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Chapitre 2 : La chute
Après une énième danse, cette fois-ci avec Rolf, Hermione décida qu'il était temps d'aller s'hydrater. Elle retourna donc à sa table et fronça un sourcil surpris en constatant que son voisin de tablée n'était pas là.
Attrapant son verre en tentant de faire comme si de rien n'était, la lionne se sentit agacée. Elle but lentement tout en scrutant la salle à la recherche du sombre crétin tout en se demandant avec qui il était en train de danser. Ruminant sur le fait qu'elle avait espéré depuis le début du bal qu'il vienne s'imposer et la faire valser, elle essaya de conserver son air serein.
Elle avait pourtant fait en sorte de lui laisser le temps de se bouger entre chaque danse, sauf peut-être quand Charly avait insisté pour être son cavalier plusieurs fois de suite… mais tout de même ! Avec qui Severus était-il en train de danser si ce n'était avec elle ? Hermione fulminait intérieurement. Il avait pourtant eu l'air de la dévorer des yeux tout le long de la cérémonie et même pendant le repas.
Son verre était maintenant vide depuis un moment quand elle comprit que celui qu'elle cherchait ne lui faisait pas d'infidélité… cette fois-ci du moins ! En tout cas, il n'était pas sur la piste de danse.
Après s'être libérée les mains, Hermione décida d'aller voir dehors s'il y était. Elle n'avait pas passé des semaines à scénariser ses retrouvailles avec Severus pour que ce dernier lui fasse faux bond. Ce fut donc d'un pas décidé qu'elle sortit de la salle de réception.
Le hall était quasiment vide. Elle se stoppa un instant et observa le tableau qui trônait vers l'escalier et qui surplombait l'entrée de marbre. Le portrait du jeune Lord était absent, probablement en train de discuter avec celui de sa grand-mère dans le salon d'hiver. Hermione aurait pourtant aimé le voir, le fameux Severus d'une vingtaine d'année qui régnait sur le lieu en l'absence de celui de chair et d'os ainsi que de métal. Enfin, pour dire quoi de toute façon ? Elle avait bien remarqué lors de son arrivée tout à l'heure que même la peinture ne voulait pas la voir, comme si c'était elle qui était responsable de la situation actuelle.
Sentant un pincement au cœur en repensant à ces trois derniers mois, la lionne sursauta quand la voix d'Ann se fit entendre :
- Désirez-vous quelque chose Miss Granger ?
- Oh heu… oui… j'aurais besoin de ma veste pour sortir prendre l'air s'il te plaît.
- Je vous l'apporte tout de suite, répondit la gouvernante qui se rendit directement au vestiaire mis à disposition pour les invités.
En attendant sa veste, la jeune femme reporta son attention autour d'elle, en particulier devant la porte du bureau du majordome. Elle se souvenait encore de la créature démoniaque qu'était devenue Lestrange après avoir mis fin à ses jours, bien des années auparavant, ainsi que de Severus qui était à terre lorsqu'elle était arrivée en urgence pour le sauver. Mais il avait surpris tout le monde en créant un patronus maxima, ce qui était pourtant impossible, sauf pour lui visiblement.
Depuis ce fameux jour, où le manoir avait été attaqué, Severus n'avait que rarement passé plus d'une heure d'affilée ici. Il avait visiblement encore plus de mal qu'avant à s'y sentir chez lui et ce n'était pas pour rien s'il avait laissé ses parents s'y installer après la retraite de Tobias, préférant rester vivre à l'impasse du tisseur.
Le fait qu'il se sente plus à l'aise dans son ancienne maison d'enfance questionnait encore aujourd'hui la jeune femme mais y vivre avec lui et Alexandre ne lui avait jamais posé problème, bien au contraire. Elle préférait de beaucoup la vie simple à Carbone-les-mines plutôt que celle de châtelaine ici, avec les domestiques.
Sa vie à Carbone-les-mines… cela lui semblait si loin.
Une fois de plus, ce fut la gouvernante du lieu qui l'a sortie de ses pensées :
- Tenez miss Granger, votre veste.
- Merci Ann, dit-elle en passant son vêtement chaud sur les épaules.
- Faites attention à ne pas attraper froid, lui conseilla-t-elle gentiment.
Affichant un léger sourire sur son visage, Hermione ne répondit cependant rien. Elle ne supportait pas qu'on l'appelle 'miss Granger' ici, les employés appelant Severus par son prénom lui, mais jamais elle ! En 6 ans, elle en avait pris l'habitude, mais aujourd'hui plus que jamais, cela lui fit mal au cœur.
Une fois sur le perron du manoir, ce fut avec déception qu'elle remarqua que Severus n'était pas avec les quelques fumeurs qui étaient eux aussi dehors. Le connaissant, il avait probablement préféré aller s'isoler et le seul endroit où Severus se sentait vraiment à l'aise ici, c'était les box des abraxans.
Elle le maudit intérieurement de ne pas préférer la serre couverte par ce temps si humide. Refermant un peu plus sa veste d'une main, elle sortit sa baguette de l'autre et se protégea de la pluie à l'aide d'un sort. Le parapluie transparent qui émanait de sa baguette ne la protégeait qu'en partie du crachin extérieur, mais au moins ses cheveux et son maquillage ne seraient pas détrempés.
Il ne lui fallut pas longtemps pour retrouver Severus. Le Lord du lieu était en train de s'envoyer en l'air, littéralement parlant, avec son familier. Ainsi donc préférait il venir voir un demi-sombral plutôt que de l'inviter à danser pour recoller les morceaux avec la mère de son fils !
Hermione aurait bien aimé pouvoir l'engueuler, à la place de quoi, vexée, elle décida de retourner à l'intérieur. Au moins, là bas, il y aurait ses amis pour la divertir un minimum.
