Bonsoir !

J'espère que vous allez bien et que le dernier chapitre vous a plu.

Comme je ne peux pas leur répondre directement, merci à mes reviewers anonymes : Guest, Pumpkin Spice, TyLee et Drou !

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 04

Quand Hermione avait raconté à Ginny sa mésaventure du couloir du sixième étage en compagnie de Ron, Zabini et Nott, elle avait beaucoup ri. Puis, elle avait taxé Ron d'imbécile.

– Tu sais quoi, Hermione ? Profites-en pour te rapprocher de Nott. On ne sait jamais, il est peut-être fréquentable.

Hermione lui donna un coup d'oreiller et Ginny répliqua en lui lançant un Chocogrenouille à la figure. Comme elle se baissa au dernier moment, la friandise atterrit sur Pattenrond qui dormait sur le tapis. Il feula et courut se réfugier sous le lit.

– Je ne sais pas, Ginny. J'ai essayé d'oublier cette histoire du département des Mystères et j'ai presque réussi.

Presque.

– Et quoi, tu vas te contenter de Ron ? dit Ginny.

– Tu parles de lui comme d'un cloporte, fit remarquer Hermione.

Ginny était allongée sur son lit, pieds contre le baldaquin et tête renversée. Ses cheveux flamboyants retombaient sur le sol comme un feu.

– Écoutes, j'aime Ron, mais vous ne seriez pas heureux ensembles, expliqua Ginny. Crois-moi, je suis consciente des défauts de mon frère, autant que de ses qualités.

Elle s'était redressée et fixait Hermione.

– J'aimerais tellement que tu sois ma sœur, avoua-t-elle en souriant. Mais je préfère être ta meilleure amie et savoir que tu es heureuse. Tu as besoin de quelqu'un qui ne se sent pas inférieur à toi, quelqu'un qui saura te laisser briller sans se sentir entravé. Ron… Il n'a pas confiance en lui.

Ginny se mordit la lèvre avant de continuer.

– J'ai toujours pensé que c'était un peu à cause de Fred et George qui n'ont jamais été très… enfin bon.

Elle soupira.

– Ron a besoin de quelqu'un d'autre, conclut-elle.

Hermione mangea le Chocogrenouille et y découvrit la carte de Merlin. Ginny avait raison, bien sûr mais la brûlure du rejet était encore cuisante. Parvati entra dans le dortoir et sourit en les voyant.

– Salut, les filles, dit-elle en se laissant tomber sur son lit.

– Lavande n'est pas là ?

– Avec Ron, dit Parvati d'un air qui laissait sous-entendre qu'elle les trouvait tout aussi écœurant que tous les autres.

Ils passaient désormais leur temps à s'embrasser, semblant considérer chaque moment où ils se trouvaient à plus de trente centimètres l'un de l'autre comme des instants perdus.

– Quelle plaie, dit Ginny en lançant un Chocogrenouille à Parvati.

– Lavande a un peu peur de toi, Hermione, révéla-t-elle.

– Ah ?

Hermione éprouva un curieux sentiment de satisfaction. Presqu'aussitôt, elle se sentit un peu mal. Elle ne voulait pas ressembler à quelqu'un comme Malefoy qui se délectait de la peur qu'il infligeait aux autres.

– Entre Edgecombe et Ron, elle pense qu'il vaut mieux ne pas trop te chercher.

– Elle a raison, dit Ginny la bouche pleine de chocolat.

– N'exagérons rien, tempéra Hermione. Je n'aime pas être prise pour une idiote, c'est tout.

Contre toute attente, Hermione constata qu'elle appréciait davantage la compagnie de Parvati quand elle n'était pas avec Lavande.


Le double cours de potion du vendredi après-midi se fit dans une ambiance glaciale. Harry était coincé entre Ron et elle et tentait vainement de faire le lien. Pourtant, il semblait que ç'en était fini de leur amitié. D'autant plus que Zabini et Nott semblaient avoir raconté l'histoire d'Hermione se vengeant de Ron à tous leurs camarades.

Maintenant, les Serpentard imitaient le piaillement d'oiseaux à chaque fois qu'ils voyaient Ron.

Pour couronner le tout, leur retenue commune aurait lieu le soir-même, à huit heures, dans la salle des Trophées, en compagnie de Rusard.

Hermione et Ron, qui ne se parlaient pas, laissèrent Harry remonter dans la salle commune en compagnie de Ginny.

