Bonjour tout le monde. Allez je me suis dis que j'allais vous poster le chapitre avant d'aller au travail. Je suis vraiment comblée par vos reviews, je ne m'attendais pas à ce que cette fic soit aussi bien accueilli.

Bon on va commencer à rentrer dans les choses sérieuses, il est temps qu'il y ait un petit tournant.

Guest: Oh là oui tu peux me tutoyer ! J'ai l'impression d'être vieille sinon. B ne semble de toute évidence pas heureuse. Elisabeth non plus pour dire vrai. Edward a eu le droit de partir à l'université parce qu'il faut préserver la tradition familiale qui dis qu'il doit faire du droit. Mais pour ce qui est du contrôle du Juge, on en reparlera. J est encore un personnage que je m'éclate à écrire. Bisous !

Nana: Royce... c'est vrai qu'il donne la gerbe. Et le Juge n'est pas mieux. La relation Ed/Bella sera plus approfondit plus tard, on comprendra le pourquoi du comment. Jasper sera en effet un bon allié, voir même un déclencheur. Bien sur que Paul s'en voudra, c'est une tête de con, mais il sait reconnaitre ses erreurs. Pour l'instant Bella ne montre que son masque, quand il commencera à se fissurer, alors là, ce sera une autre histoire. Bisous !

MC: à oui Royce je l'ai pas fait à moitié j'avoue. Super Jasper est sur le coup. Ah le Juge est peut être celui que j'ai le plus carabiné. Le révérend fait parti du même combat que Riley, deux moyen ageux. Mais tu vas pourvoir constater que quelque chose change à partir de ce chapitre. Bisous !

Guest: et bien le suivant est là, donc profite. Bisous !

Allez profitez bien. Bonne lecture. Bisous !


- Tu m'écoutes Paul ? demanda Bella à bout de patience.

- Non, admit-il avec un petit sourire satisfait.

Voilà des jours et des jours qu'elle s'épuisait à lui faire cours pour rien. Il ne faisait aucun effort, il était présent sans l'être vraiment. Bella qui était d'une patience d'ange s'avouait vaincue.

- Bien, tu as réussi, on arrête là, conclut-elle en rangeant ses affaires.

- Génial, je dois être là à quelle heure demain ? demanda-t-il fier de lui.

Bella se stoppa et le regarda en prenant sur elle. Il fallait qu'elle soit ferme, mais efficace.

- Tu ne m'as pas compris Paul. Je ne te donnerai plus de cours.

- Tu abandonnes ? s'amusa-t-il le regard brillant.

- Non, c'est toi qui le fait, répondit-elle en haussant les épaules. Je ne peux pas t'aider si tu refuses mon aide. Que veux tu que je fasse ? Tu es capable de t'améliorer, tu es à mon avis capable de bien plus que ça même. Mais tu refuses de faire des efforts. Je ne vais pas m'épuiser à enseigner à quelqu'un qui ne veut pas que je le fasse. Alors il te reste deux options, celle d'arrêter tout de suite de me faire perdre mon temps et ces cours qui ne te servent à rien. Puis celle de réfléchir et de te décider à bosser avec moi. Quand tu auras finis de faire ton gamin, si tu le souhaites et bien tu viendras me chercher. En attendant moi je ne perdrais plus mon temps.

Bella mit son sac sur son épaule et traversa la pièce pour sortir. Paul l'attrapa par le poignet avec force et la jeune femme se dégagea en vitesse avec la chair de poule.

- Tu ne me parles pas comme ça Masen, grogna-t-il mécontent. Je ne te suis pas inférieur.

- Je n'ai jamais dis ça et je ne l'ai jamais pensé non plus. Mais avoue que j'aurai dû te parler comme ça depuis le départ, nous n'en serions peut-être pas là aujourd'hui. Ce n'est pas moi qui ai des préjugés sur l'autre. Quand tu comprendras ça, alors tu sauras que je n'ai rien contre toi.

- Dis moi juste pourquoi tu tenais tant à me faire cours et peut-être que je réviserai mon jugement, trancha Paul suspicieux.

- Non, j'ai été assez conciliante jusqu'ici. Ce n'est pas à moi de justifier tes choix. Tu ne veux pas étudier et bien soit, je ne peux pas t'y forcer. Bonne chance Paul.

