Décidé à oublier sa rencontre avec le Docteur Strange, l'Agent Ross se donna à fond dans son nouveau travail. De retour au SHIELD, les missions s'enchaînaient, comme si HYDRA avait doublé la cadence, et les Inhumains balafrés s'entassaient dans l'infirmerie de la base.

— On arrive à saturation, Monsieur. Il va falloir en mettre dehors ou les déplacer.

Coulson raccrocha et regarda Daisy en face de lui.

— C'est que j'étais en train de négocier, justement. J'ai trouvé des places pour les valides dans des centres de réhabilitation qui viennent d'ouvrir en urgence. Ce sera temporaire et pas confortable, mais mieux que rien.

— Et ceux qui ne veulent pas y aller ?

— On les relâche.

Daisy et Coulson pivotèrent et May entra dans le bureau.

— Les relâcher ? Comme ça ? dit Daisy.

— Ça vient de qui ? s'étonna Coulson.

— Le Président en personne.

May jeta un dossier sur le bureau, visiblement agacée.

— On vient de recevoir ce communiqué qui a été envoyé à toutes les bases du SHIELD, nous avons ordre de relâcher dans la nature, sans obligation d'entraînement ou de soins, tous les Inhumains qui ne veulent pas de notre aide.

Daisy inspira, lèvres pincées, et croisa les bras.

— C'est parfait, relâchons donc des dangers publics, c'est nickel ! ronchonna-t-elle. Excusez-moi.

Elle quitta le bureau et Coulson prit le dossier en soupirant.

— Ils se rendent compte que certains Inhumains sont des dangers pour eux-mêmes et pour les autres ?

— Il reste la possibilité de neutraliser leurs capacités à l'aide d'un inhibiteur sur lequel Fitz travaille, proposa May. Mais il ne sera pas prêt avant des mois. Vu à quel rythme HYDRA diffuse le Terrigène, ça se compte en centaines d'Inhumains livrés à eux-mêmes.

Coulson serra les lèvres.

— Allez secouer Fitz et Simmons, Agent May. Je vais discuter un peu avec le Président...

May opina et tourna les talons. Dans le couloir, elle tomba nez à nez avec l'Agent Ross.

— Oh, tiens, vous êtes encore là, vous ?

— Moi ? s'étonna le jeune homme. Et où serais-je censé être ?

— Je ne sais pas, j'ai cru comprendre que vous aviez fait une demande de mutation ?

Ross serra les mâchoires, s'excusa et contourna May. Il disparut au coin du couloir et serra les poings. Depuis qu'il avait accepté de rencontrer le Docteur Strange, rien n'allait plus dans sa nouvelle vie d'Agent du SHIELD. Dans un élan mûrement réfléchi, il avait fait une demande de mutation pour retourner dans une agence gouvernementale authentique, loin des Inhumains, des Avengers et de ces créatures venues d'ailleurs, mais son dossier était resté sans réponse. Cela faisait trois semaines maintenant, et il avait beau relancer, il ne recevait aucune réponse.

Cependant, il était bien loin de se douter que son dossier n'était jamais arrivé à destination...

.

À New-York, au même moment.

— De quand date sa dernière relance ?

— Deux jours.

— Tu devrais peut-être quand même transmettre le dossier, non ?

Mordo regardait son ami, assis dans un fauteuil. Celui-ci, posé derrière son bureau, lisait un énorme grimoire.

— Pourquoi tiens-tu à ce point à l'empêcher de partir ?

— Parce que je veux des réponses, Mordo ! répliqua Strange.

Mordo leva les mains et quitta son fauteuil.

— Pardon, désolé, dit-il. Tu es d'une humeur exécrable depuis que tu as rencontré cet homme, c'est un peu pénible, tu sais ? On ne peut plus rien te dire, tu t'énerves tout de suite. Si je ne te connaissais pas, je croirais que tu es amoureux.

Strange ferma brutalement le grimoire et Mordo sursauta. Sans un mot, il invoqua un portail et s'éclipsa. Strange s'écroula ensuite contre son dossier en soupirant.

