(Re)bonjour.
C'est reparti.
Bonne lecture à vous !


Chapitre 10

Sakazuki se réveilla, la bouche pâteuse et avec l'impression que quelqu'un frappait sur sa tête à coup de Haki. Il tenta de se redresser mais y renonça en sentant son mal de tête empirer. Il devait l'avouer, il avait certainement un peu trop abusé de la boisson hier. Enfin, de ce qu'il se souvenait, c'était plutôt Kuzan qui lui avait resservi verre sur verre. Il tourna la tête et regarda par la fenêtre. Au vu du soleil à peine levé, il n'eut pas de mal à en déduire qu'il devait être assez tôt dans la matinée. On était dimanche. En constatant le jour qu'il était, il décida de se rendormir. Il pouvait bien se passer du petit-déjeuner aujourd'hui.

Cependant, à peine eut-il fermé les yeux qu'un détail le troubla. Il les rouvrit alors rapidement et tourna une nouvelle fois la tête en direction de la fenêtre.

Il voyait le soleil se lever… ce qui n'était pas normal étant donné que sa fenêtre donnait sur le nord. C'est à ce moment qu'il sentit un poids sur lui, un peu trop lourd pour n'être que sa couverture. Il baissa les yeux pour découvrir de longs cheveux sombres. Il souleva légèrement le drap pour voir que, oui, il s'agissait bien d'une personne, et d'une femme qui plus est … ou bien un homme avec une silhouette très androgyne et menue. Il put aussi découvrir qu'il était torse-nu, et que la jeune femme sur lui ne semblait pas plus couverte non plus. Il voulut se frapper mais il ne voulait pas réveiller la personne qui semblait dormir comme une bienheureuse sur lui. Il se contenta donc de se traiter de tous les noms et tenta de se dégager lentement.

Quel idiot il avait été. Il sortait avec quelqu'un, bon sang. Et voilà que, à peine deux semaines après le début de leur relation, il allait déjà voir ailleurs… Le pire étant qu'il ne s'en souvenait même pas.

Il se comportait en plus comme un lâche, tentant de filer discrètement avant que sa conquête de la veille ne décide de sortir des bras de Morphée. Toutefois, la chance n'était visiblement pas de son côté. La jeune femme sur lui devait avoir le sommeil léger car elle commença à s'agiter. Il cessa alors tout mouvement. Cela ne suffit cependant pas car elle se redressa et s'étira, lui donnant une vue sur un dos fin mais finement musclé. Il fut toutefois interpelé par une cicatrice barrant ce dos, partant de l'épaule droite et s'arrêtant vers le flanc gauche. Alors qu'il terminait sa contemplation, la jeune femme sembla se rappeler de sa présence car elle tourna la tête dans sa direction. Il put alors découvrir, avec surprise, le visage de sa conquête.

« … Army ? »

Sous la surprise, Sakazuki se redressa rapidement mais, à ce moment, son mal de tête se rappela à lui et il dut aussitôt se rallonger. La colonelle rit alors doucement et tendit la main pour lui replacer une mèche de cheveux.

« Ne te force pas trop. Tu semblais avoir beaucoup abusé de l'alcool quand les vice-amiraux Borsalino et Kuzan t'ont ramené.

-… Ils m'ont ramené ?... Tu veux dire ici ? »

Pour tout réponse, Army hocha légèrement la tête. Elle se leva ensuite et Sakazuki voulut détourner rapidement le regard. Cependant, son mal de tête l'empêcha de le faire assez rapidement mais, heureusement, il se trouva que la jeune femme n'était pas aussi dénudée qu'il ne l'avait pensé. Elle portait toujours son bas. Seul son haut manquait mais, de là où il était, il n'avait une vue que sur son dos et cette cicatrice.

« … Pourquoi m'ont-ils amené là ? »

Army haussa les épaules et fouilla un tiroir avant d'en sortir un t-shirt. Elle le mit rapidement et se tourna vers lui.

« Excuse-moi. Je n'ai rien à ta taille dans mes affaires. »

Sakazuki se redressa lentement et réussit finalement à s'asseoir. Il ouvrit la bouche puis la referma avant de rougir légèrement. La colonelle observa la scène puis fit un sourire indulgent.

