— Rassurez-moi, ce n'est pas comme ça à longueur d'année, si ?

May esquissa un sourire. Le Zéphyr s'était posé dans le parc protégé du SHIELD, près d'Alberta. Personne ne connaissait l'endroit, sinon ceux qui y travaillaient, et outre la femelle Hadrosaure, des créatures transformées par HYDRA y coulaient des jours paisibles dans des enclos séparés et sécurisés. En réalité, c'était un hangar de plusieurs kilomètres carrés, creusé sous la surface du sol. Le plafond était une verrière rétractable qui laissait entrer le soleil et la chaleur, et de l'extérieur, le parc était totalement invisible, même depuis l'espace.

— Où est votre homme ?
— Par là-bas, avec sa nouvelle copine, répondit Ross en haussant les épaules.

May sourit et se tourna vers la dernière recrue du SHIELD.

— Je vais tâcher de tempérer Daisy, dit-elle. Je m'en voudrais qu'elle empêche le Docteur de venir quand il le désire.
— Loin de moi l'idée de cracher sur Daisy, mais cette petite effrontée ne m'empêchera par de le voir quand moi je le voudrais, répondit Ross.
— Certes non, mais s'ils s'affrontent à chaque fois que nous avons besoin de Strange pendant une mission qui nous dépasse, cela va rapidement devenir fatigant.
— C'est certain. Ah...

May haussa un sourcil et observa la cape rouge de Strange qui s'approchait.

— Le Maître me demande ? railla Ross.
— Elle comprend ?
— Oui, sourit le jeune homme. C'est la cape d'Agamotto, elle n'a jamais accepté d'autre Maître après qu'il soit mort et le fait qu'elle ait été attirée par Stephen prouve à quel point il est puissant et digne de protéger ce monde.

May dodelina de la tête.

— Vous m'en direz tant.

Ross rigola puis suivit la cape rouge qui rejoignit Strange, assis sur l'herbe face à la femelle Hadrosaure couchée sur le ventre.

— Vous vous êtes fait une amie ? s'amusa Ross en se plantant près de son compagnon.
— Amie. Oui, répondit l'animal.
— Un dinosaure qui parle, je ne m'y ferais pas...

Strange rigola.

— Elle apprend très vite, dit-il. Le Terrigène a fait muter son corps de façon très moderne pour son époque, et les Krees en ont profité pour faire des expériences sur elle et ses congénères, mais elle est la seule à avoir survécu. Quand le feu est tombé du ciel, elle s'est réfugiée dans le temple de ceux qui l'avaient persécutée et elle y a été enfermée jusqu'à maintenant...
— Comment as-tu fait pour survivre ? demanda Ross.
— Froid. Dormir.
— Les dinosaures ont le sang froid, chéri, répondit Strange en se levant. Elle s'est mise dans un coin et son corps a presque complètement cessé de fonctionner, jusqu'à ce qu'HYDRA ne rouvre le temple.
— Pourquoi avoir tué Kaecilius ? demanda alors Ross.
— Humain méchant. Tuer petits.

Strange fronça les sourcils, mais ne répondit rien. Il indiqua ensuite à l'animal qu'elle ne craignait rien ici et lui souhaita de bien finir sa vie avant de s'éloigner avec son compagnon.

— Au moins, nous pourrons nous targuer d'avoir tapé la causette avec un dino, dit-il, amusé. Il n'y a qu'au SHIELD qu'on peut voir ça !
— Et encore, j'imagine.

Ross inclina la tête. Strange jeta son bras sur ses épaules et soupira en relevant le menton.

— Que se passe-t-il ?
— Je ne sais pas... C'était trop facile. Kaecilius agonisant, aucun agent d'HYDRA pour protéger l'endroit et cette femelle dinosaure protégeant ses œufs... Je ne sais pas, j'ai un mauvais pressentiment, comme si on nous avait conduits sur une fausse piste.
— Une fausse piste qui vous a permis de régler vos comptes avec votre ennemi de toujours.
— Et de quelle manière ! grogna Strange. Un meurtre de miséricorde ! J'aurais préféré que nous nous battions que je gagne à la loyale, mais non, j'ai dû l'achever.
— Allons, ce n'est pas grave, il y aura d'autres grands méchants à écraser, j'en suis certain, tempéra Ross. Ne serait-ce que ceux qu'affrontent les Avengers, vous allez bien retourner les aider, un jour ou l'autre.
— Sans doute... Nous rentrons ?
— Nous ? sourit Ross.
— Disons que nous avons encore pas mal de choses à nous dire, tous les deux, je ne vous ai pas montré ma vie avant de devenir le sorcier le plus puissant du monde et puis, j'ai envie de passer un peu de temps avec vous, tranquillement, sans toutes ces paires d'yeux qui nous observent comme des groupies.

