Bonjour, bonjour, je me suis dis que ce ne serait pas une mauvaise idée que de reprendre l'habitude de poster le dimanche, puisque c'est le seul jour de la semaine où je suis sûre de ne pas travailler l'après midi. Merci pour les premières review, c'est toujours encourageant d'avoir vos impressions.

Alors ce premier chapitre vous à plu apparemment. Ce qui me fait plaisir je ne vais pas mentir. Comme je l'avais promis, une Bella bien différente de mes autres fics.

Dans ce chapitre on va en découvrir un peu plus sur Bella. Alors accrochez vous, on décolle.

Guest: plus de réponse sur Bella ici. Quant à Paul, il est souvent drôle malgré lui, c'est juste sa manière de parler. Bisous !

Guest: la suite est là. Profites bien. Bisous !

Guest: merci ! Bon j'espère que la suite sera tout aussi prometteuse. Bisous !

MC: Commence tes propositions, je t'en prie, je ferai comme toujours, je resterai muette :) Même si dans le passé tu as souvent eu raison. Bisous !

Bien je vous laisse lire la suite. A bientôt !


- Je ne sais pas comment tu fais Bella, lança Alice rageusement en jetant son plateau sur la table de la cafétéria en rejoignant leur groupe. Il est insupportable ! Non mais tu te rends compte que toi tu passes ton temps à lui donner des cours de soutien et que lui il s'endort en cours !

- C'est parce qu'il s'ennuie, tenta d'expliquer gentiment Bella en souriant. Il ne comprend rien parce qu'il n'a pas suivi le début, alors il décroche et s'ennuie.

Tous ses amis la regardèrent en soupirant pour certain et en souriant pour d'autre. Emmett passa un bras autour de son cou en posa sa tête sur la sienne.

- Tu es trop gentille, s'amusa-t-il en lui frottant les bras.

- Oui je suis bien d'accord, trancha Rosalie en grimaçant. Ce petit con profite de toi, il bouffe ton temps et ta patience. Je ne comprend déjà pas pourquoi tu t'es proposée à la base, mais je comprend encore moins pourquoi tu t'acharnes à l'aider alors qu'il n'en a visiblement rien à foutre.

- Je fais parti du groupe de soutien scolaire et il en a besoin, répondit Bella en haussant les épaules.

- Dieu préserve Isabella de ne pas faire le devoir de toutes bonnes chrétiennes, se moqua méchamment Lauren en la fusillant du regard.

Oui, si de l'extérieur, leur groupe semblait le plus parfait, ce n'était pas vraiment le cas. Bella était tout l'opposé de Lauren. Cette dernière adorait rabaisser la brune tout en faisant passer ça pour une blague. Mais étrangement, ses attaques ne semblaient jamais atteindre leur cible.

- C'est tout à son honneur, répliqua Mike en lançant un sourire à Bella. Mais tu ne devrais pas t'épuiser à aider ces gens là.

- Ces gens là ? retourna la brune en fronçant les sourcils.

- Les petits pauvres, ils ne te le rendront pas. Tu n'y gagneras rien. Alors que moi aussi j'ai des difficultés en mathématique et tu pourrais m'aider. Je suis sûr que tu serais plus douée que mon professeur.

Bella resta muette un instant, tentant de maîtriser la colère qui montait en elle. Seulement, elle était bien élevée et elle savait très bien comment faire pour gérer ses émotions négatives.

- A la différence d'eux, tu as de quoi te payer des cours particuliers, répondit-elle calmement. Tu n'as pas besoin de moi et sache que je n'attend rien en contrepartie. Néanmoins vous avez raison sur un point, je suis entrain de perdre mon temps pour l'instant. Mais ça, c'est mon problème, mon temps.

La brune repoussa Emmett, se leva et prit son plateau.

- Où vas-tu ? s'inquiéta Jessica surprise.

- Je n'ai pas faim, je vais aller réviser pour le contrôle de cet après midi, répondit Bella en s'éloignant d'eux.

Au lieu de jeter son plateau, elle passa dans la fille d'attente et le donna à une première année en lui disant qu'elle n'y avait pas touché et qu'elle pouvait le manger.

- Sainte Bella a encore propagé sa bonne parole, se moqua Lauren en explosant de rire.

- Arrête de l'appeler comme ça, grogna Rosalie froidement.

- Oh allez Rose ! continua l'autre en levant les yeux au ciel. En plus d'être drôle, c'est la vérité.

- C'est vrai que ça ne doit pas être facile pour toi de voir quelqu'un se dévouer aux autres quand on sait à quel point tu es centré sur toi même, trancha Alice acide.

