ET BIEN LE BONSOIR ! Je n'ai absolument pas rush mes derniers textes pour être à jour vous n'avez AUCUNE PREUVE.
Cette année, je tenais à poster mes défis dans l'ordre. Bon, la contrainte du défi 7 a un peu chamboulé mes plans, mais on va dire qu'on le compte pas u.u /PAN Ce défi 1 comporte pas mal de TW cependant (c'est du Giran/Dabi, écoutez, on est dans le thème hein...) que je vous liste ici : mention de guerre, mort, famine, prostitution, langage grossier et Giran est fidèle à lui-même, en gros. En espérant que vous apprécierez ! Je vous souhaite une bonne lecture :))
Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.
Défi no.1 - Valeur : 17 points
Titre : Le môme
Raiting : M
Contrainte : Écrivez un texte contenant l'une des trois thématiques suivantes, à choix : time travel, amnésie ou fake dating.
J'ai choisi la contrainte du time travel !
En 1763, au détour d'une rue malfamée, Giran tombe sur un corps dénué de vie et pourtant bien vivant de celui qu'il appellera plus tard mon petit feu-follet.
Londres est en fête, les fanfares et les hommes ivres de joie et d'alcool célèbrent la récente fin de la guerre de Sept ans et la victoire de la Grande-Bretagne. Giran a perdu le goût au festivité il y a bien des années, depuis cette nuit d'hiver 1572 où l'immortalité lui a été offerte. Être un vampire ne le dérange pas plus que cela, mais il préfère ne pas trainer trop près des humains afin que ses instincts restent tranquille.
Dès que ses yeux grenat tombent sur ce môme, ils ne parviennent plus à s'en détacher. Est-ce le blanc de ses cheveux, sa maigreur cadavérique ou la lassitude dans son regard plus bleu que les plus beaux saphirs qui l'intrigue ?
Ou encore, la salive qui s'accumule soudainement dans la bouche de Giran et ses canines qui chatouillent ses gencives, menaçant de sortir ?
Voyant que le gamin ne réagit pas à son regard plus qu'insistant, le vampire retourne vaquer à ses occupations. C'est comme s'il était déjà mort. Giran ne se prend ni pour un Dieu, ni pour la Mort ; le môme ne lui servira pas de quatre heures, et il ne lui confèrera pas l'éternité pour le sortir de sa misère.
En 1798, Giran est en pleine négociation dans le port de Londres. La bataille d'Aboukir a beau avoir été victorieuse pour la Grande-Bretagne, la nation s'est vue privée de nombreux de ses navires par le tenace empire français. Il est le seul à pouvoir financer les réparations et la couronne le sait parfaitement, c'est bien pour cela que la tête déconfite de l'émissaire du roi l'amuse autant. Giran n'a pas une réputation exemplaire, c'est le moins que l'on puisse dire ; tantôt informateur, tantôt contrebandier, il a fait de la misère du monde son terrain de jeu et en a tiré sa richesse. Ce rôle de sauveur de dernier recours lui sied à merveille. Au fil des ans, il a réalisé qu'en s'intégrant parmi les humains et en les tourmentant, il s'amuserait bien plus qu'en errant de ville en ville jusqu'à la fin des temps.
Lorsque son regard fourbe dévie vers un jeune marin traînant sur le quai, son amusement est balayé par le vent. Plutôt mince pour un matelot, mais rien de bien alarmant non plus. Une chevelure d'une blancheur lunaire, surprenant pour un gamin de son âge.
Des yeux bleus d'une intensité rare, et que le vampire reconnaît aussitôt lorsqu'ils se posent sur lui. Le môme est en meilleur état qu'auparavant, mais ce n'est pas le détail qui surprend le plus Giran ; trente-cinq années sont passées et pourtant, le gamin n'a pas pris une ride. Il a gagné en centimètres et en musculature, mais il a plus l'allure d'un jeune adulte que celle du quarantenaire qu'il est censé être.
Les sens de Giran s'éveillent et il abandonne l'émissaire. Sa curiosité finira par le perdre tandis que l'instinct de survie du môme le sauvera. Et alors que le contrebandier tourne dans la ruelle que l'objet de ses tourments à emprunter en le voyant se rapprocher, il rencontre la puanteur des égouts, les chats errants et le vide. Le môme n'est plus là. C'est comme s'il ne l'avait jamais été.
En 1819, la famine suivie du massacre de Peterloo plongent l'Angleterre dans une période particulièrement sombre. Le peuple a faim et nourrit une haine sans limite à la couronne, tandis que celle-ci craint une nouvelle révolution calquée sur le récent exemple français. Giran vit les plus belles années de son éternelle existence. Il n'a qu'à quitter son appartement pour trouver de quoi se substanter, il a la main mise sur les plus grands bordels de la ville et vend très cher des informations très sensibles à ceux qui ont de quoi payer ses conseils et occuper ses journées. Il n'a plus le temps pour l'ennui, chaque jour a son lot de surprise.
Mais un mardi d'hiver, la surprise dépasse l'entendement lorsqu'il se rend dans son bordel favori et qu'on lui amène « un pauv' gars paumé mais qui sait y faire », et que le gars en question est ce môme qui hante ses pensées depuis presque soixante ans.
