Et voici mon défi 6 ! J'ai vraiment beaucoup aimé l'écrire, même si j'ai dû rusher la fin pour être à l'heure... De ce fait, il n'a pas été relu, je m'excuse pour les fautes qu'il pourrait y avoir o/ Ce texte est un crossover avec le manga Bungo Stray Dogs ! Ne vous inquiétez pas, c'est simple de compréhension même si vous ne l'avez pas lu/vu. Je vous souhaite bonne lecture !
Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.
Défi no.6 - Valeur : 20 points
Titre : Ce déséquilibré de Dazai Osamu
Raiting : T
Contrainte : Écrivez un texte contenant les mots suivants : secondes, fleurs, fournaise, story, hot, coquillages, persistantes, âmes, bouteille, volé, summer, beau, ombre, été. BONUS 5 POINTS : Incluez le titre complet de votre recueil dans votre texte (en enlevant les éventuelles parenthèses et leur contenu).
S'il y avait bien une chose que Dabi détestait, c'était cette horrible saison qu'était l'été. Chacun de ses pas le rapprochait des chaleurs de l'Enfer, l'air ardent qui emplissait ses poumons à chacune de ses inspirations lui donnait l'impression de vivre dans une véritable fournaise. Pas un seul coin d'ombre pour se ressourcer, c'était tout bonnement insupportable. Pourtant, il était familier au feu, lui dont la peau se brûlait à force qu'il utilise son alter. Il rêvait de cramer toutes les devantures de magasins devant lesquelles il déambulait. Tous ces « Nos meilleurs looks pour un hot summer réussi ! » et ces « -50% sur les maillots de bain pour vivre une love story ultra d'enfer sur la plage » lui donnaient des sueurs froides et des picotements au bout de ses doigts. Il attendait la venue de l'hiver comme Vladimir et Estragon attendaient Godot, il n'en pouvait plus.
Mais au-delà des chaleurs estivales persistantes, il y avait autre chose que Dabi haïssait bien plus encore. Quelque chose qui lui donnait des envies de meurtres comme il en ressentait rarement. Lorsqu'il était forcé d'y faire face – parce que l'univers avait décidé qu'il n'en avait pas encore fini avec cette histoire – il devait fournir un effort monstre pour ne pas libérer son alter et laisser le monde périr dans ses flammes. Dabi se délecterait sûrement de ses cris de douleur. Le pire, c'est qu'en lui ôtant la vie, le vilain lui rendrait service.
Dabi détestait l'été. Mais du plus profond de son âme, il haïssait quand il devait voir ce déséquilibré d'Osamu Dazai.
Dabi ne supportait pas Dazai. Chaque fois qu'il le voyait, son corps était parcouru de frissons de dégoût tandis que son esprit se perdait entre la haine et la rancœur. Tout chez Dazai l'horripilait. Son costume taillé sur mesure, les bandages qui couvraient ses bras et sa nuque, sa coupe au bol affreusement ridicule et le pire. Le pire dans tout cela, c'était la folie dans son regard. Dazai avait les yeux d'un tueur fou que rien ni personne ne pourrait arrêter. Pas même les dieux, pas même le Diable. Dabi se demandait parfois si Dazai n'était pas le Diable en personne. Le fait qu'un homme plus jeune que lui, qu'un héros plus jeune que lui, l'intimide à ce point, ne faisait qu'accroître l'animosité que le vilain éprouvait à son égard.
D'autant plus que Dabi vouait une haine sans nom envers les traitres.
Les traitres qui faisaient souffrir son petit frère, d'autant plus.
« - Oh, ma douce demoiselle, vous êtes aussi belles qu'un champ de fleurs printanier… Nous sommes âmes-sœurs, c'est évident. Me feriez-vous l'honneur de vous suicider avec moi ? »
Dabi serra les dents en lâchant un soupir d'une intensité telle que la serveuse aurait pu s'envoler. Ils avaient beau être dans un restaurant peu fréquenté – une des adresses préférées de Giran – Dazai était connu comme le loup et son charme ne laissait pas indifférent la gente féminine, pas plus que la gente masculine. Dabi devait bien reconnaître que ce suicidaire de service était particulièrement beau, et ça ne faisait que l'énerver davantage. Parce que quand il regardait le héros tenter de séduire la jeune femme qui rougissait de la tête aux pieds, il comprenait. Il comprenait comment son protégé avait pu tomber dans les griffes de ce sale manipulateur.