– Au revoir, Ron-Ron, minauda Lavande en envoyant un baiser à Ron.

– Et ben, Weasley, ricana Zabini. Un vrai tombeur.

Ron conseilla à Zabini de faire quelque chose qu'il n'aurait surement pas dit devant Mrs Weasley.

– Charmant, Weasley. On t'a bien éduqué à ce que je vois.

Hermione soupira longuement et enfouie son visage dans ses mains en songeant que la soirée serait extrêmement longue.

– Saleté de gamins, grommela Rusard en arrivant de son pas claudiquant.

Ils durent astiquer tous les trophées. Ils firent ça en silence pendant deux heures environ, puis Rusard s'assoupit sur la chaise qu'il avait installé dans un coin pour les surveiller.

– James Potter, dit Zabini. Un rapport avec Harry Potter ?

Hermione se retourna vers lui. Il était de l'autre côté de la pièce et tenait entre ses mains l'écusson au nom du père de Harry. Comme Ron restait silencieux dans son coin, Hermione répondit :

– James était son père.

Zabini eut le bon goût de continuer à astiquer sans rien ajouter. Hermione étouffa un bâillement et étira les muscles endoloris de son dos.

– Avec qui tu vas à la soirée de Slughorn ? demanda alors Nott à voix basse à Zabini.

Hermione tendit l'oreille malgré elle.

– Daphné, je pense. Faudrait peut-être que je lui demande, ajouta-t-il pour lui-même.

– Ce serait bien de la mettre au courant, ironisa Nott.

– Et toi ?

Nott haussa les épaules et murmura quelque chose qui ressemblait à « pas la moindre idée ». Puis, de concert, ils se tournèrent vers Hermione qui fit semblant de s'absorber dans la contemplation d'un trophée pour Service rendu à l'école au nom de… Tom E. Jesudor.

Elle le reposa précipitamment.

– Granger ? appela Nott.

– Hum ?

– Avec qui tu vas à la soirée de Slughorn ?

Hermione tourna la tête vers lui. Une lueur de malice brillait dans les yeux de Zabini tandis que Nott semblait plus ennuyé qu'autre chose.

– McLaggen, dit-elle sans réfléchir.

Pour le coup, ils parurent surpris.

– McLaggen ? répéta Zabini.

– J'aime les bons joueurs de Quidditch, lâcha-t-elle avec mesquinerie.

Zabini et Nott jetèrent un œil à Ron qui disparaissait presque derrière une colonne.

– McLaggen est un imbécile, dit pourtant Nott. Et pas le dernier en plus de ça.

– Comme dirait le professeur McGonagall, si je devais faire l'impasse sur tous les imbéciles du monde, je finirais quasiment seule, répliqua-t-elle.

Ils ne répondirent rien mais échangèrent un coup d'œil goguenard. Hermione avait la sensation de marcher sur des œufs entre Ron et les Serpentard mais pour une fois ils n'étaient pas moqueurs, juste… disons un peu taquins.

Une demi-heure passa dans un silence seulement troublé par les ronflements de Rusard sur sa chaise. Hermione entendit du bruit derrière elle, près de la porte, mais ne se retourna pas, absorbé par un écusson au nom de Minerva McGonagall.

– Je suis surprise que tu n'aie pas de trophée à ton nom, Granger, dit Zabini au bout d'un moment. Après tes exploits au ministère de la Magie.

Hermione releva la tête vers Zabini. Que cherchait-il en lançant des remarques de ce genre ? Elle nota alors que Ron avait disparu.

– Weasley a filé, dit Nott avec un mouvement de menton vers la porte.

Ceci expliquait non seulement le bruit qu'elle avait entendu près de la porte mais aussi le fait que Zabini aborde un tel sujet.

– Que veux-tu que je te dise ? dit Hermione en reposant l'écusson de McGonagall. Ce qu'il s'est passé au ministère n'a rien à voir avec l'école donc il n'y a aucune raison qu'on nous donne quoi que ce soit. Et vu que nous avons failli tous y passer, il n'y a pas de quoi être fier même si le ministère reconnaît enfin la présence de Voldemort et de son tas d'imbéciles.

Quelqu'un laissa tomber un trophée qui s'écrasa au sol avec un fracas qui se répercuta sur les murs et réveilla Rusard en sursaut.

– Qu'est-ce que c'est ? hurla-t-il.

