Auteur: Dawlly & Setsunafr - 15/08/2022
Genre: Humour / Tragédie
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki
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Bonjour à tous
Dawlly et moi vous remercions pour vos reviews sur le chapitre un. Sans attendre, voici la suite :)
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Shadow : Nous, des psychopathes ? Meuuuh Noooon xD. Merci pour ta review. Nous espérons que la suite te plaira. Bises
Patoshi : Merci pour ta review. Nous avons adoré la comparaison avec les poupées russes. Voyons si le chapitre deux est à la hauteur du suspens :D
Bonne lecture à tous
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Chapitre 2 : Goodbye my friend
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- "Son cri… son cri lors de l'impact Kuroko, je l'entends en boucle dans ma tête". Raconte Kagami.
Face à lui, son ombre reste imperturbable, le fixant de ses yeux inexpressifs. Il attend quelques secondes avant de lui répondre d'un ton trop neutre et sans empathie :
- "Les ballons ne crient pas, Kagami-kun."
Kagami relève vivement la tête vers son ami, blessé par son insensibilité qu'il n'essaye même pas de cacher.
- "Les ballons n'ont pas de sentiments, Kagami-kun. L'achève le fantôme."
- "Bien sûr que si ! Tu n'étais pas là quand la fourche l'a transpercé !"
Lui en revanche, il se souvient parfaitement de l'horrible lamentation qui lui a vrillé les tympans lorsque Wilson s'est empalé sur cet outil de jardinage qu'il aurait dû jeter depuis longtemps… Il peut encore entendre son souffle, de plus en plus fébrile à mesure qu'il s'expulsait de la peau de Wilson, à mesure qu'il se vidait de sa vie. Ce lent chuintement, tragique chant de son air s'enfuyant au même rythme que son âme. Cette vision de Wilson, se déformant au fur et à mesure qu'il expirait son dernier soupir, le rendant informe et méconnaissable, le hantera à jamais… Il peut le jurer... C'était un cri d'agonie. Heureusement, Daiki n'a pas eu à l'entendre.
Bien conscient que quoi qu'il dise, rien ne pourra convaincre Kuroko, il soupire en se massant les tempes.
- "C'était horrible… confie simplement l'ancien As de Seirin."
À cet aveu, la poigne assurée de Kuroko vient masser une de ses épaules. Enfin un peu de compassion … À défaut de le réconforter complètement, ce geste simple et bref lui permet néanmoins de revenir au présent. La cérémonie qu'il a organisée pour se faire pardonner, quoiqu'il doute que ce soit un jour possible, va pouvoir débuter.
Les épaules basses et les yeux clos, Aomine attend que Kagami le rejoigne. Il inspire profondément pour se donner le courage d'affronter ce moment. Celui de la cérémonie d'adieu à Wilson. Ils sont tous réunis sur ce terrain de street basket sur lequel la mélodie de son ami rebondissant gaiement sur l'asphalte s'est si souvent faite entendre. Les souvenirs défilent derrière ses paupières : Wilson entrant dans le panier, lui sautant dans les bras après un rebond. Wilson tournant sur son index, lui offrant un sourire noir sur fond orangé. Des moments de partage à jamais gravés dans son cœur.
La main de son compagnon glissant dans la sienne le sort de ses pensées. Il lui accorde un sourire triste et se laisse alors mener jusqu'à l'autel, spécialement dressé sur une table de camping recouverte d'une petite nappe noire, juste en dessous du panier de basket. Sur une petite urne funéraire contenant le corps de son ami défunt, est posée une photo de lui lorsqu'il n'était encore qu'un jeune ballon ayant tout à apprendre des rebonds et techniques pour s'échapper des mains des adversaires. Le cliché, pris un jour d'été, fait ressortir son orangé si spécifique et sa peau granuleuse. À cette vue, Aomine peut ressentir sur les doigts de sa main libre le touché de cette texture si familière.
Tous les invités sont arrivés. Kagami remarque avec appréciation que tout le monde a joué le jeu de porter une tenue de circonstance. Bien qu'ils ne comprennent pas tous exactement ce qu'ils font ici, ça lui fait tout de même chaud au cœur qu'ils soient venus pour soutenir son homme. Devant l'autel qu'il a méticuleusement installé un peu plus tôt ce matin, il confie la main de Daiki à sa meilleure amie et après un dernier geste tendre pour lui, il vient se placer derrière la petite table.
