Et bien le bonsoir ! Voici mon défi 7.1 :) Comme pour le 7.2, il n'a pas été relu ni corrigé étant donné le délai qui nous est imposé, donc si c'est un peu moche par endroit, je m'en excuse par avance

Je vous souhaite une bonne lecture !

Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.

Défi no.7.1 - Valeur : 4 points

Titre : Le renard et le lapin

Raiting : T

Contrainte : Inclure un renard et un lapin


Les quelques fois où Dabi crèche chez Giran, il quitte le manoir pour se rendre Dieu ne sait où. Pas pendant très longtemps, juste l'histoire d'une vingtaine de minutes. Giran a beau lui demander où est-ce qu'il va, le môme conserve bien son petit secret. C'est étrange. Qu'est-ce qu'il peut bien avoir le temps de faire en si peu de temps ?

Parfois, il s'en va avec un petit sachet rempli de Dieu sait quoi. Giran a beau lui demander ce qu'il transporte, le môme conserve bien son petit secret. Ce n'est jamais grand-chose puisque le sac n'est jamais bien grand, mais cela titille d'autant plus la curiosité du courtier. C'est étrange. Qu'est-ce qu'il peut bien avoir besoin de transporter ?

Une jour, un orage si violent éclate que le toit du vieux manoir est transpercé. Il y a de l'eau partout, la pluie ruisselle le long des murs et de l'escalier et Giran met en œuvre toute son énergie pour qu'un moindre d'affaires soit abîmé. Pendant ce temps, Dabi part faire sa petite promenade comme s'il faisait grand soleil. Ça agace Giran. Il n'aime pas que le môme ait de secret pour lui.

Le lendemain, Dabi n'est pas décidé à retourner au QG de l'Alliance. Lorsqu'il part comme à son habitude, Giran se décide à le suivre. Il se trouve l'excuse parfaite en se disant qu'il le fait pour le bien du môme – et s'il faisait des bêtises derrière son dos, s'il était retombé dans ses anciens travers ? Il tient juste à ce que son petit bijou ne s'abîme pas… Son inquiétude diminue tandis que sa curiosité augmente lorsqu'après seulement cinq minutes de marche, Dabi s'accroupit au milieu de vieilles fougères. Giran laisse passer un instant, puis deux. Ils sont seuls, et personne ne vient. S'il n'y a personne, qu'est-ce que Touya vient faire ici tous les jours ?

Après avoir pesé le pour et le contre pendant environ deux secondes, Giran se révèle en s'approchant du môme. Aux pieds de celui-ci, il y a un renard et un minuscule lapin qui se frottent à lui. Giran éclate de rire.

« - C'est ça que tu viens faire tous les jours ? demande-t-il en rallumant son cigare. Jouer au vétérinaire ? »

Dabi l'ignore. Le renard mange dans sa main les restes de viande que son bienfaiteur lui a apporté, tandis que son autre main caresse tendrement les longues oreilles du lapin. C'est une scène hors du temps, presque irréelle, tant elle est tendre et pleine de douceur. L'âge doit jouer des tours au courtier, qui, attendrit, décide de s'abaisser au niveau de Dabi. Le renard n'a pas l'air en grande forme, le lapin est vraiment tout petit. Soudainement, ils se désintéressent de Touya pour se chamailler gentiment. Giran ne comprend pas.

« - Le soir où j'suis arrivé chez toi, y'a cinq ans, se met à narrer Touya, j'les ai vu par ma fenêtre. J'ai cru que le renard essayait de se faire le lapin, alors qu'en fait, ils jouaient ensemble. »

Giran se penche en fronçant ses sourcils. Dabi, un des vilains les plus recherchés du Japon, vient tous les jours nourrir un lapin et un renard qui se sont liés d'amitié.