Cela jeta un froid à la table. Alice n'était pas du genre à fermer la bouche, surtout sur un sujet qui la dérangeait. C'était l'amie de Bella et elle savait que derrière son air impassible, se trouvait une personne très sensible. Isabella refermait en elle une grande fragilité qu'elle essayait de dissimuler au mieux. Finissant son repas, elle partit rejoindre son amie. La bibliothèque était la meilleure option connaissant Bella et elle ne s'y trompa pas.

- Bien, maintenant que l'on est toutes les deux, vas-tu me dire la vérité, s'amusa Alice en posant sa tête dans sa main. Tu es amoureuse de Paul ?

Bella releva aussitôt des yeux horrifiés, rouge comme une tomate. Puis elle mit une claque à son amie en secouant la tête.

- Mais ça va pas la tête ! se scandalisa Bella en se ratatinant sur elle même. Arrête de dire n'importe quoi, imagine que ça remonte aux oreilles de mon père.

- Et alors, ton papa devra bien se faire à l'idée que sa fille adorée puisse plaire à un garçon un jour.

- Je crois que tu ne comprends pas comment il fonctionne, soupira la brune en grimaçant. Pour lui je ne dois me concentrer que sur une chose, le conservatoire.

- C'est quand même dommage quand on sait à quel point tu es douée dans toutes les autres matières. Tu gâches ton talent.

- C'est peut-être pour ça que je cherche à le partager avec quelqu'un d'autre, sourit Bella en haussant l'épaule. Mike n'a pas besoin de moi et je refuse catégoriquement de lui faire cours. Je ne sais pas pourquoi Paul refuse d'étudier avec moi, parce que je vois dans son regard qu'il comprend ce que je lui dis. Je sens qu'il est capable de surprendre beaucoup de monde. Il y a du potentiel chez lui. J'ai donné des cours particulier à bien des gens et notamment à des abrutis, même eux j'ai réussi à les aider. Paul c'est différent, il ne fait pas parti de cette catégorie mais il ne veut pas de mon aide, alors qu'il en est capable.

- Mais avoue qu'il est beau garçon, la taquina Alice mutine.

- Tous les Quileute sont beau garçon, rétorqua Bella en haussant les épaules à nouveau. Mais personne ne s'en souciait avant qu'ils arrivent dans ce lycée.

- On ne les avait pas tous les jours sous les yeux, sourit son amie en haussant les sourcils. C'est appréciable d'avoir de beaux mecs à regarder, ça nous change de Mike Newton.

- Et en dehors de ça Alice, as-tu déjà adressé la parole à l'un d'eux ? demanda sérieusement Bella en sachant déjà la réponse. Ils ont toute une culture, tout un passé qui doit être merveilleux à découvrir...

- Ça y est, je t'ai perdu, se moqua doucement Alice en secouant la tête. Je ne te parle pas d'étude et de connaissance, je te parle de physique, de sentiment et de sexe !

- Chut !

Les joues de Bella devinrent encore plus rouge qu'elles ne l'étaient déjà. Il y avait des sujets, tel que ceux-ci, qu'il valait mieux éviter en public. Elle se cacha donc avec ses mains en suppliant son amie de changer de sujet.

- J'y arriverai un jour Bella, lança Alice avec un regard de défi.

- Quoi donc ?

- A te dévergonder, j'en fais la promesse.

Isabella sourit pour faire bonne figure, mais au fond, elle savait que ce ne serait pas aussi simple qu'Alice l'espérait. Oui elle était toujours vierge, vierge de tout pour être honnête. Pas de premier baiser, rien. Bella savait très bien que c'était une mauvaise idée. Il valait mieux que ça reste ainsi.

- Tu m'accompagnes au centre commercial après les cours ? demanda Alice avec une idée derrière la tête.

- Je ne peux pas, je dois aller à l'église pour la collecte de vêtements...

- Tu n'es pas obligée d'y aller bon sang, soit plus maligne que ça et dis juste à tes parents que tu y as été mais sans y aller.

- Je ne peux pas faire ça, lança Bella en baissant le regard.

- Tu passes ton temps à faire des bonnes actions, profites pour une fois. Viens avec moi et amuses toi un peu.

- En dehors du fait que je ne sois pas sûre qu'une virée shopping soit apparentée à de l'amusement, mon père vient me chercher à l'église, donc si je n'y suis pas, je risque gros.

- Je tiens à te le dire amicalement, ne le prend vraiment pas mal, mais ton père me les brise, balança Alice en boudant.

