TW: Torture detaillée, +16 ANS !
Origines
Il était une fois, la galaxie.
Parmi les milliards de planètes et les milliards d'être, il se distinguait Terre, la planète bleue, et Kolasi, la planète rouge.
Terre, appelée Berceau de l'Humanité par les premières créatures, était respectée et vénérée. Donnant eau, nourriture, chaleur et foyer, elle abritait plusieurs petits mondes. Les Hommes, créatures dites évoluées, et les Animaux, créatures restaient à l'état sauvage. Les deux vivaient simplement, en cohésion, respectant le cycle de la vie. Appréciant chaque moment que la Terre leur offrait.
Puis, Kolasi, appelé le Commencement par les premières créatures, était aimée et admirée. Donnant sécurité, compréhension et répondant aux besoins de chacun, elle abritait elle aussi plusieurs petits mondes. Les Sorciers, créatures à l'apparence humaine, mais ayant des capacités hors normes. Les Créatures des Ténèbres, créatures ayant un physique différent ainsi que des modes de vie diverses. Et les Créatures de la Lumière, créatures à l'apparence ordinaire ou bien différente, pure et pacifiste, et aux capacités hors normes, les plus vénérées. Les trois vivaient en symbiose, respectant les besoins de chacun, aidant les plus faibles. Appréciant leur originalité et bénissant les nouvelles formes de vie ou de mort.
Ces deux mondes avaient conscience des autres formes de vie ou de mort qu'abritait leur planète voisine. Tous les siècles, des festivités étaient organisés pour rencontrer leurs voisins. Les sorciers ouvraient un portail, permettant aux Hommes de se mêler aux leurs. Les Animaux et les Créatures des Ténèbres se rencontraient à travers des Terriers, les Sorciers rendant une connexion possible entre les deux mondes. Les Créatures de la Lumière restaient souvent neutres, allant vers les Hommes et les Animaux.
Durant trois lunes, ils se mélangeaient, donnant des conseils, donnant leur amitié, contant leur exploit passé, leurs projets futurs, confessant leurs problèmes, leur peine, leur peur, et même, leur Amour. Il y eut des enfants nés de parents de différents mondes. Cela engendra différentes espèces. Les enfants nés de différentes espèces étaient aimés au même rang que n'importe quel autre être. Aucune différence ne se faisait.
Lorsque les trois lunes passaient, tous retrouvaient leurs terres.
Les enfants nés de plusieurs types, habitaient sur la planète la plus sûre pour eux, ne voyant leur autre géniteur qu'une fois par siècle, voire jamais, les Hommes étant réputés pour leur faible durée de vie. Au fur et à mesure des millénaires, il y eut de plus en plus de mélange.
Un constat se fit.
La Magie commençait à s'affaiblir face aux taux d'Hommes et d'enfants à la magie mélangée. Les Sorciers à la magie brute commençaient à disparaître, les Hommes commençaient à dominer, les créatures des Ténèbres commençaient à être discriminées par leur différence, les animaux à être tués par leur originalité, les Créatures de la lumière à désespérer.
Et un jour, tout bascula.
Les Hommes, jaloux de leur pouvoir, engendrèrent des batailles par le billet des portails. Alors que les Sorciers avaient ouvert le passage, ils attaquèrent. Détruisant, saccageant, brûlant, tuant à la minute même. Les Sorciers affaiblis et choqués par leur cruauté nouvelle, avaient fui. Ne voulant pas se battre avec leurs vieux amis.
Les Hommes, euphoriques de leur victoire, avaient alors avancé vers d'autres lieux… Le portail étant complètement ouvert, leurs troupes purent arriver sans peine.
Les Créatures de la Lumière ne purent répliquer, ne sachant pas se battre. Le massacre le plus cruel que Kolasi ait connu vint. Cet événement engendra la folie, la terreur et la haine. Les anges, créatures les plus pures et innocentes, furent annihilés par les Hommes. Leurs ailes arrachées comme trophées.
