notes: Bonjour, bonsoir! Nouvel épisode sur le mariage d'un de mes couples Saint Seiya chéris, sur un personnage que j'aime beaucoup, malgré son... sa réputation pas du tout glorieuse... Je vous souhaite une bonne lecture.


3- Alberich

« Bien sur que je serai ravi de participer aux préparatifs de ton mariage avec Hilda. Je pourrais même faire jouer les relations de ma famille pour vous fournir les meilleurs professionnels à cette occasion unique, déclara Alberich avec sa voix la plus hypocrite. À vrai dire, il n'avait pas d'autre choix que de faire profil bas depuis deux ans, maintenant, depuis son retour à la vie.

-N'exagère pas non plus, fit Siegfried, je sais que tu n'en penses pas un mot. Mais on a déjà bien avancé. Je pense que tu seras d'une aide primordiale à l'approche imminente de la cérémonie, au sanctuaire de Poséidon. Hagen et Syd se sont chargés de la préparation en amont, toi, si tu tiens tant à nous aider, ce sera sur place. Comme ça, on pourra garder un œil sur toi.

-Je vois que la confiance règne toujours.

-Exactement. »

Pourtant, malgré lui, Alberich en avait fait des efforts pour retrouver sa réputation. Dès son retour au royaume d'Asgard, il fut incarcéré dans une des prisons du palais. Pour avoir trahi Hilda, pour avoir voulu faire passer ses ambitions démesurées et utopiques avant sa patrie et même sa propre famille.

Depuis deux années déjà, il n'avait pu approcher sa Robe de Delta et son titre de Guerrier Divin n'était que des mots couchés à l'encre sur des documents ne datant que d'avant le conflit contre les chevaliers d'Athéna.

Une fois sa peine purgée, il fut assigné à résidence dans son domaine, auprès de ses parents. Il était certain que son père l'aiderait à remonter la pente, avec l'aide de ses relations, il reviendrait au palais d'Odin et même conquerrait le cœur et le trône de Hilda de Polaris. Ce ne fut qu'illusion et choc pour Alberich qui revint dans sa maison, accueilli par une gifle magistrale de son père. Jamais il ne lui avait levé la main dessus, ni même réprimandé, rien. Lui répétant sans cesse qu'il était la fierté du clan Megrez et que c'était en l'honneur d'illustres ancêtres qu'on lui avait donné ce prénom. Et que malgré les erreurs du passé, leurs aïeux n'avaient jamais osé de tels affronts envers les dirigeants d'Asgard.

''Tu es la honte de notre famille et voilà ce que les générations suivantes retiendront de toi. Tu ne mérites ni le nom, ni notre patrimoine. À la moindre erreur, la moindre tentative de t'écarter des valeurs des Megrez, ton héritage ne sera plus.''

Ces menaces n'étaient pas vaines, et pour se racheter un maximum, Alberich dut faire des choses qui le répugnaient au plus haut point: se mêler au peuple et les assister pour leur bien être.

Un membre du clan Megrez n'aurait jamais coupé du bois – rien que l'idée d'aller en forêt abattre un arbre à la hache soi même déjà – pour alimenter les foyers des personnes âgées, ni même aidé à servir la soupe dans la salle commune d'un village pour les plus démunis ou... pire: passer le balai!

Presque supportait-il ces sales mioches orphelins qui lui réclamaient des histoires à lire... Au moins, il pouvait par moment se vanter de ses faits d'armes et même parler de ses ancêtres, qu'il fut cru ou non.

Cependant, c'était avec une joie non dissimulée qu'il se prépara à travailler pour le mariage de cet ahuri de Siegfried et de son idiote de souveraine qui n'avait jamais eu bon goût.

Et puis découvrir enfin le sanctuaire sous marin d'un grand dieu tel que Poséidon, quel prestige!

Peu importe le rôle qu'on lui attribuerait, majordome, directeur des événements ou mieux, inspecteur des travaux finis, il montrerait que le prestige des Megrez demeurait à la lumière.

