Il était une fois, une forêt enchantée où vivait tous les personnages de conte.
Nous les connaissons bien.
Ou du moins nous le croyons.
Un jour ils se trouvèrent piégés dans un monde où les fins heureuses n'existaient plus.
Notre monde.
Voici comment tout a commencé ...
Un cavalier vêtu d'une belle tenue rouge et d'une magnifique cape sur un superbe étalon à la crinière noire, traversaient la forêt au galop, l'homme avait l'air déterminé et une fois arrivé à sa destination il ne perdit pas de temps à descendre de cheval. Il neigeait. Il se dirigea vers un groupe de nain, sept nains, qui étaient autour d'un cercueil.
"Vous arrivez trop tard." annonça tristement celui qui semblait être le plus âgé, vu les lunettes et la barbe blanche. Après avoir prononcé ces paroles, il s'écarta et l'homme put voir qu'à l'intérieur du cercueil, reposait une jeune femme aux longs cheveux noirs, les mains posées sur sa poitrine.
"Oh non." souffla désemparé l'homme, avant de s'avancer précipitamment. "Non ! Ouvrez le." il ordonna après avoir regardé un instant le visage de la femme qu'il aimait, du visage sans vie de Blanche Neige.
"Je suis désolé, elle est morte." intervint un des nains, Grincheux.
"Je veux lui dire au revoir." implora le Prince Charmant, dévasté par l'idée d'avoir perdu celle qu'il aimait.
Les sept nains hésitèrent, mais après un échange de regard, ils ouvrirent le cercueil de verre, cédant à la volonté du prince qui ne les regarda même pas, toute son attention était sur Blanche Neige. Doucement, il abaissa son visage vers le sien, voulant goûter à ses lèvres une dernière fois mais espérant également à un miracle du Véritable Amour, ils avaient déjà tant surmonté, pourquoi pas la mort elle même ? Il avait à peine posé ses lèvres lorsqu'une vague de magie s'échappa du couple pour traverser le monde qui les entourait. Et miracle, lorsqu'il releva son visage, Blanche Neige prit une grande respiration et ouvrit les yeux pour voir le visage ravi et soulagé de celui qu'elle avait appelé Charmant.
"C'est toi." elle souffla après s'être remise de ce qu'elle venait de vivre, observant avec soulagement de l'homme qu'elle aimait. "Tu m'as trouvé."
"Quoi ? Tu pensais que je n'y arriverai pas ?" demanda Charmant avec une pointe d'humour.
"Sincèrement, le cercueil de verre m'a un peu fait douté." reconnu Blanche Neige en s'asseyant.
"Oh, là dessus tu n'as pas à t'en faire, je te retrouverai toujours." assura Charmant.
"Tu peux me le jurer ?" demanda Blanche Neige avec un sourire.
"Oui je le jure." dit Charmant, ils n'étaient plus dans la forêt au moment des retrouvailles, non, ils étaient à leur mariage. Sa tenue n'était plus blanche et rouge mais blanche et noire, il avait une épée accroché à la taille et tenait devant leur peuple, les mains de Blanche Neige dans les siennes.
"Et vous Blanche Neige, cet homme que vous prenez pour époux, jurez vous de l'aimer et de le chérir pour l'éternité ?" demanda l'évêque.
"Oui je le jure." promit à son tour Blanche Neige, elle était une fois de plus habillée d'une robe blanche mais celle qu'elle portait aujourd'hui avait des volants et ses longs cheveux noirs n'étaient plus lâchés mais retenus dans une coiffure élaborée et étaient décorés avec des fleurs.
"J'ai donc la joie et l'honneur de vous déclarer mari et femme." dit l'évêque sous les applaudissements des sujets du royaume, y compris de tout les sept nains, même Grincheux.
Le couple royal allait échanger leur premier baiser en tant que mari et femme mais un bruit attira leur attention, les portes de la salle avaient frappé contre les murs et en leur centre se tenait la dernière personne que le coule avait souhaité avoir à leur mariage, la Méchante Reine, Regina, la belle-mère de Blanche Neige et celle qui avait été responsable de l'état de Blanche Neige lorsque Charmant l'avait embrassé pour la sortir d'un profond sommeil. Vêtue entièrement de noir, et de cuir, elle était l'exact opposé de Blanche Neige.