- "Merci à tous d'être venus aujourd'hui pour célébrer ce que fut la vie de notre cher ami disparu : Wilson. Un ballon extra ordinaire, né pour jouer. Et dont le talent n'avait d'égal que celui de son propriétaire. Je sais que pour nombre d'entre vous, il représentait beaucoup. C'est pourquoi, si le cœur vous en dit, je vous inviterai à venir lui rendre hommage, avec quelques mots, ou bien une offrande." Commence le maître de cérémonie.
À ces mots, Akashi ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel. Franchement, le faire se déplacer pour l'éloge funèbre d'un ballon alors que son temps est si précieux. Il soupire aussi dignement que son rang l'exige et tourne la tête vers Kuroko dont il sent le regard peser sur lui. D'un mouvement de menton, l'ancien passeur lui indique Aomine, debout aux côtés de Momoi, les épaules complètement voûtées. L'ancien capitaine des miracles, d'une classe absolue dans son costume sombre, lâche un nouveau soupir avant de croiser les bras et fixer à nouveau Kagami.
Perdu dans l'émotions et les souvenirs se faisant plus forts à mesure qu'il remplit son devoir, Kagami s'autorise une petite pause avant de poursuivre son discours. Une fois prêt, il se lance dans le récit du souvenir qu'il a choisi de partager aujourd'hui en guise d'adieu :
- "Laissez-moi vous parler de Wilson. De la première fois où je l'ai rencontré… C'était un jour de printemps, quelques mois après notre première Winter Cup. Comme vous le savez, Aomine et moi avions pris l'habitude de nous affronter sur ce même terrain, chaque week-end. Ce jour-là, il était arrivé avant moi, avec sa propre balle. Deux grandes premières ! J'étais tellement surpris… que je suis resté là, à le regarder jouer dans l'ombre. Et puis, il a effectué un tir extrêmement technique et je l'ai entendu les féliciter, lui et Wilson."
À l'évocation de ce moment si particulier, le tigre ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire. Son attention portée instinctivement sur celui dont il est tombé amoureux.
Les yeux brillants d'émotion alors qu'il accroche le regard de son homme, Aomine ne peut lui aussi réprimer un sourire, se remémorant ce moment encore bien net dans son esprit. Que Taïga s'en souvienne lui apporte un peu de réconfort, réchauffant son cœur meurtri par ce moment difficile.
- "Pour tout vous dire, j'ai cru devenir fou ! Je devais avoir des yeux aussi ronds que des Wilsons quand je me suis approché pour lui demander de répéter. Et comme vous pouvez l'imaginer… sur la défensive, Daiki m'a envoyé bouler. Mais contrairement à ce qu'il croyait, ce n'était pas pour me moquer de lui comme on le fait d'habitude. Comment aurais-je pu ? Je suis juste resté con en réalisant combien de points communs nous avions, celui-ci étant le plus troublant je dois dire…" Sur ces mots, il tourne son regard vers Himuro, tenant son précieux entre ses bras.
L'Américain se raidit sous le regard de braise de celui qu'il considère comme son petit frère qu'il pense sérieusement à interner sous peu. Tandis que Taïga s'épanche étonnement longuement, il se demande encore comment il a réussi à le convaincre de venir. Puis en regardant autour de lui… comment il a fait pour rameuter autant de monde pour des futilités pareilles. Tous des barges… M'enfin, il remarque que tous les visages ne sont pas contrits ou épleurés, il reste donc éventuellement un peu d'espoir pour certains d'entre eux… Dont son ex-coéquipier, heureusement ! Quoiqu'il doute que ce soit par total désintérêt, mais plus par rêverie du buffet prévu après chez les fauves. Impatient que cette mascarade se termine, il inspire profondément et s'applique à garder son masque d'impassibilité tandis qu'il est de corvée baby sitting du Wilson de son taré de frère.
