Bonjour.
On continue ? (Ca aurait pu être très drôle de terminer l'histoire aujourd'hui, date d'anniversaire de l'amiral au magma héhé, mis ça aurait demandé de tout poster d'un coup ce qui aurait été dommage.)
Bonne lecture à vous !


Chapitre 8

Dix mois plus tard. Sakazuki : 30 ans

« Sors avec moi. »

Il le lui avait dit. Il lui avait fallu trois mois pour se rendre compte qu'il ne pouvait pas simplement faire taire ce qu'il ressentait, un bon mois de plus pour se convaincre que ce n'était pas complètement du suicide puis quatre autres mois pour, cette fois, convaincre Dragon. Ce dernier était beaucoup trop perspicace pour son propre bien. Il avait immédiatement remarqué lorsque Sakazuki avait pris sa décision concernant sa sœur et s'était empressé de faire barrière. Il avait donc fait plusieurs aller-retours entre sa base respective et Marineford au point de se fatiguer lui-même et de manquer de se noyer en passant par-dessus bord après s'être évanoui. Il ne mentait vraiment pas lorsqu'il parlait d'une fibre paternelle. Il se souvenait d'ailleurs très bien que ce n'était pas réellement lui qui l'avait convaincu d'arrêter de se soucier autant mais sa sœur elle-même. En effet, en entendant un soldat parler de cet incident, Army s'était précipitée à l'infirmerie pour voir son frère. En arrivant, elle avait furieusement retiré ses lunettes avant de frapper Dragon à la tête.

« Je suis assez grande pour me débrouiller. »

Elle s'approcha et le serra dans ses bras, devant le regard étonné de tous ceux présents.

« Tu t'inquiètes pour moi mais tu oublies souvent que, de mon côté, je m'inquiète pour toi. Et puis, laisser ta fiancée avant même le mariage à cause d'une bête noyade…

-Qu… Ce… n'est pas ma fiancée… »

Army haussa alors un sourcil puis se recula et l'observa

« … Ah. Désolée. Tu n'as pas encore fait la demande. »

A cette réplique, Dragon soupira puis caressa la tête de sa sœur.

« J'attends le bon moment. Heureusement pour toi qu'elle n'était pas dans les parages pour entendre ça. Ça aurait gâché tout ce que j'ai préparé. »

Ils avaient ensuite continué à parler un moment.

Au moins, grâce à cela, Dragon s'était calmé et, même s'il semblait le fusiller du regard pour le dissuader de tenter quoi que ce soit, il ne se montrait plus ouvertement contre. Sakazuki avait donc passé les deux mois suivants à se demander comment il pouvait bien faire sa demande. Cependant, Borsalino et Kuzan, curieux, avaient fini par découvrir ce qu'il tramait et ils avaient bien dû en rire une semaine au moins… et de temps en temps, Kuzan se moquait ''discrètement'' de lui encore. Les rumeurs avaient donc fait rapidement le tour de Marineford. Personne en dehors de la base n'aurait parié dessus mais les soldats pouvaient être de vraies commères. Chacun y était donc allé de sa théorie sur qui avait bien pu ravir le cœur du vice-amiral. Beaucoup avait pensé à une conquête d'un soir puisque, jusqu'à cette année, il les avait pas mal enchaînées. Il avait toutefois préféré ne pas y faire attention pour se concentrer sur son objectif du moment. Il avait d'abord pensé à l'inviter à sortir ou à dîner. Cependant, entre les entraînements, les missions en tant que soldat et ses disparitions qui commençaient à se faire fréquentes, il ne la voyait jamais plus de quelques minutes seul. Deux mois avaient donc passé sans qu'aucune opportunité ne se présente. Un soir, dans un bar, Kuzan, sur le ton de la plaisanterie, lui avait suggéré :

« Au pire, demande-lui juste la prochaine fois que tu la croiseras au détour d'un couloir. »

… Et c'était exactement ce qu'il venait de faire. Il l'avait croisé au détour d'un couloir et il lui avait attrapé le bras. Elle s'était tournée vers lui et d'une traite, il l'avait dit.

« Sors avec moi. »

La colonelle le regarda ce qui eut don de le faire rougir.

Bon sang, il n'avait jamais été si maladroit avec ses conquêtes jusqu'à présent.