Il y eut un hoquet et Jemma tourna la tête, non sans un large sourire et le rouge aux joues. Ross secoua la tête et rigola.

— J'imagine qu'elle nous trouve mignons, souffla-t-il.
— Erk ! éructa aussitôt le Docteur.
— Dites, vous deux, intervint alors Coulson. Vous comptez boire le thé en chemin ?
— Du thé ? Oh oui, volontiers.
— Stephen... soupira Ross.

Il y eut des rires dans le groupe puis l'équipe se sépara de celle qui s'occupait du parc, après d'ultimes recommandations et le Zéphyr décolla.

— On vous ramène ? proposa Coulson.
— Si vous voulez, j'ai besoin d'un peu de calme, mais j'imagine qu'un avion peut faire l'affaire, répondit Strange avec un mince rictus.
— Entendu. Agent May ? On rentre à la maison !
— À vos ordres, Directeur !
— Allez tous vous reposer, on sera à New-York dans une dizaine d'heures, dit ensuite Mack, assis à la place de copilote.
— Pas de refus, soupira Daisy. J'ai eu assez d'émotions pour le reste de l'année...

Elle disparut dans l'avion et Ross fit ensuite signe à Strange de le suivre et le fit entrer dans sa cabine. La cape rouge s'envola aussitôt, inspecta les lieux et s'affala sur le dossier du canapé.

— Bon, il semblerait qu'elle soit chez elle, sourit Strange. Cette cape m'intrigue de plus en plus chaque jour qui passe, je ne connaîtrai sans doute jamais la totalité de son histoire.

Il tourna ensuite la tête vers Ross qui jetait sa propre veste sur une chaise en tirant sur sa cravate. Déboutonnant ses manchettes, il roula le tissu blanc et s'assit ensuite au bout du lit en soupirant.

— Ne me regardez pas comme ça, dit-il en se frottant le visage.
— J'étais simplement en train de me demander pourquoi Watson et Sherlock nous ont menti, répondit le magicien en tirant un fauteuil près du lit.
— Sans doute pour nous épargner ? Watson m'a donné l'air d'avoir compris ce qu'il y avait entre vous et moi, même si à ce moment-là, nous étions loin de l'avoir accepté.
— Hm. Et aujourd'hui ?

Ross haussa un sourcil.

— Ai-je accepté d'être tombé amoureux d'un magicien revêche en moins de temps qu'il n'en faille pour le dire ? dit-il avec un sourire. Je pense que oui.

Strange opina.

— Moi aussi, même si j'ignore où tout cela va nous mener. Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer, du moins, pas tant que nos âmes se trouveraient dans le corps d'un homme. Ce type de relation n'est pas naturel...
— Il ne l'est pas non, mais souffrir de la solitude toute sa vie n'est pas normal non plus, Stephen. Je n'ai aucun préjugé sur les homosexuels, si leur vie leur va ainsi, alors c'est parfait, et au fond de moi je sais que j'ai besoin de vous. J'aurais pu chercher et épouser une nouvelle femme, ou bien demeurer seul encore quelques années, mais je vieillis et plus les années passent et moins j'ai envie d'être seul.
— La peur de mourir sans personne à ses côtés, répondit Strange en secouant la tête. C'est la crainte de tout être normalement constitué. Sachez qu'à mes côtés, il y a peu de chances que vous mourriez, du moins, pas avant d'en avoir l'âge.
— Vous n'êtes pas immortel, j'avoue que vous résistez très bien au passage à tabac, mais vous l'avez dit vous-même, si le manoir est détruit, alors s'en sera la fin du Sorcier Suprême.
— Et un autre renaîtra ensuite et rebâtira le Sanctum, acheva Strange. Cela s'appelle le cycle de la vie.

