Titre VO : About Edogawa
Auteur : Ellen Brand
Les liens sont sur mon profil.
Traducteur : Mai96 (moi)
Etat VO : 1 chapitre. Complet
Bêta : merci à Yuni Stark pour avoir pris le temps de relire cet OS.
Disclaimer : rien n'est à moi. Le "pauvre nouveau" appartient à Ellen Brand. J'ai l'autorisation de l'auteur pour traduire.
Note : Bonjour à tous. Voici un petit OS que j'ai voulu partager avec les lecteurs français. J'espère que ça vous plaira.
Yamashita Shigeru ne savait pas complètement comment il était arrivé là, même s'il ne s'en plaignait pas vraiment. Cela faisait à peine un mois qu'il était avec la Première Division, et ils avaient finalement réussi à mettre un terme à une grosse affaire impliquant une série de cambriolages d'une violence inhabituelle, même selon les critères de la Première Division. Alors, bien sûr, les officiers avaient décidé de célébrer en suivant la tradition des flics de tous les horizons : en devenant ivres morts.
Ok, Shigeru avait pris une bière. En tant que bleu, c'était son job de veiller à ce que ses aînés plus alcoolisés rentrent chez eux en un seul morceau. Cela ne le dérangeait pas vraiment, car la dernière chose qu'il souhaitait était de se souler et de faire quelque chose de stupide devant l'Inspecteur.
C'était ainsi qu'il en était arrivé là. D'une manière ou d'une autre, pendant le trajet vers le bar où les différents officiers se sont séparés, il avait été tiré vers la table de l'Inspecteur Megure. À en juger par les regards noirs qu'il recevait du reste des hommes de la division, Shigeru supposait que c'était Sato-san qui lui avait attrapé le poignet. Et maintenant, il était assis entre Takagi-san et Chiba-san, alors que la serveuse déposait un bol de edamame et une nouvelle tournée de boissons.
Sato-san porta un toast, les joues légèrement roses.
– À un cas réussi !
– À l'absence d'hospitalisation de l'un d'entre nous, ajouta l'Inspecteur Shiratori avec dérision, en soulevant son propre verre.
– Au manque d'explosion, fut l'ajout de Takagi-san, et les autres acceptèrent en grimaçant.
– Au faible nombre de morts, déclara Chiba-san, faisant tinter sa bouteille de bière contre le coca-cola tenu par Takagi-san.
– À la fin d'une affaire sans l'aide de détectives endormis, de détectives adolescents, d'inventeurs fous ou d'écoliers avec de grosses lunettes, termina l'Inspecteur Megure en levant son propre verre.
Shigeru cligna des yeux.
– Euh… Kanpai ?
Les six boissons tintèrent et tous prirent une longue gorgée de leur boisson respective.
Prenant quelques edamame dans le bol, Shigeru décida de poser la question qui l'avait démangée une grande partie de la journée.
– Euh... Inspecteur Megure ? Je me demandais... Vous avez parlé d'écoliers ? Je n'ai pas arrêté d'entendre parler d'un "gamin bizarre" pendant l'opération...
Les cinq autres le regardèrent, clignant des yeux.
– C'est vrai, s'exclama Sato-san en se penchant légèrement vers l'avant. Tu es ici depuis un mois seulement, tu ne connais pas encore Conan-kun et Mouri-san.
L'Inspecteur Shiratori émit un son moqueur.
– Laisse-lui son ignorance tant que c'est possible, Sato-kun. Il la perdra assez vite.
Chiba-san roula des yeux.
– Vous voulez juste voir quelle genre de gaffe il fera la première fois qu'il aura affaire au gamin.
– Je pense que nous devrions lui dire, commenta Takagi-san. S'il doit le découvrir par lui-même, cela nous fera perdre du temps et donnera une mauvaise image de nous.
L'Inspecteur Megure acquiesça.
– Tu as été dans la police pendant un moment, n'est-ce pas, Yamashita-kun ? As-tu entendu des histoires sur "Kogoro l'Endormi" ?
Eh bien, bien sûr, mais…
– Le détective qui résout les crimes en étant dans un état de transe ?
Shigeru ne pouvait s'empêcher d'être sceptique.
– Celui-là, confirma Chiba-san. Ce n'est pas une rumeur. C'est effrayant, mais quand il devient comme ça ? Il a toujours raison.
– Mouri-kun est… compliqué, continua l'Inspecteur Megure. Certains pensent qu'il est un idiot, d'autres pensent qu'il est un génie. Il n'est pas… j'ai vu des génies ; Mouri-kun n'en est pas un. Mais il est très bon dans ce qu'il fait.
L'Inspecteur Shiratori hocha de la tête.
– C'est tout un art de gérer Mouri-san. S'il est éveillé et agit normalement, tu peux pratiquement ignorer quatre-vingt-dix pour cent de ce qu'il dit. Écoute-le – il peut être très observateur – mais prends tout avec des pincettes.
Prenant une longue gorgée, Satou-san continua l'explication :
– Quand il fait un drôle de bruit et passe en transe, c'est là qu'il faut vraiment écouter. Il va te demander de faire des choses qui n'ont aucun sens, jusqu'à ce que tu comprennes que tu reproduis la manière dont le crime a été commis.
– Il y a une autre situation où tu dois l'écouter, ajouta l'Inspecteur Megure. S'il y a un danger immédiat, surtout si sa fille ou Conan-kun sont impliqués, tu l'écoutes. Il est comme une autre personne quand ça arrive. La plupart du temps, il est paresseux et tire des conclusions hâtives, mais quand cela compte... tu ne veux pas te le mettre à dos. Fais juste ce qu'il demande et écarte-toi de son chemin.