- "Mon Wilson, je n'en avais parlé qu'à Tatsuya, qui s'était bien foutu de moi… Sa réaction m'a convaincu de garder secret le fait que je me confiais à lui les jours où jouer avec ne suffisait pas, plutôt qu'à un journal intime. On jouait, je lui parlais et il m'écoutait. Voir Daiki faire pareil… Je me souviens avoir eu l'impression que le temps s'était arrêté lorsqu'on s'est regardés. Assez longtemps pour qu'il s'en offusque." Détaille t'il dans un ricanement. "Ce qui m'a valu une nouvelle gueulante, mais j'étais trop chamboulé pour m'énerver. À la place je lui ai naïvement demandé : toi aussi tu es fan de Tom Hanks et de Seul au monde ? "
Cette fois, le maître de cérémonie laisse échapper un petit rire, toujours aussi amusé par la réaction de Daiki quand il repense à ce souvenir.
- "Et vous savez ce que cet obsédé du panier m'a répondu ? C'est qui ça ? Un basketteur ?" Tente-t-il d'imiter avec une voix bourrue.
Aomine ne peut retenir un petit rire, vite rejoint par sa meilleure amie.
- "Forcément, il n'a pas compris le rapport quand je lui ai affirmé que c'était un acteur. Quand j'ai désigné le ballon coincé sous son bras, pour toute réponse Daï l'a fait danser sur son index avant de l'arrêter net. J'ai explosé de rire en comprenant mon erreur. Face à moi, en grosses lettres noires, je pouvais lire : Wilson. C'est à ce moment précis que j'ai su que je pouvais te présenter mon Wilson et à quel point j'étais foutu…" Avoue t'il en aparté à sa panthère.
Les yeux ancrés dans ceux de son homme, Aomine opine vivement de la tête. Il se souvient parfaitement de ce moment. Il s'est d'ailleurs senti tout de suite compris et cela lui a fait un bien fou.
De l'autre côté de l'arc de cercle formé par l'assemblée, Midorima remonte ses lunettes d'un geste mécanique. Il reçoit un coup de coude de son compagnon qui lui envoie un clin d'œil, très fier de lui. Le Tsundere reste stoïque en jetant un regard en coin à Takao et ne peut retenir un soupir lorsque ce dernier se hisse sur la pointe des pieds pour lui susurrer à l'oreille :
- "C'est moi qui t'ai fait découvrir ce film, Shin-Chan."
Midorima lève les yeux au ciel et laisse échapper un soupir d'exaspération.
- "Ce n'est pas le moment, Takao !"
Le visage fermé comme à son habitude, il regarde une à une les personnes présentes tel un nouveau sujet d'étude. Les traits sérieux d'Akashi, les yeux inexpressifs de Kuroko. La mine molle et désintéressée de Murasakibara, et celle blasée d'Himuro. Le visage contrit de Kise, celui compatissant de Momoi, et les yeux rougis et embués d'Aomine. Mais pourquoi est-il venu ?! Il laisse glisser son regard dans celui de Kagami qui lui semble si fort et fragile à la fois, avant de s'arrêter sur la photo de Wilson. Midorima déglutit, ne pouvant détacher sa rétine de ce portrait figeant un instant de vie, avant de secouer la tête pour se remettre les idées en place. À ses côtés, le faucon ne peut réprimer un rictus moqueur face à la réaction de son ami.
- "Ça te touche, hein ? Shin-chan ?"
- "Ne dis pas n'importe quoi, nanodayo !" assène sèchement ce dernier, avant de se concentrer sur les paroles de Kagami.
Kagami, qui reprend justement pour toute l'assemblée :
- "Avant qu'il ne me croit complètement cinglé à me marrer sans raison, j'ai tendu mon ballon devant lui et… Je me souviendrai toujours de son sourire quand je lui ai dit : Enchanté Wilson… Je te présente Wilson. Dans un rire et un mouvement Aominesque, il me l'a volé et s'est précipité vers l'arceau avec nos ballons pour enchaîner deux paniers. En le voyant faire, impuissant, je me suis promis de lui faire découvrir le film qui m'avait tant marqué."
À la fin de son récit, Kagami reste un peu dans le passé, déconnecté de la cérémonie. Laissant chacun divaguer dans sa propre mémoire.
