Hellooo me revoilà enfin sur ce recueil o/ L'écriture des défis de l'event se termine officiellement demain soir, donc de façon particulièrement Momo, je me lance dans la course à en faire le maximum possible d'ici là :D (Démonstration réalisée par une professionnelle (?), à ne pas reproduire à la maison xDD) J'ai eu beaucoup de peine à trouver une idée sur ce défi, mais j'espère que ça vous plaira quand même ! c:

Défi choisi : No. 3 - Écrivez un texte où, si vous faites partie de la Team Héros, un personnage du camp héroïque dans le canon est un vilain.

Longueur : 1150 mots

Personnages/Pairings : juste Rumi Usagiyama (Mirko)

Rating : K+

Remerciements : À Zofra pour ses encouragements dont j'avais bien besoin ! C'est parti pour le super rush final annuel ! :P


Défi no. 3
Le costume qu'on porte

Contrairement à ce que pourrait laisser croire sa situation – elle est au courant, merci –, Rumi n'a jamais voulu ça, en fait.
Ça étant la télévision allumée, un écran aux couleurs ternes et à l'image pas super nette sur fond de haut-parleurs grésillants, seule source de lumière artificielle au milieu d'un salon étroit plongé dans la pénombre ; et la présentatrice dans son costume bleu clair, les mains serrées sur son micro, de longues boucles brunes parfaites encadrant deux oreilles félines et l'air sérieux-

Et maintenant, un avis à la population de Hosu. D'après nos sources, la vilaine Mirko aurait été aperçue en ville la nuit dernière, où elle aurait blessé le héros Native suite à sa tentative de l'appréhender. Les héros mettent actuellement tout en œuvre pour-

L'image s'évanouit en un bip sourd et, les sourcils froncés, les dents serrées d'agacement, Rumi jette la télécommande sur le fauteuil qu'elle dépasse pour se rendre d'un pas décidé vers la cuisine attenante, ses longs cheveux d'argent emplissant l'air avec colère sous la force de ses mouvements. C'est n'importe quoi ! Mais quel ramassis de conneries ! Ils ne savent rien, ces journalistes, présentateurs télé ou héros professionnels, tous autant qu'ils soient – ils n'ont aucune idée de ce qu'il s'est réellement passé, de ce qu'il se passe réellement tous les jours, parce que s'ils étaient là pour le voir… !
D'un geste brusque, elle ouvre en grand la porte du frigo et attrape une bouteille de son jus de carotte préféré, dont elle se sert un verre ; puis elle s'appuie contre le plan de travail et croise les bras, sa rage se muant petit à petit en une moue pensive sur son visage. La vilaine Mirko, hein. Pfft. Ses lèvres s'arquent en un rictus – ça a beau faire plusieurs années, maintenant, y'a rien à faire, elle n'arrive juste pas à s'y habituer. Et elle espère bien que ça ne sera jamais le cas.

Qu'est-ce que ça leur ferait, après tout, s'ils savaient – s'ils savaient qu'à l'origine, elle avait plutôt prévu de devenir super-héroïne, pour le coup ?

Les épaules secouées d'un rire mauvais, Rumi amène son verre à ses lèvres et en avale une nouvelle gorgée. Ironique, quand même, quand on y pense, comme la vie qu'on mène s'éloigne parfois de la vie qu'on s'imaginait ; et le pire, c'est que tout ça n'a pas tenu à grand-chose. Juste ce type, en fait, du temps où elle était au lycée – ce type qui s'est dit que ça serait sûrement une excellente idée de faire des avances non sollicitées, gestes et remarques déplacés à l'appui, à une gamine de pas la moitié de son âge, dans une ruelle peu empruntée où il se trouvait que le seul témoin n'était qu'une autre adolescente. Qu'une autre fille qui n'oserait sûrement rien dire. Que Rumi, en fait.
Ha. C'était mal la connaître. Non seulement elle a dit tout ce qu'elle avait à dire, mais en plus, elle s'est fait une joie de lui botter le cul pour s'assurer qu'il s'en souvienne bien – et comment elle aurait pu le savoir, hein, que c'était un héros pas trop mal classé qui abusait de son rang pour essayer d'extorquer des faveurs aux jeunes femmes qu'il avait sauvées ? Et qu'est-ce qu'elle en aurait eu à foutre, de toute manière ? Un salaud, c'est un salaud, elle en était déjà persuadée à l'époque et ça n'a pas changé depuis-

