.

Notes de l'auteure :

Oui, vous avez bien lu le titre, j'ai mis 'N°2' car une histoire nommée 'Coup d'État' existe déjà sur mes comptes. Publiée le 10 Août 2020, il y a un an donc, elle raconte l'histoire du Prince Jack Benjamin qui s'essaye à un Coup d'État...

Et perd.

Violemment.

Vous allez voir que, cette nuit, je n'ai pas été plus intelligente...

.

Triggers Warning : Drogues et noyade.

.

.

.

D'ordinaire, mes TSPT (Trouble de Stress Post-Traumatique) me ramènent inlassablement en 2011. Voir en 2001. Parfois, aussi, en 1943 ou même en 1912 une fois.

La nuit dernière, je suis allée plus loin encore.

Permettez-moi de vous emmener avec moi, en l'An 484, sur l'Île de Bretagne, au Royaume de Logres, dans une bourgade nommée...

… Kaamelott...

.

.

.

AMPHITHEATRUM

- Ex nihilo nihil fit -

.

Commençons par poser le décor, voulez-vous :

Imaginez un magnifique Amphithéâtre à l'intérieur même d'un bâtiment tout aussi prestigieux et immense. Je n'ai rien à dire, Venec a fait un très bon travail de ce côté-là. Il a su donner un côté Romain à la Bretagne. Certes, ce n'est pas au goût de tout le monde, mais peu importe.

Je me trouve présentement dans cet Amphithéâtre, tout au fond, pour me faire discrète. Je suis vêtue d'une robe simple, totalement noire, avec des collants épais de la même couleur et des grosses chaussures tout aussi sombres. Mes cheveux châtains sont court, clairement comme ceux de mon cher Bucky Barnes lorsqu'il était le Soldat de l'Hiver.

Une fois assise, je regarde autour de moi pour trouver des têtes connues. Je vois deux silhouettes bleu et rouge que je reconnais comme étant Perceval et Karadoc. Non loin d'eux se trouve Bohort de Gaunes et juste derrière le célèbre Léodagan de Carmélide avec Dame Sélie.

Tout le monde écoute le Sénateur au milieu de l'Amphithéâtre. Ça crie dans les rangs, surtout lorsque le Seigneur Lancelot arrive dans un costume affreusement angoissant.

Pour information, dans cette Ligne Temporelle, Lancelot est le Roi de Bretagne.

Et il est la raison précise de mon Coup d'État...

.

Le plus étrange dans tout ça, c'est que notre ancien Roi, Arthur, se trouve lui aussi dans l'Amphithéâtre.

Mais, déjà, les rouages de mon plan sont en marche et les Sénateurs s'en rendent vite compte. Tout comme Lancelot et ses Séparatistes. Mon Coup d'État doit permettre à Arthur de redevenir Roi du Royaume de Logres. Lorsque le peuple découvre le Putsch, digne du Roi Loth, les gens commencent à crier plus fort encore.

Certains sont heureux, d'autre non, et c'est à celui qui tapera le plus sur son voisin.

Littéralement.

Eh merde.

Clairement, rien ne va plus, l'Amphithéâtre se change en arènes de Gladiateurs et ça cogne de partout. Bon, il est temps de partir.

Le plus incognito possible, je me fraie un chemin en slalomant entre les gens, les rangées et évitant de justesse les coups qui pleuvent de tous côtés.

Ils essayent carrément de s'entre-tuer !

Ceux pour Lancelot.

Ceux pour Arthur.

Et ceux qui s'en fiche.

Je continue mon évasion, lorsqu'au détour d'une rangée, je tombe sur une personne...

.

- Sire !

Arthur ressemble plus à un paysan qu'à un Roi. Ses cheveux sont aussi longs que les miens, sa barbe de trois jours lui ronge un visage fatigué, il porte une vieille chemise blanche et un pantalon noir. Seul vestige de son lui passé : le médaillon d'Ogma qu'il porte autour du cou.

Il me regarde avec impatience. Je reprends donc :

- Sire ! Vous devez partir, il...

- Ne m'appelez pas 'Sire', je ne suis plus Roi.

Je lève les yeux au ciel.

- Je sais, c'est la raison du Coup d'État ! Pour vous remettre au pouvoir !

- Contre mon gré ? Ah bah merci de prévenir ! Je ne veux PAS être Roi ! Je ne veux plus entendre parler de Kaamelott !

Au milieu des hurlements des gens, je lève la voix pour me faire entendre :

- Sire, écoutez-moi ! Les gens vous aiment ! Ils vous ont toujours aimés ! Vous ne pouvez pas le nier ! Même à l'époque, celui qui vous aimez le plus c'était Perceval. Maintenant, c'est tout le monde : Perceval, Karadoc, Guenièvre, Venec et... Moi. Vous devez remonter sur le trône !

- Non, non, non et non !

J'évite de justesse un coup d'un combattant sur ma gauche et je reprends :

- Sire ! Ça suffit ! Nous avons besoin de toi !

Je me rends compte que je passe au tutoiement sans faire exprès.