Il lâcha son bras et se recula, attendant une réponse.

« … Bien. »

Puis elle fit demi-tour et continua son chemin. Sa réaction décontenança Sakazuki qui ne réagit pas immédiatement. Une conversation avec Dragon lui revint alors en tête mais il ne put y croire sur le coup.

Avait-elle de nouveau cru qu'il s'agissait d'un ordre ? On n'ordonnait pas ce genre de chose à sa subordonnée, tout de même.

Toutefois, il dut bien se rendre compte que c'était certainement ce qu'il s'était passé.

En hésitant autant, Army avait déjà eu le temps de parcourir plusieurs mètres et s'apprêtait à tourner à un autre couloir. Les jambes du vice-amiral acceptèrent finalement de bouger de nouveau. Il la rattrapa par le bras et la fit une nouvelle fois se retourner. Puis, il lui retira ses lunettes. Il sentit aussitôt ses forces faiblirent et le regard qu'il vit ne l'aida pas à clarifier ses idées. Il dut faire un effort pour rassembler toutes ses pensées. Pour cela, il prit une profonde inspiration et la regarda dans les yeux.

« … Ce n'était pas un ordre venant d'un supérieur. Je… te demande si… tu accepterais de sortir avec moi. »

Army l'observa et l'étonnement se lut clairement sur son visage. Sakazuki eut ensuite la surprise de la voir rougir brusquement pour la première fois.

« Hum… Vous… quoi ? »

Elle semblait avoir complètement perdu ses moyens. Le vice-amiral ne put s'empêcher de faire la comparaison entre sa présente réaction et celle qu'elle avait eu juste avant. Il ne put retenir un rire de sortir, rire d'abord nerveux, mais qui s'intensifia lorsqu'il vit sa subordonnée devenir encore plus rouge qu'auparavant.

« A… Arrêtez de vous moquer. »

Son rire s'arrêta mais un sourire ornait toujours son visage.

« J'arrête si tu me tutoies.

-… Bien. »

Army continua de l'observer quelques minutes. Le sourire de Sakazuki s'effaça et ce fut à son tour de rougir. La colonelle continuait de l'observer sans répondre à sa demande et il en vint à se dire qu'il aurait mieux valu qu'il se taise ou que, au moins, il ne fasse pas sa demande en public. En effet, durant ce bref échange, une foule de soldats s'était agglutinée, gardant tout de même un périmètre de sécurité. Tous ces regards le mirent mal à l'aise mais, étonnamment, pas autant que celui de la jeune femme seule en face de lui. Puis, le temps sembla s'arrêter lorsqu'elle ouvrit la bouche. Toutefois, elle la referma et se mordit la lèvre. Finalement, un sourire étira ses lèvres et elle hocha doucement la tête. Un poids sembla alors se retirer des épaules de Sakazuki et il se remit à respirer. L'espace d'un instant, il avait préféré se retrouver à combattre des pirates mais, à présent, il n'aurait souhaité se trouver nulle part ailleurs. Toutefois, c'est à ce moment qu'il se rendit réellement compte des petits curieux tout autour. Il se racla alors la gorge et parla d'une voix forte :

« Il n'y a rien à voir ! Dispersez-vous ! »

Les soldats autour sursautèrent puis se dispersèrent rapidement, non sans un dernier regard curieux. Une fois fait, Sakazuki reporta son attention sur la jeune femme. Sa gêne revint alors et il ne sut pas vraiment quoi faire. Il n'eut cependant pas vraiment besoin d'y réfléchir plus longtemps car Army s'approcha, le fit pencher et le prit dans ses bras.

« Qu… »

Il voulut dire quelque chose mais fut arrêté par un rire léger.

« C'était très maladroit comme demande.

-Je…

-Mais, j'ai beaucoup aimé. C'était très adorable de ta part. »

Puis elle le relâcha doucement et lui sourit.

