. »
Le Comte Dooku les toisa tous les deux, gardant sa main armée. Jedi Kenobi et Qui-Gon se mirent en position, mais le plus jeune prit la position de Soresu, au grand étonnement du maître Jedi, puis, il se rappela que par culpabilité, son ancien apprenti avait abandonnait la Forme Ataru, pour une technique plus défensive.
« Je ne laisserai pas cela se reproduire à nouveau, grinça Jedi Kenobi comme s'il lisait dans ses pensées, attaquons le ensemble, maître. »
Qui-Gon hocha la tête et les deux s'élancèrent.
Le Seigneur Sith para leurs coups avec facilité, attaquant d'une manière plus brutale qu'il avait eu l'habitude de faire quand il était face aux Jedis. Son but n'était pas de blesser Qui-Gon, il était venu le ramener avec lui et cela se voyait dans ses mouvements. Qui-Gon remarqua très vite qu'il faisait en sorte d'éloigner Jedi Kenobi de lui et de lui assénait des coups fatals et plus mortels. Mais le jeune homme était déterminé et très habile dans sa technique, il prouvait son expertise sur la Forme Soresu, défendant et contrant habilement chaque coup du Sith.
Cela mit Dooku dans une position délicate, il avait sous-estimé Kenobi, cependant il ressentit une étrangeté dans la Force qui l'obséda de plus en plus, il repensa alors à l'adolescent et à l'enfant qu'ils avaient protégé. Ils lui semblaient si familiers, mais il n'arrivait pas à poser le doigt dessus. Il savait que Qui-Gon et son ancien padawan tentaient de cacher quelques choses. Puis, son sabre fut bloqué longtemps avec ceux des deux Jedi, lui permettant de croiser les yeux bleus de Kenobi et de l'observer. Ses yeux d'un bleu spécial, son expression d'innocence et d'ignorant. Ses traits si doux et si gracieux. Tout comme ces enfants, que Qui-Gon tentait de protéger comme il le ferait pour Kenobi.
Profitant de cet instant, il donna un brusque coup de pied dans la jambe de Qui-Gon qui s'effondra et le désarma, c'est là qu'il capta une faible ouverture dans l'esprit du jeune Jedi, trop affecté et trop attaché pour le maître Jedi qui était désormais à terre. Il y pénétra férocement, déclenchant un cri à Jedi Kenobi, qui essaya de remettre ses boucliers en place, reculant vainement pour échapper à la prise physique et mental du Comte Dooku. Mais ce dernier fut plus rapide, et il attrapa le Jedi par le coup, le soulevant du sol par la Force, l'obligeant à relâcher son sabre qui tomba au sol.
« Non ! Ne le touche pas ! » rugit Qui-Gon cherchant à attraper son arme.
Dooku lança des éclairs de Force vers Qui-Gon, qui s'immobilisa et glapit de douleurs. Le Seigneur Sith esquissa un sourire à Obi-Wan qui tentait de se défaire de son emprise, sans succès. Devant les cris de douleurs de son maître, Jedi Kenobi en eut les larmes aux yeux, permettant à Dooku de s'engager plus facilement dans son esprit.
« Arrête, arrête ! s'écria Obi-Wan à moitié étouffé utilisant toute sa Force pour chasser Dooku de sa tête.
Le Sith y découvrit des brides d'information intéressante. Ce n'était pas le véritable Obi-Wan Kenobi qui était à sa merci, mais une version plus jeune, plus fragile mais plus dangereuse. Il y avait donc plusieurs Obi-Wan, dont l'original était cloué dans un lit, où il n'arrivait plus à utiliser la Force. Dooku eut alors un rire sardonique, victorieux.
Les éclairs s'arrêtèrent, libérant Qui-Gon, qui était désormais beaucoup trop faible pour bouger. Le Sith s'empara de son comlink.
« Ordre prioritaire, annonça-t-il dans le communicateur, rendez-vous aux Halls des Guérisseurs je veux qu'on m'apporte Obi-Wan Kenobi vivant.
- Non ! s'écria Jedi Kenobi, lâche ! Laissez-le !
- J'ignorai que vous nous cachez toutes ses choses, Obi-Wan Kenobi, fit-il avec ironie, mais voyez-vous, l'avenir n'aura pas besoin de vous, je vais vous épargner la souffrance de cette guerre ridicule. Ainsi, vous n'aurez pas à connaître ce monde désastreux. Et je vais me faire une joie d'abréger la vie de vos autres versions. »
Il pivota vers Qui-Gon, qui peinait à se redresser et qui lui lançait un regard noir.