Une révolte s'installa, les Créatures des Ténèbres se défendirent à mort. Les animaux tentèrent de les aider, ahuris face à l'envi de pouvoir de leurs anciens amis. Mais les portails étaient sous surveillance et les terriers furent condamnés… Ce fut l'extermination de la moitié des espèces animales. La Guerre dura deux siècles. Deux siècles où chacun tentait de reprendre le contrôle. Kolasi fut malmené, gravement blessé. Les Créatures des Ténèbres et les sorciers réussirent à gagner à l'aide de magie et de bien trop de sacrifices. Des milliards de morts au compteur. Les Hommes durent fuir la planète rouge.
Cela aurait dû être la fin de la guerre. Plus jamais, ils ne se verront et plus jamais, ils ne se battront. Mais non. Kolasi avait trop pris. La moitié de cette planète était recouverte de cadavres et de sang, brûlée jusqu'au noyau même. Il n'y avait plus rien. Le ciel était rouge, les terres étaient rouges. Le sang gouvernait cette planète. Les années passèrent et un nouveau règne s'installa à Kolasi. Pratiquement tous les sorciers avaient quitté cette planète, avec quelques créatures des Ténèbres, allant s'installer sur Terre malgré tout, se cachant du monde. Peu étaient restés, très attachés à leur planète natale. Ce règne dura longtemps, bien que la planète soit à bout, elle était largement suffisante pour eux.
Mais contre toute attente, Kolasi connut une nouvelle tempête. La dernière.
Les survivants durent se résoudre à abandonner cette terre pour de bons, ce foyer brisé. Ils eurent l'idée d'aller sur Terre, proche des Sorciers, leurs amis et les autres Créatures des ténèbres. Peut-être que les Hommes avaient oublié leur existence et ne leur feraient plus rien.
Mais les créatures des Ténèbres déjà discriminées, ne purent être libres, même cachées des Hommes. Sans leur seigneur, ils ne pouvaient combattre sans sombrer dans la folie. Finalement, les sorciers avaient pris le dessus sur toutes les Créatures des Ténèbres, elles durent se cacher parmi les Terriens et les sorciers. Détruites.
Et nous nous retrouvons donc aujourd'hui. Les sorciers harcèlent et haïssent les Créatures des Ténèbres, les Créatures de la Lumière ont disparu et les Animaux sont en guerre perpétuelle avec les Hommes.
Fin.
Le vieil homme sourit tristement face à l'enfant à la mine boudeuse.
- Mais c'est trop triste !
Éros eut un rire sans joie.
- Oui, ça l'est…
Le blond s'assit en tailleur sur le nuage. Une question le taraudait.
- Mais y a-t-il quel qu'un a la magie encore brute aujourd'hui ? Les sangs purs, sont-ils des menteurs ?
Son père lui avait expliqué qu'ils étaient des sangs purs, visiblement ce n'était pas le cas…
- Et bien, il en reste, peut-être un ou deux si nous sommes optimistes. Les sangs-purs sont ceux qui ont le sang le moins mélangé, mais ils ont tout de même un sang mélangé. Ce sont des menteurs, mais ils ne sont pas au courant de cette histoire. Avec les siècles et les morts, nous avons tous oublié nos origines. Excepté la vieille carcasse que je suis. Et toi maintenant.
L'Homme s'agenouilla pour être à sa hauteur.
- Fais-moi une promesse, petit dragon. Souviens-toi des histoires. Je ne veux pas que Kolasi soit oublié à jamais.
L'enfant ne réfléchit pas, trouvant la réponse évidente.
- Je te le promets ! Je n'oublierai jamais Kolasi ni nos origines.
Ils sourient tristement.
Une sonnerie fit sursauter les deux hommes. Draco eut un air abattu et se leva à contrecœur.
- Je dois partir...
- Oui. Au revoir, petit.
- Au revoir monsieur le sage !
Et l'enfant partit. Il traversa la porte et fut aspiré par le monde réel. Une fois dans sa chambre, il soupira et se dirigea vers son bureau. Un parchemin s'y trouvait avec trois gouttes de sang, il la brûla.
Voilà un mois que Draco venait à la rencontre d'Éros, un être bien étrange. Le blond avait découvert dans un grimoire une formule magique. Curieux, il l'avait essayé, mais rien ne s'était produit. Alors il avait pensé à ce que disait toujours père "Dans la majorité des sortilèges, il faut du sang", il avait entaillé sa pomme et le sort avait fonctionné. Sa magie n'avait pas besoin d'être conduit par une baguette, alors cela avait été simple.
