Bonjour tout le monde ! Je vous avais promis un OS le voici !

Il a été écrit à la suite d'un défi de Mane-jei pour Kaname et moi. Nous avons donc chacune écrit un OS sur un thème imposé : La mer et l'océan et qui doit comporter une vision onirique et les mots tortue et gambas.

Kaname à déjà publier le sien : Manannan mac Lir et je vous le recommande vivement parce qu'elle m'a bluffé avec ce qu'elle a écrit.

Concernant les review sur le dernier chapitre de Under control, guest, je te réponds ici !

Guest :

Je suis ravie que l'épilogue t'ait plu. Ils méritent du repos après toutes les misères qu'ils ont subi (par ma faute). Comme tu le constates, l'OS n'est pas en rapport avec la fic

J'espère que cet OS va vous plaire, bonne lecture !


Le vent frais de ce mois d'octobre vient souffler contre mon visage et se prend dans mes cheveux détachés. Il fait froid pour la saison, c'est à peine s'il fait 10°c et le vent du nord -ouest est frais mais bien emmitouflée dans ma parka coupe-vent, je me sens bien. Je ne suis pas originaire de la région, au contraire, on peut dire que je viens de l'autre bout du monde alors que j'ai grandi à Seattle, près de plages à la fois si semblables et si différentes alors que j'ai tronqué l'océan Pacifique nord contre la Manche.

J'ai toujours aimé l'eau, la mer et l'océan. J'aurais voulu voir les tortues aux Maldives et manger des gambas dans un restaurant espagnol au bord de la Méditerranée. Mais c'est pour la baie de St Mary que j'ai eu un véritable coup de foudre lorsque j'étais venue visiter les Cornouailles. J'aime ce mélange de vert de l'herbe, du paysage escarpé et des falaises et du sable de la baie, de la couleur changeante de la mer en fonction du temps et de la saison.

J'ai établi mes quartiers dans la petite ville depuis quelques mois et lorsque le temps s'y prête, c'est avec ravissement que je viens marcher, les pieds dans l'eau. Je voudrais continuer de le faire, malgré le temps gris et la température qui diminue.

Malgré le froid, cela ne m'empêche pas de sortir une couverture de mon sac et de la poser sur un rocher avant de m'assoir dessus, le regard tourné vers l'eau.

Cet été, de nombreuses personnes de la ville venaient s'y promener et s'y baigner alors que la température de la mer était relativement douce mais aujourd'hui, un plein milieu de la journée et de la semaine, il n'y a pas une autre âme que la mienne.

Je pourrais me sentir seule mais ce n'est pas le cas, je me sens juste bien alors que je sors un cahier et un stylo de mon sac. Je suis un peu vieille école mais je n'aime pas prendre mon ordinateur lorsque je viens à la Baie pour écrire. C'est un double travail que d'écrire sur papier et ensuite de le retaper sur l'ordinateur mais c'est une alternative qui me convient.

Si j'ai eu un coup de foudre pour la Baie, c'est non seulement pour le paysage et la vue, mais aussi parce que pour la première fois depuis des années, je me suis sentie inspirée.

Je l'ai été avant et c'est grâce à cela que j'ai atteint une certaine renommée dans la littérature et que mon livre a été adapté au cinéma. Mais depuis la fin de ma trilogie, je n'arrivais plus à écrire un mot qui me satisfasse, j'avais perdu cet entrain et cet éclat. Rien de ce que je pouvais écrire n'était suffisamment bon.

Mais têtue comme je suis, j'avais persévéré et j'avais écrit un quatrième livre, le premier qui n'appartenait pas à ma trilogie, mais c'était une catastrophe. Les critiques se sont déchaînées et les ventes ont dégringolées et je me suis rendue compte qu'il fallait que je change d'horizon. Que la grande ville ne me correspondait plus.

Heureusement que ma petite notoriété m'a aussi permis de gagner plus d'argent que je n'ai jamais imaginé et j'ai pu voyager. Jusqu'à ce que je pose mes valises à Brixham et que je découvre la Baie.

Depuis que je suis arrivée, j'ai mon rituel, je viens tous les jours où il ne pleut pas (et il pleut quand même 250 jours par an) pour écrire et j'ai quand même bien avancé, ce dont je ne suis pas peu fière.