Elle n'attendit pas qu'il réplique pour disparaître. La jeune femme avait passé une très mauvaise semaine et elle n'allait pas en rajouter avec les piques de Paul, il y avait des limites à ce qu'elle pouvait encaisser. Cela ne l'arrangeait pas des masses, parce que Paul avait raison. Bella avait bel et bien une raison de lui faire cours et une qu'elle n'avait pas forcément envie d'avouer. Le temps qu'elle passait avec lui était du temps qu'elle ne passait pas chez elle. C'était une bonne excuse pour éviter son père, Royce, son piano, l'église, tout ce qu'il lui donnait la nausée. Ici au moins, elle était utile, même si Paul n'était pas agréable, elle pouvait éviter tout le reste. Il était une bouffée d'air frais. Bella savait très bien qu'en acceptant d'aider le Quileute, sa mission allait être longue et surtout elle allait lui prendre beaucoup de temps. La brune ne se sentait pas fière d'agir ainsi, mais c'était la seule solution qu'elle avait trouvé. Seulement, il fallait vraiment qu'il y ai une amélioration chez Paul, sinon son père mettrait très vite un terme à ses leçons. Elle se retrouva donc dans le couloir, un peu perdue. Ses yeux se fermèrent de fatigue. Qu'allait-elle faire maintenant que c'était elle qui avait mis fin aux cours de Paul ? Bella pouvait faire demi-tour et allait s'excuser, mais elle n'était pas prête à subir ses railleries, ni à avouer la vérité. Alors en soupirant, elle traîna les pieds jusqu'à sa voiture en priant que son père tombe bientôt sur une grosse affaire à juger. Quand c'était le cas, il disparaissait dans son appartement de Seattle et ils ne le voyaient pas pendant un bon bout de temps.

Paul grommelait en zappant sur la télé le soir même. Cette petite prétentieuse avait mis fin à ses leçons ! Bon d'accord, c'était ce qu'il espérait depuis le départ, mais ce n'était pas une raison ! Il continua à rager en changeant de chaîne, n'y croyant toujours pas. Elle avait osé ! Il la pensait trop timide ou trop bien élevée pour prendre son courage à deux mains et lui faire face. Mais elle l'avait fait !

- Je peux savoir ce qui t'arrive ce soir ? l'interrogea sa mère en croisant les bras. Tu grognes comme un pitbull depuis ton retour. On dirait ton père. Il faisait tout le temps ça quand il était contrarié.

Oui et bien Paul l'était contrarié ! Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire à sa mère ? Elle allait le tuer. Rachel était loin d'être bête, après avoir froncé les sourcils, regardé son fils dans les yeux, elle lui mit une claque derrière le crâne.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

- Quoi ?! se scandalisa Paul ne comprenant pas pourquoi elle le soupçonnait tout de suite.

- Je te connais, quand tu as cette tête là et qu'en plus tu fuis mon regard, c'est que tu as fait une connerie. Donc abrège et dis moi la vérité. Il vaux mieux que tu le fasses maintenant.

- Mais je n'ai rien fait !

- PAUL ! s'énerva sa mère sûre d'elle.

Le jeune homme serra les poings, grogna encore un peu, puis finit par lâcher le morceau puisque de toute façon sa mère ne le laisserait pas tranquille tant qu'elle aurait un doute.

- Sainte Bella a décidé d'arrêter mes cours de soutien aujourd'hui, avoua-t-il en détournant le regard.

- Vraiment ? demanda sa mère maligne. Elle a décidé ou tu l'as obligé à décider ?

- Oh tout de suite ! s'énerva-t-il en boudant comme un gosse ensuite. C'est forcément de ma faute !

- Tu ne fais aucun effort, avoue le ! balança Rachel furieuse. Sinon tes notes seraient déjà en hausse. Cette pauvre fille ne peux pas faire de miracle si tu ne lui en laisses pas l'occasion. Dès le départ tu as montré que tu ne voulais pas d'elle en professeur. Franchement Paul, est-ce que c'est de ta faute oui ou non ?

Le Quileute ouvrit la bouche, les sourcils froncés, prêt à mentir effrontément, puis se ravisa. Sa mère serait blessée s'il lui mentait aussi délibérément. Masen lui cassait les couilles !

- Je me sens débile face à elle ! hurla-t-il rouge de colère. Elle est tout le temps calme, posée, timide et putain d'intelligente ! Ça me soûle ! J'ai l'impression que je pourrais lui poser n'importe quelle question débile qu'elle aurait la réponse ! Mais je suis certain qu'elle cache quelque chose, je le sens, je le sais, elle n'est pas franche quand elle me parle !