« Cher padawan, voici l'échec de l'Ordre Jedi, déclara-t-il en utilisant la Force pour étrangler Kenobi, c'est à cause de sa faiblesse que tu es mort, c'est à cause de lui que je t'ai perdu, s'il avait été plus puissant, plus…
- C'est vous qui êtes…faible, maître, haleta Qui-Gon, mon padawan n'est jamais tombé…comme…Vous êtes tombés. »
Le sourire de Dooku s'estompa, ses traits se figèrent et ses yeux brillaient d'une lueur qui déclencha un frisson chez Qui-Gon.
« Alors, peut être que si tu le regardais mourir sous tes yeux, tu comprendras mon chagrin. » Il réactiva son sabre.
« Non ! Vous…Ne le faites pas ! Maître !
- Tu ne me donnes pas le choix, Qui-Gon, dit Dooku en approchant la lame d'Obi-Wan, cela va être bref, bien que douloureux.
- Maître, je vous en prie, arrêtez ! supplia Qui-Gon dont les larmes coulaient des joues, impuissant, ne pouvant bouger pour sauver son apprenti. Il tendit la main, frôlant la Force, mais il tomba en avant, trop affaibli par le traitement que lui avait infligé Dooku.
- Je suis désolé, dit seulement le maître Dooku.
Il leva son sabre. Jedi Kenobi ferma les yeux, acceptant sa mort prochaine.
La lame s'arrêta juste avant de pénétrer dans le ventre du Jedi. Le Comte Dooku était complètement figé, comme paralysé par une Force plus puissante que lui. Il se tourna vers la présence responsable de toute cela.
Deux hommes se tenaient non loin de lui, essoufflés. Ils avaient couru pour venir jusqu'à eux. L'un était un vieil homme, l'autre plus jeune, mais il était aisé de connaître les deux autres versions plus âgés d'Obi-Wan Kenobi.
Ben avait tendu la main pour arrêter le coup fatal du Comte et maitrisait parfaitement la Force, à la grande stupéfaction du Sith, qui vit sa victime s'écrouler au sol, s'échappant de sa prise. Dès qu'il fut libéré, Jedi Kenobi se précipita pour prendre son sabre et malgré sa gorge douloureuse, il se jeta vers Qui-Gon, qui put soupirer de soulagement en voyant que des renforts étaient arrivés.
« Ai-je l'honneur d'être en présence des Maîtres Kenobi ? Ainsi tu as vécu assez longtemps ? lança le Comte Dooku.
- Je suis désolé, il a pénétré dans mon esprit, leur informa Jedi Kenobi la voix brisée, je…n'ai pas été assez fort pour le contrer.
- Ce n'est pas grave, de toutes manières, il l'aurait su d'une manière ou d'une autre, assura Ben en s'emparant de l'arme de Qui-Gon qui avait glissé vers lui.
- Je vais donc avoir trois Jedis pour moi ? Eh bien, si je m'attendais à cela.
- Vieux, emmenez les, je vais prendre Dooku moi-même, déclara Ben sèchement.
Le vieil homme lui lança une expression quelque peu étonnée.
« Tu ne devrais pas le prendre seul, Ben et tu n'es pas complètement au meilleur de ta forme.
- Je crains que ce soit pour une prochaine fois, mes amis, rétorqua le Sith en prenant alors la fuite.
C'était lâche, mais Dooku n'était pas assez stupide pour savoir que Ben était beaucoup plus menaçant que Qui-Gon et Jedi Kenobi. Il ressentit dans la Force un avertissement dangereux provenant de Ben et il ne devait pas le combattre. Alors il recula de quelques pas, s'apprêtant à sortir par l'arrière là où il était arrivé, par la brèche qu'il avait volontairement crée pendant l'explosion.
Ben le remarqua et se précipita vers lui. Mais il n'y parvint trop tard, car Dooku sauta dans le vide, récupéré par un véhicule aérien qui l'intercepta à temps.
« Bon sang ! jura Ben en éteignant son sabre pour retourner auprès de ses amis.
Qui-Gon se mit debout avec difficulté, aidé par Jedi Kenobi qui s'assura qu'il n'avait rien. Malgré les quelques tremblements dans son corps, il n'était pas blessé.