Oups.

Je veux rétorquer une nouvelle fois, mais la foule en colère m'éloigne d'Arthur.

.

Je me retrouve au milieu des couloirs de chaque côté des rangées, et j'essaye de remonter l'Amphithéâtre en éviter la bagarre entre le peuple.

C'est très difficile, mais j'arrive non loin de l'arène. Je vois même des stands tenus par des paysans, qui essayent tant bien que mal de vendre leurs étoffes, leurs linges de maison et leurs nourritures artisanales au milieu de ce chaos, demandant quelques pièces de cuivre en échange.

Je slalome entre les étalages avant de trouver une sortie, dans laquelle je m'engouffre en vitesse.

.

.

.

COLLEGIUM

- Dulce est desipere in loco -

.

Le lendemain matin, après l'échec du Coup d'État, les gens sont toujours à cran. Ils cherchent clairement un bouc émissaire, puisque certains sont blessés ou en mauvais état.

Je les évite le plus possible.

Je porte les mêmes vêtements que la veille. Je n'ai pas eu une nuit calme non plus.

Mais l'heure n'est pas aux lamentations, je dois aller au Collegium, en portant quelques ouvrages entre les mains. Je fouille dans les pages de mes livres pour savoir où je dois me rendre, l'endroit en pierre est un véritable labyrinthe. Mais, qu'importe, je marche dans les couloirs froids en croisant des gens du peuple.

Seulement, en me voyant, je me rends compte qu'ils ne sont pas du tout jouasses.

Pas du tout...

D'ailleurs, certains me regardent avec une violence telle que, si un regard pouvait tuer, je serais morte sur place.

Heureusement, un ami à moi débarque à mes côtés pour me remonter le moral.

- Jem ! Nom de Dieu, tu m'as fait peur. C'est quoi leurs problèmes à ces crétins ?

Jem souffle un coup et avoue :

- Toi, apparemment. Ils n'ont pas bien digéré le Coup d'État.

- Pourquoi ? Ils aiment Lancelot ?!

- Yep. Ce sont des Séparatistes. Ne fais pas attention à eux.

OK.

Nous marchons tous les deux dans les corridors du bâtiment taillé dans la roche. En tenant encore mes ouvrages en main, je dis à mon ami :

- Je dois me rendre à la Librairie pour étudier un peu, tu viens avec moi ?

Jem paraît très inquiet tout à coup.

- Non, Alisone, tu ne peux pas aller à la Librairie, c'est plein de Séparatistes là-bas !

- Euh... OK... La salle d'étude, alors ?

Mais Jem me retient par le bras :

- Non plus ! Ils veulent tous te tuer !

Je souris :

- J'ai l'habitude.

- Ne va pas là-bas !

Il semble vraiment inquiet, du coup je me dirige vers un autre endroit dont je tais la destination pour ne pas angoisser Jem.

Côte à côte dans les couloirs déserts, nous arrivons bien vite devant une immense porte qui indique, en lettres bâtons, en latin :

Valetudinarium / Balneum

Pour vous expliquer, ceci est l'ancêtre de l'Infirmerie et des salles d'eau.

Au moment où je m'apprêtais à passer le pas de la porte, Jem se jette sur moi, encore, en hurlant :

- NON !

Derechef, je lève les yeux au ciel, en maugréant :

- Jem, je dois bien pouvoir me rendre quelque part !

- Mais c'est encore PIRE là-dedans !

Je plisse les yeux.

Comment ça peut être pire que des salles entières remplies de gens prêts à me tuer ?

J'ouvre la porte du Balneum, sans entrer à l'intérieur. Je vois que la salle est vide et je fais un clin d'œil à Jem pour le rassurer.

Je souris, et je passe par la porte.

Et là, c'est le trou noir.

Je tombe...

… Dans les étoiles...

.

.

.

BALNEUM

- Deus ex machina -

.

Il me faut un effort surhumain pour ouvrir les yeux. Mes paupières sont lourdes et mon cerveau semble comme rempli de marshmallows. J'ai mal partout, surtout à la tête. J'ai l'estomac en vrac, comme un lendemain d'une très longue soirée bien arrosée. Sauf que, ce n'est pas du tout le cas.

Je mets beaucoup de temps à me rappeler de ce qu'il s'est passé. C'est affreusement difficile, car ma tête tourne, j'ai l'impression d'être sur un manège infernal qui ne veut pas s'arrêter.

Petit à petit, je sens un revêtement glacial sous mes mains.

Je suis dans une salle d'eau géante, sur un carrelage froid, allongée sur le sol et contre un mur. J'utilise d'ailleurs ledit mur pour m'aider à me relever légèrement. Pour au moins m'asseoir sur les dalles gelées.

Ma tête continue de tourner et mes yeux ont du mal à fixer quelque chose du regard assez longtemps pour analyser la pièce dans son ensemble.

Mes cheveux courts tombent sur mon visage et, difficilement, j'essaye d'utiliser mes mains pour les maintenir en arrière. Une douleur violente tambourine dans mon crâne, comme si Thor jouait avec son Mjölnir dans mon Palais Mental.