"Excusez moi, je suis en retard." elle annonça d'une voix qui porta aisément dans la pièce, surtout avec le silence qui s'était installé avec son arrivée. Ceci dit elle se mit à avancer vers le centre de la pièce où se tenait le couple, serré dans les bras l'un de l'autre, sans que nul n'ose faire quoique ce soit contre elle. Elle était une puissante sorcière après tout et ils la craignaient tous, finalement deux gardes tentèrent de la stopper mais elle n'eut aucun mal à les repousser, à les faire même voler, avec un simple mouvement de chaque main. Créant encore plus la panique dans la salle.
"C'est la reine, vous devez fuir." dit le nain qui avait l'air le plus âgé, aussi connu sous le nom de Prof, voulant protéger Blanche Neige et son mari.
"Non elle n'est plus reine." proclama Blanche Neige avec colère, en dégainant l'épée de son mari pour la pointer à hauteur de gorge de Regina. "Ce n'est plus qu'une méchante sorcière."
"Non, non. Ne te laisse pas emporter elle n'en vaut pas la peine." intervint Charmant en récupérant son épée et en la baissant. Ne voulant pas que son épouse salisse son cœur à cause de Regina. "Vous vous fatiguez pour rien, vous avez déjà perdu." il proclama ensuite. "Et vous ne gâcherez pas ce mariage."
"Oh je ne viens pas pour gâcher la fête." assura Regina, quoique ça ne rassurait personne. "C'est tout le contraire mon cher, je suis venue vous offrir un présent."
"On ne veut rien recevoir de vous." protesta Blanche Neige.
"Vous l'aurez quand même." assura Regina en observant les invités qui lui tournaient le dos et baissaient l'échine, de ses yeux sombres. "Parce que le présent que je vous offre, c'est cet ultime jour de bonheur et de fête. Dès demain, j'entreprendrais mon œuvre inéluctable, vous venez d'échangez vos serments, à moi de faire le mien. Bientôt, tout ce que vous aimez, absolument tout ce que vous aimez, vous tous ici présent, vous sera enlevé pour toujours. Et de votre malheur, je tirerai ma plus grande victoire. Je jure de réduire à néant votre bonheur, je jure de le faire. Quoiqu'il m'en coûte."
Après avoir regardé Blanche Neige dans les yeux et s'être assurée que son message avait bien été entendu et craint, la Méchante Reine leur tourna le dos, et traînant sa cape rouge et noire elle partit en marchant de manière déterminée.
"Hey." le cri du prince la poussa cependant à s'arrêter et à se tourner en parti et voyant l'épée qui allait la transpercer, elle utilisa sa magie pour disparaître et retourner dans son château. Laissant derrière elle des sujets inquiets et un couple royal paniqué.
Appuyé contre une des fenêtres du château, Blanche Neige regardait l'horizon, une main sur son ventre et un air inquiet sur le visage, cela faisait plusieurs mois depuis leur mariage à elle et au Prince Charmant et donc plusieurs mois depuis la menace de Regina. Cette menace de ruiner son bonheur, elle n'arrivait pas à l'oublier, c'était plus fort qu'elle, encore plus vu qu'elle allait devenir mère.
Elle attendait deux enfants, la Fée Bleue le lui avait annoncé il y a cinq jours, elle s'était inquiétée concernant la taille de son ventre. Elle était beaucoup plus volumineuse que ce à quoi elle s'attendait, même Granny l'avait remarqué. Prof l'avait examiné, et même si son expérience avec les accouchements et les grossesses était limitée, il avait lui aussi estimé que l'enfant était soit très gros, soit la grossesse était plus avancée que ce qu'elle avait dit, ou sinon il y avait un autre bébé dans son ventre. Bleue avait confirmé la dernière théorie.
Si Blanche-Neige était ravie par la nouvelle, deux bébés à aimer, deux bébés à chérir et ainsi ses enfants auraient un ami, ils ne seraient pas seuls. Pas comme elle, elle n'avait pas eu de véritables amis avant sa rencontre avec Scarlett. Elle s'était souvent sentie seule en grandissant, au moins ses enfants ne vivraient pas le même scénario, c'était rassurant. Néanmoins elle ne pouvait pas oublier la menace de la Méchante Reine, cette dernière avait juré qu'elle lui briserait son bonheur, que préparait-elle au juste ? Dans quel genre de danger était ses enfants ?
