Bonjour !
Poster petit à petit ne semble pas une mauvaise idée. Je redécouvre en même temps que vous ce que j'ai écrit et je peux faire de légères corrections. On avance petit à petit mais on avance.
Bonne lecture à vous !
Chapitre 3
Il rouvrit le dossier devant lui et se remit au travail. Quelques minutes plus tard, son secrétaire revint. Il leva légèrement la tête et l'observa. Il ne put alors s'empêcher de penser que Dragon avait raison. Il ressemblait à un chiot apeuré.
Une personne non malveillante ne voudrait pas le frapper sans raison, même juste pour un entrainement.
A cette pensée, Sakazuki se gifla mentalement et grogna, faisant sursauter le jeune secrétaire. Sa réaction lui fit plutôt penser à un hamster cette fois.
Il soupira et, voyant qu'il n'arriverait pas à travailler, il se leva et décida de régler toute cette histoire une bonne fois pour toute. Il marcha un peu et, au détour d'un couloir, il vit la recrue qui lui donnait tant de fil à retordre. Cette fois, elle ne sembla pas le remarquer. Il crut d'abord qu'elle avait fini par baisser sa vigilance avant de remarquer que la réalité était différente. Elle semblait, au contraire, bien trop sur ses gardes, observant un groupe en particulier. Elle fila soudainement mais un soldat de ce groupe la remarqua tout de même et un sourire mauvais apparut sur son visage. Il chuchota quelques mots aux autres avant que tous ne se dispersent.
... Ne me dites pas que Dragon avait raison.
Il détestait l'admettre, surtout que son collègue était déjà bien assez sûr de lui. Ce n'était pas la peine de flatter son égo en lui disant qu'il avait eu raison sur toute la ligne. Néanmoins, pour en être certain, il décida de suivre la jeune femme en gardant, bien évidemment, une bonne distance. Elle finit par tourner à un couloir un peu moins fréquenté que les autres. Il n'en fallut pas plus pour que les soldats du groupe aperçu précédemment ne fassent leur apparition. Arrivant des deux côtés, ils lui bloquèrent le chemin et la forcèrent à reculer jusqu'au mur.
« On dirait que t'as pas compris ce qu'on voulait la dernière fois. On veut pas juste que tu ne viennes plus aux entrainements. On veut que tu dégages. T'es inutile de toute façon. Même le vice-amiral l'a remarqué. La preuve : il te laisse rien faire. »
A cette réplique, les autres autour ricanèrent. Il eut alors la surprise de voir que le couloir se vidait peu à peu. En effet, les soldats qui passaient semblaient délibérément ignorer la scène, préférant détourner le regard et partir rapidement. Le pire était ceux qui continuaient de marcher tranquillement en discutant, comme si ce genre de scène était récurrent.
Sakazuki voulut aussitôt intervenir, cependant, sa curiosité l'arrêta. Une partie de lui voulait savoir jusqu'à quel point il avait été aveugle jusqu'à présent. De plus, la partie en lui voulant aider se tut rapidement lorsque, en regardant la caporale, il ne vit pas une once de peur ni même d'inquiétude. Elle semblait, au contraire, très calme voire même lasse, regardant les soldats comme s'ils étaient des enfants ayant fait une nouvelle bêtise. Elle n'essayait même pas de chercher une quelconque aide.
Un des soldats, visiblement contrarié par son manque de réaction, l'attrapa par le col et la rapprocha.
« Fais pas la maligne ! Tu feras moins la fière quand tu seras dans le même état que la soldat d'East Blue ! »
Sakazuki, ayant vu ce qu'il craignait, voulut intervenir mais il fut stoppé par la réaction déconcertante de la brune.
« Soldate… »
Le soldat fronça les sourcils.
« Quoi ?!
-On peut dire une soldate maintenant.
-Qu… Tu te fous de moi ?! J'en ai rien à foutre ! »
Il leva le bras, prêt à la frapper mais un autre l'en empêcha.
« Arrête ! Tu veux laisser des traces ?! En plus, c'est quand même une caporale ! »
Le soldat, loin d'être calmé, se dégagea vivement de la prise de son collègue et le fusilla du regard.
« Rien à foutre ! T'as bien vu qu'elle en avait rien à foutre ! Je dis que c'est forcément une promotion canapé ! »
Puis il se tourna de nouveau vers Constance et fit un sourire carnassier.
« Dis-moi ma jolie. Qui t'as bien pu te taper pour avoir ce poste dès l'entrée ? Pas le vice-amiral en tout cas vu comment il te traite ! »
Puis il se rapprocha encore.
« Un autre vice-amiral peut-être ? Le jeunot ? Il doit être plus facilement manipulable… ou un des amiraux ? »
Puis il posa une main sous son menton et la força à tourner son visage afin de la détailler.
