Bonjour.
Les prochains chapitres sont courts donc il y en aura trois à la suite.
Bonne lecture à vous !
Chapitre 9
La semaine qui suivit ne fut pas si différente de celle d'avant. Seuls les baisers chaque matin étaient nouveaux.
A cette pensée, Sakazuki se massa les tempes. Elle ne mentait vraiment pas lorsqu'elle avait dit ne pas s'y connaître et qu'il ferait mieux d'aller lui réclamer lorsqu'il voulait quoi que ce soit. Cependant, il ne pouvait se résoudre à lui demander quelque chose qui aurait dû sembler normal. Ça devait venir d'elle.
Il repensa ensuite à la soirée qu'il avait passé avec elle. Il fallait avouer qu'il avait beaucoup apprécié sa compagnie. Il avait déjà pu discuter avec la jeune femme auparavant mais jamais très longtemps. Il avait donc été agréablement surpris en découvrant une facette beaucoup plus rieuse et causante de sa… petite-amie ? Pouvait-il l'appeler ainsi ?
Il soupira pour la énième fois de la journée et regarda par la fenêtre.
Vraiment… elle avait le don pour le perdre.
Il entendit quelques coups sur sa porte. Il tourna la tête mais n'eut pas à dire quoi que ce soit que la porte s'ouvrait déjà sur un homme au sourire niais.
« Borsalino ? Il y a un problème ?
-Nooon. On sort juste ce soooir. Tu vieeens ? »
Sakazuki regarda l'heure.
« C'est vrai qu'il commence à se faire tard. »
Il se leva et commença à ranger son bureau.
« Partez devant. Je vous rejoins.
-D'accoooord. »
Puis son collègue referma la porte, le laissant à nouveau seul. Sakazuki ne se dépêcha pas pour autant, prenant le temps de trier ses différents dossiers. Après avoir terminé, il passa par ses appartements pour se changer puis se dirigea vers la sortie, prêt à se changer les idées. Toutefois, en chemin, il croisa la colonelle Army, affublée de ses lunettes habituelles. Il fallait croire que le destin voulait qu'il la croise toujours au détour d'un couloir. La jeune femme lui fit un léger sourire.
« Bonsoir Sakazuki. »
Le vice-amiral ne lui répondit rien et se contenta de fixer ses lèvres. Devant son silence, la colonelle fronça légèrement les sourcils.
« Un problème ?
-… Aucun. »
Son froncement de sourcils ne diminua pas. Elle retira alors ses lunettes et l'observa, faisant légèrement grogner Sakazuki.
« Arrête ça.
-Quoi donc ?
-De me… scanner. »
Army cligna des yeux puis haussa un sourcil.
« … Pardon ?
-Quand je ne te dis rien… tu retires tes lunettes pour savoir ce que je pense.
-… Peut-être bien, dit-elle en croisant les bras, mais je n'aurais peut-être pas à faire ça si tu me parlais. Tu sembles toujours pétrifié quand tu es en face de moi alors il faut bien que je fasse quelque chose. »
… Elle marquait un point.
A cette constatation, Sakazuki retint une grimace. C'était bien lui qui avait voulu sortir avec la jeune femme, pourtant il avait à peine l'impression d'être une connaissance pour elle alors que cela faisait plus d'un an qu'ils s'étaient rencontrés. Enfin, pour sa défense, il avait passé la majeure partie de ce temps à tenter de ne rester que son supérieur. Il ne put donc rien répliquer, ce qui fit soupirer la jeune femme.
« … On en reparlera demain. Tes amis doivent t'attendre.
-C… Comment… »
Army leva les yeux au ciel.
« Il se fait tard mais tu es dans les couloirs, habillé en civil. Tes vêtements sont sobres mais tu restes élégant. Rien de trop chic non plus donc ce n'est pas un rendez-vous, encore moins galant… heureusement pour moi d'ailleurs car je devrais me poser quelques questions dans le cas contraire. De plus, j'ai vu les vice-amiraux Kuzan et Borsalino partir en ville et, généralement quand ils sortent, tu sors aussi. Bonne soirée. »
Puis elle remit ses lunettes et le contourna. A ce moment, Sakazuki n'avait retenu qu'une information :
« … Tu me trouves élégant ? »
Army s'arrêta et tourna la tête.
