Comme le soleil
La matinée avait commencé et dans les ruelles du village, on pouvait voir les gens aller et venir sans s'arrêter, le soleil avait déjà commencé sa montée et réchauffait chaque habitant.
Au milieu des rues se trouvait un jeune homme à la chevelure blonde, les yeux marrons et au doux sourire. Il avait des boucles d'oreilles doré et ses cheveux lui arrivait aux épaules. Aujourd'hui, ils les avaient attachés en une quetsche qu'il avait fait tenir avec un fin ruban rouge.
Un vent frais vint lui caresser le visage et faire flotter ses cheveux et son nœud.
-Alibaba !
Le nommé se retourna et fut intrigué de découvrir qui pouvait bien l'appeler ainsi au milieu de la rue, il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître le jeune garçon qui courrait auprès de lui.
-Aladdin !
Le garçon arriva à la hauteur de son ami et lui offrit l'un de ses sourire tout en tendant sa main vers Alibaba.
-Tu es réveillé ? Je suis heureux de te voir Alibaba, tu as l'air d'aller bien.
Alibaba cligna des yeux un instant puis offrit un sourire sincère à son jeune ami.
-Ne t'en fait pas, je vais bien maintenant !
Tout en disant cela, Alibaba serra les poings et lui sourit.
Ces derniers jours, il était resté enfermé dans sa chambre sans rien dire à personne et sans vouloir sortir. Cela faisait maintenant une semaine que son meilleur ami était décédé et cela l'avait beaucoup peiné. Mais aujourd'hui, il allait mieux et sortir et sentir le soleil le réchauffer lui faisait du bien.
Alibaba sortit de ses pensées lorsqu'il remarqua que son ami Aladdin venait de prendre sa main dans la sienne, celui-ci lui sourit et l'entraina à sa suite en laissant échapper un petit rire d'entre ses lèvres.
-Allez viens Alibaba, sinon on va être en retard !
Alibaba ne dit rien mais suivit sans faire de remarque son ami à travers les rues du pays.
Alibaba regarda les cheveux bleus de son ami danser dans son dos au rythme de ses pas précipités.
Aladdin était un jeune garçon de quatorze ans et était rempli de bonne intentions, toujours heureux et plein de vie, il avait le cœur sur la main. Cela faisait maintenant quelques années qu'ils s'étaient rencontrés. C'était un soir d'été où à ce moment-là, Alibaba venait de s'enfuir de sa famille d'accueil. Au détour de sa route, il était tombé sur un jeune garçon qui semblait chercher quelque chose. Par réflexe, Alibaba était passé à côté sans rien dire, n'ayant pas envie de discuter avec qui que ce soit. Il avait pourtant changé d'avis lorsqu'il avait croisé son regard après que celui-ci lui ait foncé dedans par mégarde.
-Oh je suis désolé… je… j'avais cru voir un papillon volé et… comme j'aime bien les regarder je… Enfin je lui aie couru après et je ne vous ai pas vu.
Le gamin avait l'air tellement intimidé qu'Alibaba n'avait pas eu le cœur de le laisser ainsi à terre, essayant de trouver maladroitement ses mots. A ce moment-là, lorsqu'il lui avait tendu la main pour l'aider à se relever, il avait senti quelque chose de doux et de chaleureux l'entourer.
-Ce… Ce n'est pas grave… ça peut arriver.
Alibaba se mit alors à rire et le jeune garçon le rejoignit, c'était ainsi qu'ils s'étaient rencontrés et depuis, il ne s'était plus séparé.
-Je m'appelle Aladdin… et toi ?
-Ali-Alibaba !
Le garçon lui offrit alors un sourire rayonnant et conclut en lui serrant la main.
-Enchanté de te rencontrer Alibaba.
Alibaba aida le jeune garçon aux cheveux bleu à se relever et ajouta.
-De même, Aladdin.
Le cœur battant, Alibaba revint au présent et remarqua alors que son ami venait de s'arrêter devant un grand monument.
-Il est temps de rentrer !
Aladdin garda sa main dans celle d'Alibaba et celui-ci, bien trop surpris, n'en remarqua rien et regarda avec stupeur l'édifice face à lui.