« - Passe commande au lieu de faire ton intéressant, l'avertit le vilain. J'ai pas toute la journée. »
Dazai l'ignora sans scrupule, gaspillant encore plusieurs secondes à faire la cour à sa nouvelle proie. Il finit par commander une assiette de coquillages et une bouteille de vin pour accompagner son repas. Dabi, quant à lui, demanda simplement un verre de whisky et qu'on lui apporte la bouteille avec. Voir la sale gueule du détective suffisait à lui couper l'appétit.
« - C'est dommage que ton alter ne concerne pas tes yeux, ironisa Dazai. Vu le regard que tu me lances, je serais mort depuis déjà bien longtemps.
- C'est pas l'envie de te descendre qui me manque, crois-moi. »
Ce que Dabi détestait le plus chez Dazai, c'était sa manière de se tenir. Avec son menton qui reposait sur ses mains croisées, son sourire moqueur et son regard analyseur. Quand ils se voyaient – très peu de fois, mais c'était déjà beaucoup trop – le vilain avait toujours cette désagréable sensation que Dazai savait tout de lui, comme si de son simple regard, il avait un accès direct à son esprit.
Dazai avait toujours su se servir de son charme et de ses capacités de persuasion pour arriver à ses fins, au-delà d'être bien plus intelligent que la moyenne. Ç'a avait toujours eu le don d'agacer Dabi, tandis que c'était ce qui avait tout de suite plu à Giran. Le brun se souvenait encore des cris qui avaient fini par combler le silence de l'immense manoir du courtier, parce que ce vieil aliéné avait décidé de sortir un nouveau môme de la rue, et que le môme en question et celui dont il s'occupait déjà depuis quelques temps ne pouvaient pas se voir en pâture. Dabi n'avait pas reproché à Giran sa volonté de changer le destin d'un pauvre gosse que la société avait abandonné. Après tout, Dabi et Dazai étaient fait du même bois, et jamais le brun ne pourrait oublier comment le courtier leur avait sauvé la vie. Le fond du problème, c'était tout simplement Dazai Osamu. Cette moisissure qui proliférait librement jusqu'à anéantir tout ce qui se trouvait sur son passage.
« - Au fait, le vieux va bien ? demanda Dazai d'un ton innocent. Toujours aussi mal fringué ?
- Tu crois vraiment que j'ai envie de parler de Giran avec le salopard qui lui a planté un couteau dans le dos ? cracha Dabi avec violence.
- Pourquoi faut-il toujours que tu sois sur la défensive, soupira le détective. Ce que c'est épuisant de discuter avec toi... C'est à se demander ce que tu as dû faire pour qu'il accepte de veiller sur un enragé de service comme toi. »
Dabi faillit se lever pour lui faire définitivement ravaler ses mots lorsque leur commande arriva. Dazai offrit un grand sourire à la serveuse et noua sa serviette autour de son cou, ignorant à nouveau le vilain. Le détective avait toujours su comment faire enrager Dabi de la plus simple des manières, réussissant évidemment son coup à chaque fois. Dabi avait cessé de compter les soirs que Giran avait passé à recoudre leurs plaies ou à réparer le mobilier qu'ils avaient cassé en se disputant. Malgré l'enfer qu'ils lui avaient fait vivre, le courtier n'avait jamais cessé d'agir comme un père pour eux. Il les avait nourri, loger, demandant comme seule contrepartie qu'ils travaillent à son service. Giran s'était plié en quatre pour eux, Dabi lui en serrait à jamais reconnaissant.
Et à jamais, il en voudrait à Dazai de les avoir abandonné pour rejoindre la Commission super héroïque.
« - Tu sais, Touya, j'ai un emploi du temps chargé, reprit Dazai en ouvrant tranquillement son huître. Si tu m'as fait venir uniquement pour mal me regarder, on pouvait faire ça par Facetime…
- Je sais que t'as recommencé à voir Akutagawa. »
Dabi ne supportait plus de tourner autour du pot. Il fallait que la conversation se termine, et vite, sinon il ne garantissait pas de réussir à garder son calme. Voir Dazai manger innocemment son repas comme s'il n'était pas la pire pourriture que la Terre ait jamais porté le rendait fou de rage. Ce fût à peine si le héros lui adressa un regard. Il sembla surpris, ceci dit, que le vilain mette aussi rapidement les pieds dans le plat, mais il termina son coquillage avant de contre-argumenter.
