Auteur: Dawlly & Setsunafr - 02/08/2022

Genre: Humour / Tragédie

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki

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Bonjour à tous

Voilà quelques temps que je n'ai pas posté, l'écriture était compliquée ces derniers mois.

Lors d'un échange il y a quelques semaines, Dawlly et moi avons eu une petite idée que nous avons développée dans notre première fic à quatre mains, qui fera trois chapitres. Quel meilleur mois que l'Aokaga Month pour vous la proposer ? :D

Quel meilleur jour que celui de l'anniversaire de Kagami pour poster le 1e Chapitre ?

D'ailleurs, joyeux anniversaire Kagami ! Et bonne lecture à tous.

PS : ne manquez pas également les fics de Kuro-Hagi et de Dawlly/Maloriel pour ce mois d'Aout 2022 :D

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Chapitre 1 : Please forgive me

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Étendu de tout son long sur le canapé trois places, Aomine rêvasse. Les mains croisées derrière la tête, les yeux perdus dans le blanc immaculé du plafond, il laisse son cerveau l'emmener quelques années en arrière, lorsqu'il s'est installé dans l'appartement de son homme. Les lieux n'ont pas changé depuis tout ce temps. Leur petit cocon est impeccable. Du haut de ses vingt-cinq ans, Aomine a appris à ranger… un peu… sous la direction inflexible de Kagami. Cela n'a pas toujours été simple. Le ton a souvent monté pour que l'ancien As de la génération miracle daigne faire un petit effort. Mais à force de patience, et surtout de chantage, le tigre est parvenu à dompter sa panthère. Aujourd'hui, en réalisant cette petite introspection sur lui-même, le jeune homme peut dire que la vie de couple lui réussit. Même s'il garde un masque un peu ronchon, notamment en présence de témoins, il a bien conscience d'avoir gagné en sérénité depuis ses cinq ans de vie commune avec Kagami. Alors comme chaque soir lorsqu'il rentre avant son homme, c'est le cœur léger et le sourire aux lèvres qu'il attend son retour et se projette sur une nouvelle soirée de bonheur.

La clé toujours dans sa main tremblante, Kagami hésite à ouvrir la porte de chez lui. C'est bien la première fois depuis que son petit ami a emménagé avec lui, qu'il n'a pas envie de le retrouver. Parfois il n'arrive pas à croire en sa chance de l'avoir près de lui. Mais ce soir, elle va peut-être bien tourner… Il inspire tout l'air qu'il peut pour ouvrir sa cage thoracique bloquée depuis "l'accident" et expire lentement en collant son front au battant de la porte qu'il va devoir franchir. Plus rien ne sera jamais pareil à présent… Est-ce que Daiki pourra encore l'aimer après ça ? Il préfère chasser cette incertitude avant de perdre tout courage et de prendre la fuite. Il doit le lui dire… Faute avouée, à moitié pardonnée pas vrai ? Se rassurant comme il peut à grand renfort de vieux dictons, il insère la clé dans la serrure, et déverrouille la porte.

Le bruit de la porte d'entrée qui se referme sort Aomine de ses réflexions. Son Taïga vient de rentrer. Heureux, il s'étire et, d'un mouvement souple, se lève du canapé. Ils ont pris l'habitude, chaque jour, que celui arrivé en premier dans l'appartement accueille l'autre. Une petite routine qui leur convient et leur permet d'exprimer combien ils se sont manqués pendant la journée. Pourtant, en s'approchant de Kagami, Aomine découvre ses traits tirés. Il lui voit un air contrit qui ne lui ressemble pas. Pour la première fois depuis qu'ils forment un couple, son homme semble éviter son regard.

- "Taïga ?"

- "Hey…" réussi à souffler ce dernier.

- "Quelque chose ne va pas ? Tu as l'air…"

Aomine ne termine pas sa phrase, impuissant à trouver le qualificatif qui correspond à l'expression que lui renvoie son homme.

S'il ne se sentait pas aussi minable en cet instant, Kagami aurait sûrement esquissé un sourire face à l'aptitude qu'a développé son homme à lire en lui si facilement. Quoique, sa culpabilité devait être plus que visible sur son visage, assez évidente pour que même Midorima la perçoive sans mal.

- "Taïga, dis quelque chose, s'il te plait… Que se passe-t-il ?"

Même s'il a conscience de l'inquiétude de son concubin face à son silence, il prend le temps de trouver la réponse adéquate. Il soupire encore en se frottant la nuque et ose enfin le regarder. Son cœur se sert instantanément en pensant à ce qu'il va infliger à celui qu'il aime depuis non moins qu'une petite décennie maintenant.

- "Daïki… vient t'asseoir s'il te plait."

Aomine se sent perdu. Son compagnon semble si sérieux et affecté. Essayant de ne pas imaginer de scénario catastrophe, il décide de suivre son conseil et lui emboîte le pas jusqu'au canapé, mais son cerveau carbure. Le souvenir de cet homme, ce collègue arrivé à la caserne de son Taïga dix jours plus tôt. Un mec carré, sculpté à souhait, aux dents si blanches qu'il pourrait tourner dans cette publicité pour dentifrice, aux côtés de Kise. Aomine n'ose regarder Kagami dans les yeux. Il a peur… peur que celui qui compte tant pour lui, qu'il aime plus que tout au monde, lui annonce que leur relation va s'arrêter ici… qu'il lui préfère ce poseur adepte de la gonflette.

