La ligne 5
Auteur : PlumePlume
Disclaimer : l'univers et les personnages de Supernatural appartiennent à ses créateurs et je ne tire aucun profit financier de cette histoire.
Pairing : Dean / Castiel, alias destiel
One-shot écrit dans le cadre du défi "Une histoire par jour", du serveur Discord "Le Petit Salon d'Ecriture". Cette histoire correspond aux thèmes 132 "Tu viens de t'évanouir, tu ne vas pas bien.", 133 "L'histoire se passe dans les transports en commun" et 139 "Un personnage perd connaissance".
L'idée d'une fic Destiel coffee shop / college me chatouillait depuis longtemps, donc c'est maintenant plus ou moins chose faite ! J'espère que ça vous plaira :)
Bonne lecture !
Chapitre 1 : L'homme qui tenait à peine debout
Le bus négocia un visage serré qui projeta Dean et la bonne dizaine de passagers qui l'entouraient contre la porte vitrée du véhicule. Dean jura dans sa barbe de trois jours. Dix-huit heures était vraiment le pire créneau pour rentrer chez lui… Il aura même accepté de faire des heures supplémentaires au café pour éviter les heures de pointes. Mais non. Mademoiselle Jo Harvelle, fille de la patronne, sœur adoptive et accessoirement emmerdeuse comme on n'en fait plus, avait décidé de le mettre à la porte à peine six heures avaient sonné. Elle avait justifié par quelque chose s'approchant de « surmenage » « complètement crevé » et autre inepties, mais Dean n'avait pas vraiment prêté attention. Lui et ses quatre heures de sommeil par nuit se portaient très bien, merci.
Dean se redressa et sa prise sur la barre de soutien du bus se raffermit, en prévision du prochain virage. Nouvelle secousse. Flopée de jurons étouffés dans l'habitacle tandis que tout le monde se raccrochait aux sièges pour ne pas se vautrer complètement. Ce fut dans cette cohue que Dean se retrouva avec un jeune homme aux cheveux noirs ébouriffés lui tombant littéralement dans les bras, les poings crispés sur son T-shirt pour se retenir de tomber plus bas. Par réflexe, Dean utilisa son bras libre pour lui entourer la taille. Grand bien lui en prit car le virage suivant aurait précipité le malheureux à l'autre bout du bus.
Pour faire bonne mesure, Dean attendit quelques secondes avant de relâcher son étreinte sur l'autre jeune homme. Ce dernier s'écarta prestement, les joues rouges, avant de retomber dans ses bras quelques secondes plus tard, au passage d'un ralentisseur. L'inconnu tenta de se remettre debout mais vacilla et Dean le cala entre son flanc et la barre en métal d'un geste autoritaire. Le jeune homme marmonna une bordée d'excuses confuses, qui ne firent qu'attirer le sourire attendri de Dean. Il prit quelques instants pour observer le jeune homme rougissant contre lui. Visiblement étudiant, la vingtaine, avec un T-shirt serré qui faisait justice à son torse musclé, présentement pressé contre Dean. En clair, c'était complètement le type de Dean. Puis ses yeux remontèrent sur le visage de l'inconnu et Dean ne regretta plus du tout d'avoir pris le bus à une heure de pointe.
Le visage de l'homme était juste à tomber. Une mâchoire carrée, recouverte d'une barbe de trois jours qui inspiraient à Dean des pensées totalement déplacées, des lèvres fines, des cheveux noirs en bataille comme si le type venait de sortir de la meilleure partie de jambes en l'air de sa vie. Et des yeux… Des yeux d'un bleu pâle, dans lesquels Dean se laissa sombrer sans hésiter.
L'inconnu finit par s'éclaircir la gorge, alors que ses joues se coloraient délicatement. Ce ne fut qu'à cet instant que Dean remarqua les immenses cernes qui bordaient ses magnifiques yeux. Et le léger vacillement du jeune homme, qui était manifestement trop épuisé pour tenir debout. L'inconnu détourna le regard en bafouillant, d'une voix rauque qui envoya des frissons dans la colonne vertébrale de Dean :
– Désolé, je suis un peu fatigué… Je ne suis pas aussi maladroit d'habitude…
Adorable. Dean le trouvait adorable. Il répondit d'un ton désinvolte, celui qu'il adoptait auprès de ses conquêtes d'un soir. Entre autres.
– Période de partiels, hein ?
Le jeune homme eut un sourire fatigué.