Elle n'eut qu'à peine le temps d'entamer son demi-tour qu'elle vit la masse noire virevoltante faire un mouvement brusque. Elle releva alors la tête et ce qu'elle vit lui glaça le sang… Severus venait d'être désarçonné et chutait de plus d'une centaine de mètres.
- SEVERUS !
Hurler ne servait à rien, elle le savait, mais la panique fut la première à réagir. Hermione se mit alors à courir à travers le champ, gênée par ses talons et la terre humide. Bien vite elle se retrouva à courir pieds nus, ses chaussures abandonnées à même le sol. Elle pointa alors sa baguette sur Severus et avant même qu'elle ne lance un sort, Hermione vit le corps du sorcier cesser sa chute à 2 mètres à peine de la terre ferme.
S'arrêtant alors dans sa course folle, elle l'entendit : il riait…
- MAIS ÇA NE VA PAS DE ME FAIRE DES FRAYEURS PAREILLES ! hurla-t-elle cette fois de façon entièrement volontaire et non paniquée.
Là, Severus ne rit plus et tourna la tête en direction de la lionne qui venait de rugir. En moins d'une seconde, il termina finalement sa chute sur les 2 mètres restants :
- Aie ! fut la seule chose qu'il trouva à dire une fois étalé sur le dos dans la terre meuble et humide.
- TU AURAIS PU TE TUER ! fit remarquer Hermione qui criait toujours autant.
Se redressant tant bien que mal, les vêtements trempés et gadoueux à certains endroits dans son dos, il regarda la jeune femme et demanda d'un ton bien trop calme :
- Comment voudrais-tu que je puisse me tuer au juste ?
- Tu viens de chuter de je ne sais combien de centaines de mètres ! grogna-t-elle, la voix moins aiguë mais la colère et le stress toujours bien présents.
Il s'approcha d'elle et la toisa de sa hauteur une fois face à elle. Hermione du relever la tête pour continuer de voir son visage. Il était si grand par rapport à elle…
Plongeant son regard dans les obsidiennes de son interlocuteur, la jeune femme perdit ses mots. Il était si beau malgré ses cheveux trempés et terreux. Elle avait mis du temps à se faire à la coupe courte du sorcier, mais elle aimait toujours autant ses cheveux noirs, maintenant parsemés d'une seule mèche blanche sur le dessus. C'était sa barbe poivre et sel d'une dizaine de jours, bien taillée et entretenue, qui s'était vraiment éclaircie en première.
- Dois-je te rappeler que je suis en mesure de voler comme bon me semble ? Je pourrais bien me jeter d'une falaise que je ne risque rien, ajouta-t-il d'un ton moqueur.
- Je n'avais pas sauté de cette foutue falaise ! s'indigna Hermione, et puis je…
Elle remarqua la lueur narquoise dans les yeux du sorcier et elle comprit qu'il plaisantait :
- Ce n'est pas drôle, dit-elle alors en croisant ses bras devant elle.
- Si, ça l'est et… mais qu'est-ce que tu as fait de tes chaussures ?
- Elles sont… un peu plus loin là bas, marmonna-t-elle en se sentant rougir.
- Tu vas attraper froid, c'est ridicule.
Plus ou moins ridicule que de faire mumuse à dos de poney volant sous la bruine le jour du mariage de sa sœur ? Mais Hermione ne put poser la question, poussant à la place un petit cri de surprise quand Severus la souleva dans ses bras, telle une jeune mariée. Il ne la regarda même pas, se contentant de la porter tout en se dirigeant vers le manoir :
- Je suis capable de marcher, fit-elle remarquer avant de se mordre l'intérieur de la joue.
- Tu as déjà de la chance de ne pas t'être fait mal en marchant pieds nus jusqu'ici !
Ouf, il ne la reposait pas. Elle avait eu peur un instant qu'après sa réflexion, il ne la laisse finalement terminer le chemin d'elle même. Elle aurait pu cela étant, mais il fallait avouer qu'elle était bien mieux dans ses bras, contre le torse de cet homme qu'elle détestait probablement autant qu'elle l'aimait.
Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas été si proche de lui et tout autant qu'elle ne s'était pas sentie si légère. Hélas, ils arrivèrent bien vite jusqu'à l'arrière du manoir où Severus la déposa alors, à l'abri du crachin sous l'avancée du toit. Là, il sortit sa baguette et la sécha avec un sort informulé, comme si elle n'avait jamais mis les pieds sous la pluie fine et dans la boue :
- Tu sais que je n'ai toujours pas de chaussures ? questionna-t-elle.
- Ne soyez pas si pressée miss Granger ! s'amusa Severus en la regardant. Je ne suis plus aussi jeune qu'avant et toi tu n'es plus aussi légère !
L'envie de lui donner une petite tape sur le bras lui arriva en tête et Severus se mit à rire :
- Aucune forme de violence n'est amicale Granger, rappela-t-il avant de se mettre à genoux devant elle.
Elle s'était faite avoir, il lisait bien trop facilement en elle, même sans magie. Mais c'était surtout de le voir avec un genou à terre qui l'étonna vraiment… l'espace d'un instant, elle espéra presque le voir sortir un écrin de sa poche. Devrait-elle dire oui s'il la demandait en mariage ? Elle lui en voulait toujours après tout !
Hélas, ce fut simplement ses chaussures à talons qu'il attrapa au sol. Il avait dû les faire léviter derrière eux en la portant et, avec un nouveau coup de baguette, il les nettoya à l'aide d'un recurvite.
- Donnez-moi donc votre pied Cendrillon, intima Severus.
Levant les yeux au ciel, Hermione leva une jambe et le Prince lui remis la première chaussure. Pour la seconde, la jeune femme perdit légèrement l'équilibre sur le premier talon et dut se retenir à l'épaule encore trempée de Severus. Il devait mourir de froid mais l'aidait-elle à être au sec avant tout.
