notes: Bonjour, bonsoir! Voici un nouveau chapitre de cette petite histoire. Je vous souhaite une bonne lecture.
2- Hagen
Palais d'Odin, grande bibliothèque.
Alors que Syd se chargeait d'une partie de la cérémonie de mariage de leur ami notamment du côté matériel de l'organisation, Hagen, lui, s'occupait du planning, des invités, et de tant d'autres choses qu'il ne maitrisait pas... Comment savoir si un tel chevalier dOr pourrait s'entendre avec un Marina pendant un banquet qui durerait des heures? Sans compter la nourriture... Parce que contrairement aux idées reçues, tous les guerriers servant un dieu de quelque panthéon qu'il fut n'était pas un gros amateur de viande et de boisson alcoolisée.
Autant Siegfried que Dame Hilda qui eut vent et donné son accord avec la plus grande gentillesse que ses Guerriers Divins s'occupent de leur mariage les avaient rassurés, Syd et lui. Ils feraient de leur mieux et quoiqu'il se passe, rien que l'initiative était pour la souveraine le plus beau des cadeaux.
Et elle le méritait. Si généreuse, si dévouée à son peuple tout en étant si puissante.
Probablement sa jeune sœur deviendrait aussi parfaite...
Mais c'était quoi ces pensées?
Hagen secoua la tête, s'insultant mentalement d'avoir de telles pensées pour Freya, tellement plus jeune que lui, qui avait dépassé déjà le quart de siècle en âge, alors que la cadette des Polaris sortait à peine de l'adolescence.
Pourtant la jolie blonde occupait très souvent son esprit. Malgré le mal qu'il lui avait au cours du conflit face aux chevaliers d'Athéna.
Elle lui avait pardonné, insistant sur son soulagement de le retrouver. Son rire et ses grands yeux verts si purs l'avaient encore envouté, et rassuré. Il s'était alors juré de la protéger, de devenir un guerrier complet, fort et instruit pour rester à ses côtés et pour son plus grand bien.
Faisant une pause dans ce casse-tête de la liste des invités, Merak s'autorisa un moment d'égarement, à penser à Freya, son sourire, sa joie de vivre, ses éclats de voix qui semblaient se rapprocher, l'appelant, et le bout délicat de ses doigts effleurant sa main à lui et...
« Dame Freya?!
Il sursauta, arraché de sa rêverie par... l'objet même de ses pensées... Impossible de râler à vrai dire...
-Je t'ai réveillé, demanda la jeune fille.
-Euh... oui... j'étais en pleine réflexion pour le mariage de Dame Hilda et...
-Courage! Ça ne doit pas être facile, mais je me joins à Odin pour te donner toute la force nécessaire! »
Hagen observait Freya, toujours pleine d'énergie, pétillante... un vrai rayon de soleil même dans les plus terribles tempêtes de neige qui s'abattaient sur le royaume d'Asgard. La voir lui donnait du baume au cœur, d'autant que depuis les accords de paix entre les dieux, elle était moins présente. Pour pouvoir assister Dame Hilda dans ses fonctions de souveraine, elle suivait des études à l'étranger, dans une grande école. Ainsi, elle serait prête, une fois diplômée, à conseiller sa sœur dans les décisions politiques et sur ce qui se passe dans le monde. À chaque fois qu'elle revenait au pays, il l'écoutait parler avec passion des cours qu'elle suivait, de sa vie au quotidien, mais aussi de sa joie de revenir pour voir tout le monde. Oui, il pouvait l'écouter pendant des heures sans se lasser, et pas seulement de sa jolie voix, mais aussi de l'enthousiasme qu'elle mettait à chacun de ses récits. Il l'aimait, tout simplement...
Le soir même, après un repas très intimiste où seuls Siegfried et lui étaient conviés en compagnie des sœurs Polaris, Hagen se retira plus tôt, prétextant vouloir résoudre un point important dans l'organisation des tables du banquet nuptial, et qu'il devait absolument travailler de crainte de perdre l'idée qu'il avait en tête.