Je suis loin d'avoir terminée ou d'avoir atteint la moitié du livre mais j'en suis presque au tiers et c'est satisfaisant et gratifiant de se rendre compte qu'on avance doucement, certes, mais sûrement.

Ecrire avec le vent n'est pas toujours une chose aisée et si j'ai essayé de venir avec des feuilles volantes, il avait fallu que je me rende à l'évidence, c'était impossible. Depuis, mon cahier ne me quitte plus, même si c'est déjà le troisième alors que je rature ce qui ne va pas, que je rajoute des détailles dans la marge…

Lorsque je suis chez moi, j'écris en écoutant de la musique, ce qui me permet de mon concentrer mais lorsque je viens à la Baie, je préfère m'en passer, pour écouter le vent, le bruit des vagues qui viennent s'écraser, les mouettes qui viennent pêcher, les enfants qui viennent jouer et courir après l'école. C'est un monde riche qui nourri mon inspiration.

J'ai à peine écrit quelques lignes que je commence à avoir froid aux doigts et qu'une bourrasque plus importante que les précédents fait tomber mon sac à dos du rocher. Je referme mon cahier en pestant, j'y coince mon stylo et je pose le tout sur la couverture avant de me relever pour descendre du rocher.

-Vous devriez faire attention, m'interpelle une voix masculine avec un fort accent anglais alors que je descends.

Surprise par la voix de l'inconnu alors que je me pensais seule, je manque de trébucher pour être retenue par une main chaude qui attrape la mienne.

-Tout va bien ? Me demande l'inconnu alors que je lève mes yeux pour la première fois vers lui.

Je suis stupéfaite par la beauté de l'homme. Il n'y a pas d'autres mots. L'homme est grand, il me dépasse d'une bonne dizaine de centimètres et je suis loin d'être petite avec mes 1,70m. Il est brun avec des reflets acajou et possède les yeux les plus verts et les plus perçants que je n'ai jamais vu. Et le plus troublant, c'est qu'il ressemble à mon personnage masculin principal de mon roman. Pourtant, je suis certaine de n'avoir jamais vu cet homme avant.

-Tout va très bien, je réponds après un temps interminable. Je n'aurais pas trébuché si vous ne m'aviez pas interpelé, je l'accuse, pour me remettre de mon choc.

Loin de s'offusquer de mon ton ou de mon accusation, l'inconnu semble plutôt s'en amuser.

-Seriez vous en train d'insinuer que c'est de ma faute ? Demande l'homme avec un sourire qui dévoile des dents blanches, un sourire hollywoodien, je pense intérieurement.

-Je n'insinue rien du tout, je rétorque, je le sais, tout simplement.

-Tout simplement, répète l'homme.

-Oui. Cela ne vous arrive jamais de savoir une chose, sans pouvoir l'expliquer de pourquoi ou comment et de juste le savoir. Comme le fait que l'eau de mer est salée. C'est un fait universel.

-Il existe pourtant des explications scientifiques qui expliquent pourquoi l'eau de mer et des océans est salée, rétorque l'inconnu.

-Mais ce n'est pas quelque chose d'universellement connu, je le contre. En revanche, même un enfant sait que l'eau de mer est salée.

L'inconnu fronce les sourcils même si son sourire reste en place et qu'il ne m'a toujours pas lâché la main. Main qui devient brulante contre sa peau et je détourne pendant un bref instant mon regard de son visage pour jeter un coup d'œil et apercevoir mon sac à dos qui est toujours contre le rocher, au sol. J'aurais tendance à l'oublier, prise dans la conversation.

-Comment sommes-nous passés d'une discussion qui déterminerait ou non ma responsabilité dans votre chute à une discussion sur l'eau de mer ?

-Je l'ignore, je réponds avec honnêteté. Tout ce que je sais, c'est que vous m'avait fait peur et que j'ai trébuché, CQFD.

-Je suis désolé de vous avoir effrayé, ce n'était absolument pas le but, mais en vous voyant debout sur ce rocher, j'ai eu peur de vous voir chuter, ce que vous avez fait.

-Par votre faute, je rétorque alors que la discussion tourne légèrement en rond, ce qui est davantage comique qu'énervant. Pourrais-je récupérer ma main ? Je demande alors qu'il la tient toujours.

L'homme rougit et bredouille avant de lâcher ma main et je sens comme un vide et un froid maintenant que je n'ai plus sa chaleur.