- Mais qu'est-ce que tu es entrain de dire ! cria sa mère en s'arrachant les cheveux. Paul ! Merde ! C'est quoi ton problème à la fin ? Qu'est-ce que tu peux bien en avoir à foutre de ce que pense ou dit cette fille. Le principal c'est qu'elle te donne des cours de soutien et que toi tu en sortes plus fort. On ne te demande pas de faire ami ami avec Isabella Masen.

Le jeune homme en resta muet. Sa mère avait raison. Pourquoi s'énervait-il autant pour rien ? Masen n'était pas sa pote, elle n'allait certainement pas le devenir.

- C'est vrai, admit-il en redescendant dans les tours. Je n'avais pas vu ça sous cet angle.

- Donc maintenant, concrètement on fait quoi ? demanda sa mère en soupirant.

Paul grimaça, soupira et haussa les épaules. Il n'avait pas envie de le faire, mais il allait devoir supplier Masen de revenir.

- Elle a dit que je n'étais pas un crétin et que si je voulais vraiment apprendre alors je n'aurais qu'à venir la voir pour reprendre les cours.

- Je te confirme que cette fille en plus d'être intelligente est une sainte, siffla Rachel n'en croyant pas ses oreilles. Alors prend ton courage à deux mains et fait ce qui est nécessaire.

- Il faut vraiment que je me rabaisse à aller la voir ? demanda-t-il dégoutté.

- Oh que oui tu vas le faire et en plus, tu vas la laisser t'aider.

Paul se sentit aussitôt comme une merde. Lui qui avait travaillé si dur pour que Masen lâche les cours et au final c'était lui qui allait lui demander de les reprendre. Monde cruel, pensa-t-il.

- Mon chéri, le retint sa mère en croisant les bras. Tu apprendras à être plus fin la prochaine fois. Si ça te tracasse tant que ça la sincérité de cette fille et bien fais en une amie. Tu obtiendras peut-être plus de réponse.

Et puis quoi encore ?! Fallait peut être pas abuser non plus. Et dire que deux secondes avant sa mère lui disait tout le contraire. Il grogna avant de sortir du salon et se réfugier dans sa chambre. Il n'avait aucune envie d'aller voir Masen pour reprendre les cours, mais il allait bien devoir le faire parce que sa mère allait finir par le tuer.

Il laissa cette histoire traîner toute la semaine. Paul avait eu le malheur d'en parler à ses amis, qui n'avaient rien trouvé de mieux que de se foutre de lui. Le voir fusiller Bella du regard chaque jour les faisaient mourir de rire. A chaque fois qu'il prenait son courage à deux mains pour lui parler, quelque chose l'en empêchait. Alice, un prof, un autre élève, Newton qui suivait Sainte Bella comme un chien. En fin de semaine, il se décida enfin. Il venait de recevoir sa note de biologie et c'était encore pire qu'habituellement. Paul chercha la jeune femme partout, mais ne la trouva pas. A la place il tomba sur Alice dans la salle d'étude.

- Bonjour, lança-t-elle froidement en le voyant rentrer.

- Je cherche Masen, s'exclama-t-il sans même la regarder.

- Bonjour Paul ! insista Alice en affichant un sourire hypocrite.

- Ouais bonjour, grommela-t-il en levant les yeux au ciel. Elle est où Masen ?

- C'est demandé si gentiment, comment pourrais-je refuser de te répondre ? se moqua Alice en se foutant de lui.

Paul serra les dents et tenta de rester calme. Seulement en plus de se moquer de lui, elle ne lui répondait pas. La petite brune lui sourit de toutes ses dents et croisa les bras en haussant les épaules.

- Un peu d'amabilité pourrait aider à ce que je collabore. De plus, il serait bien que tu me dises pourquoi tu cherches Bella ? Et je dis bien Bella, pas Masen.

- De quoi je me mêle ! s'énerva-t-il aussitôt.

- Bien puisque tu le prends comme ça, répondit Alice en se réinstallant à son bureau. Sache que je ne suis pas aussi patiente que Bella et certainement pas aussi gentille. Donc reprend ta mauvaise humeur, tes manières déplorables et sors d'ici.

- OK ! OK ! J'ai besoin d'elle ! Ça te va comme réponse, t'es contente ? Elle a arrêté mes cours et ma mère cherche déjà la corde pour me pendre. Satisfaite ?