À vrai dire, il était agacé et ne voulait le montrer à son ami, à sa reine et encore moins à la plus jeune fille. Cette dernière, racontant une anecdote sur les cours de littérature qu'elle suivait, avait eu des propos qui l'avaient blessé, lui. Parce qu'il y avait un rapport entre cette passion pour la lecture, les conseils d'un grand chevalier d'Athéna qu'il n'avait vu que lors des rencontres diplomatiques et le disciple de ce dernier, un ancien ennemi qu'il ne portait pas dans son cœur, même maintenant: Hyoga, le chevalier de Bronze du Cygne. Il ne l'aimait pas, il n'y arrivait pas, malgré tous les efforts qu'il pouvait faire...
Errant dans les couloirs du château, perdu dans ses pensées, il rencontra Freya au détour de l'étage des chambres.
« Hagen? Tu as réussi à résoudre ton problème?
-Oui..., mentit-il quand bien même il détestait le faire. Je crois que ça devrait marcher mais...
-Je te fais confiance, je sais que tu fais tout pour offrir un beau mariage à Siegfried et ma sœur.
-Merci, Dame Freya. Vous étiez dans la bibliothèque, après le repas, demanda-t-il en remarquant un livre dans la main de la jeune fille.
-Oh? Non, c'est un ouvrage que je voulais te prêter en vérité. Un roman passionnant que j'ai dévoré, et je sais qu'il pourrait te plaire.
-C'est gentil d'y avoir pensé.
-Cela m'a rappelé toutes les fois où on regardait les livres de contes et où on passait des heures à discuter, à refaire les scènes, à rêver de ces aventures extraordinaires. Et dès lors que j'avais lu le premier chapitre de ce roman, j'ai tout de suite pensé que tu pourrais l'adorer aussi.
Hagen était si touché par les attentions de la jeune fille. Toujours gentille, se préoccupant de lui comme un homme et non comme un Guerrier Divin, simplement. Et ce, depuis leurs plus jeunes âges, quand elle l'encourageait dans son entrainement, quand elle lui proposait de faire des balades à cheval ou même quand ils passaient des soirées à lire près du feu. Quand bien même cela ne pouvait être une illusion, un délire qu'il se faisait depuis toujours, mais jusqu'à preuve du contraire, il avait envie de croire qu'il était spécial pour elle, pas seulement un guerrier au service de la sœur de la souveraine.
-Je serai ravi de le lire, alors, vu toutes les éloges que vous en faites...
-Oh je suis contente! Hyoga aussi sera content d'apprendre qu'il est de bon conseil en matière de lecture!
Hyoga... encore lui...
Le visage de Hagen se referma d'un coup. L'espace d'une seconde, il faillit refuser de prendre l'ouvrage dans ses mains.
-Hyoga, souffla-t-il, que vient-il faire là?
-C'est lui qui m'a parlé de ce roman. On s'écrit souvent et...
Merak ne voulait plus en entendre davantage. Son cœur se resserrait et il n'avait aucune envie d'être désagréable envers la jeune fille. Sans lui laisser le temps de finir, il tourna le dos et rebroussa chemin.
Derrière lui, il l'entendait:
-Hagen? Ça ne va pas?
-... Je vais rejoindre ma chambre, je suis fatigué...
-Tu ne veux pas le livre?
-Non, je suis désolé. Je pense que Hyoga s'est trompé concernant les gouts en lecture.
-Hyoga n'a rien à voir, fit-elle en haussant le ton. C'est moi qui...
-Veuillez me pardonner, Dame Freya, mais je pense que votre amitié avec le Cygne est bien plus que cela. Vous parlez de lui avant tant de passion, de ces lettres que vous vous envoyez et... Je crois que je vais modifier à nouveau le plan de table et suggérer que Hyoga soit votre cavalier pour la danse. Oui, ce serait mieux ainsi...
Le Guerrier Divin respirait difficilement. Il se brisait le cœur de plus en plus à prononcer ces mots, mais il en était conscient, il n'avait pas les mêmes goûts que Dame Freya et ce chevalier, et cette différence de quelques années pesait également dans la balance. Les sentiments, même cachés ne faisaient pas tout, c'était certain...
-Hagen! Ca suffit!
La voix de la jeune fille s'éleva d'un coup, et résonna dans tout le couloir. Merak se retourna et ne vit plus de sourire sur ces lèvres, ni d'étoiles dans les yeux vers de la sœur de Hilda.