Le garçon aimait bien Éros, tous les soirs, il lui racontait une histoire dans les nuages noirs ! Celle des Anciens Mondes était sa préférée, bien qu'elle soit triste… Grâce à lui, le petit sorcier pouvait dormir paisiblement. Même si cela faisait presque deux ans qu'ils l'avaient retrouvé, il ne pouvait pas dormir sans l'aide de quelqu'un. Narcissa n'avait pas eu la patience de l'aider, tout comme Lucius qui ne comprenait pas pourquoi Draco avait des cauchemars chaque nuit. Finalement, sans Éros, Draco ne dormirait pas.
Le bambin reprit ses esprits et s'allongea dans son lit, un elfe allait bientôt le réveiller et il voulait dormir deux ou trois heures avant.
- Éros, raconte-moi une histoire !
Le vieil homme sembla réfléchir un instant tout en s'installa confortablement dans son fauteuil. Le petit garçon attendit avec impatience le verdict et s'allongea sur un nuage. C'était leur petite routine, Draco venait une fois que ses parents dormaient, il s'installait sur un nuage avec une couverture qu'il ramenait, et demandait à l'homme de lui conter une histoire.
- Je pense avoir celle qu'il te faut. Elle se passe lors du règne de l'après-guerre.
Draco sourit, il se demandait justement ce qui s'était passé lors de ce fameux règne. La voix envoûtante d'Éros le plongea dans l'histoire.
Il était une fois, le Diable.
Le diable était triste, très triste. Voilà des siècles qu'il essayait avec sa femme d'avoir un enfant. La planète rouge n'avait pas connu depuis bien trop longtemps le rire d'un innocent. Les Hommes étaient partis depuis quelques millénaires et le Seigneur des Enfers, Lucifer, pensait avoir tout pour lui. Après tout, il avait réussi à construire un nouveau règne, il avait réussi à être le roi ultime, lui, autrefois battu. Mais il y avait une raison à cela, tous l'avaient laissé prendre le trône pour une seule raison. Mais là n'est pas notre histoire !
Le Diable et sa femme étaient des dieux, tous deux stériles. Après avoir demandé à Merlin, Salazar Serpentard et aux mages qui étaient restés sur Kolasi, il était triste.
Le roi et la reine avaient pensé à créer un enfant dans de l'argile, de la pierre, de la terre, mais contre toute attente, cela ne fonctionna pas. Personne ne savait pourquoi. Alors un beau jour, il y eut un miracle. Le Diable était en plein conseil lorsque sa bien-aimée entra à toute allure. Elle se jeta dans ses bras et s'écria : "J'attends votre enfant".
La grossesse dura seize lunes, le Diable amusa grandement leur peuple durant la grossesse de la reine. Il s'inquiétait pour elle, s'assurant qu'elle se repose, devenant un père sur protecteur avant l'heure. Après avoir imaginé des milliers de fois leur enfant, il vint au monde. Sa majesté accoucha au quatrième coucher de soleil à la sixième lune. Un magnifique nourrisson, la fierté de la mère et bientôt du père.
Les guérisseuses étaient parties pour prévenir leur roi du succès de l'accouchement, laissant la reine avec son enfant. Le berçant à l'aide d'une mélodie, elle souriait comme elle ne l'avait jamais fait.
Mais un drame survint.
Éros fit une pause, maussade, le petit le regarda avec de grands yeux.
- Quel drame ?
- La reine fut assassinée, l'enfant enlevé le jour même.
Le petit garçon eut un air horrifié.
Leur reine bien-aimée était décédée, l'unique amour du seigneur des Enfers avait disparu. Il n'avait pu voir son fils avant son enlèvement. Alors, fou de chagrin, il lança une malédiction. Son royaume, qui abritait les dernières Créatures des Ténèbres, qui leur assurait sécurité et liberté, fut incendié par sa douleur. Son royaume brûla dans les flammes de l'enfer et son peuple dut se résoudre à quitter ses lieux.