Son homme assit, autant pour amoindrir un peu le contrecoup que pour gagner du temps, Kagami déglutit. Il peut pratiquement voir les rouages de sa panthère s'échauffer sous son crâne et ne sait pas ce qui est pire… ce qu'il imagine se dessiner dans l'esprit de Daïki, ou ce qu'il a vraiment fait. Pour le tirer de son scénario et le ramener à lui, il lui prend les mains et en caresse doucement le dos de ses pouces. Ce simple contact avec sa peau chaude, contrastant la sienne gelée par la crainte, lui donne le courage qu'il faut pour se lancer :

- "Daïki… écoute mon coeur, il y a eu un accident…"

Aomine relève les yeux sur son compagnon, surpris de ce qu'il entend. Il sent les doigts de Kagami glisser sur ses mains en une douce caresse qu'il devine destinée à le rassurer. L'utilisation de "mon coeur…" le soulage. Cela signifie qu'il ne va pas lui apprendre qu'il le quitte. Mais le regard de Kagami n'en est pas moins perturbant. Et cet accident…

- "Un accident… ?" demande-t-il, cherchant à comprendre.

- "Oui… À l'instant en rentrant du boulot…"

La gorge du tigre se noue et le reste de sa phrase se perd dans sa trachée. Et voilà que ses yeux le brûlent à présent. En revoyant la scène et son impuissance. Le dire à voix haute rend la réalité bien plus cruelle encore.

- "Taïga… Je ne comprends pas. Que s'est-il passé ? Tu m'inquiètes, là !

- Je suis pourtant entré comme d'habitude. Pas trop vite. Tu sais comme le garage est étroit pour la voiture ? Tu sais que je suis prudent pas vrai ?" Demande le pompier à toute allure, maintenant pressé de se débarrasser de son fardeau.

- "Heu… Oui, je sais que tu fais attention. Tu es toujours prudent, mais… C'est la voiture, c'est ça ? Tu l'as accrochée en la rentrant dans le garage ?"

Lentement Kagami secoue la tête pour le démentir. Avant de lâcher la bombe qui menace d'exploser entre eux et de tout détruire…

- "Non… Non c'est… C'est Wilson…" murmure t'il en serrant un peu plus les doigts de son homme dans les siens.

- "Que… "

Les yeux d'Aomine s'agrandissent de stupeur. L'appréhension le gagne alors qu'il sent la pression des mains de Kagami plus prononcée sur les siennes.

- "Wilson… ?" interroge-t-il, accrochant le regard de son homme en une question silencieuse.

- "Yeah… I'm sorry honey… Il est… I think he is dead." Avoue enfin l'Américain en passant une main cajolante dans ses cheveux.

Aomine se raidit. Il se défait des mains de Kagami, s'éloignant de lui dans une réaction quasi épidermique. Il se sent mal, son cœur compressé dans un étau douloureux l'empêchant presque de respirer. Dans un mouvement haché, il se lève, une main posée sur la bouche, cherchant dans le vide une réponse à ce déchirement qu'il ressent au plus profond de lui.

Et voilà… c'est ce regard là que Kagami redoutait le plus. Cette douleur infinie dont il est le responsable, et contre laquelle il ne peut rien faire. La vision insoutenable de son homme en détresse l'oblige pourtant à essayer. Il se redresse à son tour et tente de s'approcher de lui pour le prendre dans ses bras. Pour le consoler autant que pour se rassurer. Il a besoin de savoir qu'ils pourront affronter la mort de Wilson ensemble, que Daïki pourra trouver la force de le pardonner un jour. Ça lui crève le cœur de constater qu'il reste pourtant totalement hermétique à ses attentions, certainement encore sous le choc.

Aomine ne pleure pas. Non, les larmes refusent de couler mais la douleur n'en est pas moins brûlante. Il aimerait se calmer mais n'y parvient pas. L'annonce de la mort de Wilson repasse en boucle dans sa tête, comme un écho sans fin. Cherchant son souffle, il se tourne vers Kagami, le visage crispé par la douleur.

- "Wilson…, parvient-il à articuler dans un quasi murmure. Il… il avait tout juste dix ans… Taïga, mais que s'est-il passé ?"

Kagami est assez proche du fauve blessé pour percevoir les larmes qu'il retient et qui font luire ses prunelles où une tempête semble sur le point d'éclater. À ses risques et périls, il s'approche encore et enroule ses bras puissants autour de lui, le colle à son torse dans une étreinte désespérée et vient doucement frotter son dos d'une main. Il le sert un peu plus fort tandis qu'il enfouit son menton sur son épaule. Ce n'était peut-être pas son Wilson mais il avait vécu à ses côtés lui aussi, fabriquant de nombreux bons souvenirs, et il l'aimait… Sa subite disparition l'attriste énormément, mais il tente de cacher son émotion à son homme qui doit avoir le cœur bien plus lourd que le sien.

