Te souviens-tu

Quand il était une fois

Toi et moi

Quelque part dans un ailleurs, loin

Un garçon et une fille

Où nous étions adolescents.

T'en souviens-tu?

J'ai l'impression que non et moi non plus.


Ces souvenirs qui ont fait ce long voyage.

J'ai l'impression d'avoir traversé des océans pour retrouver cette vie et l'explorer.

Alors qu'attends-tu pour me rejoindre?

Je te sens perdu. Mais où es-tu?

Je te sens pourtant prête.

Si tu le veux bien, pars là-bas avec moi et on verra.


C'est resté dans l'ombre jusqu'à il y a cette année où ça a commencé.

Quand aura lieu le début de ce voyage et pouvoir s'enfuir loin de tout?

Je te sens si proche même si nous sommes des étrangers l'un envers l'autre.

Je sais que tu en as besoin

Ce désir urgent d'enfin savoir

Et moi …

Je te suis.


Rendez-vous où tu sauras guidée et de là, je t'emmènerai dans cette vie passée.

On traversera la porte

Ou préfères-tu que je prenne cette bagnole à remonter le temps?

Moi ça m'est égal!


On se sentira hors du temps

Il n'y aura rien de mieux

Ado, toi et moi.


Je cherche, je cherche, je cherche. Toujours rien. Ça va faire deux ans. Imaginez! Envoyer un commentaire sur un réseau social et vous établissez une connexion qui dépasse tout entendement. Servez-vous d'une planche Ouija, vous obtiendrez le même résultat. Un portail s'est ouvert et a accueilli un drôle d'intrus qui a commencé à venir me rendre visite chaque nuit maintenant. Mais d'où ça vient?! Je n'ai rien demandé. Et vu ce que le personnage m'inspire, franchement, je m'en serais bien passée. A tel point que si je l'avais devant moi, je déguerpirais en courant et monterais dans le premier arbre qui se dresserait à proximité.

Tout ce qui se dégage de son être est nébuleux, ténébreux. C'est comme un marécage maudit, un tourbillon noir qui t'emporterait. Il ressemble à lui seul à une tragédie émotionnelle et complètement torturé. En tout cas, je le ressens ainsi. Quelle pagaille ça doit être à l'intérieur! Si tu es déjà toi-même un peu abîmée, tu peux le renifler. C'est comme avoir l'instinct d'un loup, doté d'une sacrée paire de narines. Ce type pourrait te créer un traumatisme rien qu'en rêvant de lui. La chose nocturne ne te fiche jamais la paix.

J'ai sacrément dû le faire morfler dans une autre vie pour qu'il vienne m'emmerder quand je dors. Satan, Lucifer, le prince des ténèbres, le diable, cette chose toute noire. Comme je ne peux pas m'en débarrasser, je me soulage en le traitant de petits noms diaboliques. Voilà ce qu'il m'inspire. Il est comme une éclipse qui vous plonge dans une obscurité permanente. Il vous envahit d'une traite et vous sentez comme un poids lourd sur votre poitrine. Tel un disque dur, il remplit tout votre espace libre. L'écœurement n'est plus à craindre car j'en fais de plus en plus l'expérience. J'ai la nausée.

Un méchant, très méchant karma qui revient. Elle est belle ta punition!

Je m'imagine des fois que je suis assise sur l'herbe durant l'interclasse, ado. Entourée de quelques copains, copines du lycée et d'un coup surgit la glue de mes songes. On se connaît plus ou moins mais il s'invite dans le cercle. Et avant de s'être installé, le voyant au loin venir dans notre direction, j'arme ma langue du plus odieux des compliments. Et j'en ai d'autres car ma gâchette verbale est rapide.

-Tiens! Voilà l'endive vapeur!

En réserve également; La salade cuite, le grand joint. Ou l'horreur. Mais pour ce présent dans lequel nous vivons.

Il nous salue et après avoir insisté en me demandant si je ne voulais pas sortir avec peu après, il me fait fuir. Mais je réponds à ma façon.

-Ok. On peut être honnêtes?

-Oui.