"Qu'il y a t'il ?" demanda Charmant en voyant l'air de sa femme.
"Rien." elle répondit de suite, elle avait une idée pour se rassurer, pour être fixée, mais elle savait que son mari n'accepterait jamais.
"Tu es encore en train de penser à ce que la reine a dit." comprit Charmant qui connaissait bien son épouse. "Je t'en supplie Blanche, on en a déjà parlé des dizaines de fois, il faut que tu te sortes ces idées de la tête. On est sur le point d'avoir des bébés." il pointa en montrant l'intérieur de la pièce, une nurserie pour leurs enfants à naître.
"Je n'ai pas réussi à dormir une nuit entière depuis le mariage." soupira Blanche Neige en rentrant.
"C'était exactement ce qu'elle voulait. Tu es morte d'angoisse mais ce ne sont que des mots, elle n'a aucun moyen de nous atteindre." il affirma.
"Elle a voulu m'empoissonner pour une simple question de jalousie, tu ne sais pas de quoi elle est capable." protesta Blanche Neige, même si elle savait que c'était pour bien plus qu'une question de jalousie.
"Dis moi ce que tu veux que je fasse." implora Charmant qui désirait voir sa femme sourire et se détendre.
"Laisse moi le voir, je veux lui parler." pria Blanche Neige.
"Tu penses à ..." répondit choqué Charmant. "Tu veux lui parler ?!"
"Oui." confirma Blanche Neige.
"Non." répondit immédiatement Charmant. "Non. Non. Non, c'est trop dangereux."
"Il peut voir l'avenir." pointa Blanche Neige.
"S'il est enfermé, il y a une bonne raison." contra Charmant.
"Mais est-ce que,... est-ce que tu peux me promettre que nos enfants seront vraiment en sécurité ? Parce que lui il peut le dire, il le saura." insista Blanche Neige.
"D'accord." céda Charmant après un long moment de réflexion, elle avait en partie raison et il la connaissait aussi assez pour savoir qu'elle irait le voir dans son dos si il n'acceptait pas. "Pour notre enfant."
"Quand on sera devant son cachot, restez dans l'ombre. Et quoique vous lui disiez ne lui dites surtout pas votre nom. S'il connaît votre nom il aura prise sur vous." informa le geôlier en charge de l'être le plus dangereux au monde.
Le Ténébreux. Il avait été capturé il y a peu grâce à un plan dangereux qui avait poussé Ella, aussi connue sous le nom de Cendrillon, à feindre de vouloir passer un autre marché avec lui. Cela avait été une alliance entre le Prince Thomas et Ella, Blanche Neige et le Prince Charmant mais aussi les fées, et depuis Rumplestilskin était certes emprisonné mais nul n'avait eu de nouvelles de Thomas. Le couple royal en quête de réponse avait donc dissimulé leurs visages sous des capes, voulant des réponses concernant leur enfant à naître et la malédiction de la Méchante Reine.
"Rumplestilskin. Rumplestilskin, j'ai une question à te poser." appela le geôlier une fois devant la cellule du cachot.
"Non. Toi tu n'as rien à me demander, mais eux oui." commenta Rumplestilskin en s'approchant des barreaux de sa prison. "Blanche Neige et le Prince Charmant." il les identifia aisément, riant au passage. "Quelle insulte vous me faîtes. S'il vous plait, avancez dans la lumière et retirez ces capuchons ridicules. Ah c'est mieux comme ça." il commenta lorsque le couple s'exécuta.
"Nous sommes venus te demander..." dit Charmant en s'avançant, uniquement pour être interrompu.
"Oui, oui je sais pourquoi vous êtes là. Vous êtes venus me parler de la menace de la reine." le coupa Rumplestilskin.
"Dis nous ce que tu sais." exigea Blanche Neige.
"Oh, oh oh, c'est qu'ils sont angoissés. Cessez de trembler car je peux calmer vos peurs." il affirma avec un grand sourire et en levant un doigt en l'air. "Cependant, en échange vous devrez me donner quelque chose."
"Non." refusa Charmant en essayant de faire reculer sa femme. "Viens nous perdons notre temps.