– En effet…
Le sourire de Dean s'élargit alors qu'il tapotait l'épaule de l'étudiant avec compassion.
– Dur dur. Courage, gars. Mon petit frère vient d'entrer à la fac et il doit sa survie uniquement au café, je crois…
La remarque arracha à l'inconnu un petit sourire amusé, qui le rendait encore plus mignon. Aïe, Dean était sérieusement mordu… Il reprit, mu par une soudaine envie de s'ouvrir un peu au jeune homme contre lui :
– Franchement, je ne sais pas comment vous pouvez supporter toutes cette pression et ces profs méprisants. Perso, je n'ai même pas tenté. À la place, j'ai décroché un job de serveur dans un café, juste à côté de la fac, justement. Je sais que ce travail n'est pas très reluisant, mais ça me convient et ça paie les factures, donc bon.
L'homme releva la tête à la dernière réplique, ses sourcils froncés.
– Il n'y a pas de métiers plus ou moins « reluisants », tous sont importants et indispensables à la société. L'essentiel c'est qu'il te plaise et que tu t'y épanouisses.
Dean haussa les épaules. Ce discours plein de bons sentiments lui rappelaient étrangement les remarques de son petit frère Sam. Il pencha légèrement la tête vers l'étudiant, le dévisageant.
– Dis-moi, tu ne serais en droit par hasard ? Parce que c'est complètement ce que mon geek de petit frère me sort sans arrêt. Sam Winchester, si jamais ça te dit quelque chose ?
Le jeune homme rit doucement.
– Non, désolé, je ne connais personne de ce nom. Et je suis en physique.
Damn. Sexy et intelligent… Dean était sérieusement en danger. Il se redressa légèrement, gardant Cas calé contre lui. Le concerné ne sembla pas en prendre ombrage. Le sourire de Dean se fit plus malicieux lorsqu'il répondit enfin :
– Oh. Futur ingénieur, alors ?
L'inconnu sourit et détourna timidement le regard. Il hésita un instant avant de rétorquer :
– Plutôt chercheur, en fait.
– C'est encore mieux ! C'est le futur, il paraît…
Le jeune homme haussa les épaules, visiblement peu convaincu. Le bus s'immobilisa, envoyant l'inconnu de nouveau contre le torse de Dean, au plus grand plaisir de ce dernier. Cette fois-ci, il attendit que les voyageurs qui attendaient l'arrêt soient sortis pour relâcher son étreinte. Une précieuse place assise s'était libérée mais Dean préféra rester debout, juste à côté de l'inconnu. Ce dernier semblait enclin à faire connaissance alors Dean décida de pousser un peu plus.
– Et donc, ce futur chercheur qui n'arrête pas de me tomber dans les bras, il a un nom ?
Le jeune homme rougit jusqu'aux oreilles puis répondit d'une toute petite voix :
– Castiel.
– Castiel… C'est original, j'aime beaucoup ! Enchanté Cas, moi c'est Dean !
Ils se serrèrent la main un peu gauchement, faisant mine d'ignorer qu'ils étaient pressés l'un contre l'autre depuis déjà plus d'un quart d'heure. Le-dit Cas releva les yeux vers le panneau d'affichage du bus, indiquant le prochain arrêt, puis il laissa échapper un très léger soupir. Dean consulta à son tour le petit écran, ce n'était malheureusement pas encore son arrêt. Son frère Sam et lui partageaient un appartement au centre-ville, à encore dix bonnes minutes de bus.
Le trajet jusqu'à l'arrêt suivant se fit dans un silence embarrassé, la perspective du départ de Cas ayant coupé toute inspiration à Dean. Puis le bus s'arrêta avec sa délicatesse habituelle et Cas se retient in extremis de s'écraser encore une fois contre Dean. Au grand dam de ce dernier, qui n'aurait pas été contre un dernier câlin avec cet angelot rougissant avant de retourner à sa morne routine.
Le-dit angelot se fraya un chemin jusqu'aux portes encore closes puis adressa à Dean un petit signe de main en appuyant sur le bouton d'ouverture.
– À une prochaine fois peut-être, Dean.
– À bientôt, Cas !
La porte de bus se referma dans un bruit de vérin et Dean suivit des yeux la silhouette qui s'éloignait d'un pas peu assuré. Dean soupira et posa son front sur la vitre froide du bus.
À suivre...
Alors, que pensez-vous de cette première rencontre ?