-Il ne fait pas un peu froid pour venir se promener ? Je demande à l'homme, n'ayant pas envie que notre échange se termine déjà.

-J'aime l'air marin, l'odeur de l'iode avec le vent, me répond l'inconnu. Je pourrais vous faire la même remarque. Il ne fait définitivement pas assez beau ou assez chaud pour décider de s'assoir, même pour profiter de l'air marin.

-J'aime venir pour travailler, je réponds avec un haussement d'épaules. Et j'ai l'habitude du froid, il ne me gêne pas.

L'homme acquiesce et semble réfléchir à ses prochaines paroles. Il est grand et costaud mais il n'est pas intimidant à cause de ça. Je devrais peut-être me méfier alors que nous sommes que tous les deux mais je n'ai pas l'impression d'être en danger. Je me sens bien avec lui et je n'ai définitivement pas envie que notre rencontre prenne fin maintenant.

-Vous n'êtes pas anglaise, n'est-ce pas ? Me demande alors l'homme.

-C'est mon accent qui m'a trahi ? Je plaisante. Je suis américaine, contrairement à vous, qui sonnez très anglais, je le taquine.

-Né et élevé à Brixham, répond fièrement l'homme. Et vous, vous venez de quel coin des Etats-Unis ?

-De Seattle, j'ai l'habitude de la grisaille, du vent et du froid, je réponds avec un sourire.

-Vous allez sans doute me trouver très intrusif et vous pouvez ne pas me répondre, mais qu'est ce qui vous amène si loin de chez vous ?

-Je peux travailler d'où je le souhaite et je suis tombée sous le charme de la ville et de cette baie, alors je suis restée, je réponds. Vous n'avez jamais quitté Brixham ? Je demande par curiosité.

-Si, j'ai fait mes études à Cambridge, et je parcours un peu le monde, mais je ne suis jamais aussi bien qu'à la maison. Même si en cette période, il fait froid, plaisante l'homme. Est-ce que cela vous dirait de vous réchauffer autour d'une tasse de thé ou d'un café ou d'un chocolat, peu importe ce que l'américaine en vous préfère, plaisante l'homme.

J'évalue l'option pendant un cours instant, c'est vrai que je commence par être transit avec le froid et que je ne pourrais de toute façon, pas travailler d'ici aujourd'hui. Et si je pourrais directement rentrer chez moi, je n'ai pas envie de mettre fin à cette rencontre.

Parce que, peut-être que j'interprète mal les signaux mais il semblerait que l'homme ressente la même envie que moi et de poursuivre notre discussion.

Pourtant et sans me dévaloriser, je suis loin d'être à mon avantage alors que mes cheveux mi longs volent dans tous les sens, que mon visage est dénué de maquillage, pas que je pense avoir besoin d'artifice pour être belle, mais je suis loin d'être d'une beauté extraordinaire, maquillée, apprêtée et coiffée ou non. Mais je sais que je suis séduisante à mon niveau et il semblerait que cet homme soit de cet avis ou qu'il veuille juste se faire une amie, ce qui me convient aussi, puisque la conversation est facile et que je pourrais utiliser un ami alors que mon meilleur ami est toujours aux USA, avec sa femme.

-Si je peux au moins avoir un prénom avant, je réponds avec un sourire doux.

-Edward, Edward Masen, répond l'homme. Et vous ?

-Bella Swan, je réponds. Et je pense qu'on peut passer au tutoiement, enfin si ça ne te gêne pas, après tout, tu m'invite autour d'une tasse de thé, ce qui n'est pas rien dans ce pays, je le taquine.

Je suis ravie alors qu'il rigole à ma plaisanterie.

-C'est bon pour moi. Tu veux que je récupère tes affaires sur le rocher, je ne voudrais pas que tu trébuches à nouveau, se moque-t-il gentiment.

-Je maintiens que c'est de ta faute, j'y viens tous les jours depuis des semaines et c'est la première fois que ça m'arrive, je dis en récupérant mon sac à dos alors qu'il me tend ma couverture et mon cahier.

Je range d'abord mon cahier alors qu'il plie la couverture.

-Le Breakwater coffee, te convient ? Je demande à Edward. Ça devrait nous faire une petite demi-heure de marche.

Je ne suis pas venue en voiture alors qu'un bus ne passe pas très loin de la baie.

-C'est parfait, c'est l'endroit que j'avais en tête. La nourriture y est excellente et le thé est divin. Je suis peut-être un peu biaisé en le disant, mais c'est véridique.

