Les personnages sont ooc pour les besoin de l'histoire. Les scènes qui viendront pourront être très intimes c'est pour ça que j'ai classé dans M.
La mygale est encore venue me perturber, marchant comme un crabe quand cette bête aux longues pattes a grimpé sur le lit. Malgré son poids plume, elle se fait bien sentir. Chaque mouvement de son corps laisse trace de sa lugubre présence. Ses genoux s'enfoncent en se déplaçant afin de me signaler que ça se rapproche. La chose s'allonge soit sur mon dos si je dors, soit sur le ventre ou se colle contre moi. Ses longs doigts qui n'ont pas l'apparence humaine me caressent la bouche, sentant un doigt rentrer. C'est si vivant.
Je l'entends me chuchoter à l'oreille; C'est bien moi.
C'était un matin et je lui avais demandé si c'était bien lui, en prononçant son prénom.
- Edward? C'est toi?
Je l'ai senti comme si réellement il avait été avec moi, cette sensation se produisant quelques fois. Lorsque je l'ai raconté sur un forum, en postant mon sujet dans la catégorie "Rêves et expériences"on m'a répondu que c'était probablement une sortie astrale.
Il ne manquait plus que ça. Traverser les murs pour s'amuser à me hanter. C'est presque comme un incube. Vous savez. Le démon qui s'attaque aux femmes durant leur sommeil pour pouvoir abuser d'elles. Sur deux années, c'est comparable à un obsédé sexuel.
Au début, son activité nocturne favorite n'était pas à temps complet. J'avais même passé tout le mois d'août 2018 sans me le coltiner. Je me suis dit; Chouette! C'est peut-être fini. Mais non! Le diable a fait sa rentrée en septembre, rattrapant son retard. Il avait certainement dû partir en vacances. S'il avait pu prendre un billet sans retour.
Pour savoir la raison de ces rêves récurrents, j'ai même essayé un rituel de magie blanche qui permet de recevoir une réponse en rêve. Ça fonctionne! Néanmoins, concernant ma demande, le résultat ne fut que partiel. Entre un oiseau qui se jouait de moi en me faisant croire que je l'obtiendrais et la seconde fois, rêver d'un gardien de porte qui me chassait sans ménagement, la tentative fut un échec.
Imaginez, un grand fluet aux cheveux longs qui court vers un bus dans lequel vous vous trouvez et tout nu. Heureusement, que je ne voyais qu'une partie du corps. Je pense que ça m'aurait traumatisé autrement. Je compris dans ce songe qu'il voulait que le chauffeur s'arrête pour pouvoir monter et m'empêcher surtout de connaître la raison. On aurait dit un fou échappé d'un asile.
Quels magnifiques rêves je peux faire!
M'attacher avec des menottes ou seulement un de mes poignets et emprisonner le sien avec celle qui est encore inoccupée. Une façon de m'unir à lui telle une prisonnière. Mes chevilles l'ont déjà été aussi. En prime, ses mains sont comme des tentacules qui s'infiltrent partout. Je commande, je fais ce que je veux, tu ne dis rien. Je suis le maître. Impétueux, directif ... Il domine sans relâche. Je préférerais être poursuivi par Freddy Krueger. Au moins, je saurais à qui j'aurais affaire.
J'ai réussi toutefois récemment à prendre un peu le dessus, en le giflant ou en l'humiliant. Oooh! Qu'il n'était pas content. Bien fait à nouveau! Oui, ce fut jouissif, libérateur.
On me trouverait illogique vu mon dégoût car j'écoute la musique de son groupe. Mais c'est comme si je divisais. Ce ne sont qu'alors des instruments de musique qui sonne à mon oreille. Et il n'y a aucun attachement, suivi. Guidée je pense par mes ressentis comme pour trouver enfin la réponse. Je me comprends.
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Souvent je ne suis pas sûre si c'est un rêve.
Je suis assise sur une pelouse très verdoyante, genoux fléchis, le ciel turquoise semble s'étirer. Je le contemple, le soleil me saluant. Je me sens bien, l'esprit au repos. Je remarque ensuite qu'il est assis à côté, dans la même position, fixant l'horizon. Un parfum de printemps embaume le paysage, me chatouillant le nez. La chose se colle alors tel un frère siamois, le repoussant immédiatement.
-Va t'asseoir plus loin.
-Où?
-De l'autre côté de la rue.
Il rit, ne prenant mon ordre au sérieux.
-Tu vois là-bas? pointant son doigt vers la silhouette d'une maison. C'est l'entrée.
-Ça amène où?
Je semble très intéressée, devinant de quoi il veut parler et ça me rend pleine d'espoir, illuminant mon moral.
-On va partir. Tu veux toujours remonter dans le temps?
La phrase tant attendue. Même si ça sort de sa bouche.
-Oui.
Il approche sa main, la poussant avant de me lever.
-Pas besoin de la tenir et j'en n'ai pas envie. Si on y va ensemble, ça sera en courant sans contact.
-D'accord.
Obligé d'abdiquer si il veut que je le suis, il semble faire preuve de compréhension.