Yugo, ayant terminé tous ses devoirs de la semaine, a eu le droit d'aller jouer avec son copain Shun sur le terrain de basket près de chez lui. Il s'approche justement dudit terrain, tout en bavardant avec son ami. Pressé de jouer et sans faire vraiment attention, il pénètre sur le court en dribblant avec son ballon tout neuf. Le bruit du cuir rebondissant sur le bitume résonne à ses oreilles et lui donne instantanément le sourire. Après quelques dribbles, il se retourne pour faire une passe à Shun, qu'il découvre figé à l'entrée du terrain, livide. Interloqué, il fronce les sourcils et suit son regard écarquillé. Il tombe alors nez à nez avec pas moins de dix paires d'yeux l'observant sévèrement. Surpris, il en lâche son ballon et déglutit. L'ambiance qu'il n'avait pas remarqué tout de suite lui semble tout à coup pesante et très inconfortable. Il a le sentiment d'être au pire endroit, à un très mauvais moment. Peu à peu, la terreur qui semblait s'être emparée de Shun le gagne et il n'a plus qu'une envie : fuir le plus loin possible. Toujours braqués sur lui, les regards se font perçants et les visages menaçants. Tant bien que mal il tente de les ignorer tandis qu'il se penche pour récupérer sa balle. Puis à reculons, le plus vite qu'il lui est possible sans se rétamer sur son postérieur, il gagne la sortie en vérifiant qu'il n'est pas suivi par l'étrange groupe tout de noir vêtu, qu'il imagine prêt à se jeter sur lui pour le réduire au silence. Non loin, son camarade ayant visiblement retrouvé l'usage de ses membres et de la parole, détale en criant :
- "Aaaaah ! YakusAAAAAAAAA !"
Ce n'est qu'une fois hors de leurs vues que Yugo prend ses jambes à son cou et se carapate à son tour hors du parc, saisissant la main de Shun au passage.
Cet interlude des plus lunaires force le maître de cérémonie à reprendre les rênes de l'événement. Revenant à une ambiance plus solennelle, il s'éclaircit la gorge pour capter l'attention avant d'inviter le groupe à faire ses adieux.
- "Ruhm ruhm… Bien, je ne vais pas monopoliser la parole, si certains d'entre vous veulent s'exprimer…"
Joignant le geste à la parole, le grand roux quitte sa place. Mais avant de rejoindre son homme, il pose une main sur l'urne de feu Wilson et en regardant le portrait de lui heureux et souriant, il lui murmure tout bas:
- "Merci mon vieux… Sans toi, rien n'aurait été possible."
Répondant à l'appel de Kagami, Kise s'avance aussi dignement que son émotion le lui permet. Lui habituellement si rayonnant ne peut cacher sa peine face à cette perte tragique d'un être qu'il aimait. Il pose une main sur son cœur en s'arrêtant devant la photo de Wilson qu'il regarde avec amour, puis s'installe à la place qu'occupait Taïga quelques secondes plus tôt. Après un regard à la famille du défunt et aux amis présents, il prend la parole.
- "Wilson… J'ai bien connu ton prédécesseur. Il y avait un lien inscrit à jamais entre lui et moi. C'est grâce à lui que Daiki-chi et moi nous sommes rencontrés quand, lors d'un de ses entraînements, il m'a bondi sur la tête en s'enfuyant de la salle pour prendre une petite pause au soleil. Et pourtant, notre proximité à toi et moi était encore plus forte…"
La voix chevrotante, Kise respire profondément pour tâcher de refouler les larmes qui lui montent aux yeux. Il reprend dans un souffle :
- "Je nous revoie, tous les trois, sur ce même terrain… Tu me mettais des bâtons dans les roues, petit filou, pour m'empêcher de copier correctement les mouvements de Daiki-chi. Tu lui étais tellement fidèle…"
À ses mots, un pleur retenu se fait entendre. Aomine, une main sur la bouche, ne peut cacher combien ce témoignage le touche. La plainte de son ami accentue le tremblement de la voix de Kise qui tente, tant bien que mal, de poursuivre :
- "Tu… t'échappais tout le temps de mes mains, Wilson.., pour rejoindre Daiki-chi." Pleure-t-il juste avant de sortir un tissu de sa poche et de s'y moucher bruyamment.