– C'est rien, marmonna Zabini qui ramassait la coupe.

– Sacrilège ! hurla de nouveau Rusard.

Il fondit sur Zabini comme une chouette sur sa proie et attrapa la précieuse coupe en argent qu'il tint entre ses bras comme un nouveau-né.

– Nettoyez-la ! aboya Rusard. Je veux pouvoir observer mon reflet à l'intérieur.

– Quelle idée, ricana Zabini.

Puis, devant l'air furibond du concierge, il ajouta :

– Weasley est parti.

Rusard scruta alors la pièce à la recherche du quatrième cornichon qui était censée pourtant se trouver là.

– Ne bougez pas, dit-il d'un ton hargneux en franchissant la porte.

Il brandit une lanterne devant lui comme une épée et disparut à l'angle du couloir en marmonnant pour lui-même, ou pour Miss Teigne qui trottait sur ses talons, sur la stupidité des élèves.

– C'est malin, dit Hermione.

– Quoi ? se défendit Zabini. Je nous ai débarrassé de Rusard.

Au détriment de Ron, pensa Hermione.

Puis, elle décréta qu'après tout Ron était entièrement responsable de lui-même. Il avait décidé seul de partir, il en assumerait donc seul les conséquences.

– Bon, dit-elle en sortant sa baguette magique de sa poche.

Les deux Serpentard lui lancèrent un regard étonné car Rusard avait pris leurs baguettes avant le début de la retenue pour qu'ils ne se servent pas de la magie.

– Comment as-tu fait pour la récupérer ? demanda Nott.

– Rusard n'est pas très attentif, se contenta-t-elle de répondre.

Puis, elle leva sa baguette, décrivit un large arc-de-cercle et prononça une formule magique informulée. Aussitôt, chaque trophée et chaque écusson se mit à briller comme si quelqu'un les avait dûment nettoyé pendant des heures.

– Voilà, déclara-t-elle. On n'a plus qu'à attendre le retour de Rusard.

Ils s'installèrent par terre, contre les murs aussi propres que le reste.

– Quelle est la formule que tu as utilisé contre Edgecombe ? demanda soudain Nott en brisant le silence.

Hermione mit un moment à répondre.

– Une formule de mon invention, déclara Hermione. Ça n'était pas contre elle spécifiquement mais en signant pour faire partie de l'armée de Dumbledore je me suis assurée de savoir, en cas de trahison, qui était le responsable.

Elle tourna la tête pour s'apercevoir que les deux Serpentard l'observaient d'un air qui, pour une fois, n'était ni méprisant, ni hautain. Elle y décela même une pointe de frayeur.

– Très… Serpentard comme façon de faire, nota Théodore.

– J'avoue, marmonna Zabini. Et ses pustules partiront quand ?

Hermione savoura sa réponse :

– Aucune idée, je n'ai pas encore inventé le contre-sort.


La retenue se termina à minuit quand Rusard revint les mains vides – il semblait avoir perdu sa lanterne – et de très mauvaise humeur. Il sembla stupéfait de l'état immaculé de la salle et leur ordonna de filer.

Le lendemain, Ron écopa d'une nouvelle retenue par une McGonagall furieuse et Lavande ne cessa de pester. Apparemment, elle considérait que Ron était un rebelle incompris. Hermione considérait plutôt qu'il était un crétin.

Harry, bien qu'il n'en dise rien, semblait plutôt d'accord avec Hermione car il délaissait le couple Ron/Lavande pour passer plus de temps avec Hermione et Ginny.

Le mercredi suivant, ils travaillaient tous les quatre à une table de la bibliothèque, Luna étant arrivée pour terminer ses devoirs avec eux.

– Harry, dit soudainement Ginny, avec qui vas-tu à la soirée de Slughorn ?

Harry releva la tête de son devoir de Métamorphose. Il se prenait tellement la tête sur la question ardue du sortilège de Transfert que ses lunettes étaient de travers.

– Je ne sais pas, dit-il.

Apparemment, il avait complètement oublié la soirée. Ginny soupira et se remit à écrire.

– Avec qui tu y vas toi ? demanda Harry.

– Dean. Et toi, Hermione ?

– Euh…, commença-t-elle. McLaggen ?

Ils la regardèrent d'un air choqué, hormis Luna qui semblait sur le point de sortir une absurdité.

– Quoi ?

– McLaggen ? répéta Harry. Cet idiot ?