- Tu sais que ta fierté mal placée ne t'aidera pas à convaincre Bella de reprendre tes cours ? demanda Alice sérieuse. Je ne sais pas ce que tu as contre elle, parce que franchement il y a pas plus adorable. Elle donne beaucoup de son temps pour t'aider et toi tu râles constamment.

Le Quileute fit tout son possible pour ne pas répondre. Il avait envie de tout foutre en l'air et de se barrer. Il commençait sérieusement à en avoir raz le cul de s'adresser à ces gosses de riches.

- Si tu y regardais de plus prêt, tu verrais que l'argent ne fait pas la personne, s'exclama la jeune femme comme si elle avait lu dans ses pensées. Bella est probablement la fille la plus riche de cette école. Entre le métier de son père, l'héritage immobilier qu'il avait déjà avant, plus celui de sa mère et sa carrière de cantatrice, franchement Lauren baverait sur son compte en banque. Et pourtant... Bella n'y a pas accès. Elle n'y touche pas, elle ne porte pas de bijoux de marque, hormis sa croix. Ses vêtements sont achetés par sa mère, sa voiture par son père.

- Je ne sais pas trop ce que tu essayes de me faire comprendre là, grogna Paul en grimaçant. Que Masen est bourrée de fric mais qu'elle ose pas en demander à son père parce que c'est contraire à ce que petit Jésus voudrait.

- Non, j'essaye de te dire que Bella n'a pas beaucoup le choix dans sa vie. Mais elle a choisi de t'aider, elle s'est proposée pour toi. Elle t'a défendu devant ses amis. Ça lui tient à cœur et toi tu ne fais que la juger sur l'argent de ses parents. C'est quelqu'un en dehors de sa famille. L'image qu'elle renvoie et la personne qu'elle est sont totalement différentes.

- Ah ! Au moins un sujet où nous sommes d'accord ! s'exclama-t-il en la pointant du doigts.

- Tout ce qu'elle fait, tout ce qu'elle dit, revient immanquablement aux oreilles de son père. Quoiqu'il arrive. Bella se doit d'être parfaite, sinon le juge lui laisse encore moins de liberté qu'elle n'en a déjà. Toi tu veux faire plaisir à ta mère, Bella, elle, cherche juste à ne pas fâcher son père. La voilà la nuance entre vous deux.

Comme toujours, le jeune homme n'apprécia pas de recevoir une leçon de moral amplement méritée. Il se sentait comme un imbécile, sans cœur en plus de ça.

- Très bien, je vais faire un effort avec elle pour être plus aimable. Maintenant peux tu me dire où elle est s'il te plaît ?

- Elle est rentrée chez elle, avoua Alice morte de rire devant l'air dépité de Paul. Allez ne fait pas ta mauvaise tête. Si Bella se donne autant de mal c'est qu'il doit bien y avoir une raison. Tiens, c'est son adresse, va la voir directement, ça évitera que des oreilles indiscrètes vous espionnent et viennent encore cancaner de la merde demain matin.

Paul attrapa le bout de papier et sourit en coin.

- T'es pas aussi conne que tu en as l'air, balança-t-il de meilleure humeur.

- Quel compliment, il me va droit au cœur, s'amusa la brune en posant une main sur sa poitrine. Vas-y, avant que son père ne rentre, c'est toujours plus difficile de lui parler quand il est là.

Le Quileute la remercia enfin et fit demi-tour en espérant que Masen accepte de reprendre ses cours.

- Paul ! l'appela Alice avant qu'il ne franchisse la porte.

- Ouais ?

- Si jamais un jour tu vois du bonheur dans les yeux de Bella, préviens moi, j'aimerai bien voir ça aussi, lança-t-elle énigmatiquement et tristement.

Les sourcils du jeune homme se froncèrent aussitôt, ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire par là. Alice, elle, espérait secrètement que son amie lui avait menti et qu'elle avait le béguin pour Paul. Le fait qu'elle lui donne son adresse n'était pas innocent. Bien au contraire. Néanmoins, Alice pensait vraiment ce qu'elle venait de dire. Bella ne semblait pas être quelqu'un d'heureux. Au fond, elle ne se confiait jamais vraiment, elle n'en dévoilait jamais assez pour que son amie puisse saisir exactement ce qui n'allait pas. Mais Alice avait ce sixième sens qu'il lui disait que son amie n'avait pas la vie facile comme tout le monde le pensait.