« Et surtout. Jusqu'où es-tu prête à aller pour qu'on te laisse tranquille ? »
La caporale ne répondit rien, se contentant de le fixer d'un regard neutre. N'appréciant visiblement pas le regard qu'elle lui lançait, le soldat en eut marre et la gifla, faisant voler ses lunettes plus loin. Il n'en fallut pas plus pour que Sakazuki ne décide d'intervenir.
Dès que les autres soldats le virent, tous se reculèrent, laissant un passage entre lui et la caporale. En remarquant le silence soudain, le soldat qui tenait Constance tourna la tête, prêt à fusiller du regard le type qui osait les déranger, avant de se rendre compte qu'il s'agissait de son supérieur. Il lâcha immédiatement Constance et déglutit difficilement.
« V… Vice-amiral. Ce n'est pas…
-Vous êtes virés.
-Qu… Quoi ?
-Êtes-vous sourds, soldats ? J'ai dit que vous étiez virés. Vous tous. Nous n'avons pas besoin de lâches qui attaquent à plusieurs. Et ne tentez pas de rester. Je me rappellerai de vos visages et je ferai en sorte que vous fassiez un séjour à Impel Down si je vous recroise dans la base. Dégagez de ma vue maintenant. »
Les soldats ne se firent pas prier et partirent en courant. Tout le monde connaissait la réputation du vice-amiral Sakazuki lorsqu'il était énervé et personne n'avait envie de s'y confronter.
Sakazuki soupira ensuite et se tourna vers la caporale.
« Tout va bien ? Ils… »
Il voulut ajouter autre chose mais le reste de sa phrase se perdit lorsqu'il croisa son regard. Un regard froid. Mais surtout, un regard bien plus expressif et bien plus vivant que ceux qu'elle lui avait montré durant ce mois. Il finit par sortir de sa torpeur en l'entendant parler :
« Je pouvais me débrouiller toute seule. »
Il cligna plusieurs fois des yeux, ne comprenant pas immédiatement.
« … Pardon ?
-Je pouvais me débrouiller. »
En entendant cette phrase, Sakazuki serra les poings. Constance se détourna rapidement de lui, regardant le sol autour d'elle.
« C'est tout ce que tu trouves à dire ? C'est donc comme cela que tu me remercies ? »
Elle s'arrêta et tourna de nouveau son regard vers lui, le faisant se figer une nouvelle fois.
« Vous remercier pour quoi ? M'avoir aidée ? Vous le faites un mois trop tard. Il aurait fallu le faire dès le départ au lieu de me rabaisser.
-… Je n'ai rien fait pour te rabaisser. » Répondit-il, réellement surpris.
La colère sembla alors défigurer les traits de la caporale. Elle s'approcha, l'attrapa par le col et le força à se pencher.
« Oh, vraiment ? Laissez-moi vous rafraichir la mémoire : '' Le poste de secrétaire n'est plus à pourvoir. Le recrutement était la semaine dernière et j'ai déjà choisi le candidat qu'il me fallait. ''
-Ça… n'avait rien de rabaissant.
-Vous moquez-vous de moi, vice-amiral ? Comment l'auriez-vous pris si, à votre premier jour, votre supérieur vous avait dévisagé avant de vous dire avec tout le sérieux du monde que le recrutement pour devenir homme de ménage était au fond du couloir à droite ? Ces métiers sont certes respectables mais vous et moi sommes des soldats et je considère avoir le droit d'être jugée en tant que telle. »
Il se figea une nouvelle fois. Décidément, ça allait devenir une habitude.
« … Je n'avais pas vu les choses sous cet angle-là.
-C'est bien le problème. »
Elle le relâcha et se recula de quelques pas.
« Imaginez maintenant que votre supérieur l'ait dit en présence de personnes qui se demandaient déjà la raison de votre présence ici. Votre première prise de parole face à nous leur a donné implicitement le feu vert. Il ne faisait rien au centre de recrutement à part me dévisager. Alors toutes mes félicitations, vice-amiral. »
Sakazuki retint une grimace. Être responsable de ce genre d'événements ne l'enchantait guère.
Il voulut toutefois s'assurer d'autre chose et s'exprima donc de nouveau.
« J'imagine que ce n'est pas le seul problème.
-… Pardon ?
-Tu m'aurais évité bien plus tôt si cela avait été le seul problème, dit-il en croisant les bras. Eh bien, vas-y. Je suis là et je t'écoute. »
La caporale se tourna complètement vers lui et sembla peser le pour et le contre. Finalement, elle soupira et le fixa de nouveau, cette fois sans colère, mais toujours avec cette étincelle dans le regard qu'il venait de lui découvrir.
« C'était humiliant de m'avoir écartée des entrainements pour me mettre contre Lami. Vous ne m'avez pas laissée une seule chance de faire mes preuves. Tous les soldats ont eu au moins une mission dès la première semaine tandis que j'ai dû servir de sac de frappe à un secrétaire sachant à peine se servir de ses poings et désirant retourner à ses dossiers plutôt que de devoir subir ça un jour de plus.
-Comment…
-Il me l'a dit. Il déteste combattre et je déteste qu'on m'empêche de progresser. Alors j'ai arrêté.
