Le groupe passa une bonne partie de l'après-midi à feuilleter les livres et les parchemins qui traînaient un peu partout dans le bureau du Docteur Strange. Jemma et Fitz les rejoignirent avec des ordinateurs pour traduire les langages anciens de certains documents, mais au bout de trois heures, la fatigue commença à se faire sentir.

— On ne trouvera rien là-dedans, dit Daisy en fermant un lourd grimoire. On a trouvé un Inhumain magique ?
— Pas encore, mais j'ai demandé à ce qu'il soit conduit immédiatement ici, à New-York, donc si on en a un, il débarquera sans crier gare, répondit Coulson.

Daisy opina et jeta un coup d'œil à Ross. Assis au bureau de Strange, il lisait un gros livre et avait sa main gauche posée sur son épaule droite. Il semblait parler tout seul aussi et la jeune femme fronça les sourcils.

— Il fait quoi, il prie ? demanda-t-elle à voix basse à Jemma, assise sur le tapis près d'elle.
— Non, il ressent la présence de Strange, répondit la scientifique. Leur lien est si fort que le doc peut le toucher même en étant sur un autre plan physique, c'est tout simplement fascinant.

Soudain, un livre vola à travers la pièce et s'écrasa contre un mur. Tout le monde poussa un cri de surprise en baissant la tête et Ross bondit du fauteuil.

— Maître Kaecilius, je vous saurais gré de ne pas abîmer les ouvrages et de contenir votre impatience ! s'exclama-t-il. Nous faisons ce que nous pouvons !

Il y eut un choc sourd contre un mur et Ross souffla par le nez avant de se rasseoir en se pinçant l'arête du nez.

— Là ! s'exclama soudain Fitz. J'ai trouvé !

Le livre s'envola aussitôt de ses mains, mais il s'y suspendit et le récupéra.

— Sacré bon dieu de magiciens ! marmonna-t-il. Je disais donc que j'ai trouvé... Un non-magicien peut se servir d'un objet magique pour afficher ce qu'il se passe dans les autres dimensions parallèles à la sienne, mais ce n'est pas facile et l'objet magique doit être très puissant et presque autonome, car le non-magicien n'a pas de pouvoirs à lui offrir...
— Mais si comme on le croit, Strange et Kaecilius sont ici, dans cette pièce, mais sur un autre plan que nous, alors ils pourront activer eux-mêmes cet objet magique, acheva Jemma en lisant le livre par-dessus l'épaule de son compagnon.

Un silence s'installa aussitôt et tout le monde se regarda.

— Le miroir ! s'exclamèrent Ross et Coulson en même temps.

Sans un mot de plus, tout le monde dévala l'escalier et se retrouva dans la bibliothèque. Le miroir était inerte et sa vitre ne reflétait rien qu'une espèce de brouillard.

— Strange, Kaecilius, si vous êtes dans le coin, essayez voir de... commença Coulson.

L'instant suivant, les deux magiciens apparaissaient dans le miroir, avec la bibliothèque comme fond.

Ça marche ! s'exclama Kaecilius. Tu vois, c'était possible ! Tu me dois un dîner.

Ross rigola soudain et les deux magiciens se tournèrent vers le groupe.

Merci, dit Strange en s'approchant.
— Nous n'avons encore rien fait, répondit Coulson. Nous n'avons pas retrouvé vos corps, il n'y a rien dans le manoir et...
Si, ils y sont forcément, répondit Kaecilius. Nous avons été attaqués alors que nous étions dans le bureau en train de faire des recherches pour trouver HYDRA. Quelque chose d'invisible nous est tombé dessus, il a d'abord neutralisé Stephen, puis moi-même. C'était un Inhumain, c'est impossible que ce soit un sorcier, nous l'aurions détecté et le Sanctum ne l'aurait pas laissé entrer.
— Des Inhumains qui ont la capacité de se cacher, il y en a à la pelle, répondit May en croisant les bras. Malheureusement, nous ne les connaissons pas...
Impossible de savoir si c'était un homme ou une femme, ajouta Kaecilius. Il nous est tombé dessus sans prévenir...
Nos corps sont encore dans le manoir, dit alors Strange. Vous devez fouiller partout, derrière les tableaux, sous le plancher, toucher chaque livre ; cette maison regorge de pièces cachées, de passages secrets, et je n'en connais pas le tiers...
— Nous allons y passer des semaines... se désola Jemma.
Nous n'avons pas aussi longtemps devant nous, informa Kaecilius en devenant soudain grave. Sans nourriture ni eau, nos corps vont mourir dans moins de quatre jours et nous demeureront coincés dans le plan astral sans jamais pouvoir en sortir...