« - C'est lui qui te l'a dit ?
- Il a pas eu besoin, cracha Dabi. Je sais quand est-ce que tu mets tes sales pattes sur mon frangin.
- La manière dont tu te considères comme son grand frère de substitution alors que tu détestes ta fratrie génétique me fera toujours rire… »
Dabi ne releva pas la pique, parce que Dazai ne faisait qu'énoncer la vérité qu'il avait encore du mal à admettre. Le grand brûlé se souvenait encore de la première fois où il avait rencontré Akutagawa, à l'époque où Giran fricotait avec la mafia portuaire avant même qu'elle ne fusionne la Ligue des vilains. Ce môme frêle, à la fois réservé et terriblement agressif dès qu'il ouvrait la bouche, vaine tentative de dissimuler sa propre faiblesse derrière des mots cinglants… Dabi - Touya - ne connaissait que trop bien le schéma. Alors, il avait voulu prendre Akutagawa sous son aile, parce qu'il ne voulait pas que le jeune finisse comme lui ; mais aussi, comme Dazai l'avait si mauvaisement souligné, peut-être l'avait-il voulu parce qu'une partie de lui voulait sauver le mafieux comme il n'avait pas pu sauver Shoto.
Giran avait évidemment recommandé Dazai et Dabi à la mafia dès qu'il avait conclu son affaire avec le patron de l'époque, Mori. Le grand brûlé l'avait immédiatement mal pris, à ses yeux ce fût comme si le courtier les abandonnait après s'être occupé d'eux pendant tout ce temps. Pourtant, il était allé jusqu'à obtenir un entretien avec Mori pour lui demander en personne de lui confier Akutagawa. Au fond de lui, quelque chose lui hurlait d'être pour Akutagawa une figure de référence comme l'était Giran pour lui.
Il pouvait encore sentir le goût de l'amertume et de la colère dans sa bouche lorsqu'il repensait aux mots simples, efficaces et destructeurs de Mori : « Il a déjà été décidé quelle section de la mafia Akutagawa rejoindrait. », suivi de « À partir de maintenant, il sera sous les ordres de Dazai. ». Parce qu'évidemment que Dazai n'avait eu aucun mal à s'intégrer à la mafia. Il avait été promu exécuteur en à peine quelques mois, se voyant confier une troupe entière de tueurs sous ses ordres. Il avait entraîné ses gars avec rigueur, mais jamais il ne les avait maltraités comme il avait pu le faire avec Akutagawa. Il n'avait cessé de tirer le garçon vers le bas, de déprécier ses efforts en lui répétant ô combien il était faible et inutile. Malgré tout, Akutagawa avait tout fait pour obtenir les faveurs de Dazai, redoublant d'efforts malgré le fait que rien ne sembla assez pour l'exécuteur de la mafia. Quand ce dernier ne faisait pas usage de violence verbale, il se servait de violence physique, et le schéma se reproduisait sans cesse. Pour Dabi, ça avait été tout bonnement insupportable. Il s'était revu plusieurs années auparavant, Dazai et Akutagawa étant le reflet parfait de ce qu'il avait subi chez lui, et il avait été hors de question qu'il laisse passer ça une seconde fois.
Il eut beau mettre en garde Akutagawa du comportement toxique du mafieux, il n'était pas parvenu à lui faire entendre raison. Dazai était devenu pour lui un Dieu à satisfaire, la raison pour laquelle il devait toujours s'améliorer afin qu'il reconnaisse sa valeur. Lorsque Akutagawa était devenu majeur, leur relation avait pris un autre tournant qui avait encore moins plu à Dabi, et ç'a avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Grâce à Giran, il avait été au courant de la plupart des combines de la mafia, dont une particulièrement qui lui avait permis de conclure une sorte d'accord avec Dazai ; s'il continuait de fréquenter Akutagawa, il ferait éclater la vérité au grand jour. Akutagawa en avait beaucoup souffert, mais Dabi s'était dit que l'absence de Dazai serait toujours moins douloureuse que sa présence. Le pire fût qu'il ne s'était pas trompé.