« Oui. Tu en doutais ?
-C'est que… j'imagine que je doute parfois avoir un quelconque charme pour toi vu la façon dont tu me regardes.
-… Et comment penses-tu que je te regarde ?
-Je ne sais pas vraiment. Ça doit être ça le problème. »
La jeune femme continua de le regarder. Elle leva ensuite la main en direction de ses lunettes avant de se raviser. Elle s'approcha plutôt du vice-amiral qui, de son côté, n'osa pas bouger. Elle leva la main et caressa sa joue du bout des doigts. Sous cette caresse, Sakazuki ferma un instant les yeux. Il les rouvrit toutefois bien vite et observa la colonelle, confus.
« … Je ne te trouvais pas du tout charmant au départ. Pour tout te dire, je te trouvais laid. »
Cette réplique étonna Sakazuki et un léger tic apparut sur son visage.
« … Merci de ton honnêteté. Je n'en demandais pas autant. »
Army eut alors un léger sourire.
« Laisse-moi finir avant de faire la tête. Je disais donc que je te trouvais laid. Mais, j'ai une vision de la beauté un peu différente de la normale. Mon critère de beauté se base sur les actions comme je ne peux pas me fier à ma vue avec mes lunettes.
-Que veux-tu dire ? »
La colonelle leva une fois de plus les yeux au ciel.
« Vas-tu me laisser t'expliquer ? Tu es curieux mais tes questions m'empêchent d'avancer. Donc… si tu te rappelles bien, au départ, tu ne m'avais jamais vraiment donné ma chance. Honnêtement, je t'ai légèrement méprisé pour ça.
-Juste légèrement ? »
La jeune femme rigola doucement à cette réplique.
« D'accord. Peut-être un peu plus que légèrement. Tout ça pour dire que tu ne m'avais pas donné une bonne impression. Cependant, tu m'as ensuite aidée contre ces soldats… et tu m'as enfin donné la chance de faire mes preuves… Puis tu as su me donner d'excellents conseils aussi bien lors des entraînements que pour les missions. J'ai ensuite remarqué à quel point tes hommes pouvaient compter sur toi. Tu pouvais te montrer tellement imposant et tellement valeureux. »
Elle se rapprocha alors et souffla :
« Tu es ma bouffée d'air frais. Le premier, en dehors de ma famille, à avoir réellement vu qui j'étais… Chose rare, tu as réussi à me faire changer d'avis. A cet instant, je t'ai trouvé… radieux… et c'est toujours le cas à présent.
-… Je n'en demandais pas autant… »
A cette réplique, Army sourit tristement.
« Je ne pouvais pas savoir. Je te l'ai dit. Avec ces lunettes, je ne sais absolument pas comment réagir correctement. Excuse-moi. »
Puis, elle se recula. Cependant, avant de réellement s'en apercevoir, Sakazuki se rapprocha et passa un bras autour de sa taille.
« … Tu as réagi exactement comme il le fallait… Merci. »
La jeune femme haussa un sourcil.
« Ce n'est pourtant pas ce que tu voulais entendre.
-C'est vrai. Mais c'était ce dont j'avais besoin. »
Puis il se pencha vers elle. Toutefois, avant d'atteindre son objectif, une main se posa sur sa bouche.
« Tu devrais y aller. Ils doivent t'attendre. »
A contre-cœur, Sakazuki la relâcha doucement. Army lui souhaita encore une fois une bonne soirée puis disparut au détour d'un couloir. Il faisait vraiment tout à l'envers. Officiellement, ils sortaient ensemble mais pourtant, à les voir, on aurait à peine parié sur un début de flirt maladroit. Rien qui ne ressemblait à une véritable relation.
C'est donc perdu qu'il se dirigea vers le bar où l'attendaient ses amis, prêt à oublier ses petits tracas juste pour une nuit.
