La ligne 5
Auteur : PlumePlume
Disclaimer : l'univers et les personnages de Supernatural appartiennent à ses créateurs et je ne tire aucun profit financier de cette histoire.
Pairing : Dean / Castiel, alias destiel
One-shot écrit dans le cadre du défi "Une histoire par jour", du serveur Discord "Le Petit Salon d'Ecriture". Cette histoire correspond aux thèmes 132 "Tu viens de t'évanouir, tu ne vas pas bien.", 133 "L'histoire se passe dans les transports en commun" et 139 "Un personnage perd connaissance".
L'idée d'une fic Destiel coffee shop / college me chatouillait depuis longtemps, donc c'est maintenant plus ou moins chose faite ! J'espère que ça vous plaira :)
Bonne lecture !
Chapitre 2 : L'homme qui vacilla
Plusieurs jours s'écoulèrent et Dean désespérait de retomber sur Cas. Il avait beau prendre toujours la même ligne – la ligne 5, qui reliait le pôle universitaire au centre-ville – aux heures de pointe les plus atroces et inconfortables, pas un seul étudiant sexy en diable en vue… Jo avait fini par suspecter quelque chose en voyant l'instance de Dean à finir son service tous les soirs à six heures, et elle le harcelait désormais pour rencontre l'heureux ou heureuse élu.e qui avait réussi à charmer l'insaisissable Dean Winchester. Dean se contentait de rouler des yeux sans infirmer ni confirmer ses babillages.
Cas était intriguant. Et c'était pour ça que Dean était si avide de le revoir. Ça et le fait que son jean usé lui faisait un cul d'enfer, aussi… Depuis leur rencontre, Dean n'avait pu se retenir de s'intéresser de plus près aux partiels que subissait Sam, à tel point que son petit frère avait commencé à se poser des questions. Dean avait manqué de tomber de son siège lorsqu'un matin, Sam lui avait demandé – en toute innocence – s'il comptait faire des études. Loin de cette idée, Dean souhaitait juste savoir s'il aurait une chance de revoir son petit ange aux yeux bleus ou si le système éducatif déplorable allait avoir sa peau avant. D'après les témoignages de Sam, la balance penchait malheureusement davantage pour la deuxième option…
Ce fut un vendredi matin, sur le trajet maison-café, qu'il ré-apparut enfin. Plus de deux semaines s'étaient écoulées depuis leur première rencontre mais l'attente pénible fut immédiatement oubliée lorsque les yeux de Dean se posèrent sur Castiel. Dean s'approcha avec le sourire puis marqua un temps d'arrêt et fronça les sourcils. Cas semblait vaciller, indépendamment de la conduite déplorable du chauffeur… Comme s'il était trop épuisé pour tenir debout. Plus fatigué encore qu'à leur dernière rencontre, si cela était humainement possible… Dean s'approcha d'un pas hésitant, rongé par l'inquiétude. Le visage qu'il découvrit lorsque Cas se tourna vers lui ne fit que confirmer ses angoisses. Si l'étudiant avait des cernes la première fois qu'il l'avait vue, elles n'étaient rien en comparant des cercles noirâtres qui bordaient désormais ses yeux. Yeux qui peinaient à rester ouvert, manifestement.
– Oh. Hello Dean…
Sa voix rauque était exténuée. L'état manifeste d'épuisement de Cas provoqua un douloureux tiraillement au cœur de Dean. Il maudit le système éducatif qui poussait ses étudiants dans un tel état de détresse. Dean balaya le bus du regard et jura intérieurement en n'apercevant aucun emplacement assis de libre.
Le bus prit un virage et Cas lui tomba dans les bras. Comme une masse. Dean dut le rattraper par les aisselles sans quoi il s'écrasait parterre. Il le serra contre lui d'un bras et s'appuya de l'autre à la barre métallique au milieu du bus. Quelques passagers se retournèrent vers eux, légèrement perplexe, mais Dean les ignora superbement.
Le bus finit par s'arrêter. Une dizaine de personnes montèrent, alors qu'à peine deux personnes descendaient. Dean n'hésita pas une seconde et traîna Cas avec lui jusqu'aux deux places libérées, fort heureusement côte à côte. Il paniqua en sentant Cas totalement inerte contre lui.
Il les installa à la hâte sur les sièges, alors que la foule se pressait vers l'arrière du bus, et tapota doucement le visage de Cas, dont les yeux clos refusèrent de s'ouvrir. La panique montait doucement. Cas était livide, le front bouillant, et ne réagissait toujours pas à ses appels. Son ton se faisait de plus en plus inquiet. Il considérait d'appeler les urgences lorsque Cas tressaillit violemment contre lui, et ouvrit brusquement les yeux. Dean ne put s'empêcher de lui prendre la joue en coupe, pour le forcer à le regarder.
– Cas ?
L'étudiant baissa les yeux d'un air coupable, et marmonna des excuses, de ce même ton épuisé qui donnait envie à Dean de retourner les bureaux de tous ces connards de profs responsables de son état. Cas vacilla, comme pris d'un vertige, et retomba contre l'épaule de Dean.
– Ok, je vais pas te laisser aller où que ce soit dans cet état, en fait, mec.
Cas tenta de se relever faiblement mais finit par glisser à nouveau contre Dean. Un murmure franchit ses lèvres :
– Juste… fatigué… Je vais bien…
– Non Cas. Tu viens de t'évanouir, tu ne vas pas bien !
Cas roula des yeux et Dean dut produire un effort colossal pour se retenir de secouer Cas comme un prunier. L'étudiant laissa échapper un profond soupir et se cala plus confortablement contre Dean. Ce dernier reprit, d'un ton radouci.
– Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut venir te chercher ? Parce que je ne sais pas où tu comptais te rendre mais tu n'es clairement pas en état de travailler, là…
La soudaine crispation et le silence de Cas furent éloquents. Ce fut au tour de Dean de rouler des yeux avec agacement.
– Cas… Je sais qu'on ne se connaît pas, mais je peux pas décemment te laisser aller te tuer à la tâche sans rien dire. Surtout dans ton état, tu peux à peine mettre un pied devant l'autre !
Cas secoua la tête, comme navré, mais ne répondit rien. Puis il releva la tête vers l'affichage du bus et serra sa sacoche contre lui. Dean grimaça.
– Tu vas vraiment aller bosser dans cet état.
Un grognement lui répondit, suivit d'un maigre :
– Oui, Dean. Je n'ai pas le choix.
Dean s'abstint de répondre. Il soupira profondément avant de sortir un bout de papier chiffonné qui traînait dans sa poche. Puis, remerciant silencieusement sa patronne Ellen de l'obliger à toujours avoir un stylo sur lui pour son travail, il déchira la partie encore vierge du papier et griffonna une suite de numéros dessus. Puis il glissa le morceau de papier dans la main de Cas.
– Au moins envoie-moi un message après le boulot, pour me dire que tu as survécu, histoire que je puisse dormir sans avoir un mort sur la conscience.
Cas esquissa un petit sourire et se leva alors que le bus s'immobilisait. Il se tourna vers Dean, hésita un instant, puis murmura simplement « Merci » avant de disparaître dans la marée mouvante d'étudiants qui transitaient à l'arrêt de bus.
À suivre...
Ça avance ! Des suppositions sur la suite à venir ?