- Même Alexandre sait tenir debout mieux que toi.
- Alex ne porte pas de talons hauts lui, fit remarquer Hermione.
Quand elle reposa enfin son second pied par terre, la main de Severus frôla sa cheville comme lors d'une caresse. Un frisson la parcourut alors qu'il se releva enfin. Il était là, devant elle, si proche qu'elle pourrait l'embrasser sans mal. Il semblait en avoir envie d'ailleurs, au moins autant qu'elle.
- Que faisais tu dehors ? demanda Severus en la regardant de nouveau dans les yeux.
- Je voulais savoir où tu étais, tout simplement.
- Tu t'inquiétais pour moi ?
- Je n'irais pas jusqu'à dire que j'étais inquiète, en tout cas jusqu'à ce que je te voie tomber !
- Et là tu t'es précipitée en espérant pouvoir me sauver.
- J'aurais fait pareil si ça avait été quelqu'un d'autre, se refrogna-t-elle face au ton sarcastique qu'il venait d'utiliser.
- Surtout si ça avait été Charly Weasley ?
Cette fois il s'était plutôt montré cassant et la jugeait clairement. Fonçant un sourcil étonné, elle répliqua :
- Tu insinues quoi là ?
- Rien du tout, je me contente de remarquer que tu es proche du grand-frère de ton meilleur ami. Ça devient ta marque de fabrique ?
- Moins que toi avec tes étudiantes ! s'énerva-t-elle.
C'était sorti tout seul et Hermione sut qu'elle avait touché le centre de la cible, le point le plus sensible. Mais, il l'avait cherché aussi ! C'était à elle d'être jalouse, pas à lui, elle n'avait rien fait, elle. Néanmoins, elle s'en est voulu, elle n'avait pas prévu d'enfoncer le clou, au contraire :
- Je ne voulais pas dire ça Severus…
- Mais tu l'as dit.
Entamant un mouvement pour s'en aller, Hermione lui agrippa la manche de sa veste :
- Attends, s'il te plaît, on peut discuter !
- Ça fait trois mois que j'essaie de te parler, dit-il avec un calme effrayant.
- Je sais, mais je n'étais pas prête, c'est tout. Aujourd'hui je le suis…
- Et que veux-tu me dire ?
Severus s'était finalement tourné de nouveau face à elle et attendait de voir, apparemment soulagé :
- Plusieurs choses je suppose, dit-elle sans savoir par où commencer malgré toutes les fois où elle avait imaginé cette discussion.
Fermant un instant les yeux, elle ne put que repenser à ce qu'il s'était passé. C'était il y a trois mois mais c'était parfois comme si elle y était encore.
Elle se revoyait dans les couloirs menant aux cachots de Poudlard. Elle était énervée car l'école primaire avait appelé… Severus avait encore oublié d'aller récupérer Alexandre ! C'était la seconde fois déjà en moins deux mois. Elle avait demandé à ses parents d'aller récupérer leur petit fils pendant qu'elle allait, de son côté, chercher le père de celui-ci.
Furibonde, elle avait pris la cheminette jusqu'au bureau de son compagnon qui n'y était pas et, d'un pas décidé, s'était dirigée vers sa salle de classe. Il était encore avec sa satanée stagiaire en maîtrise, elle le savait, mais ce à quoi elle ne s'était pas attendue, c'était de voir Severus et cette pimbeche de 21 ans à peine en train de s'embrasser dans le laboratoire.
Tout son monde s'était écroulé à ce moment-là. Elle se souvint d'avoir eu l'impression de tomber dans un gouffre alors que la salope attrapait son sac avant de prendre la fuite en courant. Severus quant à lui s'était approché d'elle en lui affirmant que « ce n'était pas ce qu'elle imaginait ! ». Il lui avait bafouillé des excuses à la noix, comme quoi c'était elle qui s'était jetée sur lui, mais il n'avait pas eu l'air de la repousser avec tant de vigueur que ça.
Juste après cela, Hermione était devenue une sorte de furie, elle devait le reconnaître. La tristesse, la déception et la jalousie avaient alors majoré sa colère déjà bien présente et elle s'était mise à hurler sur Severus qui de son côté, essayait de la prendre dans ses bras pour la calmer.
- CA FAIT DES MOIS QUE TU NE ME TOUCHES PLUS, JE COMPRENDS MIEUX POURQUOI ESPÈCE DE SALE PORC !
- Hermione calme toi je ne te trompe pas avec Sheila, je…
- C'EST 'SHEILA' MAINTENANT EN PLUS !
- Ne crie pas comme ça, c'est juste que son nom est trop compliqué à prononcer, je ne suis pas en train de fricoter avec elle ! Ma reine, sérieusement, écoute-moi, je t'assure que je ne te trompe pas, je n'ai juste pas fait attention à l'heure, je suis désolé.
- TU AURAIS FAIT ATTENTION À L'HEURE SI TA LANGUE N'AVAIT PAS ÉTÉ DANS SA BOUCHE !
- Hein ? Quoi ? Mais, je n'ai pas mis ma… mais bon sang, Hermione, tu dois m'écouter, supplia-t-il en la serrant contre lui.
Elle s'était alors agitée et débattue de toute ses forces pour qu'il la lâche, lui crachant au visage diverses insultes pendant qu'il se justifiait en expliquant que sa stagiaire était une 'pauvre fille perdue et angoissée par ses études'. Parce qu'embrasser son maître de stage allait lui permettre de valider ses examens peut-être ?