"Vas y dis nous ce que tu veux." demanda Blanche Neige en ignorant son mari et en s'avançant plus près des barreaux.
"Oh, je veux savoir le nom de vos futurs enfants." dit simplement Rumplestilskin.
"Il n'en est pas question." nia Charmant.
"Accordé." accepta Blanche Neige, ignorant à nouveau son mari. "Qu'est ce que tu sais ?"
"Ah. La reine a crée une malédiction puissante et elle ne va pas tarder à s'abattre. Vous serez tous bientôt emprisonnés comme je le suis moi. Mais ce sera pire encore car voyez vous le temps sera votre prison. Ce sera notre prison. Le temps s'arrêtera et nous serons tous pris au piège dans un endroit terrible où tout ce qui nous est cher, où tout ce que nous aimons nous sera arracher et où nous souffrirons pour l'éternité. Et la reine régnera sans partage, enfin victorieuse." expliqua Rumplestilskin "Terminé les fins heureuses."
"Qu'est ce qu'on peut faire ?" demanda Blanche Neige.
"Nous ? Rien du tout." dit presque gaiement Rumplestilskin.
"Qui alors ?" elle insista, prête à aller demander à n'importe qui de l'aide si nécessaire.
"Les petites choses qui poussent dans ton ventre." dit Rumplestilskin en glissant son bras entre les barreaux pour toucher le ventre de Blanche Neige.
Peu enclin à laisser ce monstre toucher sa femme et encore moins leurs enfants à naître, Charmant ne perdit pas de temps à sortir son épée de son fourreau pour attaquer la main du sorcier noir, qui réussit à enlever sa main de justesse.
"La prochaine fois je la trancherai." promit Charmant, menaçant.
"Ces nourrissons sont notre seul espoir. Veille à ce qu'ils soient en sécurité. Fais en sorte qu'ils vivent et lorsqu'ils atteindront leurs vingt-huitième année, les enfants reviendront. Les enfants vous retrouveront et la bataille finale commencera." s'exclama Rumplestilskin d'un ton jubilatoire avant d'éclater de rire.
"On en a assez entendu, viens." pressa Charmant, poussant Blanche Neige à reculer, sa femme semblait figée et elle était très pâle.
"Hey non." pressa Rumplestilskin après avoir un peu rit et en voyant le couple partir. "On avait fait un marché. Dis moi le nom de tes filles. On avait fait un marché, dis moi quels noms elles auront. Dis moi leurs noms."
"Elles ? C'est un garçon." répondit Charmant.
"Blanche Neige." appela Rumplestilskin d'une voix cajolante. "Blanche Neige, tu sais que j'ai raison. Dis le moi, leurs noms, dis les."
"Elles s'appelleront Emma et Clara." répondit Blanche Neige en se retournant pour le regarder.
"Emma et Clara." répéta Rumplestilskin.
"Je dis qu'il faut se battre." dit hors de lui le Prince Charmant, frappant de son poing sur la table en se levant.
"Ce n'est pas une bonne idée, quand on écoute ses mauvais démons, on n'accomplit jamais rien." protesta Jimini Cricket, sa voix était amplifiée et il était placé sous une grosse loupe vu qu'il était réellement un cricket.
"Personne n'a jamais gagné de guerre sans entacher sa conscience, nous devons éliminer la reine avant qu'elle n'ait lancé sa malédiction." déclara le Prince.
"Pouvons-nous au moins faire confiance à Rumplestilskin ?" questionna le nain nommé Prof.
"J'ai envoyé des hommes dans la forêt, les animaux ne parlent plus que de la reine et de son projet." répondit le Prince. "Si nous ne faisons rien maintenant, elle ira jusqu'au bout."
"Ça ne changera rien, l'avenir est déjà écrit." dit défaite Blanche Neige.
"Non, je refuse de penser ça." nia le Prince. "Le bien doit l'emporter sur le mal."
"Pas cette fois." commenta de la même voix Blanche Neige.
"Non. Non." protesta le Prince en se rasseyant près de sa femme, lui prenant la main pour la rassurer. "Pas tant que tous les deux nous sommes unis. Si tu l'as cru à propos de la malédiction, tu dois aussi le croire à propos de nos enfants. C'est eux qui seront nos sauveurs."