Le vilain regarde les animaux sans les regarder. Giran connaît cet air par cœur, celui qui durcissait ses traits d'adolescent tout en le rendant encore plus mystérieux et attirant qu'il ne le fût déjà. La lassitude de son regard surprend le courtier, parce que cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas vu son petit feu-follet aussi calme. C'est tout ce qu'il lui faut pour être perturbé, un renard et un lapin ?

« - J'suis revenu le lendemain en m'attendant à devoir enterrer les restes du lapin. Ils jouaient encore ensemble, comme si de rien n'était. »

Giran n'a plus besoin de mot pour comprendre Dabi. Il lui suffit d'un regard, d'un geste pour qu'il devine ce qu'il se passe dans son cerveau traumatisé. On a beau dire que les contraires s'attirent, on ne pense pas forcément à ce que proie et prédateur se lient d'amitié. Pourtant, si la nature l'a ainsi décidé, c'est qu'avec une bonne entente mutuelle, les pires ennemis peuvent devenir des alliés soudés. Ils peuvent défier les lois du temps et de la nature.

Est-ce que c'est ce qui perturbe autant le môme ?

« - D'accord, soupire-t-il, donc toi, tu es le renard ? Et ton héros de compagnie, le lapin ? Il a plutôt la tête d'un coq mal plumé…

- La ferme, vieillard, crache Dabi en se retournant vers lui. J'te demandais pas de me faire la leçon. »

Giran soupire à s'en vider les poumons. Il n'a jamais vu d'un bon œil cette relation étrange qu'il y a entre son môme et le héros numéro deux. Il est convaincu que Hawks trahira Dabi lorsque celui-ci s'y attendra le moins et de la pire des manières. Le courtier se doute que le vilain en a conscience, mais il sait également que celui que l'on considère comme un des vilains les plus cruels de l'Histoire a toujours son cœur, bien qu'il prétende le contraire. Dans un monde de noirceur tel que le sien, il est compréhensible qu'il ait fini par être attiré par la lumière. Giran ne lui en veut pas réellement, il se fait simplement du soucis.

« - De toute façon, ça a assez duré, annonce le vilain en se relevant. Demain, je viendrais tuer le lapin.

- Le tuer ? interroge le courtier en haussant ses sourcils. Alors que tu viens ici depuis cinq ans ? Pourquoi ? »

Giran connaît par cœur le regard que Dabi lui lance lorsque celui-ci se retourne. Il lui remémore cette nuit d'hiver où il a récupéré le vilain qui n'était encore qu'un môme, aussi chétif que ce petit lapin. La proie s'est révélée être un prédateur féroce qui s'était simplement égaré en chemin, chemin sur lequel Giran s'est fait un plaisir de le ramener. Le courtier ne pourra jamais oublier la manière dont ces deux saphirs l'ont dévisagé quand il s'est approché de lui ; Giran a voulu jouer au prédateur, alors que Dabi n'a jamais été la proie de personne. Alors, lorsque le vilain le regarde avec cette lueur folle dans les yeux, le courtier est satisfait de voir que malgré la présence du héros dans sa vie, malgré les sentiments qu'il a pu faire naître, le vilain est resté lucide.

« - Parce qu'on renie jamais à cent pourcents sa nature, énonce Dabi. Quand il s'y attendra le moins, le renard plantera ses crocs dans son cou pour le bouffer. »

Giran ne cherche pas à retenir son éclat de rire. Il se félicite d'avoir enseigné à Dabi l'art du sarcasme et des sous-entendus, grâce à quoi leurs échanges ne sont que plus divertissant. Le message est clair comme de l'eau de roche, ses inquiétudes balayer. Il a de la peine pour ce petit lapin qui croit avoir pu outrepasser la loi de la nature, mais comme l'a dit le môme, on ne renie jamais sa nature à cent pourcents. Malheureusement pour lui et son héros, ils avancent sur deux chemins différents.

Pour Giran, tant qu'il se trouve sur celui que son renard arpente, il se fiche pas mal du sort du lapin.