Bella laissa échapper un petit rire qu'elle n'arriva pas à retenir. Son amie finit par lâcher prise, mais sans désespérer d'arriver à son but un jour. De plus, Bella avait vu juste, son père était venu la chercher et avec dix minutes d'avance. Elle l'avait senti arrivé dans son dos.

- Ah monsieur Masen ! le salua le pasteur Johnson. Quel plaisir de vous voir !

- Bonjour révérend. Isabella a-t-elle fini ? demanda aimablement le juge.

- Oui. Elle a été parfaite comme toujours, c'est une telle bénédiction pour nous de l'avoir. Vous devez être fier d'elle.

- Bien évidemment, sourit Riley en prenant sa fille dans ses bras. Elle est aussi intelligente que moi et aussi talentueuse que sa mère.

- Il va falloir penser à son avenir, cette jeune femme est trop précieuse pour être laissé entre de mauvaises mains. Il va falloir lui trouver un bon mari avant qu'elle parte à l'université.

Le sourire aimable de Bella resta en place, son masque était bien là, cachant tout ce qu'elle avait envie de dire. Elle n'était même pas encore majeure qu'on la voyait déjà la bague au doigt.

- Il est évident que nous y réfléchissons avec sa mère. Mais Bella a encore quelques mois de répit avant sa majorité. Ce qui me laisse également le temps d'évaluer les potentiels prétendants, s'amusa le Juge avec toute sa sympathie apparente.

- Il est vrai que votre fils est parti à l'université sans cette sécurité, remarqua le révérend en faisant un signe de la main comme si ce n'était pas grave. Mais vu son sérieux et le fait que ce soit un garçon, vous avez moins à craindre. Il va falloir trouver quelqu'un d'une bonne situation, avec un avenir certain et de la douceur pour votre charmante fille. C'est une perle.

- C'est vrai, nous bénissons Dieu chaque jour de nous l'avoir envoyé, dit Riley en couvant sa fille du regard. Nous y allons ma chérie, tu dois travailler tes partitions en rentrant.

- Nous nous retrouvons dimanche Bella, sourit le révérend en lui serrant la main.

- Bien sûr, à dimanche, le salua la brune en lui rendant son sourire.

Bella regarda une dernière fois la croix de l'église, soupira doucement et tourna les talons. Quand elle arriva chez elle, elle voulu se mettre au piano aussitôt, mais son père l'arrêta avant. Il avait son air sévère sur le visage, celui qui était capable de décrypter n'importe quel mensonge. Ses yeux étaient entrain de la transpercer et Bella sentit ses mains moites trembler.

- J'ai entendu dire que tu refusais d'aider Mike Newton à remonter ses notes de mathématique, lança-t-il froidement d'une voix impérieuse.

- Ce n'est pas tout à fait ça...

- Alors explique toi et vite ! exigea-t-il en serrant les dents.

- Je suis déjà en étude avec un autre élève dont personne d'autre ne veux s'occuper, se justifia Bella en vitesse sans baisser les yeux. Tu m'as toujours dit père de prendre soin des plus nécessiteux pour leur éviter de tourner vers la décadence et la criminalité. Je m'occupe donc de Paul Lahotte, un élève de la Push, pour qu'il puisse aller à l'université. Il est très en retard et donc il a besoin de beaucoup de mon temps. Alors que Mike a les moyens de se payer un professeur particulier.

- Tu ne me dis pas tout Isabella et je le sens, s'énerva son père en lui relevant le menton. La vérité, toute la vérité !

La jeune femme sentit la sueur monter le long de son dos, son cœur battre la chamade, son envie de pleurer juste à la surface. Elle respira discrètement et enfouit tout en elle, comme elle savait si bien le faire.

- Mike est entreprenant lorsque nous sommes seuls et je refuse de répondre à ses attentions, alors il en invente de nouvelles. J'aide vraiment Paul, mais je ne suis pas contre le fait d'éviter Mike, admit-elle enfin en s'enfonçant les ongles dans la peau de peur.

Allait-il voir qu'il manquait un détail ? Son père allait-il sentir qu'elle lui cachait une dernière information. Sa respiration s'accéléra de plus en plus, son père resta silencieux un petit moment puis fini par faire une grimace en relâchant sa fille.

- Il ne doute de rien ce Newton, cracha Riley en embrassant sa fille sur le front. Se croire digne de ma fille et puis quoi encore. S'il devient inconvenant, n'hésite pas à m'en faire part, je saurais le remettre à sa place. Le seul homme qui aura le droit de te toucher sera un homme bien que je t'aurai moi même choisi. Il est hors de question que tu sois malheureuse avec un vaurien.