-Depuis un an nous attendions de pouvoir y rentrer… voilà que notre rêve va se réaliser.
Fit joyeusement Aladdin alors qu'il avait des yeux émerveillés en regardant Alibaba, attendant patiemment une quelconque remarque de sa part.
-Je…Je…
Alibaba se retrouva dans un état second soudainement. Il avait le cœur qui battait trop vite, trop fort, trop violemment. Il sentit alors un vertige s'emparer de lui.
Ses mains devinrent toutes molles et il sentit son corps s'affaisser.
-Alibaba ?
S'inquiéta Aladdin en voyant son ami devenir aussi pâle qu'un drap blanc. Il vit alors son ami s'effondrer et percuter avec violence les planelles. Aladdin se retrouva à genoux près de lui, ne comprenant pas ce qu'il se passait.
Non ça n'allait pas… Il le savait pourtant, il aurait dû s'en rendre compte lorsqu'il venait de la croiser dans les rues. Il avait bien vu que son ami n'avait pas l'air bien.
Une heure plus tard, Aladdin se retrouvait dans le hall de l'hôpital du village, attendant avec une pointe d'anxiété l'autorisation d'aller voir son ami.
Mais n'étant pas de la famille, il n'avait pas le droit d'y aller avant une heure encore.
Son ami l'inquiétait vraiment pendant un long moment il ne l'avait plus vu, il avait été chez lui plusieurs fois, mais à chaque fois on l'avait renvoyé en lui disant que « Alibaba ne souhaite pas recevoir de visite. » Aladdin se sentait toujours déprimé après cela. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi cela durait aussi longtemps. Il pouvait comprendre que perdre un ami d'enfance était dure et difficile à surmonter, mais c'était trop… long.
Aladdin regarda les alentours et se sentit seul au milieu de ce couloir, et ce, malgré les nombreuses personnes qui défilaient devant lui. Certains couraient avec des dossiers dans les mains, d'autres marchaient plus lentement et se dirigeaient vers les assesseurs qui les mèneraient vers les étages supérieurs.
Aladdin se perdit finalement dans ses souvenirs, la première fois qu'il avait rencontré Alibaba et cela lui rendit le sourire.
Ce jour-là, il se souvenait qu'il venait d'arriver en ville et qu'il cherchait désespérément le lieu où il avait été invité à résider. Son oncle Ugo, voyageur et précepteur, avait dû s'absenter pour une période indéterminée et avait demandé à Aladdin d'aller chez un ami qui avait accepté de le prendre à sa charge. Seulement, ce jour-là Ugo n'avait pas eu le temps de l'amener et il avait dû partir précipitamment sans même lui dire au revoir. La seule chose qu'il avait laissé, c'était une simple adresse et un tiquet de train avec l'itinéraire de celui-ci. Aladdin était parti et arrivé en ville, il s'était bêtement perdu.
C'est alors, qu'il avait accidentellement foncé dans un garçon un peu plus âgé que lui. Et alors qu'il essayait d'expliquer sa situation, le garçon plus âgé lui avait tendu la main et à ce moment-là, quelque chose en Aladdin avait changé à ce moment-là.
En croisant le regard marron, presque doré, du jeune garçon, une impression étrange l'avait fait frissonner, mais lorsqu'il avait pris sa main, une chaleur douce et légère l'avait entouré. Et Aladdin avait même cru voir des milliers de papillons les entourer tous les deux.
A cet instant précis, qui ne dura finalement pas très longtemps, il avait su que ce garçon allait changer sa vie. Et depuis ce jour, il ne l'avait plus quitté, tous les jours il voulait le voir et être près de lui. C'était finalement devenu une habitude et un lien particulier avait fini par les unir tous les deux. Aladdin avait été le plus heureux des enfants lorsqu'il avait entendu Alibaba lui dire qu'ils étaient devenus amis.
Ce jour-là, Aladdin avait pensé très fort que ce garçon ressemblait au soleil.