Ross serra les mâchoires. Coulson opina ensuite et indiqua qu'ils retournaient en haut pour se mettre au travail. Ross demeura sur place.

— Agent Ross ?
— J'arrive...

May opina. Dans le miroir, Kaecilius posa une main sur l'épaule de Strange puis disparut du champ de vision et Strange s'assit en tailleur en face du miroir. Ross l'imita.

— Sommes-nous condamnés à subir notre relation encore et encore ? demanda-t-il.
Je ne suis pas une personne ordinaire, je vous avais prévenu...
— Oui, mais... Non, laissez tomber, ce n'est pas grave.
Chéri...

Ross éprouva un frisson et baissa le nez. Il renifla ensuite en serrant les mâchoires et regarda le plafond.

— J'ai déjà failli vous perdre une fois, dit-il. Je ne veux pas... pas encore une fois.
Je ne suis pas mort, je ne crains rien pour le moment et je sais que vous allez nous retrouver. J'ai confiance en le SHIELD et...
Pas moi !

Strange tourna la tête et fronça les sourcils à l'intention de Kaecilius. Cela eut le mérite de faire sourire Ross.

— Il irait bien avec Daisy, lui, dit-il, amusé. Il est aussi acariâtre qu'elle !

Un bruit très mature se fit entendre et Strange se mit à rire avant de serrer les lèvres pour reprendre son sérieux.

Trouvez-nous, dit-il simplement. Trouvez-nous et je vous promets qu'avec Kaecilius, nous mettrons la main sur HYDRA et la réduirons en chair à pâté.

Ross sourit, opina, puis tendit la main, mais sa paume ne ressentit que du froid en touchant la vitre et il éprouva une vive déception. Strange capta son regard, opina une question, et Ross opina la réponse. Les deux hommes se relevèrent ensuite et Strange quitta le champ de vision du miroir en soupirant.

— Ça va aller ? demanda Kaecilius en le regardant approcher.

Il était affalé dans un fauteuil, une jambe sur l'accoudoir.

— Je finirais par m'y faire.
— J'ai du mal à comprendre comme ça a été possible, ton histoire, mais tu es amoureux de cet humain, il n'y a pas photo et je n'aurais jamais cru que tu en sois capable.
— Je n'ai pas un cœur de pierre comme toi, tu sais ?
— Ouch... Et non peut-être pas, mais tu es un Maître des Arts Mystiques et le Maître du Sanctum de New-York, tu dois protéger le monde, tu n'as pas le temps de prendre soin d'un humain.
— C'est ce que je croyais, mais j'ai besoin de lui, Cili, tu comprends ça ?

Kaecilius fronça les sourcils en entendant ce surnom. Il ne l'avait pas entendu depuis des années et seule Adria, son épouse disparue, l'utilisait alors, mais venant de Strange, cela ne l'étonna même pas. Il était tellement puissant qu'il pouvait s'abreuver des émotions et des pensées des personnes qui l'entouraient sans même s'en rendre compte.

Strange et lui n'avaient jamais été amis, mais ils étaient semblables, ils étaient frères malgré eux et ils avaient presque l'obligation de se soutenir l'un l'autre surtout en ce moment où la mort de l'Ancien était encore tellement vive qu'ils n'avaient même pas été présenter leurs hommages au nouveau Maître de Kamar-Taj.

— Ils vont nous trouver ? demanda-t-il alors en se levant.
— Oui. Je leur fait confiance.

Kaecilius opina et observa les environs.