Sentant sa voix dérailler, Hermione avait fini par cesser de hurler sans pour autant être moins mordante dans ses propos. Cela faisait des semaines, des mois même, qu'il passait le plus clair de son temps avec cette jeunette, ici à Poudlard, pendant qu'elle trimait au ministère dans l'optique de faire encore évoluer son service et son statut au sein du gouvernement sorcier, sans pour autant omettre de passer du temps avec son fils contrairement à Severus :
- Je me fous de tes explications de cinquantenaire en crise ! Tu es finalement comme tous les hommes, un sale type qui a besoin de se prendre une bimbo de plus en plus jeune avec le temps ? Ce sera quoi la prochaine étape ? Une camarade de classe de ton fils ?
Ce fut clairement la réflexion de trop… Severus qui était resté calme jusque-là avait relâché la lionne avant de se mettre dans une posture plus ferme et inquiétante. Il s'était alors avancé vers Hermione qui, prise d'un mouvement de recul lié à une peur incontrôlable, se retrouva dos au mur de façon littéral. Il s'était alors redressé de toute sa hauteur face à elle et, d'une voix aussi tranchante que glaciale, siffla entre ses dents :
- La prochaine étape consistera clairement à ne pas choisir une sale sang de bourbe imbue de sa personne, opportuniste et plus ambitieuse que Serpentard lui-même, capable d'utiliser un enfant pour insulter et même carrément piéger un homme qui n'en voulait pas !
La réplique était dite, le mal était fait et la réponse d'Hermione fut tout aussi douloureuse que les mots qu'il venait d'employer. Severus se prit un coup de poing en plein visage, lui cassant audiblement le nez au passage. Alors qu'il prenait son membre fracturé et ensanglanté en main en grognant de douleur, Hermione était partie en courant de la pièce, des larmes silencieuses perlant sur ses joues avec la même abondance que le liquide rouge sur le menton du maître des potions.
La dispute n'avait pas eu de tel précédent... et elle semblait avoir scellé la possibilité d'en avoir d'autres. Enfin, jusqu'à aujourd'hui peut-être, Hermione n'était plus vraiment certaine de ce qu'elle devait lui dire. Enfin, quoi que, il se montrait jaloux, c'était bien qu'il tenait à elle.
Le regardant de nouveau, elle inspira, bien décidée à lui laisser une nouvelle chance. Severus lui manquait de toute façon beaucoup trop, même s'il avait quand-même embrassé une autre femme et qu'il l'avait insultée de la pire des façons :
- J'ai beaucoup réfléchi ces dernières semaines tu sais. J'ai pris quelques jours de congés, mes parents m'ont beaucoup aidée aussi. J'ai repensé en boucle à ce que j'ai vu et à ce que tu m'as dit aussi. C'était douloureux… vraiment.
- Je sais ce que j'ai dit Hermione, mais je t'ai présenté mes excuses des centaines de fois déjà, fit-il remarquer.
Il l'avait en effet fait à de très nombreuses reprises, mais la jeune femme était encore blessée au fond d'elle-même, elle devait bien se l'avouer. Néanmoins, elle l'aimait tellement, plus que tout, à l'exception peut-être d'Alexandre, et elle se savait capable de lui pardonner pleinement… avec du temps. Un air bien sérieux sur le visage, Severus lui demanda doucement :
- As-tu fini par les accepter ?
- Non, répondit-elle franchement, pas enc…
- J'aurais dû m'en douter ! la coupa-t-il brusquement.
Hermione resta la bouche ouverte, perdue et choquée par le ton mauvais qu'il venait d'utiliser si abruptement, le même que la dernière fois. Mais le pire fut à venir :
- Vous les femmes vous êtes toutes les mêmes ! Vous n'acceptez jamais nos excuses, quand bien même elles sont sincères. Non, vous préférez de loin ruminer et attendre… attendre quoi d'ailleurs ? La mort visiblement, répondit-il à lui-même avec condescendance.
- Pardon ?
- Rien, souffla t'il avant de tourner les talons, il semblerait que tu ne saches simplement pas ce que veut dire le mot pardonner.
Hermione était totalement perdue face à ce que venait de lui dire Severus, mais il ne prit pas la peine de continuer la discussion. Il semblait énervé et le Prince serviable et penaud venait de laisser place à la terreur des cachots de Poudlard du temps où elle était élève. Il ne lui manquait que sa robe de sorcier pour tourbillonner dans son dos, mais l'effet restait tout de même impressionnant et la lionne resta coi.
Elle le vit se sécher rapidement d'un coup de baguette avant de disparaître en direction de l'entrée. Ainsi donc avaient-ils réussi à se disputer une fois de plus… sans qu'elle n'arrive à comprendre pleinement le motif cette fois-ci.
Après un moment, elle ne savait même pas combien de temps exactement, elle reprit la marche d'un pas lent jusqu'au perron. Hermione repensait avec perplexité à ce qu'il venait de se passer.
Pourquoi s'était-il énervé de la sorte ? Elle avait pourtant été sur le point de lui dire à quel point il lui manquait et combien elle l'aimait. Elle avait mis du temps à se remettre du choc et de son énervement, mais elle avait accumulé tellement de stress au travail qu'elle ne s'était pas rendue compte qu'elle était incapable de réfléchir convenablement. Maintenant elle se sentait mieux et surtout, elle ne voulait pas le perdre, c'était sa seule certitude.
Repassant en boucle la dernière réplique cinglante de celui-ci, elle cherchait à comprendre ce qu'il avait voulu dire. C'était quoi cette réflexion stupide ? Depuis quand faisait-elle partie du groupe des 'femmes' en général ? Était-ce parce qu'elle avait elle-même fait une généralité la dernière fois, à Poudlard, en parlant des cinquantenaires ?
Une fois dans l'entrée, Hermione fut accueillie par Ann, une fois de plus. La gouvernante récupéra sa veste mais avant de la laisser retourner dans la salle de réception, elle demanda à la lionne :
- Est-ce que vous allez bien ?
- Heu oui, pourquoi ? dit-elle en reprenant pied dans la réalité.
- Vous semblez un peu pâle, vous voulez que je vous accompagne dans votre chambre ? Nous les avons déjà toutes préparées.