— Cléa ! aboya-t-il.

La jeune fille de seize ans apparut dans la porte entrouverte et il lui fit signe d'approcher.

— Cherches la signature du bracelet de Ross, lui dit le magicien en se redressant. Et demande-lui de venir.

— Il ne voudra pas. Vu la peur qu'il a eue la dernière fois et sa demande de mutation, il ne voudra jamais revenir ici...

— Alors dans ce cas, j'irais.

Strange quitta son siège et contourna la jeune fille.

— Maître...

— Hm ?

— Parlez-lui...

— Et de quoi, je te prie ? Mes pouvoirs m'ont déglingué la tête dès que j'ai vu ce mec en Chine, je n'arrive pas à me dépêtrer de lui et je me sens faible ! De quoi voudrais-tu que je lui parle ?

Cléa rentra le menton et Strange tourna les talons, agacé. Depuis trois semaines, la jeune magicienne sentait bien que son Maître était différent. Elle avait entendu les paroles de Mordo et même si elle ne connaissait pas Stephen Strange depuis aussi longtemps que le moine tibétain, pour elle, cela ne faisait aucun doute, son Maître était en train de s'enticher de ce petit Agent du SHIELD, même s'il semblait refuser catégoriquement de l'envisager.

.

A l'autre bout du pays, cependant, la débauche était proche et les Agents du SHIELD avaient encore eut une longue journée. Chacun espérait qu'HYDRA allait se lasser rapidement et faire une pause, en arrivant à bout du stock de Terrigène, par exemple. En attendant, ils courraient partout et Coulson avait même marmonné une fois que s'ils pouvaient ouvrir des portails comme le Docteur Strange, leurs journées seraient moins fatigantes.

Enfin, l'heure de regagner ses pénates sonna et chaque Agent se dispersa dans la base souterraine pour vaquer à ses occupations vespérales.

— Bonne soirée, Everett.

— À vous aussi, Melinda. Daisy.

Les deux femmes le saluèrent puis chacun regagna sa chambre. Ross s'enferma dans la sienne en éclairant les lampes et soupira en déposant sa veste sur le dossier d'un fauteuil. La pièce était petite, mais spacieuse ; elle comportait un lit double orné de ses tables de chevet, et un petit salon avec une télévision. Un bureau complétait le tout où Ross avait posé son ordinateur portable et ses papiers personnels. Un coffre-fort s'ajoutait également au-dessus du lit, mais Ross n'y avait encore rien mis.

Alors qu'il dénouait sa cravate, son regard se posa sur la boîte allongée que le Docteur Strange lui avait envoyée quand ils revenaient de Chine à bord du Zéphyr One. Il n'avait pas repensé au magicien depuis qu'il avait fui son manoir, terrorisé par ce miroir et ce qu'il y avait vu et surtout entendu. Déjà que des humains avec des capacités supérieures c'était limite pour lui, il ne s'y était encore pas habitué, mais alors un homme avec des véritables pouvoirs magiques qui contrôlait le temps avec ça, c'était trop, beaucoup trop !

Avec un profond soupir, Ross prit la boîte et s'assit dans un fauteuil proche. Il bascula le couvercle et observa le bracelet à gros maillons en argent en prenant garde de ne pas y toucher. La musique du violon lui résonna dans la tête et il fronça les sourcils, les yeux fermés. Soudain, une lueur orangée se manifesta derrière ses paupières et il rouvrit les yeux pour découvrir un anneau d'étincelles qui se formait.

— Eh merde...

Le portail s'élargit et une jeune femme apparut. Ross se pencha en avant.

— Agent Ross ? demanda-t-elle.

— À qui ais-je l'honneur ?

— Je m'appelle Cléa, je suis l'apprentie du Docteur Strange. Il m'a demandé de vous localiser et de vous inviter au manoir. Il aimerait que vous discutiez.

Ross secoua la tête.

— Dites-lui de m'oublier, je ne veux plus rien avoir affaire avec cet homme.

Cléa baissa le nez.