Il se lève à son tour, nous commençons à marcher sans se presser puis rapidement nous nous mettons à courir comme je l'avais suggéré. Le décor change, ne distinguant plus qu'un champs verdâtre à la texture magnifique. Une grosse bulle se hisse, nous nous y approchons, me sentant impatiente et joyeuse. Une porte transparente s'ouvre et nous nous élançons sans réticence. Mon voyage onirique est un mélange de rêve lucide et de nouveau, astrale. A la limite de flirter avec notre bonne vieille réalité. Je le vis ou est-ce une fantaisie de mon esprit?
C'est bizarre, je suis aspirée dans un tunnel d'une lumière aveuglante, m'inquiétant de l'endroit où je vais atterrir. Je me sens apeurée. Subitement, le songe se termine brusquement, me laissant sur ma faim et j'ouvre les yeux, somnolente. Mentalement, je m'étonne; Ce n'est pas ma chambre. Je dois encore dormir. Vous rêvez que vous êtes en train de rêver. Ça arrive parfois.
Je referme les yeux, le sommeil redevient profond. Ce n'est que lorsque je me réveille vraiment que je constate que je n'avais pas rêvé. Je bondis du lit en sursaut, le cœur affolé, me précipitant vers une glace accrochée au mur près de la porte.
-C'est pas vrai! C'est pas possible!
Mes mains tremblantes touchent mon visage, mes cheveux. Je hurle un cri de bonheur. J'ai une nouvelle fois 15 ans. Je sautille avec audace sur le parquet, exultant.
-OH, MON DIEU! Ça a marché!
- Bella! Tu vas êtes en retard!
J'en conclus évidemment que c'est la voix de mon père qui m'appelle. Je me regarde une dernière fois, excitée, j'ouvre la porte et me dirige vers la cuisine, le voyant. Ben mince alors! C'est vraiment mon père. Il était aussi dans cette vie-ci? C'est génial!
-Tu veux quoi? Céréales, tartines?
-Céréales et chocolat.
Comme d'habitude, ça ne change pas non plus.
-Tu n'as qu'à aller te doucher. Autrement tu vas être en retard. Tu te sens comment pour ton premier jour en seconde?
-Je sais pas.
Bien sûr que je n'en sais rien, déphasée comme je suis. Je repars, direction la salle de bain, en cherchant un peu, étant étrangère à la maison. Elle est assez bien arrangée, de ce que j'ai pu voir et plus grande. Apparemment deux chambres, un salon et un bureau aménagé. Ça me plaît bien. Je ressors par contre quelques secondes après, ayant oublié d'aller aux toilettes que je trouve sans difficulté. Passage indispensable!
Une fois propre comme un sou neuf, habillée en salopette, tee-shirt rose à manches courtes dessous, cheveux coiffés, séchés, je retourne dans la cuisine pour déjeuner. Dix minutes plus tard nous partons ensemble puis chacun de leur côté. Heureusement que j'ai eu la bonne idée de glisser dans la conversation le MOT lycée dans lequel je suis sensée débuter ma seconde. Forks. Ça n'a pas l'air d'être trop loin à pied et le chemin m'est indiqué par un panneau. Je ne suis pas conne, je sais me débrouiller.
J'arrive à destination trente-cinq minutes plus tard quand même et de justesse. C'est marrant. C'est comme une affiche qui vous informe que le supermarché se situe à dix minutes. Alors en voiture, en roulant vite. A tire d'aile bionique sûrement. Je me demande comment ils s'y prennent pour évaluer la durée d'un trajet?
Devant le portail, Edward m'attend. Dès qu'il me voit il court à nouveau vers moi, me prenant alors à part.
-Comment tu te sens?
-Super bien. J'arrive pas à le croire! C'est dingue!
-Je sais. Ecoute, demain, tu ne te souviendras plus de rien excepté cette vie passée.
-Pourquoi?
-C'est comme ça. On doit avoir peur que l'on raconte que l'on vient du futur. dit-il en plaisantant plus ou moins.
-Qui en aurait envie? Quand tu vois comment est le monde.
-Quoi qu'il en soit, on ne se souviendra plus de rien.
-Ça me va. Je comprends. Mais on va se rappeler de quoi au juste dans cette vie?
-De ce que l'on a été, ce que l'on a vécu.
-Comment tu peux être au courant de tout ça?
-Je l'ai été quand tu es venue me rejoindre dans le rêve de cette nuit.
-T'as du bol toi au moins. Qui t'en a informé?
-Une entité supérieure bienveillante à mon avis. J'ai seulement entendu la voix.
Je hoche la tête, satisfaite de son explication, étant la vérité. Je n'en doute pas. Puis la sonnerie retentit comme un écho jusqu'à nous.
-On y va?
-Allons-y.
Étrangement, d'avoir parlé avec ne pas pas provoqué des haut-le-cœur. Sans doute car ce qu'il dégage en tant qu'adolescent est à l'opposé de ce qu'il est adulte évidemment. Intacte encore.
En avançant petit à petit dans l'enceinte du lycée, il m'informe en guise de supplément que tout sera plus clair demain. Bon. Mais soudainement je m'interroge. Est-ce vraiment le vrai premier jour de notre rentrée? Ça apparaîtrait plus comme une répétition.
Bingo!