Kanon, le Dragon des Mers, qui avait réussi selon lui son coup à servir deux armées et mené les dieux en bateau, chose qu'Alberich admirait au plus haut point, emmena ce dernier au creux du domaine de Poséidon, derrière les piliers qui soutenaient les océans pour s'arrêter devant une petite porte dérobée, loin des regards.

« Voici les cuisines, annonça le Général.

Pourquoi les cuisines? Oh! Une idée lui vint à l'esprit: il dirigerait le bon enchainement entre les plats du banquet, et pour ce faire, il allait devoir observer!

La porte s'ouvrit sur un homme aux longs cheveux châtains clairs retenus en arrière, vêtu d'une tenue d'un blanc immaculé.

-Baian, je t'amène ton renfort. C'est Alberich de Megrez, de Asgard.

-Oh super! On commence à être débordé, et à deux jours du mariage, on peut pas se permettre d'être dépassé comme ça. Merci, Kanon.

-De rien! Bon, je traine pas de mon côté, il y a du boulot aussi. Megrez, tu écoutes Baian, ok? On saura si tu tentes de faire un sale coup pour le repas. »

Le Dragon des Mers partit, et le Guerrier Divin suivit l'autre Marina dans les cuisines où beaucoup de personnel travaillait sans se rendre compte de sa présence.

Cependant, il osa demander:

« Quel sera mon rôle? Servir au banquet? Expliquer le menu?

-Suis moi. Tu vas faire un truc bien plus important, bien plus primordial.

Il fut entrainé jusque dans une petite pièce, bien plus étroite que la moitié de son armoire personnelle dans sa chambre du domaine familial, où cela sentait les légumes, la vieille soupe rance et peu ragoutante.

Ensuite, Baian prépara un petit tabouret proche d'un plan de table en carrelage, et sortit d'un débarras de lourds sacs en toile. D'un tiroir, plusieurs couteaux et épluches légumes.

-Tu as un jour et demi pour éplucher ces pommes de terre, carottes et courgettes, puis les couper en morceaux de la taille d'une bouchée. Puis, tu auras les oignons, et probablement la prochaine livraison qui devrait arriver d'ici une heure. Si c'est trop la pagaille de mon côté, on te refilera les fruits aussi, pour le dessert.

Alberich crut à une blague. Oui c'était une plaisanterie pas drôle de cet idiot de Siegfried qui profite de son prochain statut de roi consort d'Asgard pour l'humilier encore plus... Il ne voyait que ça...

-C'est... vrai? C'est ça mon boulot?

-Exactement. On n'est jamais trop pour préparer un super repas. Et crois-moi que tout le monde va se régaler. Même si nous, avec un peu de chance, on ne mangera que des petits restes et des pièces ratées, ce qui compte c'est que les mariés soient satisfaits. En tout cas, sur le papier, mon menu les convient parfaitement. Donc, pas de temps à perdre!

-Parce que... on va PAS manger pareil qu'eux?

-Ah bah non! Les portions sont calculés pile au nombre d'invités...

Ce n'était plus une blague de mauvais goût qu'il subissait, mais bel et bien un cauchemar! Il avait étudié au cours de son emprisonnement les techniques de combat de ses ennemis... Le Phoenix Gen Ma Ken, ou les aptitudes des chevaliers des Gémeaux, et donc de ce Kanon à utiliser l'art des illusions et des lavages de cerveau. Aucun doute, il en était actuellement victime dès lors qu'il eut vu le Dragon des Mers...

-Bon, quand tu veux, fit Baian comme s'il s'impatientait. On est déjà assez en retard comme ça, et ça ne va pas. Commence par les oignons, je reviens dans une heure pour constater que tu as fini. »

Ainsi, le Marina abandonna Alberich à son triste sort...

Le jour du mariage, à l'heure où les premiers rayons de soleil illuminaient la surface de la terre, le matin...

Dans son petit coin, abandonné de tous, Alberich finissait de couper en morceaux grossiers – d'après les instructions de Baian – les dernières pommes de terre.