— Monsieur... Mon Maître n'est pas ce que vous pensez, dit-elle alors. Il était un homme comme vous il n'y a pas si longtemps, et il a dû traverser des épreuves terribles pour devenir celui qu'il est aujourd'hui.

— Et quoi ? Vous voudriez que je lui "laisse une chance" ? grinça Ross. Et une chance de faire quoi, hein ? J'ai vu le souvenir dans le miroir, j'ai parfaitement ressenti ce que ces deux hommes partageaient, et je ne suis pas comme ça ! Maintenant, oubliez-moi !

— Il ne l'est pas non plus, Monsieur... Faites vos propres recherches sur Stephen Strange, vous en apprendrez sans doute bien plus que ce que vous pensez.

Le portail se referma et Ross serra les poings. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que ça tombe sur lui ? Et pourquoi cette satanée administration ne répondait pas à sa demande de mutation, merde !

Récupérant sa veste, Ross quitta sa chambre et remonta les couloirs jusqu'au bureau de Coulson. Il toqua deux fois puis entrer et le Directeur du SHIELD l'observa approcher.

— Que puis-je faire pour vous, Everett ?

— Directeur, j'aurais voulu connaître, si c'est possible, l'état de ma demande de mutation.

Coulson, qui écrivait, se figea.

— Je vous demande pardon ? Demande de mutation ?

— Oui, cela fait plus de quinze jours que j'ai envoyé mon dossier et malgré mes relances, je n'ai pas de réponse.

— Je ne suis pas au courant... Pourquoi voulez-vous nous quitter ?

— Décision personnelle, répondit Ross en secouant la tête. Pouvez-vous contacter quelqu'un de l'administration pour savoir ?

Coulson demeura silencieux un instant, surpris. Il n'avait jamais eu entre les mains un dossier de demande de mutation, il savait donc que même s'il appelait au siège pour avoir le service des ressources humaines, il aurait la même réponse.

— Je veux bien essayer, mais normalement, tous les dossiers des Agents du SHIELD passent par moi, et c'est moi qui accepte ou non leur demande de mutation. Or, je n'ai pas votre dossier.

— Je l'ai fait sur ordinateur, je l'ai envoyé par mail. J'ai la preuve d'envoi.

Ross tira son portable et navigua dessus un moment puis tendit l'objet et Coulson observa l'écran un moment avant de tapoter sur la plaque de verre de son bureau et d'afficher ses propres courriers.

— Non, dit-il au bout d'un moment. Je n'ai rien... Je suis désolé, Agent Ross, mais je n'ai pas reçu votre demande de mutation.

— Mais comment c'est possible ? Je l'ai envoyée par mail !

— Écoutez...

Coulson pivota et chercha dans les tiroirs du meuble derrière lui.

— Ah. Voilà. Tenez, remplissez le dossier à la main et ramenez-le-moi, dit-il en tendant un feuillet. Je le transmettrai directement à la DRH. D'accord ? C'est probablement un souci informatique, inutile de vous énerver.

Agacé, Ross prit le feuillet et quitta le bureau d'un pas raide. Il retourna chez lui et jeta les papiers sur son lit en marmonnant. Soudain, son esprit tilta et il serra les mâchoires.

— Strange ! C'est lui ça ! C'est lui qui a intercepté mon dossier, j'en suis sûr !

Il se reprit aussitôt.

— Arrête de dire des âneries, pourquoi est-ce qu'il ferait ça ?

Avisant son ordinateur et se remémorant les paroles de la jeune fille qui s'était montrée à lui quelques minutes plus tôt, il décida d'en avoir le cœur net et de faire les recherches suggérées par Cléa.

— Voyons voir... Qu'est-ce qu'elle a dit déjà ? Ah oui. Stephen... Strange... New-York... Chirurgien...

Ross pianota sur son clavier puis tapota la souris et souffla.

— Alors... Stephen Strange, né à New-York en 1974, une sœur décédée... Hm, noyade, pas cool ça... Ah, ça l'a poussé à devenir médecin et si j'en crois ce que je vois là, c'était un excellent neurochirurgien... Pas mal de récompenses, des prix, des nominations... Peuh, on dirait un acteur aux Oscars ! Quelle prétention !

