C'EST MA PREMIÈRE FANFICTION SUR LES LÉGENDAIRES SI VOUS SAVIEZ COMME C'EST INCROYABLE ! Bon à vrai dire j'en ai déjà commencées d'autres, souvent plus longues, mais celle-ci est la première que j'ai finie et qui me satisfait, toutes fandoms confondues d'ailleurs.
Justement pour me débloquer de ma page blanche, j'ai quémandé des prompts. Celui-ci est un prompt joliment trouvé par /nemomo_art sur Instagram, « Danaël se confronte à sa peur de l'eau avec Shimy qui l'aide avec son pouvoir élémentaire »
Je n'aurais jamais pensé démarrer mon aventure fanfictionnelle par Danaël, et encore moins par sa relation avec Shimy. Comme quoi...

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— Regarde, je suis là. Il ne t'arrivera rien. Tu me fais confiance, non ?

Il lui jeta un regard de côté. Des mèches bien plus bleues que les vaguelettes du lac tombaient en cascade autour de son visage escarpé. Les poings sur les hanches, son menton fin lancé en avant et le regard haut, elle le fixait en attendant une réponse claire.

Elle n'était de loin pas la Légendaire avec qui il passait le plus de temps. Plus jeune que toustes les autres, et infiniment plus réservée, elle s'isolait d'elle-même. La situation était déjà celle-ci lorsque, dernière arrivée, elle compléta leur petit groupe. Alors aujourd'hui, après tant de drames et deux ans de séparation, on ne pouvait s'attendre à ce qu'elle se soit améliorée. C'est la gentillesse de Razzia qui, le plus souvent, parvenait l'achèvement de lui arracher une discussion paisible ou de légers échos de rires.

— Ce n'est pas en toi que je n'ai pas confiance.

Un mince sourire tordit la bouche de l'elfe, bien rare mouvement pour sa personne.

— Si tu crois en moi, tu crois en l'eau, assura-t-elle avec patience.

Pourtant il arrivait, petits instants de grâce, qu'elle se rapprochât de lui. Ces jours-là arrivaient sans crier gare ; lui-même ne savait jamais trop comment iels en arrivaient là, par quoi iels avaient commencé. Ce début d'après-midi était l'un de ces moments : il se retrouvait immergé jusqu'à la taille et bien réfugié contre le bord herbu du lac, affublé seulement de son sous-vêtement, grelotant, moins par froid que par autre chose, face à l'elfe vêtue de même et sa moue inquisitrice.

La présence froide et vibrante de la jeune femme était rassurante, d'une certaine façon. Pour quelqu'un tel que lui, flamboyant et agité, du moins. Leurs deux énergies se stabilisaient l'une l'autre.

Shimy était un pilier, encore plus véritablement que le colosse de Rymar ne l'était.

Il détourna les yeux, tenta de faire rouler les muscles de ses épaules sous leur tension.

— Je pensais plutôt à moi-même...

Elle leva une main, emportant un filet d'eau sur son sillage. L'air absorbé, elle fit danser ses longs doigts fins, le ruban transparent ondoyant parfaitement dans le rythme qu'ils improvisaient.

De son autre main, elle lui encercla le poignet. Danaël était perpétuellement soufflé par la délicatesse et la légèreté de son toucher. Elle l'empêchait de se dérober, mais bien qu'il l'eût désiré il ne le pouvait pas, tant l'onde scintillant au soleil, qui s'enroulaient et montait le long de son bras, était hypnotisante.

— Tu n'as pas tant besoin de croire en toi, fredonna-t-elle. Laisse-toi d'abord réussir. Après, tu sauras te faire confiance.

Elle tenait ses deux mains dans les siennes, à présent. Fermement, mais le contact était toujours aussi aérien. Il sentit son cœur s'emballer d'appréhension. Pourtant il resserra ses propres doigts, pour rien au monde prêt à lâcher.

Ce fut avant d'avoir pu le réaliser qu'il se retrouva de l'autre côté de la surface. Raffermissant encore sa prise, il se força à empêcher sa respiration de devenir chaotique. Seulement une fois cela fait, l'information atteignit son esprit. Aucune goutte d'eau ne le touchait plus ; s'il en était effectivement encerclé, une intangible sphère l'en isolait encore.

— Regarde, souffla Shimy, en le tirant imperceptiblement vers elle.

Son ton était pressant, presque impérieux. À contrecœur, Danaël tourna la tête dans la même direction qu'elle, à l'extérieur de leur bulle. Contre tout attente, la panique ne surgit pas, et la nausée encore moins. Oh, la peur étreignit son estomac, bien sûr, mais il était bien trop subjugué pour s'y abandonner.

Ici sombres et mystérieux, là limpides et vifs, les flots paresseux se mélangeaient et s'étalaient tout au long de la vision. On apercevait clairement malgré l'obscurité grandissante, en contrebas, des forêts d'algues qui se faisaient gracieusement balancer, et, à l'occasion, cachés dans les angles morts, des poissons aux écailles luisante se laissaient distinguer. La lumière méridiale transperçait les remous et se fragmentait en étincelles d'or.

On eût dit un monde onirique, tant éloigné de ce que Danaël connaissait et s'autorisait à découvrir, à un tel point qu'il se surpris à envisager de l'explorer dans la seconde.