Pas cool.

Je comprends que j'ai été drogué à la seconde même où j'ai mis les pieds dans la salle du Balneum. Apparemment, c'est une, ou plusieurs, drogues bien violentes.

Lentement, mais sûrement, je me rends compte que je suis dans des Thermes, avec plusieurs bains vides.

Bref, je suis dans le coaltar, essayant de me relever, mais mon esprit se trouve toujours dans le cosmos. Au coin de mon œil, je vois une femme, floue, venir vers moi.

Il faut un moment à mon cerveau pour comprendre qu'il s'agit d'une Femme Médecin qui travaille aux Thermes et, de manière générale, au Valetudinarium.

Je me pensais sauvé, mais c'est tout le contraire...

.

La femme se penche vers moi, elle a un visage sévère, fermé et effrayant. Elle m'attrape par les cheveux et par le bras gauche pour me lever.

Ma tête tourne encore plus, comme si je volais dans le ciel, au-dessus des nuages. Elle me crie dessus.

- C'est de ta faute ! Le Coup d'État ! Sire Lancelot n'est pas content du tout !

Lancelot n'est pas un Roi légitime pour moi, je m'en fiche.

Avec une facilité déconcertante, la Docteur me jette dans le bain vide. Je tombe sur le dos avec douleur. Allongé de tout mon long entre les parois froides.

J'essaye de reprendre mes esprits, mais c'est très compliqué. La drogue fait bien son travail dans ma tête.

Tout à coup, je commence à sentir un liquide plus froid encore que les parois, me mouiller le dos. J'essaye de relever ma tête, pour voir la femme Médecin se pencher au-dessus de moi et me cracher, avec hargne :

- Tu vas payer pour le Coup d'État contre Lancelot !

De quoi ?

.

Je mets du temps à comprendre que l'eau commence à monter. Elle a dû boucher l'évacuation du bain pour le remplir.

Avec moi dedans.

Bon, au début, je ne saisis pas vraiment la finalité de son acte.

Et puis, je comprends.

Parce que l'eau monte, et lorsque j'essaye de me relever, la femme maintient mon corps contre le fond de la baignoire. Une main posée sur mon torse et une main posée sur mon front.

Avec la quantité de drogues qui coule dans mon sang, impossible pour moi de lutter correctement contre elle. Même si j'essaye de bouger mes pieds, mes jambes ou de plaquer mes mains sur les siennes. Elle a une sacrée force.

L'eau continue de monter. Mes cheveux courts se mouillent. Mes vêtements aussi. L'eau ruisselle sur mon visage.

Par réflexe, je ferme les yeux.

Quelques seconde plus tard, l'eau avale entièrement mon visage, ainsi que mon nez. Ce qui m'empêche désormais de respirer.

De fait, je bouge plus vivement mes jambes et mes bras. Sans succès, visiblement.

Je sens et j'entends mon cœur battre la chamade dans ma poitrine. Il veut exploser.

Mes poumons sont en feu. Cherchant de l'air. De l'oxygène. Mais ne recevant que de l'eau.

Je me tortille comme un poisson hors de l'eau.

Ou comme une Humaine dans une baignoire.

La femme me maintient fermement et attend patiemment que je perde connaissance.

Ce qui ne tarde pas à venir. Je sens mon esprit partir.

Mais pas à cause de la drogue, cette fois.

Non, non, mon esprit quitte mon corps.

Je m'étouffe.

Je pars...

… Loin...

.

Lorsque je rouvre les yeux, je vois Jem au-dessus de moi, qui me fait du bouche-à-bouche, tout en cognant comme un fou sur ma poitrine. Mes côtes sont enflammées. Je crois bien qu'une ou deux d'entre elles sont cassées, d'ailleurs.

Jem me mets sur le côté pour que je puisse cracher toute l'eau de mes poumons. Je n'ose même pas bouger tellement j'ai mal partout. Jem sourit et me dit, entre humour et colère :

- Je t'avais dit de ne pas entrer dans les bains...

.

.

.

Puis, je me suis réveillée...

Dans le coaltar.

.

Memento Mori

.

THE END

.

Viendra le vent d'hiver, souffler comme autrefois,

Comme aux temps où Arthur était encore Roi,

Avant que la Lumière, finalement, ne renonce,

Et descende du Ciel, à l'insulte, la Réponse.

.

.

.

Traductions :

Ex nihilo nihil fit : Rien ne vient de rien.

Dulce est desipere in loco : Mêle à la sagesse un grain de folie.

Deus ex machina : Dieu sorti de la machine. (Personnage ou événement inattendu venant opportunément dénouer une situation dramatique.)

Memento Mori : Souviens-toi que tu vas mourir.

.

.

.

08.08.2022

Et un Joyeux Anniversaire à ma nièce !

'Fun Fact' (Qui n'a de 'fun' que le nom) : Les Livres V et VI de Kaamelott triggered des traumas chez moi. Des années 2009/2010.

Copyright © 2022 by Alisone DAVIES - All rights reserved.