Il quitta alors son siège et s'approcha de son compagnon qui s'étendit sur le dos.

— Que comptez-vous faire ? demanda Ross avec un sourire comme le magicien s'avançait au-dessus de lui.
— Profiter allégrement des dix prochaines heures de tranquillité que vous et moi allons avoir, souffla Strange avant de l'embrasser.
— Un planning très intéressant... répondit Ross.

.

Le silence régnait à bord du Zéphyr One. En pilotage automatique, l'avion n'avait plus besoin de sa pilote qui se reposait dans le salon proche en compagnie de Coulson. Ils avaient discuté un moment puis la fatigue et la monotonie les avaient gagnés et ils s'étaient assoupis dans les canapés.

Dans les cabines, on dormait aussi profondément et, chez Ross, après s'être câlinés un moment, Strange et lui s'étaient couchés, dans les bras l'un de l'autre.

Il était deux heures du matin lorsqu'une lueur orangée éclaira la pièce et la cape rouge étalée sur le canapé sembla ouvrir un œil. Elle demeura cependant immobile et lorsqu'un portail se forma et qu'un homme vêtu d'un long manteau noir prit pied dans l'avion, elle se tassa un peu dans son abri de fortune.

L'homme s'approcha ensuite du lit et observa les deux hommes enlacés. Il plissa les lèvres puis souffla brièvement par le nez et s'approcha du côté où se trouvait Strange. Il tendit une main et la posa sur l'épaule du magicien qui ouvrir les yeux d'un coup, mais demeura immobile un instant avant de tourner la tête lentement. L'homme, dont la capuche cachait le visage malgré les petites lampes laissées allumées dans la chambre, leva son index au niveau de sa bouche et recula ensuite.

Sans réveiller son compagnon, Strange se détacha de son étreinte et quitta le lit. L'intrus leva alors les mains et repoussa son capuchon.

— Kaecilius ! hoqueta Strange à mi-voix. Mais tu... C'est impossible, je t'ai...
— Tu m'as tué, oui, mais comme tu l'as si bien dit, je suis un magicien et mon Sanctum est encore debout...
— Tu avais la gorge tranchée, je n'avais pas le choix... tenta Strange en s'approchant de son ancien ami. Qui...
— L'Ancien. Elle a réussi à me sauver la vie, malheureusement, elle y a laissé la sienne.
— Tu l'a tuée !
— Non ! s'exclama Kaecilius.

Il baissa aussitôt le ton quand Ross remua sous les couvertures et les deux hommes sortirent alors dans le couloir.

— Non, reprit Kaecilius. Je ne l'ai pas tuée, je te le promets, elle... Elle était faible, elle a utilisé une grande partie de son énergie pour te réparer toi et... Mordo a tenté de l'en empêcher, il voulait qu'on détruise mon Sanctum, que je ne méritais rien d'autre et j'étais d'accord avec lui, mais l'Ancien a refusé...

Kaecilius baissa la tête et serra les mâchoires. Il déglutit et Strange s'approcha alors de lui. Il plaqua ses mains de part d'autre sa tête, serrant ses doigts sur sa nuque, et l'autre le regarda avant de l'imiter. Leurs fronts se rencontrèrent ensuite un peu durement et, à la surprise de tous les deux, en cet instant, l'animosité qui les déchirait s'envola comme soufflée par un coup de vent, remplacé par une vive haine à l'encontre du même ennemi.

— HYDRA va payer, dit alors Strange. C'est de leur faute si elle est morte.
— C'est aussi de la mienne, je les ai conduits au temple...
— Tu n'as fait que ce que tu fais depuis toujours, chercher à devenir plus puissant pour me battre un jour, mais cette fois, c'est allé trop loin. Il n'y avait rien dans ce temple, mis à part la femelle dinosaure et ses petits. Je savais que c'était trop facile, ils nous ont conduit sur une fausse piste.

Kaecilius releva la tête et la secoua.

— Non, c'était la bonne piste, il y avait bien quelque chose dans ce temple, dit-il. Et ce n'était pas ce lézard géant, mais une machine d'une technologie que je n'avais encore jamais vue.
— Une machine ?

Strange pivota. Ross s'approcha des deux hommes en s'enroulant dans une robe de chambre.