"Tant que mon fils ne me sera pas rendu, Kolasi continuera à brûler, plus personne ne pourra y rentrer, y connaître la paix."
Furent ses dernières paroles. Aujourd'hui, toutes ses créatures sont ici, dans le monde sorcier ou Humain. Elles sont attaquées et tuées, elles connaissent la souffrance, la mort et les larmes. On raconte que, dans son palais, le roi attend encore son fils.
Fin
- C'est horrible !
Éros caressa les cheveux du garçon et eut un air nostalgique.
- Mais peut-être qu'un jour, son enfant réapparaîtra.
- Tu crois ?
Son ton était plein d'espoir et le fit sourire.
- Je ne sais pas, Draco. Je ne sais pas.
L'enfant fronça les sourcils et se hissa sur ses genoux.
- Tu sais tout le temps tout pourtant !
- J'ai des millénaires, petit. J'ai le savoir du passé et non du futur.
- Même chose.
Cela fit rire l'homme.
- Mais… Pourquoi ont-ils laissaient le Diable dirigé ? N'y avait-il pas d'autres prétendants ?
- Oh que si ! Mais cela est une autre histoire...
Draco grogna.
- Alors raconte-la-moi !
- Il est trop tard, tu devrais aller dormir. Demain, est un jour spécial après tout.
Le blond fronça les sourcils d'incompréhension. L'homme l'aida.
- Poudlard.
- Ah…
- N'es-tu pas heureux d'aller dans une école de sorcellerie ?
Draco grimaça.
- Aller à Poudlard veut surtout dire que je ne pourrai plus te voir aussi souvent… Ça m'agace. Et puis j'ai l'impression d'être…En décalage. Les enfants de mon âge sont si naïfs. J'ai vraiment peur qu'ils découvrent tout…
Eros lui remonta le menton.
- Draco, tu es différent des autres enfants, c'est vrai. Mais ton passé t'as fait grandir plus rapidement, tu es en décalage, mais tu ne dois pas avoir honte. Tu dois être fier de ce que tu es. Regarde, le Diable était une Créature de la Lumière, il a été harcelé, battu, insulté tout au long de son existence pour avoir eu l'audace de changer de camp. Et pourtant, avec cette originalité, il a été roi. Sois fier mon petit, car moi, je suis déjà fier de toi.
L'enfant eut les larmes aux yeux et murmura.
- C'est la première fois qu'on me dit ça.
Il sauta dans les bras d'Éros et marmonna un "merci".
Le petit garçon, plus si petit que ça, traversa la Salle Commune de Poudlard avec impatience. Il était en retard ! Eros et lui avaient convenu qu'ils se verraient une fois par semaine, les devoirs de l'enfant monopolisant son temps. Cependant, son retard n'était pas dû à un devoir de trop, mais à un Troll… Un troll à Poudlard, Salazar, que cette année était exaspérante...
Par ailleurs, Draco n'avait pu être seul depuis quelques heures. Devant se coltiner les autres Serpentard…
Draco était, à la grande surprise de son père, introverti. Rester avec Crabbe et Goyle, Pansy, Blaise, Théodore, le fatiguait. Il savait très bien que ce groupe était une sécurité, Lucius souhaitait qu'il soit bien protégé contre les gryffondors en cas de disputes et de bagarres. Même à onze ans les enfants étaient dangereux… Pourtant avoir des présences perpétuelles à ses côtés l'agaçait, ne pouvant jamais être en paix. Devoir entendre des gamins qui ne savaient rien et qui ne faisaient rien d'intéressant l'épuisait. Oui, le prince des Serpentard, celui qui attirait tous les regards n'aimait pas être entouré. Très paradoxal tout de même pour un Malfoy !
Théodore lui avait déjà fait une remarque sur le fait qu'il soit très, trop, secré. Une fois rentré dans la salle commune, Draco s'isolait, ne parlant jamais de lui, mais de politique ou bien de stratégie. Le reste ne regardait personne.
Hormis Eros, il était seul. Draco n'avait pas d'ami.