- Heu non, ça ira, merci Ann. Je vais retourner avec les autres, c'est très gentil.
La jeune femme sourit alors à la gouvernante et regarda le portrait de Severus qui était de retour dans son cadre. Ce dernier était somnolent, mais il semblait faire semblant…
« Même en peinture il ne veut plus me voir du tout ! » se dit-elle alors en se dirigeant vers la salle de bal.
Elle aurait peut-être dû accepter d'aller se reposer, elle en avait besoin vu le mal de tête qui la menaçait, mais c'était le mariage de sa meilleure amie et elle était sa témoin. Hermione savait que les chambres avaient été préparées pour accueillir les invités, mais surtout pour permettre le bizutage des jeunes mariés le lendemain, avec le fameux 'pot de chambre' à la française.
Inspirant profondément elle entra et regarda dans la pièce à la recherche de Severus. Céphalées ou non, elle devait lui parler et tirer au clair ce qu'elle avait fait de mal. Elle le trouva rapidement, il était en train de parler avec Albus, assit à sa table.
Dumbledore souriait en écoutant Severus qui semblait s'être détendu de nouveau. Peut-être était-ce lié au verre qu'il tenait dans la main. Il avait commencé à boire de l'alcool de temps en temps, depuis la réception qu'il avait dû organiser des années auparavant, mais ce n'était un secret pour personne et il n'en abusait jamais. Ses parents s'étaient inquiétés au départ, et Cléo aussi, mais Severus avait bien prouvé qu'il savait se tenir.
Hermione ne l'en avait donc jamais empêché, beaucoup de monde buvait un verre ou deux sans avoir de problèmes pour autant après tout. Cette fois ci néanmoins, ce verre la dérangeait sans savoir vraiment pourquoi.
- Hermione, tu as deux minutes ?
Se tournant vers la personne qui l'avait interpellée, la jeune femme se força à sourire :
- J'ai même toute la nuit pour toi Cléo, pourquoi ?
- Eh bien, tu es sortie et… Severus est revenu un peu avant toi et du coup… je voulais savoir si ça va.
La jeune mariée semblait plus inquiète que ce que sa voix montrait.
- Je vais bien, ne t'en fait pas, répondit-elle simplement.
- Vous ne vous êtes pas remis ensemble ? s'étonna Cléo.
- Eh bien… je… enfin nous… bafouilla Hermione qui ne s'attendait pas à cette question.
- Oh… j'en déduis que non…
- Non, enfin, c'est encore un peu compliqué mais ça va aller.
Cléo prit Hermione dans ses bras et la serra fort contre elle :
- J'espère que tu lui pardonneras Hermione… il t'aime tu sais ! Plus que tu ne peux l'imaginer.
La lionne aurait aimé lui dire qu'elle l'aimait aussi et qu'elle s'en voulait de ne pas lui avoir pardonné encore entièrement, mais cela lui rappela le discours bien trop frais de Severus.
Quand le câlin fut terminé, Cléo regarda ce dernier qui parlait toujours à Albus. Il était clair qu'elle adorait son grand-frère et qu'elle voulait son bonheur, même si Hermione ne comprit pas vraiment l'ampleur de la tristesse de la jeune mariée.
Perplexe, la lionne regarda à son tour Severus qui s'était apparemment rempli un autre verre et qui débattait avec Dumbledore sur un sujet important. Il cessa néanmoins son discours et releva la tête, surpris, dès que les premières notes d'une nouvelle chanson se firent entendre.
Hermione reconnut sans peine la musique d'un film que ses parents avaient souvent regardé avec elle : 'Grease'. Il lui fallut quelques secondes de plus pour se souvenir du titre 'Summer nights'.
Reportant son attention sur le sorcier, elle fut surprise de le voir se lever alors que Maggie s'approchait de lui en tendant la main. Allait-il vraiment danser ? Visiblement oui, car il termina son verre d'une traite et suivi Rubis sur la piste de danse après s'être excusé auprès de son mentor.
- Je suis désolée Cléo, j'ai pris l'initiative de demander une chanson au groupe, dit alors Christian qui venait d'arriver derrière elles.
- Par Mélusine, c'est donc toi qui as réussi à décider Severus à se lever ? s'amusa la française.
- J'en avais marre qu'il refuse mes avances, ricana le guérisseur qui semblait avoir déjà quelques verres dans le sang tout en restant pourtant assez maître de lui-même. Il fallait donc que je sorte l'artillerie lourde ! Je me demande encore si son amour pour ce film est dû à Newton-John ou aux musiques !
- Je ne savais pas qu'il aimait ce film, marmonna Hermione pour elle-même.
- En tout cas tu t'es fait piquer la place, déplora Cléo en montrant à Christian que Severus dansait avec Rubis.
- Maintenant qu'il est debout, je compte bien avoir droit à ma danse !
Et ce fut en riant qu'il se dirigea vers la piste. Cléo souriait mais pas Hermione. Non, elle eut plutôt l'impression désagréable d'être jalouse de Chris et Maggie… c'était pourtant ridicule, elle le savait, mais c'était à elle de danser avec Severus non ?
- Je dois aller me préparer pour le lancer de bouquet, dit finalement Cléo avec de nouveau le même regard triste qu'avant l'intervention de Chris. Tu danseras avec moi après ?
- Oui, avec plaisir, répondit Hermione qui ne regardait cependant que son sorcier.
Christian avait réussi son plan, il avait convaincu Severus de danser avec lui sur l'air suivant. C'était un spectacle à la fois étrange et amusant de voir le Lord Prince bouger en rythme sur 'les démons de minuit'. À bien y regarder, il ne faisait d'ailleurs pas que danser, il chantait sur le refrain, en cœur avec Christian et les autres invités.