— Vous me direz plus tard pourquoi vous êtes vivant, vous, dit-il à Kaecilius. C'est quoi cette machine ?
— Je n'en sais rien, mais ils m'avaient promis que si je les aidais à la trouver, j'aurais le monde pour moi tout seul puisqu'ils allaient s'en servir pour quitter la Terre.

Ross grimaça.

— Allons réveiller Coulson, dit-il.
— Non, pas maintenant, répondit Strange. Nous avons tous besoin de repos, nous lui parlerons demain matin. HYDRA ne quittera pas cette planète sans que le SHIELD ne soit au courant, ajouta-t-il. Coulson et son équipe ne sont pas les seuls à les tenir à l'œil.
— C'est vrai, admit Ross.
— Je retourne à Kamar-Taj, annonça alors Kaecilius. Stephen, nous inhumons l'Ancien demain soir, au coucher du soleil. Sois là.

Strange opina. Kaecilius ouvrit ensuite un portail l'espace d'une seconde puis le magicien se tourna vers son compagnon qui arborait un air inquiet.

— Venez, retournons nous coucher, dit-il.

Ross inspira puis ils regagnèrent les couvertures encore chaudes, mais l'ancien agent de la CIA eut bien du mal à retrouver le sommeil, préoccupé par la nouvelle. Strange s'en rendit rapidement compte et se redressa sur un coude.

— Hé...

Ross soupira.

— Je suis désolé, mais de savoir que cette machine existe m'empêche de me rendormir.
— Et le fait que Kaecilius soit en vie, non ?
— Si, aussi, mais moins.

Strange pinça les lèvres. Il repoussa soudain les couvertures et quitta le lit en enfilant une robe de chambre d'un geste de la main.

— Venez, allons parler à Coulson.
— Maintenant ? Mais vous aviez dit...

Strange haussa un sourcil et Ross quitta le lit à son tour. Ils traversèrent ensuite l'avion silencieux et découvrirent le Directeur du SHIELD et l'Agent May qui dormaient, chacun dans un canapé du petit salon de la salle de briefing. En silence, Ross s'approcha de Coulson et le secoua, l'homme sursauta et Ross leva son index devant son visage pour lui intimer le silence. Coulson remarqua alors Strange et fronça les sourcils avant de jeter un coup d'œil à May qui dormait tournée face au canapé.

— Allons ailleurs, souffla Ross.

Coulson opina et suivit les deux autres dans la pièce voisine.

— Vous avez passé la nuit ici, vous ? dit-il en regardant le magicien.
— Vous me déposez directement chez moi, alors autant en profiter, répondit-il.
— Certes. Bon, que se passe-t-il ?
— Nous venons de recevoir la visite de Kaecilius, répondit Strange. Oui, il est vivant, mais notre Maître est morte en lui sauvant la vie.
— Mince, mes condoléances.
— Merci. Mais ce qui nous a poussé à vous réveiller ce sont les révélations que Kaecilius m'a faites.
— Sur ce temple ? demanda Coulson.
— Oui. Selon lui, HYDRA ne l'a pas envoyé là-bas pour la femelle Hadrosaure, mais pour une machine qui leur permettrait de quitter la Terre. En échange, ils « offraient » la Terre à Kaecilius, expliqua Ross.
— Pour qu'il se soit retrouvé égorgé, HYDRA n'a pas dû tenir sa part du contrat, grimaça Coulson.

Il se servit un verre d'eau et Strange soupira en s'appuyant contre la table derrière lui.

— Je ne peux plus vous aider à partir de là, dit-il. Non seulement je dois faire le deuil de l'Ancien, mais la technologie des Krees dépasse mes connaissances.
— Nous aussi, assura Coulson. Mais nous avons des petits génies qui savent tout faire fonctionner, même quand ils n'ont jamais entendu parler du peuple qui ont construit lesdits objets. Votre aide nous a été précieuse ces derniers jours, soyez assuré d'être récompensé comme il se doit et je comprends que d'autres missions vous attendent. Nous ne ferons appel à vous qu'en cas de grande nécessité.
— Je serais bien toujours dans les parages, sourit Strange en regardant son compagnon. Au besoin, vous avez le bracelet.

Ross esquissa un sourire en coin et Coulson l'observa un moment avant de reporter son attention sur le Docteur Strange. Celui-ci capta son regard et s'excusa ensuite pour retourner se coucher. Ross comprit aussitôt que son Directeur désirait lui parler en privé et il pivota vers lui.