D'un geste de la main signifiant qu'il ne peut en dire d'avantage, il s'éloigne de l'autel, s'arrête devant Aomine et Kagami qu'il regarde d'un air désolé et reprend sa place dans l'assistance.
Kagami, les yeux brillant de larmes, presse affectueusement l'épaule de son ami et le remercie d'un hochement de tête, la gorge nouée par son témoignage poignant, alors qu'il s'efforce de soutenir son homme, au bord de la rupture, d'un bras autour de sa taille.
Debout à côté de son meilleur ami, Satsuki sent que son tour arrive. Et pourtant, elle ne sait pas vraiment si elle sera capable de faire tout un discours sur un morceau de cuir rempli d'air, enfin, ça c'était avant le drame… Pourtant, elle à bien conscience de combien c'est important pour Daiki, alors elle s'efforce de trouver des condoléances adéquates. Elle fait quelques pas puis s'incline devant l'urne. D'une voix basse, presque honteuse de s'adresser à un objet soi-disant décédé, elle souffle tout de même :
- "Wil-chan, merci d'avoir rempli la mission que je t'avais confiée."
Soulagée d'avoir accompli son devoir, elle tourne le dos à l'autel et roule des yeux en croisant le regard de Kuroko. Ouf, une "bonne" chose de faite. Toutefois, alors qu'elle s'approche pour reprendre sa place à côté d'Aomine, le sourire reconnaissant qu'il lui renvoie lui confirme qu'elle a pris la bonne décision, aussi ridicule que soit cette cérémonie. Car si son Dai-chan en a besoin, alors c'est ce qu'il fallait... Malgré son incompréhension, elle est bien incapable de retenir un élan d'affection pour son ami face à sa souffrance évidente. Alors d'un geste tendre, elle se hisse sur la pointe des pieds et quémande son front pour y déposer un baiser. Après tout, il est rare qu'il cède à ce genre d'épanchement en dehors de ceux qu'il échange avec Kagami. Touché, le jeune homme se penche vers elle, et lui offre ce qu'elle demande, tout en passant une main autour de ses hanches.
Kise ne peut s'empêcher de se moucher à nouveau bruyamment à la vue de cet élan d'amour autour de celui qu'il a toujours considéré comme son idole. Il s'essuie les yeux d'un revers de la main et range son mouchoir plus qu'humide dans sa poche alors que le frère de Kagami s'avance à son tour sous le panier de basket.
Sans bien comprendre ce qu'on attend de lui, Murasakibara suit son ex-coéquipier jusqu'à l'urne funéraire. D'un pas lent, les mains dans les poches de son costume, il ne fait pas attention aux reniflements de Kise non loin d'eux. Tous deux s'arrêtent devant l'autel et marquent un instant de silence, jusqu'à ce que l'ex pivot de Yosen trouve le courage de s'exprimer :
- "Il est où le buffet, Murochin ?"
- "Chuuut !"
Les paupières à demi closes, le géant questionne mollement son ancien coéquipier qui lui intime d'un mouvement de tête de contempler la photo du défunt ballon de son beau-frère. À cet ordre silencieux, Murasakibara soupire profondément et attend, inerte, jusqu'à ce qu'il reçoive un coup de coude de son voisin, l'invitant à réagir. Il jette un regard suppliant à Himuro, avant d'énoncer d'une voix traînante à l'image de Wilson :
- "Je promets de faire honneur au buffet…"
D'un geste d'une extrême lenteur, il fouille sa poche de la main, en extirpe une friandise qu'il fixe intensément. Il se passe la langue sur les lèvres et déglutit, sans quitter le bonbon des yeux.
- "Atsushi !"
Une moue déformant ses traits, il pose avec hésitation l'offrande devant l'urne funéraire et pousse un nouveau soupir en ré-enfonçant ses mains dans ses poches lorsqu'il quitte l'autel, la main réconfortante d'Himuro tapotant son dos.