« Nous devons…nous devons retrouver Obi-Wan, les informa Qui-Gon, il veut…Obi-Wan.
- Quoi ! Pourquoi le veut-il, questionna Vieux Ben.
- Il a lu mon esprit, rappela Jedi Kenobi, il a certainement vu qu'Obi-Wan avait un taux de midi-chlorien instable.
- J'ai un mauvais pressentiment, marmonna Ben qui n'attendit pas une minute pour se diriger vers les Halls Des Guérisseurs.
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Padawan Kenobi avait atteint la Salle de guérison, le plus rapidement possible. Il avait obéi à Ben et Vieux Ben qui lui avaient plutôt ordonné d'aller protéger Obi-Wan avec Anakin. Le Temple était attaqué de toutes parts par ceux qu'ils appelaient les Séparatistes, les Jedi étaient en état d'alerte, et plusieurs fois Padawan Kenobi avait bousculé ses confrères. Des droides de combats s'étaient faufilés vers les ouvertures crées par les explosions, des Clones avaient rejoints le temple pour aider les Jedi.
Avant qu'il ne quitte ses deux ainés, il avait entendu Ben dire que ce n'était pas normal que les Séparatistes attaquent le Temple Jedi, en tout impunité, il était certain que les Sith avaient probablement ressenti qu'ils se passaient quelque chose au Temple.
Alors le jeune homme avait suivi leur conseil, il ferait tout pour leur faire honneur. Quand il entra dans la chambre médicale, Anakin Skywalker faisait les cent pas, nerveusement, devant un Obi-Wan toujours inconscient, ignorant qu'il était proche d'une attaque.
« Padawan Kenobi ? fit Anakin surpris.
- On m'a dit de rester auprès de lui, dit-il seulement, le Temple est sous tension.
- Je sais, tous les Guérisseurs viennent de partir pour essayer d'aller secourir les blesser. Il n'y a plus que moi, marmonna le chevalier frustré.
Padawan Kenobi décela une certaine frustration de devoir rester sans pouvoir se battre. Si bien que même lui, finit par devenir nerveux. Les Halls des Guérisseurs étaient assez éloignés des points d'explosion et des batailles qui s'y déroulaient en ce moment, mais si jamais on venait les attaquer, il se trouver dans une impasse. Il n'y avait pas de sorties de secours connus, car ils prient entre deux points sensibles. Le seule passage qui pourrait les faire sortir était les toits du Temple. Mais c'était tout aussi dangereux, à moins qu'on vienne les extirper de là, il n'y avait pas d'autres solutions.
Alors qu'il réfléchissait à un moyen de déplacer Obi-Wan dans un endroit plus sécurisé pour lui, Anakin lâcha un cri de frustration et se tourna vers le Padawan.
« Je sors, je vais aller voir ce qu'il se passe. Je ne peux pas rester une minute de plus en sachant que des Jedi sont en train de mourir alors que je me tourne les pouces.
- Quoi ? Mais…Maître Skywalker, nous serons seuls et…
- Je te laisse protéger Obi-Wan, tu es lui, non ? ça devrait aller, tu es fort et tu es très doué.
- D'accord, accepta le Padawan bien malgré l'angoisse qui lui tortillait le ventre.
Anakin n'ajouta rien de plus et sortit vivement, laissant le Padawan seul avec son ainé original toujours endormi. Il s'assit auprès de lui et tenta de méditer un moment pour refouler son anxiété. Il allait devoir être courageux et sur de lui, car tout dépendait de lui, maintenant qu'Anakin était parti, il ignorait quand est ce qu'il reviendrait. Il était seul aux Halls des Guérisseurs, sans personne pour les aider. C'était une situation déplorable en réalité. Les Guérisseurs avaient sans aucun doute délaissés leurs infirmeries parce qu'il y avait l'Elu pour les protéger, hors ce n'était plus le cas.
« Est-ce moi, ou c'est beaucoup trop silencieux ? bafouilla la voix d'Obi-Wan.
Padawan Kenobi sursauta et se redressa vers son ainé qui était réveillé, se frottant les yeux, s'habituant peu à peu à la lumière.
- Maître Obi-Wan, s'écria Padawan Kenobi soulagé.