– Franchement, Hermione !

– Il y a des Joncheruines autour de ta tête.

Hermione posa sa plume et passa ses mains sur son visage. Dehors, la pluie recouvrait les fenêtres telle un voile de soie grisâtre. On voyait à peine les faibles lueurs de la cabane de Hagrid dans le parc. La bibliothèque était plongée dans un doux silence troublé par le grattement des plumes sur le parchemin, le chuchotis des élèves et le bruit des pages que l'on tourne.

– Luna, les Joncheruines n'existent pas. Quant à McLaggen, c'est… c'est ce qui pouvait énerver le plus Ron.

– Hermione, dit Ginny d'un air si sévère qu'elle ressemblât tout à coup beaucoup à sa mère, Ron est avec cette dinde de Brown. Alors franchement invite qui tu veux mais pas McLaggen. Tu vaux mieux que ça quand même !

– Tu n'as personne d'autre en vue ? interrogea Harry. Dean ? Neville ?

Ginny lui lança un regard qui voulait sans doute dire « Sois sérieux deux minutes ». Puis, elle se tourna vers Hermione en triturant une page de son Manuel de Métamorphose d'occasion.

– Tu pourrais inviter Tu-Sais-Qui, dit-elle avec un sourire en coin.

– Je ne pense pas que le Seigneur des Ténèbres veuille aller à une soirée avec Hermione, dit Luna le plus sérieusement du monde.

Ils se tournèrent brièvement vers elle avant de revenir à leurs conversations.

– C'est une mauvaise idée, intervint Harry. C'est un Serpentard.

– Et alors ? Dumbledore a dit que ça pouvait faire la différence, objecta Ginny.

– Oui, alors ça peut ne rien faire du tout. Voire mettre Hermione en danger. C'est un enfant de M-A-N-G-E-M-O-R-T, Ginny.

– Tu peux dire le mot Mangemort, Harry, soupira Ginny. Ça n'est pas un gros mot.

– Je ne vais pas y aller avec McLaggen, coupa Hermione quand elle vit Harry prêt à répondre. J'irais seule, point.

De mauvaise humeur, elle ouvrit son livre d'étude des Runes et disparut derrière.


Finalement, ce fut le lendemain après-midi qu'Hermione trouva, contre toute-attente, une solution à son épineux problème. Le cour d'étude des Runes était suffisamment ardu pour lui permettre de mettre ses problèmes à distance et les deux heures passèrent à toute vitesse.

La journée touchait à sa fin et le temps toujours pluvieux et médiocre n'améliorait pas l'humeur maussade d'Hermione. Elle rangeait ses affaires en observant les Serpentard devant elle. Malefoy avait perdu de sa superbe. Pâle et amincit, il tenta de parler à Zabini mais celui-ci abrégea rapidement la conversation.

Quand Malefoy partit, Hermione ralentit pour entendre la conversation entre Zabini et Nott.

– … avec qui ? demanda Zabini.

– Je ne sais pas, et toi ?

– Daphné Greengrass, annonça-t-il. Tu devrais te dépêcher la soirée est samedi.

Ils furent interrompu par Hermione qui laissa malencontreusement tomber son épais dictionnaire sous la table.

Elle jura et le ramassa avant de croiser le regard des deux Serpentard. Ils se mirent à chuchoter alors qu'elle bouclait son sac.

– Granger ?

– Oui ?

– Avec qui vas-tu à la soirée de Slughorn ?

– McLaggen, je vous l'ais dit.

Ils la contemplèrent avec les mêmes yeux ronds que si elle avait répondu « Albus Dumbledore ».

– Sérieusement ? dit Nott avec un ricanement méprisant. Ce petit con avenant ? On pensait que tu plaisantais.

Zabini ricana à son tour.

– Autant sortir avec Potter alors, il est moins médiocre que lui.

– En quoi ça vous intéresse vraiment de savoir avec qui je vais à la soirée de Slughorn ? demanda-t-elle en se dirigeant vers la sortie.

Le couloir était pratiquement désert et Hermione se rendit compte qu'ils l'avaient suivi.

– Disons que vu tes exploits on s'était dit que tu irais avec l'Élu ou quelque chose du genre.

– On pensait que tu avais un peu plus de dignité que McLaggen, conclu Nott.

Hermione stoppa sa marche en plein milieu du couloir et se retourna vers les deux Serpentard qui étaient tous les deux bien plus grand qu'elle. Elle pointa son index sur Zabini, une idée germant dans son esprit.