Bella avait envie de vomir. Qu'elle soit malheureuse avec un vaurien... peu importait qu'elle soit malheureuse du moment que ce soit un homme bien sous tout rapport et riche. Tant que c'était son père qui le choisissait. L'amour n'avait pas d'importance à ses yeux. Il suffisait de voir le mariage de ses parents pour le comprendre. Son père la laissa donc retourner à son piano. Bella secoua une fois puis deux fois ses mains pour enlever la tension qui se trouvait à l'intérieur et les tremblements qu'elle n'avait pas pu s'empêcher d'avoir. Son cœur tambourinait encore dangereusement, lui donnant envie de vomir. Elle devait se reprendre et vite. Soufflant un bon coup elle prit ses partitions et s'échauffa. Les oreilles de son père traînaient non loin, elle le savait. S'il estimait qu'elle ne faisait pas de son mieux, cela lui coûterait cher. Alors elle s'appliqua, sans y prendre le moindre plaisir. Edward était bien plus doué qu'elle au piano et lui n'aurait demandé que ça des études dans un conservatoire, mais c'était le garçon de la famille. On ne lui avait pas trop laissé le choix pour son avenir. Le droit, voilà ce qui avait été décidé pour lui. Bella l'enviait, elle aurait bien aimé le droit. Peut-être aurait-elle trouvé des solutions à certaines situations qui lui semblaient inextricables. Par automatisme, elle enchaîna les notes, sans faire une seule faute, la force de l'habitude. Pourtant, Bella avait l'impression que ce qu'elle jouait était sans âme. Ce n'était qu'une partition, qu'elle répétait jusqu'à épuisement et qu'elle finissait par connaître par cœur comme bon nombre de ses leçons. La jeune femme avait un don inné pour la musique, tout comme son frère, seulement ce don devenait au fur et à mesure une torture pour elle. Perdre le goût de quelque chose que l'on aime parce qu'on en est écœuré était vraiment effroyable.

- C'était bien Bella, tu peux aller faire tes devoirs maintenant, la félicita son père ravi en l'embrassant sur le front. Je suis fier de toi tu sais.

Le cœur de la brune se serra un peu plus. Parce qu'il disait ça, il le pensait sur le moment, puis il allait forcément rajouter quelque chose. Parce que Riley Masen n'était jamais satisfait.

- Ton frère fera briller ma carrière et toi celle de ta mère. Tant que tu gardes ce niveau d'excellence, que ce soit pour tes cours de piano ou tes notes, tu pourras choisir un soir dans la semaine de liberté. Aujourd'hui, avec le petit Newton, tu m'as prouvé que tu étais assez mature pour te préserver. Alors si ton amie Alice veut toujours que tu ailles dormir chez elle, tu seras récompensée pour tes efforts, notamment pour ton bon jugement en ce qui concerne ce Paul. Il est évident qu'il faut l'aider. Car il a autour de lui des mauvaises influences. T'avoir à ses côtés le poussera vers le haut. J'ai hâte que l'on dise à la Push que ma petite fille à aider l'un d'entre eux à devenir quelqu'un de meilleur.

Bella lui sourit, heureuse. Il avait dû passer une bonne journée pour être aussi aimable. Elle lui sauta dans les bras en le remerciant. Le juge en fut ravi et la laissa à ses devoirs. Une fois dans sa chambre, elle s'empressa de prévenir Alice qui hurla de joie. Préparant déjà à l'avance ce qu'elles allaient faire, elles restèrent un bon bout de temps à discuter pour mettre ça en place.

De son côté, Paul était installé dans le garage de Jacob, l'aidant du mieux qu'il pouvait. Seth et Embry étaient affalé dans un canapé miteux non loin, jouant à la console, Leah les regardant en se marrant. Quil finit par entrer avec son air blasé habituel. Il les salua et s'installa sur une caisse non loin de Paul et Jacob.

- J'ai changé d'avis pour Isabella Masen, lança de but en blanc Quil en gardant son air stoïque.

Paul tourna un regard peu amène vers lui, sentant déjà les objections sur le bout de sa langue. Jacob, soudainement intéressé, sorti de sous la voiture et attendit d'en entendre plus.

- Elle est vraiment gentille, ajouta Quil en haussant les épaules. Ce n'est pas une façade.

- Pas une façade ! s'énerva Paul en jetant le chiffon qu'il avait dans les mains. Y'a que ça chez elle, des façades. Y'a rien de vrai !

