Chapitre I : Des nouvelles des Dursley
Marjorie Dursley était une femme avec de grandes certitudes : Le haggis était un plat délicieux, le berger allemand était une race surestimée, et les français étaient excessifs en tout. Elle étalait ses convictions agrémentées de quelques exemples douteux à chacun de ses visiteurs, y compris son neveu, présent ce jour-là.
Dudley Dursley avait été contraint par ses parents de rendre visite à la vieille tante Marge, pour que, depuis sa maison de retraite, elle voit au moins une fois, le petit nouveau de la famille, le fils de ce dernier, Peter Dursley-Larson. Marjorie étudia d'abord son neveu, il semblait amaigri et fatigué pour un Dursley.
-Ta femme n'a plus le temps de te nourrir ou quoi ? S'agaça la vieille, avant de fondre sur le landau ou un bébé dormait paisiblement. Elle, en revanche, était encore bien en chair, mais les années l'avaient rapprocher du sol et son dos la faisait souffrir. Cela n'empêchait de frapper les employés et les résidents de la maison de retraite avec sa canne.
-Ce n'est pas elle qui cuisine, répondit le père de l'enfant, sur un ton lasse.
-Il est mignon, ce petit. Tu as fait du beau travail ! Je n'aime pas ta femme, mais c'est un petit gars qui deviendra fort comme son père ça.
Marjorie n'aimait pas Vivienne Larson pour divers raisons, mais la première d'entre-elles et que c'était une femme qui attirait trop l'attention. C'était pour ainsi dire, une hérétique, au sein du clan Dursley qui mettait un point d'honneur à être bien comme tout le monde. Vivienne n'était pas comme tout le monde, elle défilait avec les marginaux, grève ou marche des fiertés, c'était sans importance. On retrouvait toujours Mme Dursley-Larason dans les cortèges, c'était même ainsi que son mari alors contre-maître dans une usine l'avait rencontré.
Dudley avait beaucoup changé grâce à elle, ou plutôt « à cause d'elle » selon Marge et les parents du jeune homme. Elle l'avait « corrompu », c'était les termes qu'ils utilisaient entre eux. Elle n'avait pas de travail stable, elle prenait la défense de toutes les personnes étranges et anormales qui subissaient ce qu'elle estimait être une injustice. Vernon et Pétunia Dursley avait donc, bien entendu, tout fait pour éloigner leur fils chéri de cette femme, qu'il jugeait néfaste, mais finalement le côté capricieux de leur fils avait au moins un avantage, ce dernier était toujours assez têtu pour obtenir ce qu'il voulait de ses parents, y compris leur soutien pour le mariage.
-Tu pourrais éviter de critiquer ma femme quand je viens te voir ? Demanda Dudley à sa tante.
-Il faut dire les choses, mon petit. Une belle rousse comme ça, tu es un homme, tu ne pouvais pas dire non. Un si bon parti ! Bien entendu qu'elle voulait te mettre le grappin dessus, continua la vieille pour elle-même. Seulement écoute-moi, elle n'est pas sérieuse, et son goût pour les tordus vous coûtera cher à tous les deux.
-J'ai l'impression d'entendre mon père, grogna t-il.
-Et bien, il a raison ! Ton père est quelqu'un qui a réussi dans la vie ! Il a même réussi à éloigner ton délinquant de cousin. Il doit être mort à l'heure qu'il est, et c'est sûrement pour le mieux. Les gens comme lui finissent souvent comme ça, une aiguille dans le bras. Je suis sur que ta Vivienne finira comme ça.
Dudley n'en pouvait plus, et son père n'était pas là pour défendre la vieille pie qui lui servait de sœur.
-Je ne vois pas la différence entre ça et finir dans un mouroir comme celui-ci avec des photos de ses chiens morts pour seuls compagnons. Même mon père, cette personne si bien comme tu dis, fait tout son possible pour éviter de venir te voir. Je suis venu à sa demande, mais finalement Vivi avait raison, tu n'es qu'une vieille mégère aigrie.
La vieille haussa le ton.
-Comment oses-t... ?! Avant qu'elle est fini sa phrase, Peter avait commencer à pleurer.
Dudley commença à bercer son fils, les yeux remplis d'une profonde tendresse. Lui non plus, ne serait pas capable de refuser quelque chose à son fils, il en était certain.
-Si tu le couves comme ça whaf whaf, whaf whaf ! Elle venait de terminer sa phrase en aboyant.
Elle s'arrêta, elle tenta de recommencer une nouvelle phrase, mais le résultat fut le même. Elle paniqua et supplia son neveu d'appeler les infirmiers, mais on entendait que des jappements. Dudley ne comprit pas immédiatement ce qu'elle voulait mais appela néanmoins les infirmiers.