Ross fit défiler la page en survolant la majorité des données médicales, jusqu'à ce qu'il tombe sur la partie récemment mise à jour où après un très grave accident de voiture, Strange s'était vu perdre l'usage de ses deux mains.

— Aucune médecine moderne n'a été capable de lui rendre ses mains, il s'est donc tourné vers les moines tibétains en dernier recours. C'était il y a deux ans. Depuis, il est le Maître du Sanctum de New-York et protège le monde des méchants...

Ross plissa le nez et s'appuya contre son dossier en observant la photo du Docteur affichée à côté de sa biographie. Il soupira et referma l'ordinateur. Son regard se posa sur le dossier de mutation et il se mordit la joue. S'il quittait le SHIELD maintenant pour retourner dans un bureau tout ce qu'il y a de plus basique, il y avait de grandes chances pour que travailler avec le SHIELD lui manque, ce qui était le contraire présentement, puisque ses anciens collègues de la CIA ne lui manquaient pas du tout...

— Peut-être qu'on s'y fait à la longue, de voir Daisy expédier les méchants d'un simple geste de la main, ou May se battre comme une furie en terrassant toute une armée d'hommes deux fois comme elle...

Croisant les bras, le jeune homme pivota sur la chaise de bureau et observa la chambre. C'était plus grand que son ancien appartement à New-York, mis à part qu'il n'y avait pas de cuisine et que chacun allait prendre ses repas dans la salle commune de la base quand il en avait le temps ou l'envie.

Une pensée effleura l'esprit de l'ancien Agent de la CIA et il grogna en se plaquant les mains sur le visage.

— Pourquoi tu penses à ça maintenant ?

Brièvement, son esprit avait en effet songé à ne plus être muté dans une autre agence gouvernementale, mais à proposer au Directeur Coulson de servir d'intermédiaire entre Strange et le SHIELD. Cela impliquerait qu'il quitterait la base pour probablement vivre dans le manoir du magicien, ce qui n'était pas pour lui plaire si l'intérêt que lui portait celui-ci s'avérait être mal placé...

— Tu cogites trop, Everett, trop, trop, trop ! Mais en même temps, comment ne pas se poser des questions ? Un mec que je ne connais pas, qui semble être le Maître du monde avec ça, me balance que j'ai été son... son quelque chose dans une autre vie... Il y a de quoi devenir marteau !

Renversant la tête, Ross observa le plafond en béton puis se redressa en soupirant et avisa le bracelet dans sa boîte sur la petite table près de la porte.

— Va falloir que je mette les choses au clair et si jamais c'est ce que je crains, alors être clair et ferme sur la situation.

Il se leva alors et traversa la pièce, mais au moment de saisir le bracelet argenté, il se figea et s'agenouilla dans un soupir.

— Eh merde... Pourquoi ?

Il posa son front contre le bord de la petite table et tapa deux fois avant de s'adosser au fauteuil en soupirant.

— J'ai aucune volonté... Je suis une merde, vraiment ! Et dire que j'ai sauvé le Wakanda, moi, alors que je suis incapable d'aller parler à un...

Ross ronfla.

— J'allais dire un homme, mais s'en est même pas un, c'est un foutu magicien !

La tête renversée sur le siège du fauteuil, Ross se redressa et inspira. Il se releva et alla suspendre à sa porte le panneau « Ne pas Déranger » avant de fermer à clef de l'intérieur. Il éteignit ensuite les lampes, ne laissant que sa lampe de chevet et après s'être changé rapidement, il s'approcha de la table où reposait l'écrin et souffla pour se donner du courage. Il saisit alors le bracelet et le passa à son poignet gauche. Il s'assit ensuite dans le fauteuil et attendit.

À son grand étonnement, il dut attendre, justement. Deux minutes, quatre, dix... Au bout de quinze minutes, il tapota le bracelet et songea à le retirer.

— Ce que j'ai dit à son apprentie a peut-être fait mouche ?

Il allait pour dégrafer le bijou quand une pelote d'étincelles apparut au centre de la pièce.