Le bouquet fut attrapé par Alice, ce qui valut à Ron plusieurs boutades de la part de ses amis, dont celle de Harry qui en lui tapotant l'épaule lui avait sorti un 'toutes nos condoléances mon pote' avant d'exploser de rire face à la mine agacée de sa propre épouse.
Severus quant à lui n'avait pas pipé mots, il n'avait même pas daigné aller parler à sa filleule. Il semblait ailleurs, bien loin de sa bonne humeur quand il criait que les démons de minuit l'emmenaient au bout de la nuit.
Plusieurs invités commençaient déjà à aller se coucher quand Hermione, fatiguée de jouer au jeu du flaireur et de la chauve-souris avec Severus qui la fuyait clairement, alla dire à Cléo qu'elle allait dormir. La française lui fit un énième câlin, la remercia d'avoir été une témoin en or avant de la laisser.
Ses pas la menèrent dans sa chambre avec une certaine lassitude. Elle ne rêvait que d'une chose, être sous son drap et fermer les yeux. Néanmoins, elle passa d'abord dans la salle de bain, se brossa les dents et détacha ses cheveux avant de les secouer légèrement pour leur rendre leur totale liberté. Passant ensuite sa main dans son dos, Hermione chercha désespérément la fermeture éclair de sa robe, en vain.
- Aurais-tu oublié que tu es une sorcière ? se moqua alors la voix grave qu'elle connaissait si bien.
Se tournant vers lui, elle qui avait réussi à ne pas sursauter dans un premier temps retint de justesse une exclamation de stupeur en le constatant si proche d'elle :
- Ne vaut-il pas mieux utiliser ses dix doigts plutôt que des incantations idiotes quand on peut l'éviter ? se défendit-elle pour reprendre contenance.
Il souffla par le nez dans un rire ironique mais discret. Hermione : 1, Severus : 0 !
Au lieu de répliquer quoi que ce soit, il passa lentement derrière elle sans qu'elle n'ose bouger. Que faisait-il ici ? N'était-il pas en train de lui faire la tête normalement ? Lui qui lui en voulait parce qu'elle était comme toutes les femmes.
Elle le sentit regrouper doucement ses cheveux et les lui passer sur l'épaule, non sans caresser au passage sa nuque, peut-être sans le vouloir. Hermione ferma les yeux à ce contact, et alors que Severus ouvrait la fermeture éclair de sa robe, elle se mit à espérer que les mains du sorcier lui touchent le dos… mais il ne le fit pas.
- Tu peux me dire pourquoi tu es dans ma chambre ? demanda-t-il simplement en se tournant vers le lavabo comme si de rien n'était.
- Comment ça, 'ta' chambre ? s'indigna la lionne qui pivota pour le voir attraper sa brosse à dent à lui.
Ce fut à ce moment-là qu'elle comprit, en voyant les deux brosses à dents… elle n'avait même pas fait attention à ce détail qui lui avait paru si banal pendant plus de sept ans. Ce n'était pas sa chambre, c'était la leur… mais c'était plus celle de Severus que la sienne, il avait raison.
- Je… je vais… aller dans la chambre d'à côté… marmonna-t-elle alors, vaincue.
- Parce que tu sais quelle chambre est encore libre ? se moqua-t-il après avoir recraché le dentifrice.
- Non, avoua-t-elle en se refrognant légèrement. Mais je trouverai !
- Tu risquerais de réveiller des gens qui dorment déjà, souligna-t-il en essuyant ses fines lèvres.
- Et que suggères-tu alors ?
- Il y a un canapé ici, fit-il remarquer en sortant de la salle de bain.
Hermione était agacée mais ne dit rien. Il allait vraiment la laisser dormir sur un canapé ? Elle préférait encore réveiller tous les dormeurs du manoir. Elle allait sortir à son tour de la salle d'eau mais sa robe glissa légèrement et elle soupira en se rappelant qu'elle était ouverte. La retirant alors, la lionne se tourna pour prendre le pyjama qu'elle avait préparé, en le prenant directement dans l'armoire de la chambre, et stoppa son geste. Il n'y avait plus que la chemise, Severus avait pris le pantalon.
Quand elle sortit enfin, en simple haut de pyjama, elle vit Severus qui portait en effet l'autre partie, allongé sur le canapé. Il avait pris un oreiller et tournait le dos à la porte. Sans rien dire, elle attrapa le plaid qui servait à décorer le lit et le couvrit avec. Il se contenta de grogner en guise de remerciements et elle éteignit la lumière avant de se mettre au lit. Au moins, il était dans la même pièce qu'elle, même si c'était moins agréable qu'elle ne se l'était imaginée à la base.
Tournant dans le lit pendant une période indéterminée, la jeune femme ressassait une nouvelle fois tous ce qui c'était passé. Du baiser entre Severus et sa stagiaire, leur 'break', en passant bien entendu par leurs disputes et son retour chez ses parents. Il avait envoyé tant de fleurs, s'était excusé tant de fois sans qu'elle n'arrive à passer outre les insultes et les insinuations qu'il lui avait lancées concernant leur fils…
Mais elle l'aimait, et après avoir réussi à lever le pied au travail et à s'occuper un peu d'elle, grâce à ses parents qui étaient au petit soin pour leur fille, Hermione avait réussi à faire le point. Il était probable que ce soit la stagiaire qui l'eut embrassé vu la position peu ergonomique de Severus qui semblait coincé par son bureau dans son dos… et puis, a bien y réfléchir, n'avait-il pas les yeux grands ouverts ? Quand il l'embrassait elle, il fermait toujours les yeux et il la serrait contre lui ! Bien sûr, elle lui en voulait quand-même encore un peu… mais c'était normal non ? Sans dire qu'il l'avait trompée, il avait tout de même délaissé sa compagne depuis quelques temps. Depuis quand n'avaient-ils pas fait l'amour avant cet incident ? Plusieurs mois, Hermione en était certaine. Et même sans ça, il l'avait insultée avec violence et avait osé dire qu'elle l'avait piégé en tombant enceinte !