-Pourquoi biaisé ? Je l'interroge.

-C'est ma cousine Alice, qui est la gérante, alors évidement, je ne suis pas très objectif.

-Je comprends, mais je partage ton avis, j'aime aller y manger un bout et c'est excellent à chaque fois. Et promis, je n'ai aucun lien avec la gérante, je plaisante.

-Ce serait étrange sinon, plaisante Edward.

-Très, je réponds en ricanant. Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Je l'interroge alors que nous commençons à marcher à travers la ville.

-Je suis biologiste marin de formation, mais je prends du temps pour moi pour l'instant. Et toi ? Cela doit être génial de pouvoir travailler de partout, surtout dans la nature.

Son enthousiasme est si sincère que cela me réchauffe le cœur. Je ne sais pas s'il va me prendre au sérieux, peu de personnes le font quand je leur annonce mon métier, mais j'espère vraiment qu'il ne va pas se moquer.

-Ça doit être passionnant ! Je lui dis avec sincérité. C'est sans doute pour ton job que tu as voyagé ? Je l'interroge.

-Exactement. Mais ne crois pas que je n'ai pas remarqué le fait que tu élude la question.

-Quelle question ? Je demande pour l'embêter alors que j'essaye de masquer mon sourire.

-Ton métier, répond Edward sans masquer son sourire. Attends, j'essaye de deviner ! Tu es une espionne !

Je rigole franchement en essayant de m'imaginer en agent secret et rien que l'idée me fait grincer des dents.

-Nan, je suis loin d'être James Bond, toi en revanche, tu pourrais être l'espion le plus british du monde, je plaisante. Je suis auteure.

-C'est vrai ? C'est génial ! Tu écris quoi ? Tu as déjà été publié ? Demande Edward avec intérêt.

-J'ai écris quelques livres pour le moment, et j'ai eu de la chance, une amie du lycée est devenue éditrice et m'a aidé à me faire publier, j'explique. Tu connais « Déterminée, entêtée, obstinée », je lui demande.

-Bien sûr ! J'adore ces trois livres, qui techniquement se range plutôt dans la littérature féminine, mais qui a décidée de cela ? Cette femme vit en plein milieu de la guerre et se fait une place dans un monde d'homme. J'ai adoré et l'adaptation est vraiment pas mal aussi. Attends, semble percuté Edward, c'est toi qui as écrit ces trois livres ?

Je hoche la tête avec un sourire à la fois timide face à la miraude de compliment et fière aussi du travail que j'ai accompli.

-Whoa… Je m'apprête à prendre le thé avec la plus jolie femme que j'ai jamais vu et en plus c'est une célébrité ! Tu es sûre que tu veux prendre le thé avec moi ? Me demande Edward, sonnant peu sûr de lui-même et cela me fait mal au cœur sans que je ne sache vraiment pourquoi.

-Bien sûr ! Pourquoi je ne le voudrais pas ? Tu as forcément bon gout puisque tu aimes la Baie, que tu aimes les mers et océans, sinon tu ne serais pas biologiste marin et on va dans un endroit où on a vu sur la mer et qui sert de la nourriture formidable. La seule chose qui pourrait me faire dire non, c'est si tu m'avoue ne pas aimer les chats, je plaisante.

-Je les aime de tout mon cœur, répond Edward le plus sérieusement du monde.

-Alors rien ne m'empêche de prendre le thé avec toi, je déclare fermement !

-Tu es une femme à part, lance doucement Edward.

-Tu as tords, je suis comme toutes les autres, je rote, je pète, je suis grognon, je change d'avis assez souvent, j'aime le shopping, j'adore lire et même si ce n'est pas le cas aujourd'hui, j'aime être bien apprêtée, je lance d'un ton un peu sec.

Je n'aime pas qu'on me dise que je ne suis pas comme les autres, comme si c'était un compliment. Comment veux-tu que je prenne cela comme une bonne chose alors que tu dénigres d'autres femmes. On a toute une singularité, mais nous sommes toutes les mêmes dans le fond et c'est très bien comme cela.

-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, se reprend Edward. C'est juste… Ta façon de raisonner, je n'ai pas encore rencontré quelqu'un, homme ou femme, le faire comme toi. Et ça me plait, c'est charmant et rafraichissant.