— Ah non. Le voilà enfin.

La pelote grandit et se transforma en portail. Strange le traversa et Ross sentit son torse se contracter. Cet homme était tout de même impressionnant et il darda un regard si dur sur l'ancien Agent de la CIA que celui-ci rentra le menton.

— Vous êtes gonflé, vous savez ? gronda-t-il en traversant la pièce. Vous envoyez balader mon apprentie et dix minutes plus tard, vous me sonnez ? Allez-vous savoir ce que voulez, au moins une fois dans votre vie ?

— Inutile d'être aussi méchant, Docteur, répondit Ross en se levant. Mettez-vous à ma place un instant, pour vous, tout ça, c'est normal, pour moi, jusqu'à ce que je me réveille dans l'infirmerie ultra moderne de Shuri, c'était encore de la science-fiction !

— Hum, oui, admettons. Bon, que voulez-vous ?

Ross déglutit.

— Je vous demande pardon, dit-il alors en détournant la tête. Je n'aurais pas dû réagir comme ça, l'autre jour, j'ai eu peur.

Strange émit un bruit sourd puis esquissa un sourire et s'écarta d'un pas pour ouvrir le chemin vers son portail.

— Excuses acceptées. À présent, me feriez-vous l'honneur de vous joindre à notre dîner ?

— Notre ?

— Allons, mon apprentie doit quand même se nourrir, de temps, de plus, j'ai un ami de passage. Allons, venez, je vous fais la promesse qu'ils ne vous mangeront pas, ni vous transformons en grenouille d'ici la fin de la soirée.

— Vous pouvez faire ça ? demanda Ross en rentrant le menton.

— Je ne suis pas Harry Potter.

Indiquant le portail d'une main, Strange réitéra son invitation et Ross inspira. Il attrapa son blouson, l'enfila et franchit le passage, Strange sur les talons. L'anneau se referma dans la foulée et Ross regarda autour de lui.

— Bienvenue dans le Sanctum de New-York, Agent Ross, dit alors le magicien. Ce manoir est l'antre de la magie, vous pourriez être amené à voir des choses qui pourraient vous perturber, n'en prenez pas garde, c'est normal.

— Je... Je vais essayer.

Strange esquissa un sourire et s'éloigna ensuite. Ross le suivit, fasciné, se tordant le cou pour admirer le hall d'entrée gigantesque.

— Où sommes-nous ? demanda-t-il.

— 177A Bleeker Street, New-York, répondit Strange. C'est mon quartier général, c'est ici que je reçois la majorité des demandes d'aide de la part des Avengers, par exemple.

— Vous vivez tout seul ici ?

— Oui. Cléa est avec moi depuis deux mois, elle vit au troisième étage, dans l'aile sud, et ne partira que dans cinq ans, quand sa formation sera achevée et qu'elle aura pu me battre.

Ross haussa un sourcil.

— Rien qu'à vous voir comme ça, je pense qu'elle risque de galérer un peu, la petite...

Strange rigola. Il entra ensuite dans une vaste salle à manger et ils longèrent la table dressée pour le dîner de trois couverts. Un quatrième s'ajouta quand Strange passa une main au-dessus d'une place libre.

— Mordo, Cléa, voici l'Agent Everett Ross, dit-il ensuite en s'approchant d'une large cheminée. Agent Ross, je vous présente mon Maître, Mordo, et Cléa, mon apprentie.

— Je ne suis plus ton Maître depuis longtemps, Stephen, sourit Mordo. Enchanté de vous rencontrer enfin, Agent Ross.

— Appelez-moi Everett, je vous en prie...

— Très bien.

Mordo s'inclina puis Cléa le salua d'un signe de tête. Strange indiqua ensuite un fauteuil à son nouvel invité et, alors qu'il allait s'asseoir, il croisa le regard de Mordo.

— Ne t'avises pas d'être aussi direct que d'habitude avec lui, souffla le moine directement dans sa tête. Tu l'as déjà fait fuir une fois, n'oublie pas.

Strange fronça les sourcils.

— Aucun risque...