C'était inutile un ami. Ça posait des questions tout le temps, ça braillait et voulait jouer à n'importe quoi. Draco s'éloignait suffisamment pour qu'on ne l'embête pas à faire copain-copain, mais pas assez pour se retrouver seul contre la bande de Potty. Sa maison était derrière lui, car c'était un Malfoy, mais il était aussi un très bon leader, sachant tourner ses phrases pour qu'elles ensorcellent les ennemis, sachant quand parler, quand se taire, quand insulter, quand cracher son venin. Il était très doué pour manipuler.
Alors pourquoi avoir des amis s'il n'en sentait pas le besoin...
Draco avait passé son enfance seul, entouré de cadavres et de sang. Certes, c'était un contexte très particulier, mais il y avait été habitué.
Arrivé dans le dortoir, il enleva rapidement ses chaussures, alla sur son lit et ferma ses rideaux. Comme depuis quelques mois, il s'entailla le doigt, les gouttes tombèrent délicatement sur un parchemin vierge, et il murmura un sort.
Son petit rituel lui avait laissé une cicatrice au doigt, ça le rassurait d'avoir cette marque. Une fine cicatrice qui signifiait beaucoup pour lui, le fait que tout cela était réel, qu'Eros existait, mais surtout, qu'il y avait quelqu'un sur cette planète qui l'aimait, pas pour l'image qu'il renvoyait, mais pour ce qu'il était.
Il se sentit partir doucement vers la douceur des nuages noirs.
Draco aimaité énormément cet endroit. Un ciel gris et doux, des nuages confortables, il savait qu'il était dans le ciel, pourtant, il n'était jamais tombé. Cet endroit le rassurait. Et l'homme qui habitait ici aussi. Cet homme qui contait des histoires farfelues avec bonheur, Malfoy ne savait pas si tout ce qu'il disait était fruit de vérité, mais il l'espérait. Et en ce moment même, il buvait les paroles de cet homme.
- Il était une fois, les prétendants au trône.
Kolasi avait besoin d'un seigneur. Et vite. Dans l'ancien temps, elle ne possédait pas de seigneur, mais la situation actuelle exigeait un être capable de prendre les choses en main. Toutes les créatures s'étaient réfugiées dans des ruines, soignant les blessés avec peine, certains encore choqués que nombre d'entre eux avaient préféré fuir leur Terre-Natale. Il fallait qu'une personne les dirige.
Il se distinguait trois prétendants au trône et au pouvoir.
Alastor, un démon.
Lucifer, un ange déchu.
Lycaon, un loup-garou.
Chacun avait joué un rôle important dans les guerres. Ils avaient montré du potentiel, leur force et leur stratégie. Faire un choix était difficile, alors Lycaon eut l'idée de duel entre eux. Le peuple accepta cette idée, les trois êtres allaient s'affronter à travers diverses épreuves. Tricher reviendrait à de la trahison.
Le premier duel arriva, les trois êtres devaient conter leur idée pour un futur meilleur. Alastor prouva sa force de vengeance, montrant ce qu'il prévoyait pour la Terre lorsqu'il serait au pouvoir. Lucifer démontra sa sagesse, contant ses idées pour un monde meilleur sur Kolasi. Lycaon démontra sa haine, contant les massacres qu'il ferait à la Terre.
Alastor gagna pour son intelligence.
Le peuple souhaitant se venger au grand bonheur de Lycaon et au grand désespoir de Lucifer. Ayant vu le massacre de ses anciens frères et sœurs, il aurait dû vouloir se venger. Mais non. Lucifer souhaitait que son peuple survive avant tout, la vengeance attendra.
Une lune passa, ils commençaient tous à construire des foyers et à se réfugier sur le seul endroit où la nature n'avait pas péri. Les enfants, tous morts pendant la guerre, les avaient laissé ivres de vengeance.
Le deuxième duel suivit, ils allaient devoir s'affronter à mort. Un allait mourir, deux, allaient survivre.
Le combat fut dans une arène, les trois êtres avaient le droit d'utiliser tous leurs atouts, magiques comme physiques. Alastor put utiliser sa magie démoniaque, Lycaon fut dès le départ sous forme animale, et Lucifer put lui aussi utiliser sa magie divine et démoniaque.
Alastor mourut sous les coups des deux êtres.