Mais la gamine envolée, trop terrifiée pour prendre parti, ça a été sa parole contre la sienne. Sa jambe dans le plâtre contre la lèvre à peine entaillée de Rumi. Ses grandes explications, tout son prestige, contre les accusations furieuses d'une civile qui n'avait pas hésité une seconde à se servir de son alter sans la moindre retenue – et si ce mec avait été n'importe qui, un salaud comme les autres, ça aurait fini différemment ! Elle aurait au pire été reconnue coupable d'agression physique et d'usage de l'alter sans permis, plus probablement considérée comme héroïne illégale, criminelle du côté du bien – mais pas cataloguée vilaine !
… Mais il avait fallu que ça soit un héros, bien sûr.
Ça l'avait rendue dingue, pendant longtemps. Qu'on ne l'écoute pas alors qu'elle ne disait que la vérité ; les regards qu'on lui jetait dans la rue, après ça. Le reproche et la honte, même dans les yeux des gens en qui elle croyait pouvoir garder confiance. Devoir quitter l'école et rester planquée le temps que ça passe. Et plus elle s'est retrouvée au ban de la société, plus elle a réfléchi à tout ça…

Plus elle a compris, finalement. Que le traitement de faveur qu'on accorde aux héros n'a aucun fondement, est même souvent contraire à la Justice – et que si on veut continuer à croire que seuls les vilains peuvent oser s'en prendre aux héros, alors soit. Elle accepte le rôle, elle relève le défi. Elle veut bien être l'une de ces vilaines, la vilaine Mirko, celle qui n'attaque que les héros et autres policiers-
Mais pas sans raison ! Jamais sans raison. Ce type dont ils parlaient au journal tout à l'heure, Native ; quelle blague ! Il avait jeté à terre un civil qui avait eu le malheur de le bousculer sans le vouloir dans la rue. Il était en train de le menacer de poursuites quand Rumi est intervenue – sa tentative de l'appréhender, c'est du foutage de gueule. Il peut s'estimer heureux de n'avoir pris qu'une petite raclée, ouais, et il n'a eu que ce qu'il mérite.

Désormais plus calme, Rumi termine d'une traite son verre de jus de carotte, qu'elle repose sèchement à côté d'elle sur le plan de travail, et passe les deux mains dans ses longs cheveux. Le costume qu'elle porte n'est pas celui qu'elle aurait choisi il y a quelques années, et elle doit bien reconnaître qu'il pèse plus lourd que celui dont elle rêvait ; mais elle doute d'avoir l'occasion de le changer un jour, maintenant, alors elle s'en accommode, elle suppose. Tant qu'elle peut utiliser son alter comme il a toujours été destiné à être utilisé, pour flanquer une bonne rouste à la vermine qui se croit plus maline que la loi… Il faut bien qu'elle s'en accommode. Elle n'a pas d'autre choix que de s'en accommoder.

Et elle continuera de s'en accommoder, bon gré mal gré, en dépit des inepties dans les journaux et peu importe les bonnes excuses de ces pseudo-héros qui n'en ont que le permis et pas l'âme, jusqu'à ce que cet inconnu l'approche un jour – jusqu'à ce qu'il la félicite pour ses accomplissements et lui vante les mérites de leur vision du monde si proche.
Jusqu'à ce que Native meure, qu'elle en soit accusée ; et que face à celui qui se présentera comme Stain, le point de non-retour franchi, la vilaine Mirko se voie offrir de devenir elle aussi tueuse de héros.