Depuis, de l'eau avait coulé sous les ponts et la haine que Dabi portait envers son ancien camarade n'avait fait que grandir. Peu de temps après leur fameux accord, Dazai avait quitté la mafia portuaire pour rejoindre la Commission super-héroïque, abandonnant le vieux manoir de Giran et ceux qui vivaient en son sein. Son alter permettant d'effacer ceux des autres était une opportunité servie sur un plateau d'argent pour la Commission, qui avait effacé la liste de ses crimes dès lors qu'il avait rejoint leur troupe. En plus de tout ce qu'il avait fait subir à Akutagawa, c'était bien trop pour que Dabi le lui pardonne. Il rêvait d'exaucer les souhaits suicidaires de Dazai en lui ôtant la vie de la manière la plus cruelle qui soit. Il se retenait uniquement parce qu'il savait que la mort du héros achèverait son protégé.
Face à lui, Dazai soupira en s'essuyant délicatement la bouche, puis croisa à nouveau ses mains sous son menton. Le rictus dans lequel ses lèvres s'étirèrent donna à Dabi de violentes envies de meurtre.
« - Très bien, admit-il, je fréquente à nouveau Ryunosuke. Et alors ?
- Alors on avait un putain d'accord, toi et moi, rappella Dabi en se rapprochant du visage du héros.
- Ryu' est un grand garçon, tu sais. Il est capable de décider quoi faire de sa vie sans que tu n'aies à fourrer ton nez dedans.
- Tout comme je suis capable de révéler à la Ligue ce que Mori et toi avaient comploté pour qu'il devienne le nouveau boss de la mafia, si tu laisses pas Akutagawa tranquille. »
Le surnom qu'employa Dazai lui donna envie de vomir, mais ce ne fut rien face à l'expression que prit son visage. Il n'était ni effrayé, ni surpris, comme il avait pu l'être lorsqu'ils avaient conclu leur accord. Il avait exactement la même tête que d'habitude, cet air supérieur et si sûr de lui, accompagné de ce sourire qu'il avait lorsqu'il était sur le point de passer à l'attaque.
Ce fût précisément à cet instant que Dabi réalisa qu'il n'était plus en position de force - voire pire, qu'il ne l'avait peut-être jamais été.
« - Tu as déjà réfléchi à l'effet papillon que pouvait déclencher tes actions ? interrogea Dazai en se resservant du vin. Si tu révèles ce que tu sais à la Ligue, imagine la réaction de Hawks quand il apprendra que son héros préféré est en réalité ton papounet ? »
Dabi se figea de terreur. L'ambiance du restaurant devint bien plus lourde, les murs se resserrent autour de lui. Il s'intéressa à absolument tous les détails autour de lui plutôt que Dazai ; la couleur des nappes, le nom du vin sur sa table, "Le parfum de l'iode sur nos maux" - bizarre comme nom de vin mais pourquoi pas - la musique qui passait en fond. Une absurde tentative d'échapper à la sentence finale.
Il était fait.
C'était la fin.
« - Ne feins pas l'ignorant non plus, le coupa Dazai lorsqu'il s'apprêta à reprendre la parole. Je sais que tu couches avec Hawks. »
Instinctivement, les yeux du vilain se fermèrent. Il ne se rabaissa pas à demander à Dazai comment il était au courant. Celui-ci travaillait non seulement avec Hawks à la Commission, mais il était aussi l'ancien disciple de Giran, l'informateur de l'ombre. Ce dernier lui avait appris à user de ses charmes pour récolter les informations les plus précieuses, ça n'avait pas grand chose d'étonnant qu'il sache. Cela ne calma pas sa panique pour autant, son coeur battait si fort qu'il pouvait l'entendre tambouriner dans ses tympans. Que Dazai soit au courant pour lui et Hawks était une chose, que cette enflure s'en serve pour le faire chanter en était une autre. Il planifiait sa vengeance depuis trop d'années pour que le héros gâche tout, pour que n'importe qui d'autre gâche tout.
Soudainement, Dabi comprit.