Après cela, Lucifer comprit rapidement que Lycaon allait gagner, le peuple voulant à tout prix briser la Terre. L'urgence de la situation le fit alors agir.
Lors du troisième duel, les deux créatures devaient prouver leur endurance à la torture. À cette époque, la peur d'une nouvelle guerre allait avec la peur de prise d'otage, nombre de leurs secrets avait été relevé et toutes leurs terres sacrées avaient été ravagées. Le premier qui céderait serait tué.
Lycaon se transforma alors en loup-garou, il poussa sa forme jusqu'à ce qu'elle soit énorme et féroce pour supporter les futures douleurs cuisantes des bourreaux. Quant à Lucifer, sous les regards ahuris de la foule et de son adversaire, il déploya ses ailes d'ange. Lui qui était considéré comme le Diable, lui qui avait trahi les siens, lui, le monstre, le traître, le fou, l'assassin, avait gardé ses ailes divines. Lui, Le Survivant.
Le peuple s'agenouilla alors face à l'être, y compris Lycaon.
L'ange déchu devint alors le Seigneur Ultime, le Sauveur.
Fin
Draco avait la bouche grande ouverte, choqué.
- C'est…
Éros le regarda avec amusement.
- Impressionnant ?
- Oui…
L'enfant se remit de sa stupeur rapidement et poursuivit.
- Est-ce que son fils pourrait être un ange lui aussi ?
Le vieil homme eut un sourire triste.
- Je n'en ai aucune idée.
Le blond se leva du lit de nuage et réfléchit.
- Pourquoi avoir laissé le seigneur Lucifer être roi pour être un survivant ? Être un ange semble apporter beaucoup de pouvoir…
- Un ange est une créature qui apporte vie et protection, il est naturellement la perfection, le protecteur de tous. À cette époque, toute forme de protection divine était inespérée. Tout comme aujourd'hui, les licornes se font rares, si tu avais la chance d'en voir une, est ce que tu l'ignorais ?
- Bien sûr que non !
Malfoy comprenait ce qu'il voulait dire. Ils devaient vouer un respect à Lucifer.
- C'est d'ailleurs pour cela que l'interdiction de faire du mal à un ange était et est toujours présente. La honte d'avoir osé frapper un être de ce type serait si forte qu'elle tuerait. Les hommes ont réussi ce tragique exploit, car leurs cœurs étaient déjà noirs et la culpabilité de leurs massacres les a encore plus transformés en être abjectes.
L'enfant eut un long soupir et se leva.
- Tu crois qu'un jour tout reviendra à la normale pour eux ?
Le vieil homme se leva à son tour, ses longs cheveux blancs fascinèrent un instant l'enfant. L'apparence de l'homme le fascinait pour être honnête. La peau aussi noire que de l'encre aux reflets argentés, les cheveux lisses, blancs, aussi long que la taille de l'homme, des yeux complètement blancs, aucune pupille, sa grande taille et sa minceur, tout le fascinait. Sa tunique noire lui donnait un petit côté fantomatique.
- Rien ne pourra jamais être comme avant. Personne ne connaît nos origines aujourd'hui. Un monde ou sorcier et Créatures des Ténèbres cohabitent et impossible… Et Kolasi est probablement en cendres depuis le temps. Le temps sur Kolasi est bien plus rapide, une dizaine d'années équivaut à une dizaine de mois ici.
Le voir aussi affecté laissa l'enfant attristé. Draco tenta de lui remonter le moral en l'étreignant.
Draco déposa délicatement ses ingrédients dans le chaudron et mélangea pendant une dizaine de secondes la mixture. Son parrain posa un regard sur sa préparation et eut un léger sourire satisfait, rassurant son filleul. Bien qu'il ait toujours réussi ses potions et que la première année se terminait, Malfoy était soucieux de bien faire.
Une fois fini, il mit dans un flacon une petite part du liquide, sous le regard assassin de Granger qui n'avait pas fini. La voix sèche du professeur claqua dans la classe.
- Dix points pour Serpentard.