Les portes s'ouvrirent en grand, faisant au passage du bruit, et stoppant Blanche Neige avant qu'elle ne puisse commencer à répondre, ce n'était heureusement pas la Méchante Reine, à la place des soldats loyaux au couple tiraient un énorme tronc dans la salle du Conseil.
"Qu'est ce que c'est ?" appela le Prince.
"Notre unique espoir de sauver cet enfant." répondit la Fée Bleue en volant au dessus de la table.
"Un arbre ? C'est d'un vieil arbre que dépend notre destin ? Je préfère encore faire la guerre." protesta de suite le nain connu sous le nom de Grincheux.
"Cet arbre est magique, taillé pour qu'on puisse se cacher dedans, il protégera de tous les sortilèges." déclara la Fée Bleue. "Gepetto, tu penses pouvoir le faire ?"
"Moi et mon petit garçon allons arranger ça." déclara Gepetto en posant sa main sur le chapeau de Pinocchio qui était assis à ses pieds, jouant pendant le Conseil afin de ne pas s'ennuyer.
"Ça va marcher, nous devons tous garder espoir." déclara la Fée Bleue, rendant folle de joie Blanche Neige qui attrapa et serra la main de son mari avec les siennes, un sourire se dessinant sur son visage pour la première fois depuis des jours. "Mais... toute fois il y a .. une restriction. Il est vrai que l'enchantement est très puissant mais tout pouvoir a ses limites.. Et cet arbre a également ses limites, il pourra protéger un adulte ou deux enfants."
Il n'en fallut pas plus pour changer totalement l'expression du couple royal, ils étaient dévastés à l'idée d'être séparé.
"Je ne veux pas, je refuse." déclara Blanche Neige en rentrant dans ses appartements où se tenait le Prince Charmant.
"Ça ne peut être que toi." protesta le Prince.
"Je ne veux pas te quitter." pleura Blanche Neige.
"C'est la seule solution. Tu te mettras dedans et tu seras protégée de la malédiction." dit le Prince en la serrant dans ses bras.
"Il a dit que ça ne serait pas avant le jour de leurs vingt-huit ans." rappela Blanche Neige.
"C'est quoi vingt-huit ans quand on a l'amour éternel ?" demanda le Prince. "J'ai foi en toi. Tu me sauveras comme je t'ai sauvé."
Blanche Neige, des larmes coulant sur ses joues, l'embrassa avec passion, le serrant presque désespérément contre elle, il répondit très volontiers lorsqu'elle se recula brusquement, portant une main à son ventre.
"Qu'est ce qu'il y a ?" demanda inquiet le Prince.
"Les bébé... il vont arriver." annonça Blanche Neige, de la peur dans son regard, c'était trop tôt, l'armoire n'était pas encore prête.
Avant que le Prince ne puisse faire ou dire quoique ce soit, l'alarme fut sonnée.
"Alerte ! La Malédiction ! Alerte."
Blanche Neige était installée sur le lit conjugal, hurlant de douleur dû aux contractions, le Prince Charmant était derrière elle et la soutenait comme il le pouvait.
"Je ne peux ... pas avoir... mes bébés maintenant." elle gémit.
"Faites quelque chose Prof." pressa le Prince à Prof, un des sept nains et quelqu'un qui s'y connaissait pour soigner les gens, un peu en tout cas.
"Non." gémit à nouveau Blanche Neige tandis que Prof passait une serviette mouillée sur le front de la princesse.
"Ça va aller." assura le Prince "Gepetto a presque fini, tu dois tenir. Ne t'inquiètes pas, ça va bien se passer." disait le Prince, faisant son possible pour rassurer sa femme tandis qu'elle hurlait de douleur à côté de lui. "Ça va aller mon amour."
"Ça y est." annonça Gepetto en entrant dans la pièce." L'armoire est finie."
"Ça y est, tu entends ?" demanda le Prince en plaçant ses bras sous le corps de sa femme, prêt à la porter jusqu'à l'armoire qui la protégerait de la malédiction, elle et leurs enfants.
"Il est trop tard." l'arrêta Prof, un air désolé sur le visage. "On ne peut plus la déplacer."