Mais alors pourquoi avait-il été si énervé quand elle avait seulement voulu lui expliquer ce qu'elle ressentait ? De plus, elle n'était pas comme 'toutes les femmes' ! Non mais franchement, c'était stupide. Retenant un soupir exaspéré, Hermione se promit de ne pas attendre d'être 'mourante' pour le lui rappeler. Sérieusement, c'était étrange d'avoir dit ça non ?
À moins que… à moins qu'il n'eut fait allusion à Lily !
Se redressant brusquement dans le lit, elle observa le canapé et chuchota :
- Severus… Severus tu dors ?
Elle n'eut pas de réponse. Bien entendu qu'il dormait, ça devait faire plus d'une heure qu'elle tournait en rond. Pourquoi n'avait-elle pas compris plus tôt ce qui l'avait blessée dans ses paroles ? Elle était si stupide quand elle s'y mettait, bien loin de la 'miss-je-sais-tout' qu'elle était censée être.
Enfin, tout n'était pas perdu, il était là, à côté, elle allait pouvoir lui parler dans la matinée ! Oui, elle le ferait et il comprendrait, il l'aimait après tout. Se rallongeant alors, elle ferma les yeux et chuchota de nouveau, plus pour elle que pour lui :
- Je t'aime Severus…
Le lendemain matin, ce fut Ann qui la réveilla avec bonne humeur :
- Miss Granger, il est 9h et les autres invités se préparent pour le 'pot-de-chambre'.
Se frottant les yeux, la lionne se réveilla difficilement. Quatre heures de sommeil, ce n'était vraiment pas suffisant. Se levant, elle remarqua que Severus n'était plus là et l'oreiller et le plaid avaient retrouvé leur place d'origine.
Le temps de s'habiller, Ann avait déjà refait le lit et était partie réveiller les derniers invités. Hermione s'étira et se dépêcha de rejoindre les irréductibles fêtards qui avaient décidé de participer à cette tradition typiquement française.
Dans la cuisine, les amies de Cléo, Christian, Rubis, Alice, Harry et Ron étaient en train de rire pendant que Severus vidait une bouteille de champagne dans un pot de chambre en céramique déjà remplie avec un liquide louche. Vu les bouteilles déjà vides, il s'agissait clairement des fonds de whisky, de rhum et de gin de la veille. Dans ce mélange improbable flottait aussi des morceaux de bananes enrobés de chocolat que Remus s'appliquait à préparer.
Hermione se sentit légèrement nauséeuse mais se contenta de sourire et de saluer les plus lève-tôt :
- Tu comptes vraiment rajouter ça ? demanda Maze à Severus qui attrapait une dernière bouteille de vodka quasiment vide.
- Vous m'avez dit 'tous les fonds de bouteilles', fit-il remarquer en renversant le contenu dans le pot. Et tu t'en fous, ce n'est pas toi qui vas le boire !
- Avoue que tu jubiles à l'idée que Sirius va devoir boire et manger… ça ! dit alors Harry avec amusement et dégoût mélangés dans la voix.
- C'est le prix à payer pour avoir le droit de rester avec ma sœur !
Hermione sourit amusée alors que les autres riaient. Une fois la mixture prête et les derniers invités arrivés, Ron demanda :
- Où vous croyez qu'ils sont cachés du coup ?
- Dans une des chambres, proposa Ginny.
- Non, ce serait trop évident ! fit Remus en réfléchissant.
- Ils auraient pu aller dormir dans la bibliothèque, dit Harry.
- Black dans une bibliothèque ? demandèrent Severus et Maze d'une même voix.
Le maître des potions et la professeure de Rune se regardèrent avant de rajouter en même temps une fois de plus :
- Chips !...
- Par Mélusine mais vous avez quel âge ? soupira Alice en secouant la tête.
Hermione se garda bien de faire une réflexion, mais elle préférait finalement quand la collègue de Severus le frappait plutôt que quand ils semblaient complices. Finalement, elle intervint dans la conversation pour changer de sujet :
- Ils sont peut-être allés dans la serre, dehors…
Severus la regarda et bien qu'elle s'attendit à se voir rembarrée, il haussa les épaules :
- Possible, c'est chauffé et Raphaël y a passé plus de temps que d'habitude hier. Il a sûrement pris le temps de fabriquer une chambre de fortune parmi les fleurs.
Fière d'elle, la jeune femme sourit. Il avait validé son idée et c'était agréable. Une mission 'à la recherche des mariés' fut donc lancée et tout le monde se dirigea vers les serres. Enfin, presque tous, car Severus resta dans la cuisine et Hermione le remarqua. Restant dans l'encadrement de la porte, elle le regarda :
- Tu ne viens pas ?
- Je ne suis pas certain de vouloir voir ma sœur en petite tenue dans le même lit que Black, ironisa-t-il en soufflant par le nez d'un air dédaigneux.
- Elle se doute bien qu'on va arriver, je suis certaine qu'elle sera habillée !
- Je ne tiens pas à prendre ce risque, mais tu peux y aller si tu ne veux rien rater.
- Sans toi ce ne sera pas amusant…
Elle le pensait sincèrement et le regarda droit dans les yeux. Il hésita et finit par soupirer :
- S'ils sont en train de faire ce que je pense, je te préviens, je fais de ma sœur une veuve !
- Tu rentreras en dernier au pire, et je pourrais te boucher les yeux, plaisanta Hermione en souriant. Mais tu ne peux clairement pas te permettre de rater la tête de Sirius qui devra boire ton cocktail !