Pendant ce temps, Peter avait transformé ses larmes en rires, il adorait les chiens. L'homme fixa son descendant, avec un regard inquiet et méfiant. Il avait déjà vu ce genre de situation, et le responsable était un sorcier. Un véritable sorcier. Et même si parfois ces souvenirs ressemblaient à des songes douteux, il savait que tout était vrai. Son fils était-il, lui aussi, un sorcier ? Les rires joyeux de l'enfant permettait légitimement d'émettre cette possibilité.
Lorsque les infirmiers emmenèrent la tante Marge pour un examen, le médecin qui les accompagnait rassura Dudley. L'âge avait probablement commencé à entamer les capacités cognitives de sa tante. Pourtant l'idée que son fils soit responsable ne cessa de revenir à lui comme une angoissante ritournelle.
Le soir même lorsque Vivienne rentra de son travail de bureau en interim, elle trouva son mari sur la table de leur salle à manger, sur son ordinateur. Il se grattait la tête comme s'il cherchait l'inspiration.
-Dud', qu'est-ce qui t'arrive ? Il contempla sa femme avec un regard de peur. C'était trop rare chez lui, pour qu'elle ne soit pas sérieuses.
-Je crois que notre fils a un problème, annonça t-il.
Elle fronça ses sourcils roux. Vivienne aimait son mari, mais les préjugés de sa famille était parfois trop profondément encré en lui, et elle s'agaçait de certaines de ses réflexions. Elle s'attendait à entendre une tirade rétrograde et ordurière.
-Je pense que notre fils est un sorcier ! Continua t-il.
La jeune rousse changea d'expression, passant de la méfiance à la stupéfaction, ses yeux devinrent deux immenses soucoupes vertes. Elle tenta de se retenir mais finalement elle explosa de rire.
-Tu es vraiment idiot Dud', ne me fait pas des blagues comme ça! Alors c'était comment avec la tante Barge ?
Il resta stoïque.
-Je suis sérieux, il y a une chose dont je ne t'ai jamais parlé. J'ai grandi avec mon cousin, Harry, et lui aussi c'était un sorcier. Un vrai, avec un hibou, une baguette magique, et ce genre de chose. Ce n'est pas une blague Vivi, la magie existe. Aujourd'hui, je pense que notre fils à lancer un sort à ma tante.
-A quoi est-ce que tu joues, Dud' ?! La question était sincère. Dudley entreprit donc de lui racontait l'histoire de sa famille, la mort de sa tante maternelle et de son oncle par alliance, l'arrivée de Harry, et tous les événements qui s'en suivirent. Il sortit même une vieille photo d'un obscur carton où le dénommé Harry en question était sur la photo, dans le fond, comme par accident.
-Il faut lui écrire, si tu as des doutes. Je suis désolé, j'aimerai pouvoir t'aider, mais le choc. Cela me paraît totalement irréel avoua t-elle.
-J'essaye de rédiger une lettre depuis notre retour de la maison de retraite, mais c'est compliqué. Je comprends, ne t'inquiète pas. Moi-même j'avais du mal à y croire à l'époque.
Dudley passa la nuit debout à chercher comment écrire une lettre à quelqu'un qui avait été un souffre douleur durant des années. Il abandonna finalement, l'idée vers deux heures du matin, et décida de faire tapis et de dire les choses comme elles étaient. Le lendemain, depuis un bureau de poste de Shelley's Street, une lettre fut déposée avec pour adresse :
« Harry Potter,
Ecole de Magie,
Monde Magique »
Il ne savait pas comment contacter son cousin, et le seul lieu magique qu'il connaissait était l'école, avec un peu de chance, ils contacteraient leur ancien élève.
Par chance pour le moldu, le Ministère de la Magie avait un système de transit entre la poste moldu et le service de hibou du monde magique. Si bien que quelques jours plus tard, à l'heure du courrier, un hibou du Ministère déposa la lettre devant l'assiette de Harry Potter, alors que ce dernier demandait des conseils à Théodore Nott, le professeur de potion, sur sa méthode de notation.
-Il est bizarre ce papier, en fixant la lettre qui était imprimée sur papier industriel moldu.
-C'est du papier moldu, c'est une fabrication à grande échelle mais la moindre rune inscrite dessus, et ça tombe en miette, expliqua Harry, en ouvrant l'enveloppe, trop curieux de savoir qui pouvait bien écrire.