- Que…se passe-t-il ? pourquoi je ne sens plus rien ? paniqua alors Obi-Wan en regardant autour de lui, pourquoi je ne vous sens plus ? »
La peur s'infiltra dans l'esprit d'Obi-Wan et cela se lut sur son visage. Le jeune homme porta ses mains à ses épaules, pour le rassurer.
« C'est bon, ne vous en faites pas, on vous a mis un suppresseur de Force, c'est pour ça que c'est…vide.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que j'ai ça ? s'inquiéta-t-il, est-ce que j'ai blessé quelqu'un ? Oh, est ce que j'ai blessé Anakin ?
- Non, non, Anakin va bien, vous n'arriviez plus à contrôler la Force et vous vous mettiez en danger, c'est pour ça.
- Je vois donc si je l'enlève, je risque de ne pas me contrôler.
- Oui, entre autre, grimaça Padawan Kenobi.
Il n'avait pas toutes les informations, mais c'était ce que leur avait dit grossièrement Maître Windu. Un sentiment de danger traversa subitement l'échine du Padawan, comme un mauvais pressentiment. Sa main se porta automatique à son sabre, mais en balayant dans la Force autour de lui, il ne ressentit aucun être malveillant.
A ce même moment, le comlink laissé par Anakin se mit à sonner. Sans attendre, Padawan Kenobi décrocha l'appel.
« Anakin ? »
Il reconnut la voix de sa version plus âgée, Ben.
- Non, c'est Padawan Kenobi.
- Bon sang, où est Anakin ? Ne devait-il pas rester avec Obi-Wan ?
- Il est parti, maître, je ne sais pas quand il va revenir. »
Il entendit un grognement sourd suivi d'un halètement.
« Bon, ce n'est pas bien grave, il faut que tu conduises Obi-Wan sur le Toit du Temple, je serai là pour vous réceptionner, nous devons l'éloigner d'ici rapidement.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Les Séparatistes veulent Obi-Wan. »
La conversation se coupa brusquement, et Padawan Kenobi s'apprêta à transmettre cela à l'autre homme mais Obi-Wan s'était déjà levé et habillé, prêt à partir. Il avait écouté toute la conversation et il avait repris son air sérieux de maître Jedi et bien qu'il ne pouvait utiliser la Force, Padawan Kenobi pouvait ressentir sa détermination.
« ça ira, maître Obi-Wan ?
- Oui, ne t'en fais pas, même si je n'ai plus la Force, j'ai encore ma capacité à me battre, assura-t-il, sortons d'ici, et faisons ce qu'a dit Ben. »
Padawan Kenobi hocha la tête et les deux quittèrent les Halls sans attendre.
Pour atteindre les Toits, ils devaient grimper les étages du Temple, par des cages d'escaliers qui servaient uniquement à évacuer vers le Toit, ils leur étaient impossibles que de passer par un autre endroit. Hors, c'était le seul moyen où aucun combat s'y déroulait. Des fenêtres avaient été placer à des coins stratégiques pour fuir par les voies aériens, mais à l'heure actuelle, personne ne s'était présenté pour les évacuer ainsi. Ils devaient suivre les directives de Ben.
Sur les toits, étrangement, il n'y avait personne, visiblement tout se passait dans le Temple et leurs ennemis n'avaient pas pensé à venir attaquer par le Toit. Malgré l'absence de vie qui s'étalait devant eux, Padawan Kenobi ne pouvait s'empêcher de ressentir ce mauvais pressentiment qui le poursuivait depuis qu'ils avaient quitté les Halls.
« Nous devons partir, maître, maugréa-t-il de plus en plus anxieux.
- Quoi ? Mais nous devons rester là, Ben a dit que…
- Maître, je ne le sens pas, j'ai un mauvais… »
Cependant, un bruit de moteur l'interrompit, un airspeeder Jedi se posa non loin d'eux, avec précaution. Alarmé, Padawan Kenobi et Obi-Wan se préparèrent, allumant leurs sabres lasers. Le pilote qui sortit du véhicule, s'avérait être Ben qui vint à eux, l'expression inquiet sur son visage.
« Vous allez bien ? s'enquit-il pour salutation.
- Oui, Ben, on va bien, soupira Obi-Wan en rangeant son sabre.
Mais Padawan Kenobi avait toujours ce sentiment oppressant dans la Force, qui lui hurlait de fuir cette endroit.