-Je préférerais boire du jus d'herbe ou avaler de la boue que de sortir avec toi.

Et je m'en vais sous son regard stupéfait, l'ayant estomaqué. Je jubile. Il reste immobile et chacun a été interloqué par ma vive réaction.

Ou encore, à l'extérieur, après la fin des cours, assise sur le rebord d'une sorte de pot géant, attendant une copine peut-être, l'envahisseur se pointe. Il s'assoit à côté et un peu timide, posément, il me refait sa demande.

-T'aimerais pas qu'on sorte …

-Pour faire quoi?

Il sourit comme si j'avais dit une connerie, trouvant ma réponse à la frontière du bizarre.

-Ce que l'on fait en général. Aller au cinéma par exemple.

-Ensemble?

-Normalement, c'est le but. Quand un garçon demande ça à une fille.

Et spontanément, je grimace.

-Euh, non, beurk!

-Quoi beurk? T'es sympa de me dire ça!

Il reste calme mais très déconcerté, se disant sans doute que je suis folle. Et je parts à nouveau, le laissant.

A force, son meilleur ami le met en garde, le traitant de maso à cause de me coller autant malgré que je l'envois balader jusqu'à avoir carrément envie de l'envoyer chier tant j'en ai marre. Il est devenu encore plus indigeste.

-Mais arrête! Tu comprends le mot NON?! Je ne t'aime pas, je ne veux pas te connaître, je ne veux pas que tu t'approches de moi. Tu ne me plait pas, j'aime rien en toi. Tu serais le dernier sur terre, je préférerais lécher l'écorce d'un arbre ou m'accoupler avec un tronc si c'était possible que d'être avec toi. Fous-moi la paix et dégage!

Et à l'heure actuelle, je ne changerais rien en paroles bien aiguisées, en rajoutant toutefois ceci.

-Tu me répugnes, quand je te vois j'ai envie de vomir. Casses-toi! Dégage l'affreux!

Et son ami, lui dit dans ce délire d'ado que dessine mon esprit; "C'est bien fait! Je te l'avais dit."

C'est comme si j' insultais une entité. Celle-ci reviendra toujours à la charge, jusqu'à l'usure. Ça me défoule mais ça ne libère pas totalement. Est-ce que ça me fait me sentir mieux? Sur l'instant car l'imagination s'avère être quand même de bon secours et j'en ai à revendre. Ça aide.

Tout ce que cette personne m'a apporté de positif dans le monde réel est cet étrange sentiment qui s'est peu à peu développé, arrivant à bien se faire connaître. Revivre une vie d'adolescente.


Juillet 2018 - Le début du commencement.

Durant une journée d'été, tu recherches de la musique pour une fan fiction en cours d'écriture, plus précisément du rock alternatif et rien qu'en découvrant son univers, un premier ressenti se manifeste. Tu ne comprends pas ce que ça veut dire, t'interrogeant. Et lors d'une nouvelle année qui s'enchaîne, tu fais l'erreur d'envoyer un bref message comme ça, pensant plus tard; Ça va pas la tête! Qu'est-ce qui t'as pris! On ne peut pas prévoir ce qui va suivre. Et ça suit!

Trois jours après, le premier rêve marqua son territoire. Lorsque je me suis réveillée, je me suis demandée pourquoi j'en avais rêvé. Le premier m'avait averti sans que je le sache, que ce serait finalement une longue série de songes de nature physique. Il domine, je subis, ne pouvant pratiquement jamais réagir.

Cette atmosphère pesante, teintée d'un dégradé de noir et de gris. J'ai compris que ça venait de lui. Le tourbillon tourmenté qui vous emporte, vous arrachant telle une feuille à sa branche ou une racine ancrée dans le sol. Il en faut de la force! Moi aussi j'en ai eu pour avoir décidé d'accomplir cet acte. Se Désabonner. Oui. Folle de ne l'avoir pas fait bien avant.

Lorsque la déconnexion pris effet par ma propre initiative au bout de deux mois, le climat onirique s'est modifié la nuit-même. Étrange! Cependant, elle n'était que partielle.