Les serpentards sourirent et Draco soutenait les regards colériques des Gryffondors avec arrogance. Le silence de la pièce fut coupé par l'explosion d'un chaudron. Weasley. Les verts et argents ricanaient face au sorcier surpris, couvert de matière visqueuse verte. Potter alla l'aider à enlever toute la glu sur son visage avec un mouchoir, la sang-de-bourbe lui demanda s'il avait mal quelque part, inquiète malgré elle.
- Votre incapacité n'arrêtera jamais de m'étonner ! Vingt points en moins pour Gryffondor ! Allez à l'infirmerie avant que je ne me mette en colère.
L'enfant détala aussitôt.
- Malfoy, accompagnez-le, vous avez fini le cours.
Le blond grogna, mais abdiqua. Rangeant ses affaires rapidement, il suivit le rouge et or dans les couloirs. Le roux le vit aller vers lui et cracha immédiatement.
- Vas en Enfer Malfoy!
Cette phrase fit se figer le prince des Serpent. Enfer ? Il aimerait bien aller sur Kolasi, cette planète avait l'air vraiment incroyable, avant les guerres bien entendu.
- Un jour, j'irai. Murmura-t-il.
Sa première année s'était finie sur un goût amer d'injustice. Les gryffondors avaient gagné. C'était complètement idiot ! Dumbledore avait tout calculé depuis le début, donner une fausse joie aux Serpentard, les humilier, puis montrer à quel point les Gryffondors étaient géniaux. C'était dégueulasse.
Seul avec Nott et Zabini, dans une cabine de Poudlard Express, il grognait des insultes bien senties. Les deux bruns n'étaient pas en meilleure forme, leur partie d'échecs était morne, sans commentaire. Étrangement, il s'était rapproché d'eux, et les supportait dorénavant. Mais Draco n'était toujours pas habitué à recevoir des questions personnelles…
La porte de la cabine s'ouvrit soudainement à un professeur, Snape. Il portait un chat et une lettre dans ses bras, surprenant les serpents, il déposa le chat sur la banquette de Draco et lui tendit la lettre.
- Un homme m'a donné cela pour vous. J'ai vérifié, il n'y a aucun danger.
Le blond le remercia, étonné, son parrain partit dans un jeu de robes que seul lui connaissait. Nott et Zabini l'assaillirent de questions que Malfoy balaya d'un regard froid. Ouvrant rapidement la lettre, il eut un air amusé en voyant qui l'avait écrit.
Petit,
Les chats sont connus pour calmer le stress et l'angoisse… Tu m'as dit que tes nuits étaient peuplées de cauchemars, cet animal t'aidera à dormir. Ne pouvant te donner un chat là-où-tu sais, j'ai pensé à te l'envoyer par le billet d'un ami. Il l'a récupéré dans un centre pour animaux abandonnés, il se nomme Guimauve, tu comprendras rapidement pourquoi...
Tu-sais-qui.
Sa signature amusa grandement l'enfant. Il était touché qu'Éros se souvienne de ses terreurs nocturnes. Ses cauchemars n'étaient que des souvenirs de son emprisonnement, mais cela le terrifiait malgré le temps. Le blond ignorant de nouveau les questions de Zabini et ses souvenirs pour diriger son regard vers l'animal.
Un ragdoll, blanc avec toutes les extrémités grises, excepté une patte entièrement grise, et le regard aussi gris que le sien. Il dirigea une main hésitante vers le chat et celui-ci miaula en lui léchant le doigt, en demande de caresses. La fraîcheur de la langue le fit sourire et il prit rapidement l'animal dans ses bras, Guimauve se colla aussitôt et reçut avec enthousiasme ses caresses, sous le rire de l'enfant.
Draco regarda avec émerveillement la bête et continua à le câliner de longues minutes. Se souvenant soudainement de l'endroit où il était et avec qui il était, il arrêta de sourire. Draco vit les deux mines ahuries des sorciers. Il lança sèchement.
- Un problème ?
Zabini bégaya un instant.
- C'est… C'est la première fois qu'on te voit rire.
- Et sourire.
Rajouta Nott.
Malfoy se sentit mal à l'aise et se mura dans un silence tout en caressant Guimauve.
Theodore sourit à son tour, attendri de voir son ami s'ouvrir un peu à eux. C'était un bon début.
A suivre...