C'était trop tard, Blanche Neige devait accoucher. Il n'y avait plus moyen de retarder l'accouchement, le travail était déjà trop avancé. Guidée par Prof, Blanche-Neige parvint à donner naissance à ses deux enfants, deux adorables petites filles. Elles étaient toutes les deux enroulées dans les couvertures blanches tricotées par Granny, la grand-mère de Scarlett, l'une avait des rubans violets et l'autre les avait verts, avec les prénoms des princesses cousus dessus.
Blanche-Neige avait son aînée, Emma, dans les bras tandis que Charmant portait Clara, qu'il dut ajuster dans la couverture vu qu'un ruban vert frottait contre sa joue. Le moment était parfait, il ne pouvait s'empêcher de sourire malgré la malédiction approchante.
"Mais l'armoire elle est..." réalisa Blanche Neige, perdant immédiatement son sourire. "Elle n'est faite que pour un."
"Alors notre plan a échoué." dit sombrement le Prince en entendant des portes claquer dans le château, la Méchante Reine était visiblement en chemin. "Au moins on est ensemble." il dit, passant un bras dans le dos de son épouse pour la consoler tandis qu'il souriait tristement à ses filles.
"Non. Tu vas les cacher." déclara Blanche Neige. "Tu vas les mettre dans l'armoire."
"Tu as perdu l'esprit ?" s'exclama horrifié le Prince.
"Non, c'est la seule solution. C'est elles qui doivent partir. Rappelle toi ce qu'à dit Bleue, l'armoire est faite pour un adulte mais pour deux enfants." répondit Blanche Neige, déterminée.
"Non, tu ne sais pas ce que tu dis." protesta le Prince.
"On n'a pas le choix." cria Blanche Neige. "Il faut qu'on ait confiance, elles reviendront un jour pour nous. Il faut le faire pour elles, qu'elles aient au moins toutes leurs chances. Au revoir Emma et Clara."
Le couple était en larme, mais Blanche Neige plaça néanmoins le second bébé dans les bras de son mari pour qu'il fasse ce qu'elle lui avait demandé, à savoir placer les nourrissons dans l'armoire magique. Ils les embrassèrent tour à tour les front avant que le Prince ne se dirige vers la sortie de la pièce, quoiqu'il embrassa sa femme avant de partir avec le précieux chargement dans ses bras.
"Attendez, les soldats de la Méchante Reine sont là." cria Prof avant qu'il ne franchisse le seuil. "Vous ne pourrez pas atteindre l'armoire avec les enfants dans les bras. Je vais vous aider."
"Tu es sûr ?" demanda un peu hésitant le prince.
Il ne pouvait plus compter le nombre de fois où les nains les avait aidé, chacun à leur manière, selon leurs capacités, mais Prof était plus un érudit, quelqu'un qui restait en arrière, qui soignait. Il ne voulait pas qu'il arrive quoique ce soit à Prof, cependant il n'avait pas trop d'autres possibilités. Il y avait des ennemis dehors de la chambre, ils ne tarderaient probablement pas à arriver ici, et il ne pouvait pas protéger ses filles.
"Sûr." acquiesça Prof, tendant les bras, une expression très déterminée sur le visage.
Charmant bougea afin de lui passer Clara, observant la position du nain et la manière dont il tenait sa précieuse fille, avant d'attraper son épée. S'assurant une dernière fois que sa fille était entre de bonnes mains, il resserra sa prise sur son autre fille avant de sortir. Deux soldats de la reine les attendaient, ayant tué certains de leurs soldats pour arriver jusqu'aux appartements royaux.
"Reste derrière moi." il ordonna à Prof, avant d'attaquer.
Il avait certes deux handicaps vu qu'il portait sa fille et qu'il faisait de son mieux pour protéger Prof et sa deuxième fille, néanmoins il était un bon épéiste. Et il n'avait jamais été aussi déterminé de gagner un combat, surtout vu que les soldats ennemis cherchaient à tuer ses filles plus que lui. Il reçut une méchante blessure à l'épaule, mais il avait réussi, il n'y avait plus d'obstacle entre lui et la nursery de ses filles, là où se trouvait l'armoire magique.
Il ne perdit pas une seconde, défonçant la porte de la chambre d'un coup de pied, il déposa Emma dans l'armoire, l'embrassant sur le front. Puis il se tourna, ignorant la douleur dû à sa blessure à l'épaule, pour attraper Clara, il l'embrassa elle aussi sur le front avant de la poser à côté de sa sœur.