-Dame Freya...
-J'ai compris ce que tu voulais insinuer, en parlant de Hyoga comme ça, et je ne l'admets pas. Il n'y a rien entre lui et moi. Que ce soit à l'époque où les chevaliers d'Athéna étaient venus nous aider ou même maintenant. Hyoga est un ami très cher, et il en sera toujours ainsi. Il me confie des choses dont il ne peut parler ni avec les autres Bronzes ou avec son maitre, et moi aussi je lui fais part de secrets que... je ne pourrai jamais dévoiler, après avoir entendu ce que tu viens de dire...
-Que voulez-vous dire...
-A quoi bon... Si tu n'acceptes pas que j'ai des amis, que je puisse vivre et m'amuser comme j'ai toujours voulu... Je te considérais bien plus qu'un Guerrier Divin qui me protégeait mais... Ce livre, tu n'en veux pas, alors que je voulais t'en faire cadeau. Je t'ai menti pour que tu puisses l'accepter. Je l'ai lu, oui, pour qu'on puisse en discuter tous les deux, mais il était pour toi à l'origine. Hyoga m'avait conseillé pour te l'offrir et...
-Dame Freya je...
Hagen se sentait désemparé, même anéanti en découvrant le regard désespéré, malheureux de la jeune fille. Oui, il était jaloux du Cygne et de la complicité qu'ils avaient, mais jamais il n'avait voulu blesser Freya. Jamais il n'avait voulu voir des larmes de colère couler de ces yeux...
-... je vous présente mes plus humbles excuses. Je veux accepter votre cadeau. Les intentions sont plus qu'honorables et si le Cygne a su vous aider dans votre choix, alors je l'en remercierai aussi.
Freya sembla hésiter à lui remettre le roman.
-Tu fais pas ça juste comme ça, hein?
-Non, je suis sincère. Je lui toucherai un mot lors du mariage.
Hochant la tête, ses lèvres tordues en une légèrement grimace comme à chaque fois qu'elle était en colère, elle lui donna le livre et un frisson parcourut le dos du Guerrier au contact de leurs doigts les uns sur les autres.
Hagen, lui, était confus. D'une main, il ouvrit la couverture et découvrit un petit mot écrit de la main de la jeune fille: ''J'espère qu'il te plaira et qu'on le lira aussi ensemble, rien que tous les deux. Avec ma plus grande affection et tout mon amour, Freya.''
Quel idiot, mais quel sombre idiot! Hyoga n'avait rien à voir avec eux. Il le réalisait enfin...
-Je vais de ce pas entamer la lecture, fit-il. Mais avant, je vais rectifier quelques détails sur le plan de table. J'aimerais que vous soyez à mes côtés pour le banquet, et aussi puis-je vous demander d'être votre cavalier pour les danses?
-Que pour les danses, répéta-t-elle avec un ton plus malicieux avant de s'approcher un peu plus de Hagen. Alors, elle s'éleva un peu sur ses pieds et il sentit un souffle de douceur sur les lèvres. Elle lui vola ce baiser dont il rêvait depuis si longtemps.
-Je ne parlais que du mariage, articula-t-il avec difficulté, encore sous la surprise. Accepteriez-vous de m'aider aux préparatifs?
-Je veux profiter de chaque moment ici, quand je rentre. Que ce soit avec ma sœur ou avec toi, Hagen de Merak. Alors, demain, je viendrai t'aider avec plaisir.
-Je vous attendrai avec impatience. Bonne nuit, Dame Freya », finit-il en lui caressant doucement la main.
Il était heureux mais se retenait de le montrer, de lui rendre ce baiser avec bien plus de passion. Il l'aimait tellement qu'il serait presque prêt à accepter cette amitié avec Hyoga. Tant que Dame Freya revenait le voir et qu'ils passent des moments ensemble rien que tous les deux...
notes de fin: Merci d'avoir lu. Cette petite histoire sur Hagen et Freya, elle germait depuis un moment, quand je réfléchissais déjà aux Peaceful Days d'Asgard. Donc je suis contente d'avoir pu la faire. Même si je n'ai pas une grande passion pour Hagen, j'ai adoré écrire dessus. Je vous dis à bientôt pour la suite.
Des bisous