- On doit partir le plus vite possible, maître, je le sens dans la Force. »
Ben approuva, ne discutant pas les paroles alarmant du Padawan et les incita à monter dans le véhicule, mais à ce moment, des tirs provenant des airs atteignirent le airspeeder qui explosa sous leurs yeux, les propulsant tous les trois.
Obi-Wan réussit à se réceptionner et s'arma de son sabre laser, levant la tête vers le responsable de ses tirs. C'était le Comte Dooku.
Ce dernier, sur un motojet armé, fonça alors sur Ben qui avait reçu un projectile à la jambe gauche et avait du mal à se relever. Non loin de lui, Padawan Kenobi s'aperçut rapidement du prochain assaut de Dooku et se plaça entre eux pour contrer les tirs envoyés par Dooku. Profitant que le Padawan détourne l'attention du Sith, Ben utilisa la Force pour propulser le motojet sur une des grandes colonnes du Toit. Dooku n'eut pas d'autres choix de sauter de son véhicule, atterrissant avec élégance sur le sol.
Sans lui laisser le temps de réfléchir, Padawan Kenobi se jeta sur le Comte Dooku avec hargne et crainte, perturber par cette avertissement dans la Force qui ne cessait de grandir. Il fut rapidement soutenu par Ben qui réussit à stabiliser sa jambe et se joindre à lui pour se battre contre le Sith.
Malheureusement, Ben, affaibli par sa jambe blessée, ne parvint pas à tenir tête au Sith et il perdit même sa concentration, Dooku comprit rapidement et le repoussa violemment par la Force, l'empêchant de contre-carrer cette attaque.
C'est alors que Padawan Kenobi vit avec horreur que Ben s'approchait dangereusement du bord, il délaissa son combat contre Dooku, se précipitant vers son ainé qui était à deux doigts de tomber dans le vide. Il lui tendit la main, essayant de prendre sa main au vol, mais au lieu de ça, la Force le maintient et l'aspira en arrière.
Un sabre laser rouge fut levé contre lui et s'il n'avait pas le sien encore dans une position de garde, il aurait été tranché en deux. Jetant un œil vers là où était tombé Ben, il se réprima et dut contenir son inquiétude pour canaliser toute son attention vers le Sith.
Ben irait bien, il est plus fort que lui et plus expérimenté que lui. Il ira bien.
Le combat contre Dooku sans Ben s'avérait être beaucoup plus difficile et plus fatiguant qu'il ne l'aurait cru mais il tenait bon. Il remarqua de plus en plus que certains mouvements étaient proches de celui de son maître, si bien qu'il savait comment paraît les coups, remerciant profondément ce dernier pour cela.
Observant les deux combattants, Obi-Wan se mordit les lèvres, il ne pouvait pas rester éternellement, sans pouvoir faire quoique ce soit. Il s'était précipité pour voir où était tombé Ben mais il était arrivé trop, il avait été trop loin de l'altercation pour tenter un sauvetage. Il se maudit pour être aussi faible. Padawan Kenobi était doué et rusé, mais combien de temps allait-il tenir ? Et quand aurait-il des renforts ?
Il ne voulait pas que Padawan Kenobi soit responsable de sa protection. Il ne pouvait le supporter. Il serra la poignée de son sabre dans sa main, face à ce dilemme. Il pouvait fuir et retrouver Ben, pour s'assurer qu'il était bien, mais d'un côté, il n'avait pas envie de laisser son cadet seul avec le Sith. Qu'aurait fait Ben ? Bien sûr, il était lui-même. La réponse était vite trouvée.
Padawan Kenobi sentait de plus en plus ses membres s'alourdir sous les assauts brutales du Comte Dooku qui se réjouissait de voir le jeune homme fléchir plusieurs fois. Si bien, qu'il laissa malencontreusement une ouverture mortelle pour le Comte. Mais Obi-Wan s'était interposé entre lui et le Comte pour le protéger.
« Obi-Wan ! Qu'est-ce que tu fais ! s'écria Padawan Kenobi en reprenant sa position.
- Je te sauve la vie, marmonna-t-il devant la pression du Comte sur son sabre.
- Je vois que vous vous êtes joints à la fête, cela m'étonnait de vous, Obi-Wan Kenobi, gloussa le Sith ravi, mais vous venez de faire une grosse erreur. »
Le maître Jedi fronça les sourcils, désarçonnés par les paroles. Il n'eut pas le temps de comprendre cependant les dires du Sith, car ce dernier d'un geste rapide et vif, donna un coup dans son sabre, le levant vers le haut et d'un geste sec, il trancha le bracelet antiforce qu'Obi-Wan portait.