« J'ai une mission urgente à faire là mais on se voit demain. »

Elle récupéra ensuite ses lunettes, les remit et partit comme si de rien était, laissant un Sakazuki pantois. Il ne sut exactement comment, mais il retourna dans son bureau. Le reste de la soirée, il faillit plusieurs fois croire qu'il avait tout rêvé mais les regards que lui lançaient les soldats et les quelques chuchotements qui suivaient son passage le confortèrent dans l'idée que sa demande avait bien eu lieu et, aussi maladroite qu'elle avait été, la jeune femme l'avait acceptée. Il risquait sans doute d'avoir l'air encore plus niais que Borsalino mais, à cet instant, c'était bien le cadet de ses soucis.


Une semaine plus tard…

Il ne comprenait vraiment pas. Malgré sa demande, presque rien n'avait changé entre eux. La semaine précédente, lorsqu'elle était arrivée dans son bureau, elle lui avait légèrement souri, ce qui était sans doute un miracle vu qu'elle portait ses lunettes. Il avait alors été heureux de la revoir. Cependant, cette joie avait été de courte durée. Elle s'était contentée de poser son rapport sur la pile toujours impeccable de dossiers puis était sortie du bureau sans rien de plus. Enfin si, elle avait demandé de ses nouvelles… et depuis une semaine, elle le tutoyait et ne l'appelait plus par son grade mais par son prénom. Rien de plus. Il était donc complètement perdu.

Ils ne devaient pas avoir la même vision d'un couple.

Bien sûr, il s'était dit qu'il pourrait l'inviter à dîner mais il avait l'impression qu'il serait une nouvelle fois trop maladroit.

Il ne put empêcher un soupir de franchir ses lèvres. Il ferma le dossier devant lui et se gratta l'arrière de la tête.

Pourquoi les choses qui semblaient simples étaient en fait si compliquées ?

Alors qu'il pensait cela, la porte s'ouvrit et il put voir le visage qui accaparait un peu trop ses pensées.

Army entra simplement, le nez plongé dans un rapport.

« Bonjour Sakazuki

-Bonjour… »

En entendant sa voix morne, la colonelle leva les yeux du rapport et observa le vice-amiral. Elle s'approcha alors, mit le dossier toujours au même endroit puis posa sa main sur la joue de Sakazuki. Ce dernier se mit à rougir et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il n'en eut pas le temps car la jeune femme s'approcha et l'embrassa avec douceur. Ne s'y attendant pas, il resta les bras ballants et les yeux écarquillés. Army recula alors et lui sourit.

« Il fallait simplement me le dire si tu voulais un baiser. »

A la suite de cette phrase, Sakazuki ne put dire que :

« … Tu ne portes pas tes lunettes aujourd'hui. »

Army rigola et posa une nouvelle fois ses lèvres sur celles du vice-amiral, plus brièvement cette fois, avant de lui répondre.

« Je les ai oubliées dans le bureau de Sengoku. Mon père y était et il a la mauvaise habitude de me les retirer et de les cacher. Je comptais y aller après t'avoir déposé mon rapport. »

Puis elle posa son front contre le sien.

« Tu aurais dû me dire que ce que nous faisions ne ressemblait en rien à un couple. Je n'y connais rien et je pensais honnêtement que nous étions déjà assez proches. »

Il vit de légères rougeurs apparaitre sur les joues de la jeune fille et en fut étonné. Il grogna alors légèrement et passa un bras autour de sa taille pour la rapprocher.

« Comment aurais-je pu deviner que tu étais à ce point innocente ? Et puis, normalement, ça ne se fait pas de réclamer. »

Army fit alors la moue.

« Je ne suis pas normale alors n'hésite pas à me réclamer quelque chose qui te semble normal.

-… Très bien. »

Sakazuki s'approcha alors et déposa un baiser sur chaque joue avant de happer les lèvres de la jeune femme. Il recula ensuite légèrement et souffla doucement.

« Dans ce cas, je te réclame un baiser quand tu viens me dire bonjour… et je t'invite ce soir à dîner. »

Army l'observa et hocha la tête. Le vice-amiral la relâcha et la jeune femme se redressa.

« Je te laisse travailler. Bonne journée. »

Elle se dirigea ensuite vers la sortie. Sakazuki l'arrêta avant qu'elle ne franchisse la porte.

« Ne viens pas en uniforme. C'est une invitation, pas un ordre. »

Army sourit alors et hocha une nouvelle fois la tête.

« D'accord. A ce soir, Sakazuki. »

Elle sortit ensuite et ferma la porte derrière elle.