— Votre vie privée vous regarde, Everett, dit aussitôt Coulson. Mais je voudrais juste savoir, si votre relation avec le Docteur Strange tourne mal, pour quelle raison que cela soit, vous allez pouvoir tenir le coup ?
— Je n'en ai aucune idée, Monsieur, cependant, je pense que vous n'avez aucune crainte à avoir, lui et moi sommes ensemble depuis des centaines d'années, je ne me fais pas d'inquiétude quant à notre relation future. Et si nous nous disputons, peu importe la raison, il reviendra, je le sais au fond de moi.

Coulson fronça les sourcils.

— Des centaines d'années ? Vous m'expliquez ?

Il indiqua un tabouret et Ross y grimpa. Coulson lui déposa un verre d'eau devant le nez, l'enjoignant à expliquer toute l'histoire et l'ancien agent de la CIA n'eut pas d'autre choix. Quand il eu terminé, Coulson était songeur.

— Des âmes sœurs... Je ne pensais pas que cela existait pour de vrai...
— Moi non plus, mais j'ai été obligé de me rendre à l'évidence, surtout quand nous avons exploré notre précédente vie où nous étions respectivement Sherlock Holmes et John Watson. Ils nous ont assuré ne pas être amants, mais ils nous ont menti et nous l'avons su immédiatement après notre retour dans notre vie actuelle.

Ross avala un peu d'eau et secoua la tête.

— Je suis conscient de l'apparence que notre... couple, peut avoir à vos yeux, reprit-il. Je suis un petit gars chétif qui peine à atteindre le mètre soixante-dix et lui est un grand échalas ténébreux au regard qui vous fige sur place, il n'y a pas plus dépareillé, mais ne dit-on pas que les contraires s'attirent ?

Coulson sourit en secouant la tête.

— Si, c'est vrai, admit-il. Prenez tout de même garde, je ne vous ai pas recruté pour que vous soyez brisé par une relation qui n'était pas gérable. Nous ne connaissons pas bien le Docteur Strange, il n'y a pas beaucoup d'informations sur lui dans la base de données du SHIELD.
— Je prend note de la mise en garde, merci Monsieur.

Coulson opina, regarda l'heure puis soupira. Il leur restait encore quatre ou cinq heures de vol avant d'arriver à New York, il souhaita donc une bonne nuit à Ross qui retourna dans sa cabine et trouva son compagnon couché, mais pensif.

— À quoi pensez-vous ? lui demanda-t-il en le rejoignant.
— À rien, je conversais avec Kaecilius.
— Par télépathie ?
— En effet. L'un des derniers élèves en date de l'Ancien a des prédispositions non négligeables au commandement, mais Mordo craint que cet enfant ne...
— Ne prenne la grosse tête ?
— Précisément. Il a quatorze ans et c'est l'enfant du Maître du Sanctum de Londres, il est très puissant et très... réfléchi, mais il y a encore du travail avant qu'il ait la sagesse nécessaire pour devenir le Maître de Kamar-Taj.
— Mordo ne peut-il pas assurer l'intérim en attendant ?
— Kaecilius pense que si, après tout, Mordo est le bras droit de l'Ancien depuis des années, mais il ne s'en sent pas capable.

Ross pinça les lèvres.

— On ne peut pas savoir sans avoir essayé, répondit-il en s'allongeant sur le dos.

Strange sourit.

— C'est un fait.
— Faut venir avec vous aux funérailles de votre Maître, demain ? demanda alors Ross.
— Non, vous n'avez pas le droit, j'aurais bien aimé, mais je ne le puis, le rituel est réservé aux magiciens. Nous nous verrons après, j'aurais sans doute besoin de réconfort.

Ross rigola doucement. Il se tourna ensuite vers son compagnon qui leva un bras et l'attira contre lui.

— Si on m'avait dit qu'à presque quarante je tomberais amoureux d'un homme, j'aurais pris la personne pour un fou, dit-il.
— Et pourtant.

Ross releva la tête et Strange l'embrassa une longue seconde.

— Bonne nuit.
— Bonne nuit, sourit Ross en s'installant le long du corps dégingandé de son compagnon.