— Bon, quitte à être coincés dans une bibliothèque, autant rendre ça utile ! décida-t-il.
— Et pour faire quoi ?
— Trouver HYDRA et un moyen de contrer ce qu'ils ont l'intention de faire. Je suis presque sûr que si nous sommes coincés ici, c'est à cause de cette machine qu'ils ont volée dans ce temple, c'était un déphaseur, et grâce à ce truc ils vont pouvoir ouvrit des brèches dans le multivers et mettre le bordel dans l'équilibre des mondes, mondes que nous autres sommes censés protéger.
— Ce serait... catastrophique ! s'horrifia Strange en pâlissant. Dieu sait ce qu'il y a dans ces mondes parallèles !
— Laisse Dieu où il est, tu veux ? grommela Kaecilius en s'approchant d'une bibliothèque. On peut se servir de nos pouvoirs en tant que projections ?
— Non. Du moins pas sans que cela ne se répercute dans notre réalité.
— C'est un détail ça, nous sommes dans la bibliothèque, on ne risque pas de blesser l'un des humains ou l'Inhumaine.

Strange haussa un sourcil puis décida de se mettre au travail, de toute manière, ils n'avaient rien de mieux à faire pour le moment.

.

Dans le bureau de Strange, pendant ce temps, chaque centimètre carré était passé au peigne fin. Les lattes du plancher étaient toutes testées du bout des doigts ou du pied, chaque livre des bibliothèques tiré, chaque tableau soulevé, chaque lustre ou applique bougé, mais rien de tout cela ne déclencha quoi que ce soit.

— Rien dans le bureau, dit Coulson après une bonne heure de recherches.
— Passons dans la chambre, et s'il le faut, on fera toutes les pièces, répondit Mack.
— Nous n'avons que trois jours, rappela Ross.
— Alors, mettons-nous-y dès maintenant.

Tout le monde opina et tandis que Ross, Coulson et Mack s'occupaient de la vaste chambre à coucher du Docteur Strange, Jemma, May, Fitz et Daisy descendaient à la bibliothèque et se dispersèrent sur l'étage.

S'approchant du large lit impeccable, Mack plissa les yeux. Il saisit alors le sommier au bout du lit et souleva.

— Rien, dit-il.
— Attendez !

Mack retint le lit et Ross se faufila dessous pour tester les lattes du plancher. Il ressortit un instant plus tard en secouant la tête. Mack reposa le lit et souleva le matelas, là encore, rien de plus. De son côté, Coulson toquait machinalement sur les lattes du lambris les unes après les autres. Quand il passa devant une fenêtre, il jeta un coup d'œil machinal par le carreau puis s'éloigna avant de piler et de faire marche arrière.

— Les gars...

Mack et Ross le regardèrent.

— Qu'est-ce qu'il y a, patron ? demanda Mack.
— Cette fenêtre ne vous paraît pas étrange ?

Ross se redressa et observa la pièce.

— Ça me choque pas...
— Moi non plus.

Coulson serra les mâchoires et ouvrit alors la fenêtre. Alors qu'il s'attendait à entendre les bruits des rues de New-York, le silence l'accueillit et il recula d'un pas en découvrant une autre pièce.

— Maison de magiciens, répondit simplement Ross en s'approchant. Ça m'a tout l'air d'un dressing...

Il enjamba l'appuis et se retrouva dans un couloir tout ce qu'il y a de plus classique, lambrissé jusqu'à moitié de hauteur puis peint d'un bleu similaire au reste de la maison. Les lampes étaient allumées et il avança de quelques pas, son pistolet à la main, pour déboucher dans une autre pièce, moins grande que la chambre, mais tout aussi spacieuse. Coulson et Mack le suivaient.

— Eh ben ! s'exclama Coulson. Moi qui rêve d'un dressing depuis des années...

Ross sourit. Tout autour d'eux, sur les quatre murs, s'étalaient des tenues de moines magiciens de Kamar-Taj, allant du costume de tous les jours à la tenue d'entraînement, suspendues à des cintres, vestes d'un côté, pantalons pliés de l'autre. Des tiroirs et des étagères conservaient petites affaires et accessoires.