- Je t'accorde le fait qu'elle cache quelque chose sous son masque, admit Quil en levant les mains. Mais ce n'est pas contre toi, je pense que c'est plus profond chez elle. J'étais à la bibliothèque à l'heure du midi. Je l'ai vu s'installer à une table et sa copine Alice l'a rejoint plus tard. Je n'ai pas bougé et j'ai écouté ce qu'elles disaient.

- Tu as espionné Sainte Bella et la pile ? s'amusa Leah en les rejoignant.

- J'ai écouté une conversation qui était à portée de mes oreilles, se justifia maigrement Quil pas plus gêné que ça. Bella a refusé de faire court à Newton pour continuer à te donner les tiens.

Paul en resta sur le cul. Que ? Quoi ?

- Pardon ? bafouilla-t-il perdu. Pourquoi ferait-elle ça ?

- D'une parce que je pense qu'elle a vraiment bon cœur, continua Quil imperturbable. De deux parce qu'elle tient à t'aider, elle estime que tu en as plus besoin que Newton.

- Je ne suis pas plus con que Newton ! se vexa Paul en serrant les dents.

- Ce n'est pas ce qu'elle a dit et ce n'est pas non plus ce que je dis, trancha froidement Quil en le fusillant du regard. Justement, elle dit que tu es loin d'être un abruti et que si seulement tu la laissais faire, tu pourrais vite rattraper ton retard. Je pense vraiment que cette fille peux t'aider si seulement tu n'étais pas aussi borné.

- Elle t'a ensorcelé ou quoi ! s'énerva Paul furieux que son ami ne soit pas de son côté.

- Elle a quelque chose de fragile et d'attachant. Elle a peut être avouée que tous les mecs de la Push sont beaux et que nous n'étions pas que des gigolos. Alors oui, ça l'a fait remonté dans mon estime, avoua Quil avec désinvolture.

Jacob se mit à sourire. Quil était très observateur et s'il disait bien aimé Bella, c'était qu'elle l'avait convaincu. Leah et Paul étaient les plus difficiles. Les faire sortir de leur préjugés et de leur monde n'était pas chose aisée. Seth appréciait déjà la petite brune, quand à Embry, il attendrait de voir l'avis des autres pour se décider.

- Il te faut juste quelques paroles en l'air pour te convaincre que cette fille est une sainte. Je dois te rappeler que son père à envoyer Jared en taule ? Qu'il finance la moitié du lycée et que demain s'il veut nous dégager du lycée, personne ne lui dira non, qu'il...

- Il, il, il , l'interrompit Quil en croissant son regard. Es-tu vraiment entrain de juger cette fille sur les défauts de son père. Car si c'est le cas, tu ne vaux certainement pas mieux que tous ces bourges que tu exècres.

Paul n'apprécia pas du tout sa réflexion et préféra rentrer chez lui avant de se disputer avec son ami. Cette Isabella était entrain de retourner ses amis contre lui et ça ne lui plaisait pas du tout ! Mais alors vraiment pas.

Du côté de Bella, la bonne humeur de son père s'expliqua bien vite. Edward venait d'arriver avec son colocataire de l'université. Edward était grand, cheveux cuivré, un air hautain sur le visage au contraire de l'autre étudiant blond, élancé et au regard pétillant. Au premier abord, il avait l'air aussi froid que son frère, mais quelque chose dans son regard plaisait bien à Bella. Il avait l'air vrai, sans artifice.

- Papa je te présente Jasper Whitlock, annonça Edward en entrant dans le salon.

- Enfin ! Enchanté jeune homme, le salua le Juge. J'ai beaucoup entendu parler de vous. Vous étiez déjà en faculté lorsque Edward est arrivé n'est-ce pas ?

- En effet monsieur, répondit le blond avec un sourire aimable. Je suis rentré en dernière année de master en psychologie. Je compte bien l'obtenir pour passer en doctorat l'année prochaine.

- Un jeune homme plein d'ambition, voilà qui est bien. Savez vous déjà quelle spécialité vous allez choisir ? demanda Riley ravi.

- Je l'ai déjà choisi au début de mon master. Je suis un double cursus en étude du comportement puis en psychologie de l'enfant et de l'adolescent. Je déciderai en fin d'année si je pars vers l'une ou l'autre branche.

- L'étude du comportement vous ouvrirez les portes de la criminologie, c'est une très belle carrière et beaucoup d'investissement.

- Certes, mais la psychologie infantile renferme beaucoup de difficultés aussi, contra Jasper qui avait déjà une petite idée de ce qu'il allait faire.

- Edward se comporte bien ? s'inquiéta malgré tout le père en jetant un regard sévère vers son fils.