Ils se dévisagent comme si c'était la première fois qu'ils se voyaient, bien qu'ils sachent parfaitement qui ils sont. Ce sont des inconnus l'un comme pour l'autre, des inconnus qui se connaissent et qui défient les lois du temps. Le gamin a encore grandi mais il n'a pas changé, il est toujours aussi jeune et a toujours cette lueur dans son regard, un vide abyssal que Giran meurt d'envie de combler. Ses canines le démangent à en devenir fou lorsqu'il tombe à ses genoux et se rapproche machinalement, reproduisant une chorégraphie qu'on l'a forcé à apprendre et qu'il connait désormais par cœur. L'intermédiaire prend ses jambes à son cou lorsque Giran lui fait signe de se retirer et demande à ce que personne ne le dérange, même en cas d'extrême urgence. Parce que personne ne doit assister à ce qu'il va suivre.
Lorsque le môme s'apprête à défaire la fermeture Éclair de son pantalon avec ses dents, Giran saisit sa mâchoire de ses doigts et le force à le regarder. Deux billes d'un bleu surnaturel le provoquent en duel, le défiant de poser ces questions qui doivent lui brûler la langue. Le contrebandier passe une main rugueuse dans cette chevelure douce comme du coton et blanche comme les hivers les plus froids, glacial comme le regard que le gamin lui lance.
« - Je vais finir par croire que nos chemins sont liés, petit ange.
- Je vais finir par croire que vous êtes un emmerdeur né, vieillard. »
Sa voix est bien trop grave pour un jeune ayant à peine dépassée la vingtaine. Délicieusement rauque, Giran tente de ne pas trop penser aux aiguës qu'elle pourrait atteindre s'ils venaient à passer la nuit ensemble. La lassitude dans son ton prouve les années qui le précèdent, qu'il a traversé ? Quelle est l'explication logique à ce mystère ?
Le contrebandier ne retient pas le rictus amusé qui étire ses lèvres. Il savait que le gamin l'avait reconnu. Deux êtres qui traversent les décennies sans vieillir, ça ne court pas les rues.
« - On a donc fini de faire comme si on ne se connaissait pas ? » Giran se rapproche trop du visage du môme pour sa propre survie. « Tu vas me révéler ton petit secret ?
- Vous voudriez pas que j'vous suce plutôt qu'on parle de trucs dont tout le monde se fout ? »
Le sourire de Giran s'élargit. Si en plus d'être physiquement attirant, le gamin a autant de répartie que lui, leurs futurs échanges promettent d'être drôles.
« - Je ne suis pas tout le monde, trésor. »
Il replace une mèche farouche derrière l'oreille du susnommé, qui grimace à l'entente de ce surnom mielleusement ridicule.
« - Tu t'y habitueras. Rhabille-toi, on va discuter autour d'un verre.
- Je sors pas avec mes clients. Si vous voulez qu'on cause, c'est ici ou nulle part. »
L'air qu'il se donne, subtil mélange d'arrogance et de crainte, ne fait qu'accroître l'amusement du contrebandier. Ce dernier abandonne le divan pour s'approcher de la porte, laissant quelques secondes s'écouler tandis qu'il se trouve désormais dos au môme. Le vampire se demande s'il sentira une lame particulièrement aiguisée lui trancher la gorge, ou si le gosse déclenchera un incendie d'une violence jamais vue dans l'espoir de le réduire en cendres. C'est presque si Giran voyait déjà les flammes danser devant ses yeux. De ses appréhensions, il n'obtient que le silence. Lorsqu'il se retourne vers le gamin et qu'il le voit fièrement debout, son regard de braise le défiant toujours, le contrebandier se dit qu'il a peut-être enfin mis la main sur une distraction digne d'intérêt, après quasiment trois siècles d'errance.
« - Si je te dis que ton client est aussi particulier que toi, est-ce que cela te convaincrait ? »
Le gamin fronce ses sourcils sans bouger d'un iota. Une image vaut mieux que mille mots, alors au lieu de se lancer dans des explications qui durerait des millénaires, Giran soulève sa lèvre supérieure pour faire apparaître ses crocs. Les yeux du môme s'écarquillent, mais n'a pas du tout l'air effrayé. C'est presque s'il était soulagé de ne pas être le seul à ne pas appartenir à cette humanité.
« - Qu'est-ce que vous entendez par « aussi particulier que toi » ? demande-t-il en feignant l'ignorance.
- Est-ce que tu accepterais de me donner ton joli nom avant que je ne t'accuse de voyager dans le temps ? »
Le sourire de Giran s'étire face au choc qui déforme le visage du gamin. L'irritation prend rapidement le dessus, puis la curiosité et l'incompréhension.
Finalement, il se penche pour ramasser son haut et récupère une veste entreposée sur un siège. Giran a rarement été aussi impatient de sa vie.
« - J'm'appelle Touya, déclare-t-il finalement. Vous m'expliquez comment vous êtes devenu un vampire avant que je balance quoi que ce soit. »
Giran accepte évidemment, il n'aurait aucune raison de refuser. Touya, un si beau nom pour un tout aussi beau jeune homme. Que va-t-il bien apprendre sur ce musée des curiosités vivant ?
Il ignore la salive s'accumulant dans sa bouche lorsque Touya passe devant lui. Il referme la porte et ensemble, ils quittent le bordel.
Giran va enfin obtenir réponse aux questions qu'il se pose depuis quasiment une soixantaine d'années.