— Vu la poussière, Strange ne s'en sert pas, dit Mack.
— Il ne sait peut-être même pas qu'il existe.

Ross haussa brièvement les sourcils et longea une penderie avec des costumes différents des autres.

— Ceux-ci sont des costumes d'apparat, dit-il. Le genre de truc qu'on met pour les événements officiels.
— Ceintures, bottes, brassards, colliers... Il y a de quoi habiller une équipe de foot pendant un mois là-dedans... énuméra Coulson.

Ross esquissa un sourire et soudain, son pied buta contre quelque chose et il partit en avant en poussant un juron. Il tomba lourdement sur les genoux en s'accrochant à un vêtement et Mack s'approcha aussitôt.

— Ça va, vieux, rien de cassé ? demanda-t-il en le remettant debout.
— Juste mon ego... Sur quoi j'ai buté ?

Les trois hommes s'avancèrent vers une malle qui dépassait de la penderie et Mack la tira au centre de la pièce. Quand Coulson bascula le couvercle, ils laissèrent échapper un grognement.

— Et d'un, dit Mack. C'est Kaecilius, je suppose ?
— En effet. Je ne sais pas comment HYDRA a fait pour le plier et le faire rentrer là-dedans, mais il va avoir des courbatures en revenant... commenta Ross.
— On va le ramener dans la chambre et le sortir de là, décida alors Coulson. Mack ?

Le mécanicien referma le couvercle puis attrapa la malle par une des poignées et la traîna sur le plancher jusqu'à la fausse fenêtre. Ross et Coulson repassèrent de l'autre côté pour la sortir et ils la renversèrent sur le tapis en tirant le corps inerte de Kaecilius qui roula et s'affala un peu plus loin dans une position douloureuse.

— Maître Kaecilius ! appela alors Coulson. On a trouvé un truc qui vous appartient !

Il y eut un choc sourd quelque part et Ross éprouva soudain un violent frisson. Le corps sur le sol prit alors une grande inspiration et Ross s'agenouilla en posant une main dans son dos.

— Doucement, dit-il.
— Bon sang, j'ai mal partout... !
— Allez-y doucement, répondit Coulson en l'aidant à se mettre sur le dos. Vous avez été plié en quatre et rangé dans une malle, vous allez avoir des courbatures pendant quelques jours.
— Et Strange ?
— Pas trouvé encore...

Avec un grognement, Kaecilius s'assit et grogna. Coulson lui tapota le dos et Mack annonça qu'il retournait fouiller la maison avec les filles pour chercher le corps de Strange.

— Vous m'avez trouvé où ? demanda alors Kaecilius en s'accrochant au bras de Coulson pour se relever. Oh la vache...

Il s'étira et tous ses os semblèrent se remettre en place de haut en bas. Il grimaça et s'appuya sur le montant du lit.

— Dans le dressing, répondit alors Ross en montrant la fausse fenêtre qui donnait sur ladite pièce.
— Il y a un dressing ici ? Bah, peu importe, Strange et moi on a continué à lire des bouquins dans la bibliothèque après votre départ et on a peut-être trouvé quelque chose. L'engin que HYDRA a volé dans le temple est un déphaseur, il déchire le voile des dimensions pour permettre le passage dans les deux sens. Ils ont dû s'en servir sur nous, mais comme nous maîtrisons la projection astrale, nous n'avons pas été envoyés dans une dimension parallèle, mais juste entre deux. Ils se sont donc retrouvés avec nos corps sur les bras et n'ont pas su quoi en faire.
— Voilà pourquoi le vôtre était planqué dans une grande malle... commenta Coulson. Ils pensaient vous expédier corps et âme, littéralement, de l'autre côté, mais ça n'a pas fonctionné. Vous avez bien dit que Strange avait été le premier à être attaqué, non ?
— Oui... Enfin je crois, je ne suis plus très sûr, pour le coup.
— Bon, ce n'est pas grave. Est-ce que vous pouvez localiser son corps ?
— J'ai besoin de quelques minutes, répondit Kaecilius. On ne reste jamais aussi longtemps en projection astrale normalement, c'est très fatigant et dangereux, à la fois pour le corps et l'esprit, car au bout de quelques minutes, nous commençons à perdre la notion du temps et apprécier notre état de fantôme qui nous permet tout ou presque.
— Je vois, c'est comme une drogue...
— En effet.