Il sentit son amie le regarder et se rendit compte dans le même temps que l'air n'entourait plus que sa tête, cédant ses membres aux caresses des vagues, plus chaudes qu'il n'aurait cru.

En face de lui, la peau de Shimy lui paraissait presque prendre des teintes bleutées. Un léger globe d'oxygène posé seulement au bas de son visage, ses cheveux flottaient derrière elle, se confondaient avec l'ondée. La femme se mouvait avec une telle prestance et une telle simplicité au sein de la lagune qu'on eût dit qu'elle était née dedans. C'est la comparaison avec une de ces créatures aquatiques qui peuplaient certaines côtes du continent qui tinta dans le cerveau du jeune homme.

L'air déterminé, elle le guida en avant, nageant elle-même à reculons, ses bras exerçant une douce pression sur les siens. L'angoisse martelant toujours son corps, il se laissa toutefois emporter sous quelques profondeurs encore, s'appliquant néanmoins à ne pas perdre un seul millimètre de leur point d'accroche.

Se focalisant de moins en moins sur les réactions anarchiques de son corps et davantage sur l'univers qui l'entourait ainsi que les paumes fraîches de l'elfe, se résolvant enfin à accepter son sort, il se mis à apprécier la balade spiralesque qu'iels faisaient. Peu à peu, il parvint même à se détendre.

Finalement, après de lentes minutes aussi enchanteresses que terribles, il retrouva le bon côté du monde, plus brusquement et presque plus rudement qu'il ne n'avait quitté. Elle ne dit rien, lui tenait un poignet et une épaule tandis qu'il prenait de larges inspirations pour remettre tous ses sens dans le bon ordre. Ses doigts pianotaient doucement sur son épiderme, l'aidant à se ramener à la réalité.

Une fois calmé, elle le guida vers la rive du lac où il put enfin toucher, à nouveau, la terre ferme.

Elle se hissa sans effort hors de l'eau, se percha avec aisance sur une pierre tiède et plate qui surplombait le rivage.

— Eh bien ? La mission ne s'est pas déroulée si mal que ça, n'est-ce pas chevalier ?

Sa voix s'était faite très malicieuse, tout d'un coup. Cette facette de sa personnalité ressortait parfois, au détour de certaines situations.

— C'était... plutôt joli dans l'horreur, réfléchit-il.

Cela fit s'élargir le rictus sur le visage de l'Elfe Élémentaire. Un ricanement lui échappa même, plus satisfait que moqueur.

Elle ne lui fit pas l'affront de l'aider à s'extirper lui aussi des flots, le laissant se dégager seul de l'emprise de ces bras liquides qui lui étaient toujours hostiles – quoique peut-être moins qu'avant.

Sentant enfin l'herbe fraîche sous lui, Danaël s'autorisa à apprécier l'aventure qu'il venait de vivre. Il poussa un court soupir en dodelinant de la tête.

Puis il reposa son attention sur la jeune elfe. Il s'arrima à ses yeux. Au milieu de tout son être aussi froid et impassible, les iris oranges de Shimy étaient surprenamment ardents et énergiques. C'était une expérience tout à fait déroutante que de s'y plonger.

— Merci, dit-il simplement.

Elle se leva brusquement, fit mine de n'avoir pas entendu. Elle n'était pas femme à aimer les remerciements, et encore moins à savoir les gérer. Cela fit naître un sourire en coin, un peu tendre, sur la joue du chevalier blond.

Elle enfila rapidement son haut, sèche en un frémissement de doigt, et prit sous son bras le reste de ses affaires ainsi qu'une partie des gourdes qu'iels étaient venues remplir pour leur route à reprendre.

— Allez on retourne au bivouac ! Ça commence à faire faim là, et ça devrait être prêt depuis le temps.

— Hé ! tu pourrais me sécher aussi non ?! s'écria Danaël en récupérant ses effets et le reste des flasques le plus rapidement possible, tentant de la suivre en trébuchant maladroitement sur ses propres pieds, décontenancé par le changement soudain de cadence.

— Non, je n'en ai aucune envie, lui lança-t-elle dans un rire cristallin, s'éloignant à tire-d'aile.

Couvrant ses cris de protestations, elle le somma de se hâter, puis rit encore alors qu'elle passa sous une frondaison basse, rentrant dans le bois où le groupe avait installé son camp.

— Allez ! j'ai hâte de voir ta princesse s'indigner de l'indécence de ma tenue à table, railla-t-elle en désignant le caleçon qu'elle portait toujours sur les hanches.

Et sur ces mots, elle se déroba en un clin d'œil par derrière un arbre, laissant un Danaël mouillé et épuisé mais amusé suivre son chemin à pas lents. Il savait que de retour parmi les autres, elle redeviendrait distante, y compris avec lui. Du moins jusqu'à leur prochaine excursion à elleux deux. Il gardait chacun de ces épisodes vivace en sa mémoire avec une sympathie toute particulière.

Souriant avec lassitude, il ne put s'empêcher de songer, avec une poésie naïve qui lui était inhabituelle, que Shimy était bien la seule eau au monde qui l'apaisait, et dans laquelle il ne craindrait jamais de se noyer.

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J'ai écrit ça d'une traite en pleine nuit, même si je l'ai un peu repris plu tard dans la journée, svp ayez de l'indulgence ^^' En attendant je prends volontiers des critiques et conseils, sur la forme ou même le fond. J'ai l'impression que mon style est plutôt lourd ?