- C'est un ange, un peu trop à mon goût, ricana Jasper en souriant en coin. Il ne sort pas, il ne boit pas, il ne drague pas, ses études sont sa seule passion.

- Ça veut dire que je l'ai bien élevé, répliqua le Juge fier de lui.

Jasper avait un peu menti, préférant faire plaisir à Edward. Il avait bien vu que c'était important pour lui que son père ne sache pas tout ce qu'il faisait. Maintenant qu'il voyait le personnage il comprenait un peu mieux. Jetant un regard derrière eux, il remarqua Bella, qui se faisait le plus discrète possible. Edward lui en avait parlé, très vaguement, ils n'étaient pas vraiment proche. Mais à voir la posture de la jeune femme, son regard fuyant, sa manie de serrer ses doigts, Jasper n'avait pas besoin de beaucoup plus pour comprendre qu'Isabella ne devait pas être très proche de qui que ce soit.

- Je vous présente ma femme, Élisabeth.

- Élisa Wood de base si je ne me trompe pas, la salua Jasper avec charme. La grande cantatrice.

- Je ne le suis plus, répondit la mère de Bella aimablement. Depuis la naissance d'Edward je me consacre entièrement à mes enfants.

Bella et Edward se jetèrent un de leur rare regard complice. Ils savaient tous les deux quoi penser de cette phrase.

- Passons nous à table ? proposa Élisabeth en montrant la salle à manger.

- Non, pas encore, nous attendons Royce, contra Riley en regardant sa montre. Il ne devrait plus tarder.

Bella eut du mal à avaler sa salive. Royce King, avocat réputé, jeune, beau, prometteur et surtout poulain du grand juge Masen. Le père de Bella rêvé de le voir devenir son collègue sous peu. Il lui faudrait encore quelques années en tant qu'avocat mais en restant dans les bonnes sphères, il pourrait passer son concours dans peu de temps. Le Juge en avait fait sa quête de sauvetage. Sentant son potentiel, il l'avait sorti du caniveau, l'aidant notamment à obtenir des bourses pour ses études. A l'entente de ce nom, Jasper avait aussitôt vu le tic au coin de la bouche de la jeune Masen, il était très discret, mais il apprenait de plus en plus à décrypter les expressions faciales. Ce qu'il lisait chez Bella, c'était qu'elle n'aimait absolument pas ce Royce. Pourtant, elle n'était vraiment pas facile à déchiffrer. En dehors d'Edward, il n'avait jamais vu personne d'aussi fermé. Ils n'étaient pas frère et sœur pour rien. Il avait fallut du temps et de la patience à Jasper pour réussir à faire sortir Edward Masen de sa coquille.

Jasper n'était pas forcément un fêtard ou un tombeur, mais comparé à Edward, il était un démon. Il lui avait fallu beaucoup de patience, de psychologie et de discussion pour comprendre que l'éducation du jeune homme n'avait pas été tendre. L'éloignement avec sa famille l'aidait petit à petit à sortir de sa bulle. Même s'il restait toujours très fermé aux autres. Jasper était un des rares à qui Edward faisait entièrement confiance. Il lui avait parlé de la dureté de son père, des absences de sa mère qui noyait son chagrin dans les médicaments, mais il y avait un sujet sur lequel il ne parlait pratiquement jamais. Isabella, sa petite sœur. Pourquoi ? Ça Jasper l'ignorait encore, mais il ne perdait pas espoir de réussir à comprendre bientôt. Surtout maintenant qu'il faisait connaissance avec la famille Masen. Alors qu'Edward était accaparé par son père, que Élisabeth était parti en cuisine, Jasper se retrouva seul avec la petite brune. Même si elle paraissait aimable, le blond ne s'y trompa pas. Elle était aussi fermée que son frère avait pu l'être.

- Alors c'est toi Isabella, enchanté, la salua-t-il en lui tendant la main.

Bella lui serra aimablement la main, elle était bien élevée après tout, il fallait qu'elle se montre un minimum sociable. Mais de son autre main, elle attrapa nerveusement la croix suspendue à son cou.

- Alors c'est toi la prodige du piano ? demanda-t-il avec un sourire pour l'encourager.

- Je me débrouille, Edward peut se montrer meilleur que moi s'il le veut, répondit-elle modestement.

- Tu aimes ça la musique ?

- Oui, bien sûr, répondit-elle mécaniquement en cachant au mieux ses émotions. Et toi, la psychologie t'as toujours passionné ?

Jasper sourit en coin, elle était exactement comme son frère, à détourner la discussion dès que l'on essayait de parler un peu d'elle.