Shigeru cligna des yeux.
– Oh.
Il prit une autre gorgée de bière.
– Alors... Euh... Qui est Conan-kun ?
Les cinq autres officiers lui sourirent, ressemblant soudain à une meute de loups très amusés.
– Oh, Conan-kun est une expérience, lui dit Sato-san, joyeusement malicieuse.
– Sato-san ! s'exclama Takagi-san, l'air scandalisé. Ne lui fais pas peur comme ça.
Pour Shigeru, il continua :
– Edogawa Conan-kun est un garçon de sept ans qui vit avec Mouri-san et qui semble être une sorte d'apprenti. Tu le reconnaîtras grâce à ses cheveux en épis et sa paire de lunettes à monture noire qui est vraiment trop grosse pour lui.
– De plus, ajouta Chiba-san, tu sauras que c'est lui parce que la première fois que tu le verras, il sera à moins de vingt mètres d'un cadavre, à la recherche d'indices.
– En respectant la procédure médico-légale appropriée.
Le ton de l'Inspecteur Shiratori était plus sec qu'un désert.
– Est-ce que vous saviez qu'il a donné au reste du groupe l'habitude de toujours avoir des sachets pour les preuves ? intervient Sato-san.
L'Inspecteur Megure leva un sourcil.
– Est-ce qu'ils les étiquettent correctement ?
– Ils laissent Conan-kun écrire, mais oui.
Shigeru n'était pas sûr d'avoir bien entendu.
– Il a sept ans ?
Ils DEVAIENT plaisanter. C'était une blague destinée au nouveau, pas vrai ?
– Sept ans, confirma Chiba-san. Et avant de demander, non, ce n'est pas Mouri-san qui l'entraîne sur des scènes de crimes. Apparemment, le gamin ne peut pas passer une semaine sans trébucher sur un cadavre.
– Les opérateurs ont un code pour lui maintenant, commenta Takagi-san.
Satou-san émit un son moqueur.
– C'est rien, ça, la médecine légale parle de lui offrir un travail quand il sera au collège.
– Aucune chance. Le gamin est un drogué à l'adrénaline, fut l'opinion de Chiba-san. Aucune chance qu'il abandonne la chasse. Pourquoi pensez-vous qu'il va aux cambriolages de Kid ?
L'Inspecteur Megure ricanna alors qu'il prenait quelques cuillères de edamame du bol.
– Ce que j'aimerais savoir, c'est qui il pense tromper avec cet acte d'enfant innocent ?
L'Inspecteur Shiratori roula des yeux.
– Vous voulez dire celui où sa voix s'élève d'une octave et demie et où son vocabulaire devient très enfantin ?
– Et que tu as des carries juste à l'écouter ? ajouta Chiba-san. Quelle est la théorie actuelle? Je crois que "extraterrestre" a été exclu après qu'on lui ait tiré dessus et qu'il ait eu besoin d'une transfusion…
Shigeru réalisa avec effarement que oui, ils étaient tout à fait sérieux. Il était clair qu'ils avaient oublié sa présence et parlaient entre eux ; tout ce qu'ils disaient était vrai.
– Euh...
Takagi-san se mit à regarder ses mains alors qu'il retirait l'étiquette de sa bouteille de coca-cola.
Les yeux de Sato-san s'illuminèrent.
– Tu sais quelque chose ? Raconte.
Il rougit.
– Eh bien... J'ai parlé avec Hattori-kun... Vous saviez que personne n'a entendu parler des parents de Conan-kun depuis presque un an ? Mouri-san reçoit de l'argent sur son compte une fois par mois, mais il s'agit d'un virement électronique. Il n'y a pas d'appels, pas de lettres, rien.
– ... Conan-kun ne semble pas trop s'en soucier, risqua finalement Chiba-san.
Takagi-san secoua la tête.
– Non. Pas du tout. Et il craint moins la violence que les gens qui posent des questions et essaient de le connaître. Il y a de quoi s'interroger, hein ?
Les six officiers restèrent silencieux pendant un moment.
– Qu'est-ce que l'on sait vraiment de lui ? demanda pensivement Sato-san.
– Il est proche de Kudo-kun... C'est sûrement de lui qu'il tient son amour pour Holmes, commenta l'Inspecteur Megure.
Takagi-san intervint :
– Il connaît très bien Kudo-kun, mais je ne sais pas s'ils sont proches. On dirait plutôt quelqu'un qui parle d'une idole, ou d'un parent éloigné. Kudo-kun ne l'a jamais mentionné à Ran-san, après tout.
– Il a longtemps été seul. Regardez combien de temps il lui a fallu pour vraiment accepter que les trois autres l'apprécient, dit Chiba-san.
Faisant signe pour un autre verre, Sato-san appuya son menton sur ses mains.
– Il ne demande jamais de l'aide. Que ce soit pour atteindre ou pour déplacer quelque chose, il n'admet jamais avoir besoin de quelqu'un d'autre. Et il a toujours l'air surpris quand on l'offre.
L'Inspecteur Shiratori prit une longue gorgée.
– Je pense, conclut-il doucement, que ce serait pour le mieux si nous ne rencontrions jamais les parents de Conan-kun, n'est-ce pas ?
L'ensemble de la table donna une réponse affirmative. Shigeru était surpris de son propre enthousiasme, mais… c'était un gosse. Même s'il était la moitié du casse-tête étrange décrit par les autres officiers, il était un enfant. Tout le monde semblait l'aimer.
Prenant une autre gorgée de sa bière, Shigeru sourit. Il avait hâte de rencontrer ce Conan-kun – au moins, il savait que la vie ne serait pas ennuyeuse.
Alors, vous avez aimé ?
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