Coulson observa alors Ross qui semblait soucieux. Il l'interrogea silencieusement et le jeune homme secoua la tête.

— Rien, je me demandais simplement où était Cléa, dit-il.
— Elle n'est pas dans la maison ? Elle était avec nous pourtant avant qu'on nous attaque, répondit Kaecilius. Est-ce que HYDRA aurait pu l'enlever ?
— Pour quelle raison, c'est une apprentie, elle ne sait rien faire d'intéressant pour le moment.
— Elle sait manipuler les esprits ?
— Non.
— Les portails ?
— Elle peut les ouvrir, mais cela la fatigue beaucoup, répondit le magicien. Pourquoi HYDRA aurait besoin d'une apprentie qui ne sait rien faire ?
— Comme otage, je suppose, mais s'ils...

Coulson se tut et serra les mâchoires.

— Ils savaient pertinemment que nous allions venir, acheva-t-il. C'est Strange qui a ouvert le portail qui nous a conduits ici ?
— Pas du tout...
— Et les runes gravées sur mon bracelet ? demanda Ross.
— Mais non enfin, de quoi parlez-vous ? s'agaça Kaecilius. Nous ne gravons jamais de runes sur les bijoux, cela ne sert à rien et c'est souvent bien plus dangereux qu'autre chose !

Le magicien baissa brièvement les yeux sur le poignet de Ross.

— Où est-il ? demanda-t-il. Où est le bracelet ?
— Je l'ai confié à Simmons pour qu'elle traduise les runes, pourquoi ? répondit Ross.
— Il faut le récupérer, je vous dirais ce qu'elles disent. Il ne faut surtout pas les lire à la suite des unes des autres !

Sans un mot, Kaecilius s'élança et tituba un moment avant de reprendre son aplomb et de quitter la chambre, puis le bureau. Il rejoignit les autres agents du SHIELD dans la bibliothèque et sauta sur Jemma.

— Le bracelet de Strange ! Où est-il ? s'exclama-t-il en la saisissant par les bras.
— Héla ! répliqua Fitz. Ôtez vos sales pattes d'elle !

Mack saisit alors le magicien par l'épaule et le propulsa en arrière. Kaecilius trébucha et se retint à un meuble.

— Où est le bracelet ? demanda alors Coulson en apparaissant.
— À la base, j'ai laissé l'ordinateur en recherche pour traduire ces runes, pourquoi, qu'est-ce qui se passe ?
— Ces runes sont un piège, répondit Kaecilius. Nous ne gravons jamais nos runes sur des supports et ce n'est ni moi ni Strange qui avons ouvert le portail qui vous a conduits ici !

L'équipe se regarda, un peu perdue, puis Kaecilius grogna et ouvrit rapidement un portail vers le SHIELD. Jemma et Coulson se jetèrent dans l'ouverture après lui et le portail se referma.

— Qu'est-ce qui vient de se passer ? demanda Daisy.
Hey !

Ross pivota et s'approcha du miroir où se tenait Strange.

Où est parti Kaecilius ?
— Le bijou que vous m'avez donné pour vous contacter, des runes sont apparues dessus juste avant qu'un portail ne s'ouvre dans le bureau de Coulson, ce matin, répondit Ross. Nous pensions que c'était vous, mais Kaecilius a dit que non et...
Nous ne pouvons pas nous servir de nos pouvoirs quand nous sommes projetés, répondit Strange. Du moins si, mais pas au point d'ouvrir un portail. À quoi ressemblent ces runes ?

Fitz récupéra aussitôt son ordinateur dans son sac et l'approcha du miroir. Strange se redressa une seconde plus tard en soupirant.

Ce sont des runes d'invocation, dit-il.

Le portail de Kaecilius se rouvrit alors et il apparut en tenant ledit bijou dans sa main.