Alors c'est pour cela, c'est pour ça que voir son soleil aussi peu lumineux lui faisait mal. Sa lumière si chaleureuse, si apaisante lui manquait. Il voulait revoir son ami comme au premier jour, souriant, plaisantant et dégageant une sérénité mystique.
Alibaba lui manquait. Alibaba qui avait toujours été près de lui, lui manquait. Il voulait revoir les yeux pétillants de malice de son ami, il voulait l'entendre rire et plaisanter, il voulait pouvoir rire à ses côtés et enfin réaliser leur rêve et leur promesse.
« Un jour on partira découvrir le monde tous les deux, c'est une promesse. »
Ça semblait si loin aujourd'hui, et pourtant cela fait à peine trois ans et demi. Comme le temps passait vite. Mais Aladdin devait bien se l'avouer, l'absence d'Alibaba paraissait faire ralentir le temps. Cela faisait deux mois qu'il ne l'avait plus vu, mais pour lui cela lui paraissait une éternité.
-Excusez-moi mon garçon…
Aladdin sortit de ses pensées et regarda la femme qui venait de se pencher vers lui et de lui parler.
-Oui ?
Demanda Aladdin avec une pointe de timidité. La femme sembla tout à coup gênée et finit par dire…
-Tu attends que tes parents reviennent ? Si tu veux bien me donner leurs noms, je peux aller voir où ils peuvent se trouver.
Aladdin cligna des yeux et après avoir légèrement mis sa tête sur le côté, il répondit sans vraiment comprendre.
-Hein ? Madame, je n'ai plus de parents et mon oncle est parti en voyage.
L'infirmière sembla troublée et regarda le jeune homme en ne sachant plus vraiment quoi dire.
-Je… Ah bon, mais alors que fais-tu là ?
Aladdin baissa un instant la tête et répondit dans un murmure.
-J'attends de pouvoir rendre visite à un ami qui ne va pas très bien.
La femme resta un moment sans rien dire et finit par sourire et dit d'un ton rassurant.
-Très bien, si ce n'est que ça, donne-moi son nom et je vais voir ce que je peux faire.
Aladdin regarda la femme avec surprise et finit par donner le nom de son ami et expliqua aussi comment il était arrivé là. L'infirmière l'écouta attentivement et patiemment. Elle nota quelques mots sur son calepin et lorsqu'Aladdin eut fini son récit, elle se releva et lui promit de revenir au plus vite. Aladdin la remercia poliment et gentiment et la vit partir derrière le comptoir de l'accueil.
Plusieurs minutes s'écoulèrent, jusqu'à devenir des heures, mais Aladdin ne flanchât pas. Il attendit avec patience que quelqu'un vienne lui dire comment allait son ami.
Les gens passaient devant lui, sans plus faire attention à lui, mais il s'en fichait un peu, après tout, ce qui l'intéressait n'était pas leur existence à eux, mais bien celle de son si cher ami Alibaba.
Puis, alors que le tic-tac de l'aiguille de l'horloge accroché un peu plus loin, face à lui, continuait sa course, Aladdin fut interrompu dans sa lassitude par le touché d'une personne derrière lui. Il fit volte-face et croisa le regard de l'infirmière de tout à l'heure.
-Ah, vous êtes enfin de retour ?
La vieille femme lui sourit et après quelques secondes, finit par dire d'une voix qui se voulait rassurante.
-Je suis désolée, j'ai dû te paraitre lente, mais j'ai été interrompu plusieurs fois, j'espère que tu ne m'en veux pas.
Aladdin lui rendit son sourire en retour et fit non de la tête, le visage joyeux, il attendit avec impatience la suite.
-Ne vous inquiétez pas, je me réjouis de vous retour.
L'infirmière fut soulagée, mais son regard perdit de son éclat alors qu'elle continua d'une voix tintée de tristesse.
-Je te remercie mon garçon…. Cependant, je viens de voir le médecin traitant de ton ami et je…
Aladdin regarda avec curiosité la vieille femme et peu à peu, une peur s'empara de lui alors que la suite arrivait.
-…Je suis désolée de te l'apprendre comme ça, mais…
…
Le ciel était gris, Aladdin laissait ses pas trainer dans la rue, se laissant aller là où les pas le menait, sans réfléchir.