Il se reconnecta à la réalité avec effarement. Face à lui, Dazai terminait paisiblement son repas, pas le moins du monde paniqué. La colère du vilain ne fit que s'accroître, sachant d'autant plus qu'il n'était pas au bout de ses peines.
« - C'est pour ça que tu revois Akutagawa ? déclara-t-il plus qu'il ne le demanda. Parce que tu savais que j'aurais rien à rétorquer ?
- C'est qu'il est lucide, notre petit briquet personnel, ironisa Dazai en s'essuyant les lèvres. Tu croyais que je ne ferai pas le lien alors que c'est moi qui ai conseillé d'infiltrer Hawks dans la Ligue ? Pour qui est-ce que tu me prends… »
Le sang de Dabi se glaça lorsqu'il relit les points. Non. Dazai était capable d'aller aussi loin, mais il n'avait pas pu le faire. Dazai était mauvais, les héros étaient mauvais, mais mauvais à ce point ne ferait que confirmer à quel point le but de la Ligue de purifier cette société pourrie était on ne peut plus justifier.
« - T'as osé-
- J'ai osé, confirma Dazai sans remords. J'ai fait infiltrer Hawks dans la Ligue en sachant que tu tomberais sous son charme, puis j'ai patiemment attendu que tu me donnes un prétexte plus que parfait pour revoir Ryu'. »
Dabi était sur le point de se lever pour définitivement mettre fin aux jours du héros lorsque celui-ci se pencha vers lui.
« - Maintenant sois bien attentif, Touya. Si tu veux aider Ryu' comme Giran a volé à notre secours, ça te regarde. Si tu veux te taper le héros numéro deux, c'est toi qui vois. Fais moi encore perdre mon temps pour me parler de ton frère de substitution et me menacer dans le vent et je fais diffuser sur les chaînes nationales que le fils aîné d'Endeavor est toujours en vie. L'impact sur le monde serait bien plus puissant que si la mafia portuaire apprenait la vérité sur son ancien boss, tu ne crois pas ? »
Dabi était persuadé ne jamais avoir autant eu envie de tuer quelqu'un, de toute sa vie. La haine, la colère et surtout la peur coulaient dans ses veines dans une douleur indescriptible, comme il l'avait peu souvent ressenti dans sa vie. Il avait l'impression de faire à nouveau face à son père qui le sermonnait sans qu'il ne puisse se défendre, et bon sang, il détestait ça. Au-delà de se sentir faible, il se sentait impuissant. Dazai l'avait évidemment remarqué, puisqu'il ne trouva rien à répondre. L'idée qu'il ne pourrait rien faire pour Akutagawa le déchira, il devrait observer son protégé devenir le même monstre colérique que lui sans essayer de changer quoi que ce soit ; il pouvait apprécier le jeune homme aussi fort que possible, sa vengeance était plus importante. Et ça aussi, Dazai le savait.
« - Sur ce, reprit-il en se levant, si tu n'as rien d'autre à me reprocher, j'ai justement une réunion avec ton plan du moment pour savoir comment se passe son infiltration. »
Dazai se rhabilla sereinement, comme s'il menaçait ses amis d'enfance tous les jours. Il enfila son manteau, réajusta ses bandages et son tour de cou, puis entreprit de s'en aller. Dabi ne réagit pas, il ne dit rien. Au moment où le héros passa près de lui, sa main se posa sur son épaule, l'empêchant d'enfin céder à ses pulsions meurtrières. Dabi releva son regard tueur vers Dazai qui lui, le regardait comme il le faisait toujours ; avec cette allure condescendante qui lui rappelait qu'une fois de plus, il avait été meilleur que lui, et qu'il n'était pas prêt de s'arrêter là.
« - Tu transmettras mes amitiés au vieux, déclara Dazai. En ce qui concerne Ryu'... Dis-lui ce que tu veux. On sait tous les deux que quoi que tu dises, ça n'a plus d'importance. »
Et aussi simplement, Dazai quitta le restaurant, laissant son ancien camarade béat devant leur table. Dabi prit un court, très court instant pour réfléchir au fait que Giran avait sorti de la rue un être pire que le Diable lui-même.
Une fois ce court instant terminé, il termina d'une traite le reste de whisky se trouvant dans sa bouteille et incendia le restaurant en imaginant qu'il brûlait à la place le corps de ce déséquilibré qu'était Dazai Osamu.