L'ordinateur les a traduites ? demanda Strange sans préambule.
— Heureusement non, sinon on aurait eu de gros problèmes, répondit l'autre sorcier. On va te sortir de là et régler son compte à HYDRA une bonne fois pour toutes, même si je dois y rester encore une fois !
— Minute, intervint soudain May. Si ce sont des runes d'invocation... C'est pour invoquer quelque chose, on est d'accord ?
— May a raison... On parle de quoi, là ? Dormammu, encore une fois ?

Kaecilius baissa le nez un instant et secoua ensuite la tête.

— J'ai réchappé de justesse au néant, dit-il. Je ne m'y frotterai plus jamais... Non, on parle sans doute de quelque chose d'une autre dimension... Ce n'est pas forcément méchant, je veux dire, ça pourrait être des Inhumains, ou des magiciens, ou même les Avengers...
Chaque dimension est différente, reprit Strange. Par exemple, dans une dimension parallèle à la nôtre, vous pourriez être avec HYDRA, ou des Avengers, ou des humains normaux avec une vie normale loin de tout ça ; tout est possible !

May serra les mâchoires.

— Quand allons-nous cesser de sauver le monde ? demanda-t-elle. À quel moment tout ça prendra fin ?
— Aucune idée, Agent May, répondit Coulson. Pas tant que HYDRA sera actif, pour le moins.
Cili ?
Kaecilius pivota et observa le miroir.

Trouve-moi.

Le magicien opina puis recula d'un pas et plaqua ses mains l'une contre l'autre au niveau de son visage, coudes relevés. Campé sur ses pieds, il croisa les doigts, ne gardant que les index levés, puis il inspira et tout le monde s'écarta.

Everett, où est ma cape ?
— Dans la chambre, répondit Ross en s'approchant du miroir. Daisy a dû la calmer d'une vibration et je crois qu'elle boude.
Allez la chercher, elle pourra suivre l'indicateur de Kaecilius et vous guidera jusqu'à moi.

Ross opina et se rendit rapidement à l'étage. Il trouva la cape roulée en boule sur le lit et s'approcha doucement.

— Tu viens avec moi ? On va retrouver ton maître, je te le promets.

La cape se redressa puis se détourna et sembla bouder.

— Allez... Daisy s'excusera plus tard, ok ?

Tournant le dos à Ross, la cape donna l'impression de baisser la tête. Elle s'ébroua ensuite puis se redressa et flotta devant Ross une longue seconde avant de se laisser attraper et plier. Ross redescendit ensuite et quand il entra dans la pièce Kaecilius dessinait une rune de feu dans les airs. Quand il l'acheva, il la poussa d'un geste franc en direction du miroir et Strange eut un bref mouvement de recul. Il tourna ensuite le dos au miroir et une lueur apparut dans les airs, à l'endroit où sa projection astrale invisible se tenait dans la pièce.

— Suivez l'indicateur, dit Kaecilius. Vous deux, vous restez ici avec moi, j'ai besoin de vos cerveaux.

Fitz et Simmons s'immobilisèrent sans broncher et May, Daisy et Mack quittèrent la pièce en suivant la lumière. La cape dans les bras de Ross se dégagea alors et leur emboîta le pas.

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda l'ancien agent de la CIA.
— On attend, répondit Kaecilius. Vous deux, venez, on va déchiffrer ces runes pour savoir ce que HYDRA cherche à faire.
— Mais vous avez dit que... tenta Jemma.
— Il ne faut pas les lire à voix haute ensemble, répondit le magicien. Mais on peut les déchiffrer une à une et les assembler sur du papier, cela ne craint rien.

La jeune femme hocha la tête et tous les trois s'éloignèrent. Ross pivota alors vers le miroir et Strange lui fit face.

Courage, mon amour, dit-il avec un sourire en coin. Je suis là...

Ross sentit une pression sur son épaule et opina avec un sourire. Il rejoignit ensuite Coulson sur un canapé et ils entreprirent de patienter en silence, n'ayant rien de mieux à faire pour le moment.