-Tu n'as pas rencontré les bonnes personnes, je lui dis, mon éclat de colère étant vite redescendu.

-Peut-être… Je suis content d'avoir fait ta connaissance aujourd'hui. De la seule autre personne assez folle pour aller se promener au bord de mer par un vent froid et une température toute aussi froide.

-Aux fous, je dis avec un grand sourire.

Je m'aperçois que je ne fais que cela, que sourire depuis que je suis en présence d'Edward et cela me fait un bien fou. J'ai l'impression de le connaître depuis toujours, c'est comme si je le connaissais depuis aussi longtemps qu'Emmett, qui est mon meilleur ami depuis notre naissance, alors que nos mères étaient elles-mêmes meilleures amies et qu'elles ont accouché à une journée d'intervalle. Dans mon cœur, Emmett est mon frère, jumeau vu notre anniversaire très rapproché.

Mais les sensations que je perçois alors que je suis avec Edward n'a rien à voir avec les sensations que je peux percevoir quand je suis avec Emmett. Avec Edward, il n'y a rien de fraternel mais quelque chose de charnel et encore autre chose, je ne sais pas encore la définir.

-Aux amoureux de la Baie, renchérit Edward et le double sens de cette phrase ne m'échappe pas.

-Cela pourrait être un bon titre, je le taquine.

-Je te laisse le soin d'écrire l'histoire parce que je serais bien incapable de le faire moi-même, dit Edward.

-Tu dois bien savoir écrire, les scientifiques adorent écrire des articles, non ? Je l'interroge.

-C'est différent que d'écrire un roman. Je me base sur des faits scientifiques, sur des chiffres, je serais bien incapable d'inventer quoique ce soit. C'est quelque chose que j'ai toujours admiré chez les artistes, la capacité de transformer l'imaginaire en réalité, de transmettre des émotions à travers des mots, d'une musique, d'une œuvre.

-Chacun a ses qualités et des capacités différentes. Il faut de tout pour faire un monde et ce que tu fais, j'en serais bien incapable, je lui réponds avec honnêteté.

-Tu as raison sur ce point.

-Je suis donc intelligente et jolie, c'est un combo dangereux Monsieur Masen, je plaisante en relevant son compliment d'un peu plus tôt.

-Croyez bien que je le sais, Mademoiselle Swan. C'est bien Mademoiselle ? Demande Edward. Parce que c'est totalement un rendez vous dans ma tête mais si tu as déjà quelqu'un, être ton ami me suffirait.

-Et si même si c'est Mademoiselle et je ne veux être qu'être ton amie ?

-Alors je serais immensément déçu mais je me ferais une raison parce que tu en vaux la peine, répond honnêtement le brun.

-Tu n'en auras pas besoin, je réponds. Parce que c'est totalement un rendez vous pour moi aussi, je réponds et son regard s'illumine à nouveau. Qu'est-ce qui te mets tant en joie ? Je finis par le questionner.

-La perspective de passer plus de temps avec toi et de t'embrasser après avoir bu notre thé, avoue Edward. Et avant que tu ne me dises quoique ce soit, oui, j'ai de l'espoir et oui, je patienterais le temps qu'il faut si tu ne veux pas aujourd'hui. Je ne te forcerais jamais.

Il commence à déjà me connaître et à cerner ma personnalité alors que nous nous connaissons depuis à peine une demi-heure.

-J'ai hâte de finir mon thé alors, je rétorque et je sens qu'il tourne son visage vers moi et que ses yeux verts se tournent vers mes lèvres et je ne peux pas empêcher le sourire qui les étirent.

-Tu es vraiment surprenante, lance Edward alors que nous arrivons devant la porte du café.

L'air chaud de la salle me saisit alors que je rentre pendant qu'Edward tient la porte. J'ouvre la fermeture de ma parka, alors qu'une petite femme énergique se dirige dans notre direction.

-Bella, Edward ! Que puis-je pour vous ?

-Lice, une table pour deux, et deux thés, commande Edward en me lançant un regard pour avoir confirmation.

-C'est comme si c'était fait, tu connais la maison, lui dit la brune nous laissant, puis se tournant vers moi. Je savais que vous seriez fait l'un pour l'autre, dit-elle pour disparaître en cuisine.

-Alice, soupire Edward bien que cette dernière ne puisse pas l'entendre. J'ai la meilleure table de l'établissement, avec vu sur la mer et vu que tu aimes l'eau, je ne vais pas t'en priver.