Paul préféra partir plutôt que de chercher plus longtemps ce que sous entendait Alice. Il comprit très vite que son vieux camion faisait tâche dans le décor. Voyant l'allée menant au manoir Masen, Paul préféra garer sa voiture aux abords de la forêt. Il avait sa fierté ! Le Quileute resta quelque temps à regarder le domaine dubitatif. Ils s'y retrouvaient vraiment là dedans ? Il avait devant lui une battisse immense entourée d'un jardin magnifique, d'un cimetière dans le fond avec une petite chapelle certainement. La forêt entourée tout le domaine. La barrière de l'entrée était ouverte et Paul en profita pour aller jusqu'à la porte. Il frappa plusieurs fois sans obtenir de réponse. Pourtant Alice avait certifié que Bella était ici. Paul leva les yeux au ciel en soupirant, avec le bol qu'il avait, la brune se trouvait probablement à la petite chapelle du fond. Traînant les pieds, il se dirigea à l'arrière du manoir. Mais une fois de l'autre côté, il s'arrêta. Il y avait une grande baie vitrée entrouverte d'où s'échappait des notes de musique. Paul s'approcha discrètement et se mit derrière un des arbres, curieux. C'est là qu'il la vit. Bella était installée au piano.

Le cœur du Quileute rata un battement quand il la regarda de plus prêt. L'expression de son visage était totalement différente. Une douceur et une fragilité avait fait place au masque qu'elle affichait constamment. Elle avait les yeux fermés, mais ses doigts ne s'y trompaient pas. La mélodie que la musicienne jouait arracha le cœur de Paul. C'était tellement triste ! Sans comprendre comment ni pourquoi, les larmes montèrent aux yeux du jeune homme. Il voyait enfin ce qu'avait voulu dire Jacob. L'émotion qui se dégageait d'elle était juste hypnotique et bouleversante. Paul, pour la première fois, la trouva belle à mourir. Il n'arrivait tout simplement pas à décrocher son regard d'elle. Le Quileute se laissa tomber au sol, s'appuya sur le tronc d'arbre et continua à l'écouter jouer pendant un bon bout de temps. Ce moment de magie se brisa d'un coup. De toute sa carrure imposante, le Juge Masen débarqua dans la pièce, le regard sévère.

- Que fais tu Isabella ? demanda-t-il sèchement en la fusillant du regard.

Paul vit bien la jeune femme sursauter avec force, paniquer quelques secondes, puis se renfermer sur elle même. Son visage redevint inexpressif, la musique cessa et le juge sortit un bâton de derrière une étagère avant d'en mettre un coup à sa fille sur le haut de son dos. Paul sursauta au son que cela fit, choqué. Bella ne broncha même pas, elle ne faisait aucun bruit, se contentant de serrer les lèvres en baissant la tête.

- Cet instrument n'est pas là pour que tu t'amuses ! s'énerva Riley en lui remettant un coup violent dans le dos de la brune avec le bâton. Il est là pour que tu travailles ton avenir. Cesse donc de jouer cette musique et remets toi au travail !

- Oui père, répondit-elle en reposant mécaniquement ses mains sur les touches.

- Tu as intérêt de réussir ton entrée au conservatoire Isabella, sinon je ne donne pas cher de toi, trancha le juge en rangeant le bâton et en se mettant droit derrière elle. Joue ! Et à la perfection, cela va sans dire.

Bella obéit aussitôt, la force de l'habitude l'aidèrent beaucoup à sortir les notes que son père attendait. Avec fluidité et précision, la mélodie exigée sortit sans le moindre problème. Seulement Paul serra les poings en voyant qu'il n'y avait plus aucune émotion qui s'en dégageait. Isabella Masen était devenu un robot en deux coups de bâton. Le Quileute ne savait plus quoi faire. Il avait envie de courir à la porte d'entrée, de dire qu'il avait tout vu et que c'était un scandale. Malheureusement, il n'était pas censé être là et vu le caractère du juge, il trouverait bien une raison d'interdire à sa fille de lui faire cours. Le côté rebelle de Paul hurlait que tout ceci n'était pas normal. Certes pour certain, ce n'était que deux coups de bâton et que ça ne la tuerait pas. Mais Paul voyait ça d'une toute autre façon. C'était deux coups de trop. Un père n'avait pas à infliger ça à sa fille pour la faire obéir. Surtout qu'elle ne faisait rien de mal. Bella réussit à sortir ce que son père attendait d'elle. Le juge finit par tourner sa fille vers lui, attrapant son menton avec fermeté.