– Toi, tu y vas avec Daphné Greengrass, je me trompe ?

Zabini plissa ses yeux en amandes et grogna un simple « Hum ».

– Et toi tu es seul car les Serpentard ont du mal à se lier aux autres. Greengrass mise à part, il reste Parkinson et j'imagine que tu as suffisamment de dignité pour préférer y aller seul qu'avec elle. Il reste bien sûr sa bande mais on en revient à la question de la dignité.

Hermione savourait ses propres paroles tout en sentant son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Nott avait un air amusé et semblait se mordre la joue pour ne pas rire.

– Je peux demander à Parvati Patil, si tu veux, proposa-t-elle.

– Non !

– Bon, alors je ne peux rien pour toi.

Elle se retourna, fit quelques pas dans le couloir, jusqu'à ce que Nott la hèle de nouveau :

– Tu ne vas quand même pas y aller avec McLaggen ?

– Pourquoi ? Tu veux qu'on y aille ensemble ?

Il sembla surpris et répondit « Oui » d'un ton abrupt.

– Pourquoi j'accepterais d'y aller avec…

Elle s'interrompit et se mordit la lèvre, cherchant bien ses mots.

– Avec ? l'encouragea-t-il.

– Avec quelqu'un traînant avec Malefoy, acheva-t-elle bien que ça ne soit pas l'idée de base. Quelqu'un qui, j'imagine, prononce des mots comme Sang-de-Bourbe et compagnie.

Nott sembla très, mais alors très mal à l'aise, et Zabini se passionna soudainement pour un pan de mur orné d'un tableau représentant une coupe de fruits.

– Je ne traîne pas avec Malefoy, répondit-il d'un ton presque dégouté. Et je te promets de ne jamais dire de mot comme Sang-de… De mots comme ça.

Ils étaient suffisamment près l'un de l'autre pour qu'elle sente son odeur et elle se sentit un peu étrange sans qu'elle sache si elle se faisait des idées à cause de ce qu'elle avait vu au département des Mystères.

– Pourquoi pas, dit-elle finalement sans trop réfléchir au sens de ses paroles.


Quand Hermione s'installa à la table des Gryffondor pour le dîner, elle était mortifiée.

– Mais qu'est-ce que j'ai fait, murmura-t-elle quand Ginny se laissa tomber sur le banc en face d'elle.

– Et qu'est-ce que tu as fait ? demanda-t-elle.

Ginny avait des feuilles vertes coincés dans sa chevelure rousse. Elle sortait sans aucun doute d'un cours particulièrement ardu de Botanique.

– J'ai invité Nott au bal, dit Hermione consternée.

Ginny se figea, prête à engloutir une pomme de terre qui resta suspendue au bout de sa fourchette.

– Tu as… ?

– Oui. Enfin, non. C'est compliqué, soupira Hermione.

Elle se servit du poisson et expliqua à Ginny l'étrange conversation qui avait eu lieu au quatrième étage à la fin du cours d'étude des Runes.

– C'est étrange, dit Ginny. Entre ça et ta retenue, j'ai presque l'impression qu'ils essaient d'être gentils avec toi, mais pourquoi ?

Hermione avait aussi cette sensation mais elle laissa Ginny poursuivre dans ses spéculations.

– Pour se moquer de toi ? Plausible mais je n'en vois aucun intérêt. Pour obtenir des renseignements sur l'Ordre ? Là aussi, c'est plausible mais ils n'ont pas l'air d'être des partisans de Tu-Sais-Qui.

– Je pense précisément que ceux qui n'ont pas l'air d'être des partisans de Tu-Sais-Qui sont les plus dangereux, intervint Hermione avec sagesse.

– Oui mais dans les conversations que tu as surprise, ils confiaient au contraire que ce que faisait Malefoy les mettait mal à l'aise.

– C'est vrai.

– Je continue, dit Ginny en agitant sa fourchette comme un meneur d'orchestre. Et si, au contraire, ils voulaient se rapprocher de l'Ordre pour faire le bien ?

– Ils ne savent pas que j'en fais partie, objecta Hermione.

– Ils savent que tu es la meilleure amie de Harry et Harry est l'élu quoiqu'il en dise.

Hermione hocha lentement la tête et termina son assiette de choux de Bruxelles.