-#-
À présent qu'ils sont tous réunis dans le salon du couple, Kuroko observe sa lumière, complètement éteinte depuis la mort de son ballon. Il le voit essayer de tarir le flot de larme que le blond déverse sur son épaule, tachant son costume sans scrupule. À se demander qui console qui… Ne sachant trop quoi faire pour réconforter leur numéro cinq, il s'approche de lui lorsque Kise se décide enfin à le lâcher. Puis s'installe doucement à ses côtés sur le sofa, l'observant en silence.
- "Le Wilson de Kagami-kun risque de se sentir bien seul sans son ami. Je pense qu'il vaut mieux rapidement abréger ses souffrances…" Finit par lui proposer Kuroko sur un ton neutre avant de porter sa coupe de mousseux à ses lèvres.
Debout derrière le divan, les mains reposant sur l'appui tête au-dessus de son compagnon, Akashi, stoïque et fier, ne prononce aucun mot alors qu'il tend une paire de ciseaux sortie de nul part à Aomine, sans même prendre la peine de le regarder. Il reste impassible, attendant que son ancien As s'en empare.
Aomine, sidéré, bloque sur l'objet qu'il ne reconnaît que trop bien. Cette paire qui avait osé entailler la joue de son homme quelques années plus tôt sous le commandement d'Akashi, souhaite désormais assassiner son Wilson… Non, il ne peut pas laisser faire cela, même sous prétexte de le soulager de sa souffrance.
- "C'était un accident." Explique t'il en se détournant des lames aiguisées. "Et puis… Wilson était malade. Ses poumons se faisaient vieux, il fallait les réoxygéner de plus en plus fréquemment. Peut-être que Taïga lui a rendu service, finalement…"
Kuroko est tellement surpris par la maturité d'Aomine qu'il écarquille légèrement les yeux. Il lui adresse un de ses rares sourires, plein de compassion et lui presse le genoux avant de le laisser seul avec Seijuro ayant déjà fait disparaître l'arme mortelle dans l'une de ses poches.
Le sixième homme de la génération miracle laisse son regard dériver dans la pièce jusqu'à se poser sur un cadre qu'il connaît bien. Le cliché met en scène les deux ballons de ses anciennes lumières, côte à côte sur une plage. Rien que les deux Wilsons, installés sur le sable devant la mer, autour d'un petit seau et d'une petite pelle. Kuroko soupire. Il sait très bien qu'il ne s'agit pas d'une photo isolée. D'autres cadres jonchent les murs du salon. Il s'avance vers une autre photo, placée un peu plus loin : Celle là est prise en hiver alors que la neige à laissé un épais manteau blanc sur le sol. Les deux Wilson, chacun portant une écharpe, patientent sur un banc lui aussi recouvert d'une couche de poudreuse.
Sur son chemin vers la tanière du tigre, certain de l'y trouver, il se saisit d'un des souvenirs encadrés parsemant l'appartement. À l'entrée de la cuisine, il le repère la tête dans le frigo, probablement à la recherche de ravitaillement. Lorsque Kagami rejoint le plan de travail, il se glisse furtivement derrière lui.
- "Tu devrais prendre un stage de conduite Kagami-kun… Il serait dommage qu'il arrive malheur à un autre Wilson...", dit nonchalamment Kuroko en jouant avec la photo du défunt compagnon d'Aomine et du sien, toujours vivant pour l'instant, l'air faussement innocent.
Taïga, qui pour changer n'avait pas entendu son ombre se faufiler à ses côtés, se tourne vers Kuroko, surpris de sa présence dans son dos. Il veut répondre mais se raidit en voyant le cliché des Wilson. Lentement, il laisse remonter son regard jusqu'au visage de son ex-coéquipier et déglutit difficilement devant son expression qu'il soupçonne ne pas être si neutre qu'elle n'y paraît. Il marque un instant de silence, ses épaules se tassant un peu plus sous le poids de sa culpabilité, les yeux happés par ceux de son ombre et finit par répondre, dans un bégaiement :
- "Pro_promise I will Kuroko."
L'ancien passeur hoche la tête de satisfaction et se détourne de Kagami pour rejoindre le reste des invités, alors que le tigre reste coi, essayant de comprendre ce qu'il vient de se passer.
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Et voilà pour le chapitre deux :D
Sadiques, nous ? Naaaan xD
A bientôt pour la suite et fin de cette histoire… absurde ?... xD