"Vous devrez nous retrouver." il annonça avec regret, mais également avec confiance, avant de fermer les portes de l'armoire.
Deux autres soldats étaient là, l'un envoya Prof contre un mur, le nain ne se releva pas, inconscient dû à une blessure à la tête. Charmant était à nouveau seul face à l'ennemi, mais si ses mouvements n'étaient plus restreint par la présence d'une de ses filles, sa blessure s'aggravait. Ralenti, il ne put éviter un coup d'épée qui lui transperça le ventre, il tomba sans pouvoir rien faire pour lutter, sur le tapis de la nursery.
Il ne put rien faire pour empêcher les soldats de la reine pour s'approcher de l'armoire où se trouvait ses deux précieuses filles, il ne pouvait qu'espérer que l'enchantement ait fonctionné. Qu'Emma et Clara étaient bel et bien en sécurité. Le soldat qui l'avait vaincu finit par réussir à briser les portes de l'armoire, dévoilant au plus grand soulagement du prince, qu'il n'y avait plus personne à l'intérieur.
Ils avaient réussi, elles étaient saines et sauves.
Phoenix, Arizona. 4 Juillet 2001
"Swan, t'as de la visite." appela un gardien.
"Un visiteur, c'est qui ?" demanda Emma Swan surprise.
Bien qu'étonnée, Emma se leva de son lit de prisonnier, quoiqu'avec un peu de difficulté vu qu'elle était enceinte de huit mois à présent. Elle n'avait pas de famille, ou d'amis, alors qui pouvait venir lui rendre visite ? Était-ce Neal ? Était-il revenu pour elle ? Non ça n'avait pas de sens, il était toujours recherché après tout et puis il l'avait abandonné et dénoncé à la police.
Emma suivit sans faire d'histoire, elle n'était pas idiote même si la situation actuelle pouvait mettre cela en doute, après tout elle était en prison, et enceinte, parce qu'elle avait fait confiance à Neal. Il l'avait trahi en appelant la police et en ne la contactant pas ensuite, enfin en dehors d'une enveloppe qu'elle avait reçu avec des clés de voiture, avec un porte clé sur lequel un cygne était gravé. Elle était presque sûre de quelle voiture il s'agissait et elle était partagé quand à ce cadeau. Une partie d'elle avait envie de retrouver Neal et de sauter dans ses bras, mais l'autre, nettement plus grande, avait envie de lui rouler dessus à plusieurs reprises avec cette voiture.
Chaque fois qu'elle sentait le bébé qui bougeait dans son ventre, qu'elle se rappelait de la décision qu'elle avait prise pour le bien de son enfant, ce désir de violence grandissait en elle.
Sortant de ses pensées lorsque la garde de la prison la fit entrer dans le parloir, elle observa avec surprise les deux inconnus installés à la table. Elle ne les avait jamais rencontré, de ça elle en était absolument certaine, alors pourquoi voulaient-ils lui parler ? Un peu curieuse, et n'ayant vraiment rien de mieux à faire, elle s'assit face à un homme assez âgé et une fille qui semblait avoir son âge à elle.
"Que me vaut cette visite ?" demanda Emma après un moment de silence, les deux en face d'elle s'étant contenté d'un signe de la tête tandis qu'elle s'asseyait.
"Je m'appelle Clara Anders, c'est mon grand-père Chester, et je voulais savoir si tu étais un des bébés dont on parle dans cet article." expliqua la jeune femme aux cheveux noirs en plaçant un article sur la table.
Emma lut l'article avec une surprise et un choc grandissants, cet article parlait en effet d'elle et d'un petit garçon qui aurait trouvé deux bébés sur le bord de la route, le 22 Octobre 1983. C'était un article qu'elle avait elle aussi dans ses affaires, avec la couverture dans laquelle elle avait été enveloppé, et où son nom était cousu dessus, les seuls indices qu'elle avait concernant sa naissance et ses parents.
"Qu'est-ce que ça peut vous faire ?" elle demanda sur la défensive. "C'est pas comme si ça vous concernait après tout."
"Vous avez tort, ça me concerne." nia Clara Anders, qui la fixait avec ses yeux bleus clairs. "Parce que j'étais l'autre bébé qu'on a retrouvé sur le bord de cette route."