Il ne sait pas s'il doit répondre à Daïki… Il ne sait pas s'il a besoin de savoir comment son vieux compagnon a rendu l'âme. Alors que sa panthère semble enfin lâcher prise dans ses bras, il ne peut empêcher les images de la scène de lui revenir, malgré ses paupières fermement closes pour les chasser.
Comme il le lui a dit, il n'est pas rentré trop vite, surtout en marche arrière. Pourtant, même à très faible allure, leur nouveaux 4x4, plus long que leur ancien véhicule et dont il apprivoise encore les dimensions, a percuté le petit établi au fond de leur emplacement attitré. Le bruit de la collision et la secousse ont dû effrayer le pauvre Wilson qui reposait tranquillement sur une des étagères. Toujours assis derrière le volant, de son rétroviseur, il a tout vu au ralenti. Impuissant à faire le moindre geste pour stopper l'inévitable… Très nettement, il peut revoir Wilson sursauter, tomber de son emplacement fétiche, et s'empaler sur la fourche dans un cris d'agonie déchirant. Non, vraiment, il ne sait pas si son homme a besoin de savoir ça. Alors pour toute réponse, incapable de lui raconter ce dont il a été témoin, il dit simplement :

- "Je suis désolé Daïki, tellement désolé… Je te promets qu'il n'a pas souffert. Il est parti sur le coup."

Cette fois-ci, Aomine ne se retient plus. Il agrippe le T-shirt de son compagnon et vient coller son front contre son torse, laissant sa tristesse éclater. Wilson… son Wilson… qui l'accompagnait depuis plus de dix ans maintenant. Le cadeau d'anniversaire de Satsuki pour ses quinze ans, lorsqu'il gérait mal sa vie. Elle le lui avait offert en espérant qu'il l'aide à surmonter la période si compliquée qu'il traversait. Wilson, qui était presque devenu son meilleur ami alors que les personnes autour de lui lui semblaient si inintéressantes, vient de s'éteindre. Il n'arrive pas à y croire. Non, il ne veut pas le croire. Il lui faut une preuve. Il a besoin de le voir pour réaliser, pour se rendre vraiment compte que ce que Taïga vient de lui dire n'est pas un cauchemar mais bien la réalité. Dans un quasi murmure, il parvient doucement à exprimer ce qui lui fait si peur et dont il sait pourtant avoir besoin.

- "J'ai… j'ai besoin de voir… son corps…, s'il te plait…

- Tu es sûr ?" S'inquiète Kagami en s'écartant un peu de son homme pour le regarder.

Aomine relève des yeux rougis vers lui. Il hésite un peu, réalisant qu'effectivement, voir le corps de Wilson rendra les choses bien réelles. Mais il sait qu'il faut en passer par là, que cela l'aidera à faire son deuil. Alors d'une voix légèrement tremblante, il confirme sa décision à Taïga.

- "Oui… Je pense que c'est nécessaire… Et puis, je veux pouvoir le toucher une dernière fois.

- D'accord mon coeur. Quand tu veux."

Sur ces derniers mots, Kagami embrasse le front de son homme et attrape sa main, prêt à l'emmener sur la scène de crime. Il se doutait que Daiki voudrait constater les faits, il se félicite intérieurement d'avoir retiré le cadavre du pauvre Wilson de son piloris.

Fébrile, Aomine se laisse guider par son compagnon jusqu'au lieu du drame. À plusieurs reprises, le sol se dérobe sous ses pieds, l'obligeant à se cramponner au pompier. L'environnement qui l'entoure lui semble brouillé. Il ne distingue rien de la rue qu'ils remontent, trop perturbé par l'épreuve qui l'attend. Le cœur serré, il se redresse alors qu'ils arrivent devant la porte fermée de leur garage.

Kagami adresse un dernier regard à Daiki, pour s'assurer qu'il n'a pas changé d'avis. Lorsqu'il obtient son accord d'un faible hochement de tête, il inspire profondément avant de déverrouiller la porte. Il soulève le lourd battant de fer, le fait coulisser dans son emplacement et laisse son compagnon passer le premier. Prêt à le soutenir dans cette terrible épreuve. Sans le brusquer, il pose sa main sur sa nuque, juste pour lui rappeler sa présence.

Aomine avance doucement et le voit, là… étendu sur cette couverture posée sur le capot de la voiture. Cette vision lui est intolérable. Dans un cri déchirant, tendant une main vers le corps de son ami, Aomine ne peut retenir sa peine.

- "Noooooooooooon, Wilsoooooooooooooon !"

La respiration hasardeuse, les yeux noyés de larmes, il ne peut soutenir longtemps la scène. D'un mouvement rapide, il vient se réfugier à nouveau dans les bras de son homme, y cachant son visage aux traits déformés par la douleur.

To be continued….

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Comment ça nous n'avons pas été très sympathiques avec Ao et Kaga pour ce jour anniversaire ?

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