- Tu ne me feras pas honte Isabella, tu m'entends bien ? Je ne saurais tolérer ton insignifiance. Tu peux bien paraître parfaite aux yeux du monde, tant que tu ne l'es pas aux miens, ta vie n'aura aucun sens. Est-ce que tu as bien comprit ?

- Oui père, répondit-elle aussitôt soumise.

- Dis toi bien que je serai toujours dans l'ombre pour te surveiller, au moindre faux pas, compte sur moi pour te punir comme il se doit.

- Oui père.

- Disparaît maintenant !

La jeune femme ne demanda pas son reste et sortit de la pièce en vitesse. Le juge ferma le clapet du piano avec force, en colère. Paul avait les mains qui tremblaient, le cœur qui battait à mille à l'heure et le sang qui bouillonnait dans ses veines. Comment un père pouvait-il être aussi mauvais avec sa fille ? Pas étonnant que Sainte Bella soit aussi parfaite si elle n'avait pas le droit à l'erreur. Le jeune homme resta paralysé à côté de l'arbre, sans savoir ce qu'il devait faire. Prenant peur, il rejoignit le plus discrètement possible sa voiture et s'en alla.

Il passa tout le week-end à se demander ce qu'il avait bien pu voir ? Paul ne comprenait pas. Un juge aussi renommé que Masen se permettait ce genre de méthode sur sa propre fille. Était-il le seul à penser que c'était extrême comme action ? Quelqu'un d'autre que lui avait-il déjà vu ce comportement ? Paul entendait encore le son du bâton claquer à ses oreilles. Puis lui venait ensuite le visage inexpressif de Sainte Bella.

- Qu'est-ce que c'est que cette tête ? se moqua Leah en s'asseyant à côté de lui.

Le jeune homme s'était posé sur le perron de sa petite maison. Prenant l'air, essayant de mettre de l'ordre dans ses idées. Il avait les sourcils froncés, ce qui avait poussé son amie à venir le rejoindre.

- Ton père, il est sévère ? demanda-t-il d'entrée de jeu.

- Qu'est-ce que c'est que cette question ? lança-t-elle avant d'exploser de rire. Oui mon père est sévère, enfin comme la plupart des pères je suppose.

- Moi j'en ai jamais eu donc, c'est pas facile de faire la comparaison, répondit Paul perdu dans ses pensées. Tu vois par exemple, ma mère elle m'a déjà foutu des torgnoles, mais pas beaucoup et toujours pour une bonne raison. Est-ce que tu crois qu'elle a été trop douce avec moi ou alors que d'autre sont trop dure avec leurs enfants ?

Leah le regarda de plus en plus étrangement. Quelle mouche l'avait piqué ?

- Tu es sûr que ça va toi ? Je comprend pas tout ce que tu essayes de me dire là. Alors précise ta pensée ou éclaire moi, parce que là, je nage.

- Imaginons, je sais pas moi..., commença Paul gêné en attrapant une feuille qui se trouvait à ses pieds. Imagine que ton père il te mette un coup de bâton par exemple, tu le prendrais comment ?

Les yeux de Leah s'agrandirent à la question, surprise. Elle posa une main sur son dos et chercha à comprendre. Mais la meilleure façon de le faire était peut-être encore de répondre à sa question.

- Et bien mal, mon père n'est pas du genre violent, il est sévère oui, c'est un maître des punitions qui font chier, du genre plus de voiture et plus de sortie. Il m'a déjà mit des fessés, mais des coup de bâtons, faut peut-être pas abuser !

- Donc on est d'accord que c'est pas normal, ce n'est pas une attitude qu'un père devrait avoir ? demanda Paul en se mordant la lèvre.

- De mon point de vue je te dirais que non, parce que je trouve ça déplorable de se faire entendre de ses enfants de cette façon. Mais d'autre te dirait qu'ils éduquent leurs gosses. Mon cousin, il a tâté du martinet et il en est pas mort. Néanmoins, je n'ai jamais trouvé ça normal. C'est quoi toutes ces question ? T'as eu un gosse pendant la nuit et t'as peur de pas savoir l'élever ?

Paul se mit à rire en entendant ça. Il la bouscula en secouant la tête.