– Ou peut-être que Nott en pince pour toi, dit Ginny. Ça expliquerait ce que tu as vu au département des Mystères.

Cette option restait aux yeux d'Hermione la moins probable.

– Je garderais ma baguette magique sur moi au cas où, déclara-t-elle.

– Moi aussi, dit Ginny. Je demanderais à Harry de faire pareil. A propos, il y va avec Luna.

Drôle de choix, pensa Hermione bien qu'elle ne dise rien à voix haute.


Les jours précédents la soirée de Slughorn, Hermione tenta de se persuader que Nott la laisserait tomber et qu'elle devait s'y préparer. Elle ne pouvait s'ôter de l'esprit qu'il faisait ça pour se moquer d'elle et elle préférait se préparer mentalement à essuyer une humiliation et à y riposter.

Elle réceptionna une ravissante robe rouge bordeaux dans un colis envoyé par ses parents et Harry lui promit de garder sa baguette magique sur lui, au cas où. Ginny, quant à elle, lui jura par tous les dieux que Nott se prendrait son plus beau maléfice de Chauve-Furie s'il respirait un peu trop fort à son goût.

Ron, exclu de ces préparatifs, faisait la tête mais Hermione ne lui accorda aucune attention.

Le samedi matin, un hibou de l'école lui porta un petit mot de Nott :

« Retrouvons-nous au sixième étage à six heures et demie si ça te convient. T. N. »

Hermione fut fébrile tout le samedi. Elle rendit visite à Hagrid, boucla son devoir de Métamorphose et monta très tôt se préparer, laissant Harry et Ron jouer aux échecs.

Elle prit une douche, lissa ses cheveux qu'elle noua en un demi-chignon, avant de finalement les lâcher sur ses épaules. Elle se maquilla avec soin puis enfila sa robe.

Ginny entra dans son dortoir alors qu'elle était plongée dans un numéro de Sorcière Hebdo emprunté à Parvati, cherchant quoi faire de ses longs cheveux bruns. Ginny était ravissante dans sa robe vert émeraude, les cheveux relevés à l'aide d'un peigne qui semblait un peu ancien.

– Un cadeau de tante Muriel, dit-elle. Elle espérait que je le porte à mon mariage ou une bêtise dans ce genre. Attends j'ai une barrette à strass.

Elle sortit de sa poche une ravissante barrette rectangulaire recouverte de strass brillants.

– Un cadeau de Fleur, dit-elle avec un soupir.

Hermione attacha une partie de ses cheveux avec la barrette qui tenait bien et habillait élégamment sa tenue.

– Parfait ! dit Ginny en remettant ses talons hauts. Allons-y sinon on ne va plus rien avoir à manger au buffet…

Hermione enfila une paire d'escarpin en daim rouge assorties à sa robe puis elles descendirent dans la salle commune ou attendaient Dean et Harry. Tous deux étaient très élégants.

Au sixième étage, contre toute attente, Théodore Nott était là. Zabini aussi, accompagné de Daphné Greengrass qui portait une jolie robe de velours vert émeraude.

Ils semblèrent au moins aussi gêné que Harry, Dean, Ginny et Hermione.

– Bon, dit Ginny qui prit les choses en main. On y va sinon on va être en retard.

Daphné serra tellement ses lèvres qu'elles devinrent blanches.

– Elle a l'air constipé, dit Ginny en observant le dos de Greengrass qui marchait plusieurs mètres devant elle.

Harry toussota pour masquer son rire. A côté de lui, Hermione tentait de faire la conversation.

En réalité, elle était silencieuse depuis plusieurs longues minutes, incapable de trouver un sujet de conversation qui ne soit pas la météo.

– Pourquoi tu as voulu venir avec moi à la soirée ? demanda-t-elle finalement.

– Pourquoi pas ?

Hermione se tourna vers lui et vit qu'il souriait.

– Je ne sais pas, avoua-t-il. Je pense qu'on est intelligent tous les deux et qu'on pourrait bien s'entendre, voilà tout.

C'était un peu maigre.

– Et c'est tout ?

– Je te trouve brillante mais oui, c'est tout.

Hermione était un peu déçue mais elle sentait qu'il ne lui dirait pas s'il y avait plus que ça.

Pour l'instant, en tout cas, pensa-t-elle.


Et voilà !

N'hésitez pas à me laisser une review, c'est la seule façon pour moi de savoir si mon récit vous plait.

Bisou et à la semaine prochaine !