-Mais quelle bonté, je me moque gentiment.

-Tu as remarqué ? Plaisante Edward.

-C'est flagrant, je rétorque alors qu'il enlève sa parka pour la poser sur le dossier de la chaise.

Et si j'avais déjà senti ses muscles alors qu'il me tenait pour m'empêcher de tomber, je peux à présent les admirer à travers son Henley bleu marine. Edward est un homme bien bâti mais il n'est pas musclé à l'extrême, juste ce qu'il faut.

-Tu apprécies la vue ? Me demande Edward, alors que j'ai dû m'attarder sur les muscles de son torse et de ses bras.

-Très, la mer est magnifique, je réponds avec tout l'aplomb que je possède (c'est-à-dire, pas beaucoup).

-La mer… Elle est encore plus sublime maintenant, confirme Edward et il ne fait aucun doute qu'il ne parle absolument pas de l'étendue d'eau salée.

J'ouvre les yeux au souvenir de ma première rencontre avec Edward, l'homme de ma vie. Le seul et l'unique amour de ma vie. Je n'avais jamais vraiment aimé avant lui et je ne pourrais plus vraiment le faire, maintenant qu'il n'est plus là. Je regarde la baie qui habite tant de mes plus heureux souvenir, ma première rencontre avec Edward, l'endroit où nous nous sommes dit « je t'aime » pour la première fois. Ma demande en mariage, l'annonce de ma grossesse.

Et de souvenir bien plus amers, comme l'annonce de sa maladie, sa dernière sortie avant de rentrer définitivement à l'hôpital pour ne plus en sortir.

Je ne changerais rien de tout cela, parce que même si la fin est douce-amère, j'ai pu partager 10 ans de ma vie avec un homme merveilleux, un homme qui m'a aimé et chérie, et que j'ai aimé et chérie. Un homme avec qui, j'ai eu 2 enfants, j'ai partagé de nombreux fous rire et de larmes de bonheur mais aussi de tristesse alors qu'il combattait. Que je me demandé ce que j'allais faire avec des jumeaux de 6 ans qui allaient perdre leur papa.

Des bras m'enveloppent alors que je sens les larmes couler sur mes joues. C'est le premier anniversaire de notre rencontre que je passe sans lui et son absence se fait cruellement sentir.

-Il me manque tous les jours, mais aujourd'hui, c'est pire, je sanglote dans les bras d'Emmett qui a fait le voyage depuis Seattle pour m'épauler.

-Je ne vais pas te dire que ça va passer, parce que ce serait faux. Mais même si tu ressentiras toujours son absence, tu finiras par la surmonter et parfois, elle reviendra te hanter mais tu es plus forte que cela.

-Ce n'est pas juste. Il devrait être avec nous, avec les enfants et le chat et le chien qu'il m'a convaincu d'adopter. Il devrait être avec nous, je sanglote à nouveau.

-Je sais Belly.

-Tu crois que je prends la bonne décision ? Que de déraciner les enfants et de tout recommencer à Seattle est une bonne chose ? Je n'arrive plus à vivre ici, chaque coin de rue me rappelle Edward, me rappelle son absence.

-Tu es la seule à pouvoir répondre à cette question.

-Et cette baie, tellement de souvenir sont ancrés ici. Mais … Les enfants adorent la mer comme nous, Dieu, Gwen espère apercevoir des tortues dès qu'elle vient et Ben veut absolument que je l'aide à pêcher des crevettes et des gambas. Ils savent que ce n'est pas ici qu'ils vont trouver leur bonheur mais… On a besoin de laisser tous ces souvenirs ici, n'est-ce pas ?

-Si c'est ce que tu ressens, alors oui, répond Emmett.

Nous quittons la Baie peu de temps après, alors que le vent froid et la grisaille me rappelle le premier jour où j'ai posé mon regard sur Edward et que nos peaux se sont touchées pour la première fois. La première fois où j'ai rencontré mon amour.

-Adieu mon chéri, je murmure alors que je tourne le dos à la Baie pour rentrer à la maison.


Voilà pour cet OS, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et j'espère que vous avez pris beaucoup de plaisir à le lire.

Encore une fois, merci à Mane pour son thème et merci à Kaname d'avoir participé avec moi. C'était très amusant de le faire.

Amicalement,

Gwen who.

05/08/2022.