- T'es conne, s'amusa-t-il. Non, c'est rien, ne t'en fais pas.

- Tu me le dirais si tu avais des problèmes ? s'inquiéta Leah malgré tout.

- Bien sûr, c'est pour ça qu'on est aussi uni à la Push.

Mais au fond de lui, Paul se dit que ce n'était pas le cas à Forks. Même si le jeune homme estimait que c'était déjà assez grave, il s'inquiétait. Le juge Masen se contentait-il de mettre quelques coups de bâton à sa fille comme Paul l'avait vu ou bien allait-il encore plus loin ? C'était bien assez déroutant et choquant comme ça. Cela le tracassa le reste de la journée. Devait-il en parler à quelqu'un ? Devait-il en parler avec Isabella ? Se serait reconnaître qu'il l'avait espionné, mais il était même prêt à faire ça tellement il avait l'impression que ce qu'il avait vu n'était pas normal. Et il irait même jusqu'à dire « juste ». Parce qu'elle ne faisait rien de mal. Bella s'était contenté de jouer une musique magnifique qui semblait être une prolongation d'elle. Riley Masen n'était décidément pas un homme que Paul appréciait. Bien au contraire. La question maintenant était « est-ce que tu es prêt à faire connaissance avec Isabella Masen ? ».

Le lundi matin, il ne passa pas par quatre chemins. Au détour d'un couloir, il croisa Bella en pleine discussion avec son groupe d'amis. Elle semblait identique à la normale, les yeux aussi expressif qu'habituellement. Et pourtant Paul savait maintenant qu'ils étaient capable de bien plus. Il se dirigea vers elle d'un pas décidé. Si le jeune homme avait eu beaucoup d'hésitation, voir même de dégoût à supplier Bella de reprendre ses cours, ce n'était plus le cas. Elle n'était pas ce qu'il pensait et ça, il devait bien le reconnaître, même si son caractère sanguin était contre le fait de se rabaisser. Paul se planta devant la brune, qui releva le regard vers lui, surprise. Tous ses amis tournèrent un regard hautain vers lui en dehors d'Alice et Emmett. Mais leur avis avait peu d'intérêt aux yeux de Paul, ils pouvaient bien tous aller se faire pendre, il s'en foutait.

- Salut Bella, excuses moi de te déranger, est-ce que tu pourrais reprendre mes cours s'il te plaît ? demanda-t-il en fusillant du regard les autres les faisant taire.

La brune recula d'un pas, choquée par beaucoup trop de choses pour les exprimer. Elle fronça les sourcils, perdue au plus haut point.

- Je sais que j'ai été un con, admit-il en redressant le menton avec fierté, je suis désolé. Tu avais raison, le problème ne venait pas de la prof, mais de l'élève. Si tu acceptes, je te promets de faire des efforts.

- Je...bah c'est que... oui bien sûr, bafouilla Bella n'en revenant pas. Tu veux qu'on se retrouve ce soir à la salle d'étude ?

- J'y serai, juste après mon dernier cours, répondit-il en lui faisant un signe de tête avant de faire demi-tour.

Bella le regarda partir, immobile, les yeux grand ouvert. Alice dut la pincer pour qu'elle revienne parmi eux.

- Quelle mouche l'a piqué ?! lança Bella au bord de l'évanouissement. Il m'a dit bonjour, il m'a appelé Bella, il s'est excusé... j'arrive pas à y croire.

- Il n'a jamais été aussi aimable, s'enthousiasma Alice fière d'elle.

- Peut-être que tu lui as tapé dans l'œil ma belle, lança Rosalie en haussant les épaules.

- Peut-être qu'il a quelque chose derrière la tête, balança Mike mal aimable.

- C'est un Quileute, rétorqua Emmett en passant un bras autour des épaules de Bella. Ils ne sont pas du genre à comploter mais à rentrer dans le lard, surtout celui là. Peut-être que le fait que tu aies mit fin à ses cours lui ait fait comprendre qu'il en avait réellement besoin.

- Vu notre dernière rencontre, je suis tout de même surprise que mes arguments aient pu l'atteindre, répondit Bella septique.

- Il se pourrait que mes arguments par contre, aient été entendu, s'amusa Alice en laissant planer le mystère.

- Tu lui as tapé sur la tête ? s'inquiéta Bella n'en croyant pas ses oreilles.