-… Pourquoi ne pas me l'avoir dit ? »
La jeune femme soupira une nouvelle fois et se pinça l'arête du nez, d'une façon assez semblable que Dragon. Tout le monde le prenait-il donc pour un imbécile ?
« Veuillez m'excuser mais la première impression que vous m'avez donnée n'était pas vraiment la meilleure. »
Cette fois, Sakazuki ne put retenir sa grimace. Bon sang, il détestait vraiment quand Dragon avait raison.
« Je vais régler ce problème.
-Hors de question. »
Le vice-amiral haussa un sourcil, surpris.
« Pardon ?
-J'ai dit : hors de question.
-… Tu ne veux pas que tout cela s'arrête ?
-Bien sûr que si. Mais pas par vous. »
Le brun tiqua mais, avant d'avoir pu répliquer, Constance intervint de nouveau :
« Vous avez bien entendu ce qu'a dit le soldat plus tôt. En intervenant comme vous l'avez fait, les soldats ont certainement pensé que j'avais dû m'attirer vos faveurs. Et, dans leur tête, il n'y a pas mille méthodes pour qu'une femme s'attire les faveurs d'un homme. »
Une expression de dégoût se peignit alors sur le visage du vice-amiral.
« Mais de telles rumeurs sont complètement fausses et infondées.
-Ça, ils s'en moquent pas mal. Les soldats adorent ce genre de rumeurs. C'est d'ailleurs les rumeurs de ce type-là qui se propagent le plus vite. On ne dirait pas mais ce sont de vraies commères.
-… Je suis vraiment désolé pour toi. »
Constance ne répondit pas immédiatement. Elle sembla voir quelque chose du coin de l'œil car elle tourna la tête, marcha un peu et se pencha pour ramasser ce qui se trouvaient être ses lunettes. Elle souffla doucement :
« Si vraiment vous l'êtes. Donnez-moi ma chance. C'est tout ce que je demande. »
Puis, elle remit ses lunettes et se tourna une dernière fois vers le vice-amiral. Il fut alors étonné de ne pas voir le regard vif qu'il avait découvert plus tôt mais celui plus neutre, presqu'endormi, qu'il avait pris l'habitude de voir pendant un mois, et cela le décontenança un instant. La caporale s'inclina vers lui et parla d'une voix blanche :
« Veuillez m'excuser pour mes propos déplacés. Cela ne se reproduira plus. Je viendrai au prochain entrainement si vous m'y acceptez toujours. »
Elle fit ensuite un bref salut avant de faire demi-tour.
« Sept heures. »
Sakazuki venait de sortir de sa torpeur. La jeune femme s'arrêta un instant.
« L'entrainement de demain est à sept heures. Tâche de ne pas être en retard. »
Il la vit hocher la tête sans se retourner avant de disparaitre au détour d'un couloir. A ce moment, il s'autorisa un soupir. Il retira sa casquette et passa une main dans ses cheveux.
Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de se comporter de cette façon. Il souffla et retourna dans son bureau. Il n'avait pas le temps de penser à des bêtises pareilles.
Le lendemain...
Il n'y croyait toujours pas. Moins de deux minutes. C'était le temps qu'il avait fallu à la caporale pour mettre la meilleure de ses nouvelles recrues au sol et l'obliger à abdiquer… enfin, la recrue qu'il pensait la meilleure. Constance étant sous ses ordres, on pouvait dire que c'était en fait elle la meilleure de ses nouveaux... Au corps à corps en tout cas. Il demandait toutefois à voir concernant le reste mais, une chose était sûre, les soldats devraient y réfléchir à deux fois avant de l'attaquer pour le moment. C'était du moins ce qu'il espérait. Les pirates commençaient à se faire nombreux. Ce n'était absolument pas le moment d'avoir une quelconque discorde au sein de la même équipe.
C'est dans cet état d'esprit qu'il retourna dans son bureau. Il y vit son secrétaire triant soigneusement des dossiers à son propre bureau. Très concentré, il ne remarqua même pas l'entrée de son supérieur. Sakazuki ne s'en formalisa pas et se contenta de s'asseoir derrière son bureau avant de lire un rapport.
Lami finit par lever les yeux et retint un sursaut en voyant son supérieur. Le vice-amiral tourna la tête dans sa direction et haussa un sourcil.
« Un problème ?
-N… Non. Aucun. »
Le secrétaire se leva, prit un dossier et l'apporta à son supérieur.
« Le rapport concernant la caporale Constance, vice-amiral. Vous ne l'avez pas encore lu.
-Ah oui, c'est vrai. »
Sakazuki se redressa et prit le rapport après un bref remerciement. Il entreprit de le lire rapidement et manqua de s'étouffer avec son café. Elle excellait dans la majorité des domaines. Il relut une nouvelle fois sa fiche et retint un froncement de sourcils. Il avait l'impression d'avoir déjà lu ces lignes. Il soupira et referma sèchement le dossier. Il avait du travail qui l'attendait.