« Bonjour Harry,
Tu ne reconnaîtras pas mon écriture laborieuse car j'écris cela sur ordinateur pour être certain d'être lisible, sache donc que c'est ton cousin Dudley, qui t'écrit. C'est aussi étrange pour moi à faire que pour toi à lire, je pense, mais nous avons besoin de ton aide, alors je n'ai pas le choix. Jusqu'ici, j'ai toujours gardé mes distances avec toi, par peur des représailles pour ce que je t'ai fait subir dans notre enfance, mais également car je pensais que tu ne voudrais pas avoir à faire à un Dursley, de nouveau. Néanmoins cet après-midi, une chose étrange c'est produite, une chose comme celle que tu provoquait dans notre enfance, mais en présence de mon fils, Peter.
La tante Marge ne pouvait plus qu'aboyer comme un chien. En temps normal, j'aurai dit que c'était une lésion neurologique, c'est d'ailleurs ce qu'à dit notre médecin, mais il se trouve que notre Peter adore les chiens, notamment Pickles, notre labrador. Pour l'instant ce n'est qu'une supposition, mais j'aimerai que tu viennes rencontrer notre fils pour vérifier si c'est un sorcier. Si c'est le cas, nous aurons probablement besoin de conseil sur les choses à faire. Je ne veux pas reproduire les erreurs de mes parents avec toi, et je ne veux pas non plus qu'il se retrouve en danger, comme ce fut ton cas. Votre monde est dangereux, et je veux faire tout ce qu'il faut pour le protéger.
Ma femme est aussi préoccupée que moi, et c'est quelqu'un de bien. Par conséquent, si tu ne le fais pas pour moi, à cause de ton ressentiment, tu pourrais peut-être le faire pour elle ou pour notre fils.
Sincérement,
Dudley Dursley. »
Harry lu plusieurs fois la lettre, pour assimiler chaque information : Dudley Dursley avait trouvé une femme, et il avait même un enfant, qui avait déjà donner une leçon à la tante Marge. Il ne s'attendait pas à être un jour aussi heureux en lisant une lettre écrite de la main d'un Dursley. Le soir alors qu'il attendait Drago, près de la cheminée de l'infirmerie, le brun étudia la lettre. Devait-il répondre ? Et ce gamin, devait-il l'aider ? Il n'était peut-être pas la personne la plus pertinente pour aider ce gosse. Les bruits de crépitement et les flammes vertes ne le firent pas dévier de ses réflexion intérieures. Il fallut attendre un baiser langoureux glissé subtilement dans son cou.
-Hey ! Beau brun, fit le blond d'une voix aguicheuse.
-Oh Drago, désolé. Je suis un peu perturbé.
-Ce n'est pas nouveau ça, alors quel mage noir as-tu encore attiré ?
Harry ne dit pas un mot, il se contenta de tendre la lettre que le blond lu rapidement. Un sourire énigmatique étira peu à peu ses lèvres au fur et à mesure de la lecture.
-Il faut aidé ce gamin. Par contre, ton oncle et ta tante ne seront pas ravis d'apprendre que tu es de retour pour aider leur petit-fils, et en plus tu sors avec un homme. Tu peux vraiment rien faire comme tout le monde, hein ?
-Je ne sais pas si mon cousin osera dire qu'il m'a écrit, et je ne sais pas si je dois dire oui.
-Potter, tu es sur que tu étais à Gryffondor ?
-Ce n'est pas comme combattre un mage noir.
-Non, mais cela pourrait devenir tout comme, si tu ne fais rien.
-De quoi est-ce que tu parles ?
-Tu es au courant de ce qui arrive aux enfants sorciers qui répriment trop leur magie ? Ils accouchent d'un parasite, un Obscurus qui finira par sortir et tuer tout le monde sur sa route, y compris eux-même. Ceux que ses grands-parents risquent de faire, c'est très dangereux pour ce petit, mais aussi pour son entourage. Tu dois intervenir, et si tu le ne fais pas je m'en occuperais.
-Je l'ignorais pour tout dire, mais tu as raison, je vais lui répondre. En revanche, tu viendras avec moi, certaines subtilité du monde magique m'échappe encore, et après tout aussi sordide soit cette famille, c'est la mienne autant que tu l'as rencontre au moins une fois.
-Potter, ton autre famille, c'est les Weasley. J'aime bien Molly, mais soyons honnête, considérer Ronald Weasley comme un frère, c'est déjà sordide. Et en plus je n'y connais rien aux moldus.
-Il faut bien s'y mettre un jour, et puis tu es médecin, non ? La prévention fait parti de tes attributions, y compris les obscurus !
-Utilisez mon serment contre moi, tu n'es définitivement pas un vrai Gryffondor !
Ils s'embrassèrent et rejoignirent les appartements d'Harry.