- Non, il est juste venu me voir parce qu'il te cherchait pour reprendre ses cours. J'ai peut-être émis l'hypothèse que tu ne les reprendrais pas tant qu'il ne serait pas plus gentil avec toi.

- Tu as dû être sacrément persuasive, ajouta Rosalie impressionnée.

- Oui peut-être..., marmonna Bella en prenant sa croix en main.

Elle avait un doute sur tout ça. Pourquoi tout à coup Paul changeait totalement d'attitude. Il s'était peut-être fait tirer les oreilles par sa mère mais c'était tout de même un peu fort. Bella resta sur la défensive à ce sujet, pensant malheureusement comme Mike pour une fois. Paul avait peut-être quelque chose derrière la tête. Puis Bella grimaça à cette idée. Le Quileute était trop entier pour se jouer d'elle. Dès le départ, il avait essayé de lui faire peur, voyant qu'elle n'était pas réceptive, il avait changé son fusil d'épaule pour tester sa patience. Tout ça Bella le savait bien. Restait à savoir ce qu'il mijotait à présent.

Ce fut un peu anxieuse qu'elle attendit son élève en salle d'étude. Elle était toute seule, Alice étant rentrée chez elle. Bella se mordait les lèvres, tapotait du pied en se demandant bien ce qui allait lui tomber dessus. Alice était peut être persuasive mais pas au point de faire de Paul un gentil petit agneau. La jeune femme avait tout de même prévenue sa mère qu'elle rentrerait un peu plus tard, sinon son père serait venu la chercher directement au lycée, autant éviter ça. Après, c'était deux heures en moins passées à l'église. Son père arrivait à lui faire haïr toutes les choses dans lesquelles Bella trouvait du réconfort. La foi, les études et surtout la musique. Une fois, alors qu'Angela, la fille du révérend était à l'église et que Bella était vraiment à bout de nerf, elle n'avait pas pu s'empêcher de lui poser une question. « Arrive-t-il que les sermons de ton père te fassent perdre la foi tellement ils sont nombreux ? » Angela avait explosé de rire et lui avait répondu « Non. Mais uniquement parce que ma mère le fait taire à la maison ». Malheureusement, personne ne faisait taire le juge. Le regard de la brune se perdit soudainement vers l'extérieur. Égoïstement, Edward manquait à Bella. Non pas qu'ils soient proche, mais qu'au moins quand il était là, la brune n'était pas la seule à devoir subir cet enfer. Elle se sentait moins seule dans son malheur. Mais maintenant il ne restait qu'elle à la maison et en plus elle était une fille, ce qui aux yeux de son père nécessitait deux fois plus de surveillance. Bella se retourna aussitôt qu'elle entendit la porte s'ouvrir. Paul la regarda sans dire un mot, ferma la porte et attendit. Il vit bien le regard fuyant de la brune, son malaise. Préférant mettre fin à cette situation qui l'embarrassait autant qu'elle, le Quileute balança son sac au sol, s'installa et clama avec sa froideur habituelle :

- Bon on commence par quoi ?

Un micro sourire apparut sur le coin des lèvres de la jeune femme. Il lui avait échappé, mais au moins il était sincère. Paul le remarqua et s'adoucit aussitôt. Elle avait déjà bien assez à faire avec un père tyrannique. Bella se sentait déjà plus en confiance avec les réactions habituelles de son élève.

- Là où nous devions commencer à la base. Les maths.

- Chouette ! s'exclama-t-il sarcastiquement en sortant son livre. J'en ai rêvé toute la journée. Je me demande bien à quoi ça pourra me servir, mais allons y.

- Ça te servira à faire plaisir à ta mère en premier lieu, puis ensuite tu te rendras compte à quel point ça pourra t'être utile dans tes études, répondit Bella soulagée de le voir à nouveau lui même. Puis qui sait, peut être que tu te découvriras une passion pour une matière.

- Mouais, sûr que ce sera pas les maths, trancha-t-il en boudant.

Bella fit le tour de la table et vint s'asseoir à côté de lui. Elle respira un bon coup avant de lui indiquer ce qu'il devait faire. Avec le peu d'enthousiasme qu'il avait, Paul se mit au boulot. Pourvu qu'il ne passe pas pour l'imbécile qu'il pensait être au fond.


Bien maintenant on va pouvoir parler d'un autre Paul. Il lui fallait juste un gros choc pour ouvrir les yeux. Bonne semaine à vous !