Les sensations insupportables affluèrent dans son esprit, le figeant de terreur. Des douleurs traversèrent son corps, il ressentit la mort de Jedis, dont la majorité était en train de se battre dans le Temple.
Padawan Kenobi vit avec horreur Obi-Wan tomber à genoux et s'écrouler au sol, se tordant de douleurs, gémissant, secoué par des spasmes.
« Maître ! hurla-t-il en s'agenouillant près de lui, retournant son corps vers lui.
Les yeux d'Obi-Wan étaient injectés de sang, ses pupilles dilatés et lorsqu'il croisa le regard du padawan, ses mains tâtonnèrent l'apprenti. Il essaya de parler mais un son rauque sortit de sa bouche.
C'est alors que le jeune homme entendit un murmure dans la Force, ressemblant à la voix d'Obi-Wan.
« Fuis. »
Padawan Kenobi comprit alors, mais refusa d'obtempérer. Le Comte Dooku esquissa un grand sourire de victoire, voyant le tableau qui s'offrait à lui. Le jeune apprenti s'excusa auprès d'Obi-Wan et se jeta sur le Sith qui para les coups plus facilement. La fatigue, la rage et sans doute l'attachement qu'il avait pour son ainé lui fit perdre ses moyens et toute sa concentration.
Le comte n'eut aucune pitié pour lui et il lui donna l'ouverture rêvé.
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Padawan Kenobi tomba à genoux, son sabre laser volant en l'air. Il hurla de douleurs, tenant son bras et fixa avec horreur qu'il n'avait plus de mains.
« Eh bien, je dois dire que vous ressemblez terriblement à votre apprenti, Kenobi, s'esclaffa Dooku, mais je ne vais pas faire la même erreur que la dernière fois, cette fois, tu vas mourir. »
Il leva son sabre, prêt à trancher la tête de l'apprenti, mais il fut soudainement projeté au loin, contre l'un des piliers du toit, rejoignant les débris laissés par le motojet.
Padawan Kenobi se tourna vers Obi-Wan qui était debout, les jambes tremblants, la main tendue devant lui. Il retomba à genoux. Malgré son bras manquant et douloureux, l'apprenti vint à lui, haletant. Obi-Wan était pâle comme la mort, respirant difficilement, comme s'il avait perdu toute sa force vitale.
« Maître, arrêtez, vous ne…devez pas, souffla Padawan Kenobi.
- Ton bras…murmura Obi-Wan en l'attrapant, je suis désolé, je…j'ai encore échoué.
- Non, non, ce n'est…pas de votre …faute…
- Si j'étais plus fort…si seulement, j'étais… »
Il glissa en avant, tombant sur les genoux du Padawan.
« Je suis désolé, Padawan, gémit-il.
- Je suis désolé, aussi, maître. »
Dooku revint vers eux et cette fois-ci, il n'allait pas se faire avoir deux fois.
« Va-t'en, laisse…moi, je t'en prie…c'est moi qu'il veut.
- Je ne peux pas, j'ai promis de vous protéger, j'ai promis à Anakin de vous protéger.
- Pourquoi avons…nous…tendance à …tenir des promesses ? rit Obi-Wan malgré lui.
- On est pareil, maître…sauf que j'ai une main en moins maintenant. »
Ils échangèrent un rire doux, comme si le Sith n'était pas à moins de deux mètres d'eux. Ce dernier s'arrêta alors, voyant qu'aucun des deux ne pourraient se battre à nouveau.
« Avant…que vous choisissez de le tuer, enfin de me tuer en tant que padawan, j'ai…un marché à vous proposer, Comte, haleta Obi-Wan.
- Eh bien, même à moitié mourant vous voulez toujours négocier ?
- Je pars…volontairement avec vous, mais…vous devez me jurer de ne pas lui faire de mal. Laissez Padawan Kenobi en dehors de ça. »
Le Comte, notant qu'il ne risqua rien, devant les deux Obi-Wan, rangea son arme.
« Je pense, maître Kenobi, que je ferai mieux que ça, vous viendrez tous les deux avec moi, fit-il les yeux brillants.