Une image dans sa tête tournait et retournait, sans qu'il ne puisse l'effacer ou la chasser. Son esprit, ou plutôt, sa volonté l'empêchait tout raisonnement clair.
-… Je suis désolée de te l'apprendre comme ça… Mais il faut que tu saches que…
Le visage souriant d'Alibaba. Tout excité face à la découverte des monuments vieux de plusieurs siècles amusait Aladdin au plus haut point, car pour lui aussi, c'était un moment de découverte qu'il était heureux de partager avec son ami.
-C'est trop génial, c'est le début de notre aventure Aladdin !
-Oui… On va commencer par ça, puis un jour, on partira ensemble à la découverte du monde vivant !
-Ouais… ça va être génial tu verras !
Le visage d'Aladdin s'illumina encore plus alors qu'il croisait le regard brillant de rêves et de promesse de son ami, ce regard lumineux d'une couleur doré, reflétant l'excitation du moment.
-Je suis sûr qu'on va s'amuser comme personne d'autre !
-Ouais ! Et quand on rentrera, on fera une grande fête et on partagera nos aventures avec tout le monde !
-C'est sûr !
-C'est promis !
-Oui, c'est promis ! On partira à l'aventure ensemble !
-Oui pour sûr, rien ne nous arrêtera !
Aux souvenirs de cet instant, Aladdin sentit des larmes couler sur ses joues froides, se mêlant étrangement bien avec le torrent de pluie qui s'effondrait sur lui.
Jamais encore il n'avait senti une telle douleur dans tout son corps, dans tout son être.
Le peine et la tristesse l'empêchait de réfléchir correctement et de réaliser ce qu'il faisait aussi. Il savait juste que cela faisait un moment maintenant qu'il avait quitté l'institut. Laissant derrière, un sentiment amer et de dégout, chose qu'Aladdin ne pensait pas ressentir un jour.
Regardant avec peine le ciel, il le vit plus sombre encore qu'avant. La pluie tombait averse et les nuages gris, étaient devenu un ciel noir, dépourvu de toute clarté, de lumière…. Le soleil ne réapparaitra plus jamais.
Plus jamais il ne reverrait le sourire lumineux de son ami, plus jamais il ne le reverrait tout court.
Et c'était bien cela qui déprimait Aladdin jusqu'au plus profond de lui-même.
La voix désolée de la vieille dame vint briser encore plus profondément le cœur déjà en miette d'Aladdin.
-Je suis désolée… Mais ton ami…. Alibaba n'est plus…
Comme allait-il vivre maintenant ? Sans son ami, sans son soleil… ?
Pour Aladdin, le monde était devenu sombre, et plus jamais, le soleil ne reviendrait…. Même si le soleil brillerait à nouveau dans le ciel…. Son soleil à lui s'était éteint, comme sa joie de vivre.
Jamais il ne pourrait tenir sa promesse…
Jamais il ne voyagerait ensemble…. Jamais il ne verrait le monde.
Car le monde n'avait plus d'importance sans son ami…. Sans Alibaba.
C'est ainsi, qu'Aladdin se laissa vagabonder dans les rues, pleurant, se laissant guider que par la force de ses pas, qui continuaient de le mener plus loin. Plus loin de son ami disparu.
…
Fin
AliAla : Ou pas, cela dépendra de Nina-chan, alias sasunaru-tina/Tina-chou
J'ai fini par l'écrire, mais comme dis, je n'ai pas réussi à aller plus loin, donc nina, si tu veux bien écrire la suite ou une version de ton cru, je n'ai pas ton talent, donc je compte sur toi ! D'ailleurs, si d'autres souhaite reprendre l'idée du titre, pas de soucis pour moi.
J'autorise naturellement sasunaru-tina à publier ce chapitre sur fanfiction, j'espère que tu accepteras de la continuer.
Nina/Tina ; Euh, ça va être dur de reprendre une fic comme ça, donc je sais pas encore. Personnellement je suis pas mal occupé, je ne promets rien, je souhaite dans un premier temps terminer mes propre fanfic avant de reprendre celle des autres, j'espère que tu comprendras.