Il eut un sourire amusé et se dirigea vers la porte d'où Hermione n'avait pas bougé. Severus lui fit signe d'avancer devant et il la suivit ensuite. Ils rattrapèrent rapidement les autres et s'en suivit une tradition amusante jusqu'au bout. Cléo et Sirius étaient tous deux en pyjama et le nouveau marié faillit vomir en avalant un de morceau de banane flottant. Severus semblait ravi.
Tout le monde rentra ensuite pour un petit déjeuner royal dans le manoir. Les invités avaient décuvé mais ils avaient tous grandement besoin de caféine, Hermione y compris. Severus qui était assis à côté d'elle l'observa un instant et marmonna comme s'il était légèrement exaspéré :
- Tu veux que je t'apporte du lait chaud pour ton café ?
- Non, ça va aller comme ça, merci.
Hermione lui sourit. Il savait qu'elle préférait le lait chaud plutôt qu'à température ambiante pour son café et il prenait encore soin d'elle malgré leurs disputes. La journée commença bien mieux qu'elle ne s'était terminée la veille et la lionne sut que la conversation qu'elle avait prévue d'avoir allait bien se passer. Il suffisait pour ça d'attendre le bon moment, quand ils auraient l'occasion de se retrouver un peu seul.
Ce moment semblait vouloir arriver plus tôt que prévu. Severus qui ne mangeait quasiment jamais rien au petit déjeuner traînait à table. Hermione, elle, prenait toujours son temps pour ce repas si important de la journée, parfois le seul qu'elle prenait vraiment avant une longue journée de travail. Quoi qu'il en fut, la table se vida progressivement et ne resta bientôt plus que la lionne et le directeur des Serpentard.
- Sev…
- Tu devrais récupérer tes affaires qui sont encore ici et à la maison de l'impasse, dit-il alors plus rapidement qu'elle.
- Mes… affaires ? répéta-t-elle.
- Quand je rentre à la maison, la première chose que je sens, c'est ton odeur, reprit-il en regardant le contenu de sa tasse vide. La première chose que je vois, ce sont tes chaussures, bien trop nombreuses, dans l'entrée. La première chose que j'entends, c'est le silence que tu as laissé derrière toi… je ne veux plus rentrer chez moi avec ton souvenir qui me hante à chaque instant Hermione. J'aimerais donc que tu récupères tout ce qui est à toi, une bonne fois pour toute.
Hermione resta bouche bée et sentit son cœur rater un battement. Était-il réellement en train de la virer de leur maison ?
- Ça fait trois mois que tu m'as quitté et j'ai gardé espoir tout ce temps pour rien, je l'ai bien compris maintenant. Je ne veux plus vivre dans l'attente de voir revenir un fantôme dans ma vie…
- Severus, attends, tu ne comprends pas, je…
- Severus, une personne vous demande à l'entrée ?
Hermione voulu hurler sur Jack qui venait de l'interrompre dans un moment bien trop important. Severus n'avait plus à attendre, elle était déjà là après tout, et elle n'était pas un satané spectre !
- Qui me demande ? questionna Severus qui se leva, surpris.
- Une certaine Taylers, dit le domestique qui semblait incertain, c'est une maîtresse en potion visiblement.
- C'est qui ça ? Je ne connais pas de maîtresse Taylers, répondit Severus en réfléchissant.
- Ha ouais c'est vrai, c'est Travers, corrigea finalement Jack en regardant ailleurs comme si on venait de lui donner la réponse.
- Je ne vois pas qui…
Severus ne finit pas sa phrase et Hermione sut très bien pourquoi. Ils connaissaient ce nom… ainsi que la voix qui retentit depuis la porte donnant dans la salle à manger ! La même voix que dans les vidéos de la jeunesse de Severus que la lionne avait déjà vues :
- Bonjour mon beau Prince de sang mêlé, ça fait longtemps…
OoOoOoOoOoOoOoO
Note:
Merci pour votre lecture, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensée.
A bientôt.
Commentaires de Maze :
il riait… (ha c'est une sorte de saut à l'élastique) Ca y ressemble oui mdr
Elle avait mis du temps à se faire à la coupe courte (oh j'aimerais bien voir Sevy avec une coupe courte en vrai, il doit être vraiment craquant) Comme dans piége de cristal LOVE
se contentant de la porter tout en se dirigeant vers le manoir (on dirait une scène de « gone with the winds ») C'est un beau compliment ! mais c'est dans beaucoup de film en vrai mdr (oui je suis kitch et alors ?)
Surtout si ça avait été Charly Weasley ? (Il est jalouxxxxxxxxxxxxxxxxxx, en plus j'avoue Charly est pas mal, enfin dans les fanfic que j'ai lu car le film l'a complètement zappé le pauvre) Charlyyyyy
c'était de voir Severus et cette pimbeche (ça va elle est polie, un petit « salope » n'aurait pas été de trop : p ) XD Le troisième œil !
alors que la salope (ha je me disais) XD XD XD
mais il n'avait pas eu l'air de la repousser avec tant de vigueur que ça. (mdr la fameuse lâcheté des hommes qui rejette toujours la faute sur la femme, mais c'est que 50kg face à 80kg c'est forcément de la faute de la femme voyons !) Mais heu ! mdr
cinquantenaire en crise (les démons de minuit) ! XD troisième œil again XD (je connaissais pas cette expression mdr)
Une camarade de classe de ton fils ? (ha oué elle a une sacré repartie la Hermione, on est censé avoir de la peine mais je rigole un max) Ca pique, mais bon…
même carrément piéger un homme qui n'en voulait pas ! (heu la c'est un coup bas cher sevy, tu vas encore regretter d'avoir dit cela) Là c'est pire mdr
« Même en peinture il ne veut plus me voir du tout ! » se dit-elle alors en se dirigeant vers la salle de bal. (D'où l'expression « ne plus voir en peinture » ahahahahaha) Maze : 1 mdr
'Grease' (beurk) Maze : -1 !