- Oui, c'est intéressant de comprendre ce qui peut se passer dans la tête des autres. Ce qu'ils peuvent ressentir.

- Désolé j'ai un peu de mal à trouver ça palpitant, lança Bella le pensant vraiment.

Elle avait déjà bien assez à faire avec ses émotions sans aller comprendre celles des autres. Jasper y vit tout de suite une faille, mais il n'eut pas le temps de s'engouffrer dedans que la petite brune la refermait déjà.

- Je ne dis pas ça pour dénigrer ton futur métier, c'est juste que ce n'est pas une branche qui m'intéresse particulièrement, même si j'estime qu'il en faut. Mais tu as l'air bien parti pour réussir.

- Je l'espère. D'après Edward tu es excellente en cours, alors j'ai supposé que la musique devait être ta passion, sinon tu chercherais à suivre un autre cursus que le conservatoire.

Bella n'aimait pas la tournure de cette conversation. C'était beaucoup trop centré sur elle, il fallait vite qu'elle trouve une alternative.

- La musique est exigeante mais aussi apaisante. Je dois encore m'entraîner pour le conservatoire, mais il me reste jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Jasper ferma les yeux doucement en croisant les bras. Après Edward, il était face au mur Isabella. Il pensait ne pas trouver plus introverti et plus secret que le fils Masen, dommage pour lui, il venait tomber sur plus fort encore.

- Je te parle de ce que tu aimerais faire dans l'avenir, reprit-il sans se laisser avoir.

- Nous faisons ceux pour quoi nous sommes doués non ? répondit-elle doucement en haussant les épaules.

- Non Isabella, nous sommes censé nous construire sur ce que l'on aime et ce qui nous rend plus fort, tenta de lui expliquer Jasper avec compassion.

- J'aime ta vision du monde, ça n'en fait pas la réalité pour autant, répliqua-t-elle avec un sourire de convenance.

Alors que Jasper allait tenter de continuer à l'analyser, la sonnerie de la porte d'entrée se fit entendre. Et alors les yeux de Bella déjà peu expressif, devinrent vide. Elle respira un bon coup et voyant que personne n'allait ouvrir, se dévoua. Curieux, Jasper la suivi. Elle était un mystère que son côté psy voulait comprendre. Un homme très charismatique, beau comme un dieu entra dès qu'elle ouvrit. Très chic dans son costard cravate, il passa une main derrière la nuque de la jeune femme, qui se crispa aussitôt et il déposa un baiser sur sa joue.

- Bonsoir Bella, tu embellis de jour en jour, la complimenta-t-il en se reculant en laissant bien le temps à sa main de traîner sur sa nuque.

La jeune femme s'échappa en vitesse de son emprise et lui retourna un bonsoir froid et distant. Jasper était un grand curieux, certes, mais il était aussi très perspicace et ce qu'il constatait ne lui plaisait pas trop. Voyant le malaise chez la sœur d'Edward, il préféra intervenir.

- Vous devez être Royce, s'exclama-t-il en apparaissant.

Jasper lui tendit la main et l'entraîna avec lui dans la salle en lui posant mille et une question. Au dernier moment il tourna un regard vers Bella, qui lui sourit de reconnaissance. Elle ne savait pas comment, mais il avait comprit qu'elle n'était pas à l'aise avec Royce. C'était à ce moment précis que la jeune femme commença à apprécier le colocataire de son frère. Même si son côté psy lui faisait peur.

Ils se mirent à table, Bella se fit le plus discrète possible. Ils étaient bien assez nombreux pour faire la discussion s'en avoir besoin d'elle. Ce qui énervait le plus la jeune femme c'était sa mère. Comment elle s'était apprêtée, comment elle avait fait un effort sur le repas, sa façon maternelle de caresser les cheveux d'Edward pour se faire bien voir. Son frère ne semblait pas le prendre mieux qu'elle, parce qu'à chaque fois il se reculait en la fusillant du regard. Les apparences, toujours les apparences, rien d'autre ne comptait pour cette famille qui de toute façon était déglinguée de l'intérieur. Bella regarda son assiette un bon moment, en jouant avec ses petits pois et en écoutant distraitement la conversation. Politique, boulot, argent, religion, études, toujours les mêmes discussions. Jasper la regardait le cœur serré. Elle ne participait pas à la conversation et les seules fois où elle essayait, son père la faisait taire. Elle était assise à côté de Royce et semblait s'en tenir le plus écarté possible.

- Isabella ! s'exclama le juge sèchement. Tiens toi bien ! Nous ne sommes pas à la foire ! Et finit ton assiette, je ne veux pas entendre d'excuse du style « je n'ai plus faim ». Pense à tous ces pauvres malheureux qui meurent de faim dans le monde.