Il n'avait pas arrêté, il était épuisé, fourbu et avait juste une envie incessante de planter et son économe et les deux couteaux dont il se servait dans le dos du Marina, et de lui faire ravaler par des endroits les plus insoupçonnés ses ordres passifs agressifs énoncés avec une fausse voix se voulant gentille.

D'un geste négligé et irrespectueux, il lança les carrés de pomme de terre dans la bassine, rata la moitié de sa cible. Il ramassa les morceaux tombés au sol, les essuya sur son pantalon sans vergogne et les plongea enfin dans l'eau.

Enfin fini, cette humiliation!

Il se sentait sale, poisseux et épuisé. Indigne de sa lignée. Là, son père pourrait le lui reprocher, oui, surtout après ce qu'on lui a imposé comme tâche ingrate!

Le reste de la brigade de Baian courait partout dans la cuisine, faisant flamber des casseroles, s'appliquant sur la pièce montée – un bel exemple de mauvais goût au passage – ignorant totalement sa présence. Le Marina aussi, devait l'ignorer, vu qu'il parlait avec un autre Général, aux cheveux roses lui aussi, mais moins flamboyant que ceux de Megrez.

C'était l'occasion de fuir!

Sans réfléchir plus longtemps, Albérich traversa les plans de travail, se faufilant discrètement jusqu'à la sortie. Une fois la porte franchie, il repartirait en Asgard, point. Il n'en avait que faire de ce mariage, après tout.

Cependant un pied dehors, il fut stoppé dans son élan par la carrure imposante de Kanon qui le regardait de ses grands yeux bleu océan. Le Guerrier Divin ne tenta rien de plus. L'attaquer ne servait à rien... pour l'instant...

Puis un rire éclata et se fit entendre jusque dans les cuisines.

« Oh putain la tronche!

Le Dragon des Mers se fichait de lui en face de lui, sans aucun scrupule. Ok il allait le tuer...

-Qu'est-ce qui se passe, Kanon?

Baian avait arrêté et eu la bonne idée de les rejoindre...

-T'as vu ton escla... commis de cuisine? Il a des pelures de légumes partout sur lui, même sur le nez et dans les cheveux!

-Ferme ta gueule, marmonna Alberich...

-Ah non... Mais il ira se laver quand on aura fini..

-Mais J'AI fini, appuya Megrez.

-Je ne crois pas... J'ai vu ton poste de travail, le sol est dégueulasse, c'est bien le mot, et tu n'as rien nettoyé, c'est inadmissible. Tu peux retourner à l'intérieur!

-J'ai pas le droit de m'aérer un peu avant?

-Tu as vu l'un de nous sortir, depuis deux jours? Non. Quand ce sera fini, peut-être, mais pour le moment, tu vas récurer ton endroit et tu viendras aider à la plonge. Ce sera d'ailleurs ton poste lors du banquet. Allez traine pas!

-Et avec le sourire », railla Kanon.

Sans rien dire, Alberich s'en retourna dans son coin, proférant menaces et insultes, et tentant d'élaborer des plans pour mettre le feu aux cuisines du temple de Poséidon. Faire pénitence, d'accord, mais il fallait arrêter de le prendre pour un abruti.

Dès que Baian aurait le dos tourné, il s'assurerait que personne ne viendrait interrompre à nouveau sa tentative de fuite, loin, très loin d'ici...


notes de fin: Merci d'avoir lu. Alors la première partie de cette histoire, sur le repenti de Alberich, c'était une idée que j'avais bien avant de plancher sur ces Peaceful Days, et sur le thème du mariage. Je le voyais tellement être obligé de faire des travaux populaires pour se faire racheter.. Et puis j'ai exploité cela dans la préparation du mariage.
Pour Baian, je savais pas trop où le mettre, mais en cuistot et amateur de grande cuisine, pourquoi pas? Et je l'imagine aussi peu autoritaire, mais sachant s'affirmer malgré tout. Il mérite d'être mis au devant, ce cheval des mers, vraiment.
Je vous fais des bisous et à la prochaine.