- Oui père, répondit-elle le regard baissé en se redressant aussitôt.

- Ingrate ! siffla le juge en la tuant du regard. Tu feras des prières en plus avant d'aller te coucher pour te faire pardonner ta mauvaise conduite. Je ne saurais souffrir une Lauren Mallory chez moi.

Bella se prit les reproches sous le regard de tout le monde, sans broncher. L'habitude. En son for intérieur, elle avait envie de hurler, de pleurer, parfois même de mourir, mais elle restait là, impassible, à subir, encore et encore. Edward l'avait bien fait pendant des années et semblait enfin s'en sortir. Le conservatoire lui permettrait peut être de s'évader de cet enfer.

- Il est vrai que j'ai croisé cette Lauren au centre ville la dernière fois et rassure toi Riley, ta fille n'a rien à voir avec elle, tenta de l'aider Royce en souriant à sa voisine. Bella est bien élevée, elle porte des vêtements adéquat, elle a le cœur tendre et fait toujours son possible pour aider son prochain. Non, Riley vraiment, ta fille est un ange et je ne peux pas te laisser la comparer à cette fille vulgaire et superficielle.

La petite brune se mordit la lèvre pour se taire. Elle avait envie de prendre la tête de cet enfoiré et de la plonger dans sa purée. Bella savait très bien ce qu'il essayait de faire. Le Juge Masen ne se cachait pas du fait qu'il voulait marier sa fille à un bon parti avant qu'elle ne parte à l'université. Même si Royce était plus âgé qu'elle, il avait un profil que son père pourrait envisager.

- Tu as raison Royce, j'ai tendance à oublier que ma fille est bien au dessus des autres. Mais pour moi, il faut toujours s'améliorer.

Le silence tomba aussitôt, Royce semblait fier de lui. Bella se demanda comment elle allait pouvoir finir de manger avec cette envie de vomir qui la tenaillait. Avant le dessert, le juge décida d'aller faire un tour dans le jardin, obligeant sa fille à rester à table pour finir son assiette. Royce, lui caressa les cheveux discrètement avant de partir avec le juge et sa femme. Edward la regarda avec peine, soupira puis se leva.

- Finis ton assiette Bella, tu sais qu'il ne te lâchera pas sinon, lui conseilla-t-il avant de tourner les talons.

Jasper était toujours là lui. Il avait admiré ce spectacle et comprit un peu mieux l'attitude d'Edward. Discrètement, il se leva, prit sa fourchette et la plongea dans l'assiette froide de la brune sous son regard choqué. Jasper enfourna la nourriture dans sa bouche en vitesse, finissant ce que la brune n'arrivait pas à manger. Lorsqu'il eut finit, il lui fit un clin d'œil.

- Voilà assiette terminée, ne me dénonce pas s'il te plaît. Attend un petit peu avant de nous rejoindre, sinon ils vont se douter de quelque chose.

- Merci, marmonna-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux devant sa gentillesse.

- C'est un plaisir Bella. Tiens, c'est mon numéro, si jamais tu as besoin de parler, appelle.

- Je ne le ferai pas, avoua-t-elle honnêtement en lui rendant son numéro.

- On ne sait jamais, garde le, ordonna-t-il en refermant les mains de la brune sur le bout de papier. Garder toutes ces émotions à l'intérieur ne peut pas te faire de bien. Il faut que tu en parles à quelqu'un, si ce n'est pas moi, trouve quelqu'un d'autre.

- Je ne vois pas de quoi tu parles...

- Si tu vois très bien, l'interrompit-il malin.

Il la laissa tranquille, laissant le temps faire son œuvre. Bella sourit en regardant le numéro du colocataire de son frère. Aucun doute, Jasper serait un super psy. Elle ne lui avait pratiquement pas parlé et pourtant il avait réussi à capter certaines choses. Alors elle rentra son numéro dans son portable, en ne sachant pas vraiment si elle l'utiliserait un jour. Mais au moins il lui ouvrait une porte. Parce que Bella le savait, l'implosion n'était pas loin. Elle essayait de tenir jusqu'au conservatoire, mais y arriverait-elle ? Rien n'était moins sûr.


Nan mais je vous jure que c'est une Paul/Bella. Seulement vous connaissez mon amour inconditionnel pour Jasper... Il fallait que je le pistonne un peu et que je lui trouve une petite place... Promis au prochain chapitre, on verra plus de Paul et Bella. A la semaine prochaine et je vous fais plein de bisous !