« Tu ne te rappelles vraiment de rien.

-… Non… Je… Désolé… »

La jeune femme secoua la tête puis se pencha sous le lit, cherchant vraisemblablement quelque chose.

« Ce n'est rien. Tes deux collègues ont frappé à ma porte vers trois ou quatre heures du matin, chacun te tenant par un bras. »

Elle se redressa ensuite avec un tissu dans la main, le mit dans le lavabo et commença à le laver. Si Sakazuki en fut étonné, il n'en montra rien et préféra rester concentré sur le récit de la jeune femme qui continua tranquillement tout en faisant sa lessive :

« Ils se sont excusés de me déranger à cette heure et m'ont dit être venus ''te rendre''. Je n'ai pas eu le temps de leur dire quoi que ce soit qu'ils t'ont mis dans mes bras et sont partis comme des voleurs. »

Ce souvenir la fit légèrement rigoler avant qu'elle ne reprenne.

« J'ai failli tomber sous ton poids d'ailleurs. Une vraie masse de muscle. »

Sakazuki rougit de nouveau et bredouilla légèrement.

« Excuse-moi…

-Ne t'en fais pas pour ça. C'était assez comique comme situation en fait. »

Elle lui sourit puis se concentra de nouveau sur sa lessive. La tâche sur son vêtement semblait particulièrement tenace au vu de ses efforts. Elle reprit cependant :

« J'ai voulu te ramener à tes appartements mais, à ce moment, tu as vomi sur nous deux. »

Sakazuki ouvrit la bouche.

Il n'en revenait pas.

Il voulut une nouvelle fois s'excuser mais Army ne lui en laissa pas le temps.

« Je t'ai donc allongé puis j'ai retiré mon haut et l'ai mis à tremper dans le lavabo. J'ai ensuite retiré le tien mais, à ce moment, tu as légèrement repris connaissance. Tu as agrippé mon bras et, avant même que je ne m'en rende compte, j'étais sur toi, ton haut n'était plus dans mes mains et tu ne semblais pas prêt à me lâcher. »

Army s'arrêta alors et regarda le vêtement qu'elle tenait avec un regard sceptique.

« La tâche sur mon t-shirt est partie mais celle sur ton haut persiste. »

A ce moment, Sakazuki reconnut enfin la chemise qu'il portait la veille. Il retint une grimace.

« Laisse. Elle doit être bonne à jeter de toute façon. »

Army tourna la tête. Elle laissa alors la chemise au bord de l'évier avant de s'asseoir à côté de lui.

« Tu as dû parler une petite demi-heure avant de te rendormir. Honnêtement, je ne comprenais même pas le quart de ce que tu me disais. »

Le vice-amiral rougit une nouvelle fois tandis que la colonelle riait de plus belle. Elle se calma cependant rapidement et lui sourit.

« Donc non, tu n'as couché avec personne, pas même avec moi. »

En entendant cela, Sakazuki piqua un fard et détourna le regard.

« Misère… Je… suis désolé pour ce qu'il s'est passé.

-Je te l'ai dit. Il n'y a pas de souci. »

Elle tendit la main et caressa doucement ses cheveux. Sakazuki ferma les yeux, se détendant enfin pour la première fois depuis son réveil. Son répit fut toutefois de courte durée car la main qui caressait sa tête se retira, lui donnant un étrange sentiment de manque. Il rouvrit alors les yeux pour voir que sa… subordonnée ?... Petite-amie ? Enfin… que la jeune femme lui tendait un verre d'eau ainsi qu'un comprimé. Sachant très bien de quoi il s'agissait, il le prit sans rechigner et soupira. Il posa ensuite le verre à côté et s'appuya sur ses mains, prêt pour tenter de se lever.

« Je ne… »

Il ne termina cependant jamais sa phrase car, à ce moment, Army le rallongea puis se rallongea sur lui. Les joues du vice-amiral virèrent au rouge tomate et il eut du mal à articuler.

« Que… Que… fais-tu ? »

La jeune femme redressa légèrement la tête et lui répondit comme s'il s'agissait d'une évidence.

« Tu as besoin de repos et j'ai besoin de terminer ma nuit.

-Qu… Quoi ? »

Elle ne dit rien de plus et se contenta de se rallonger, calant sa tête au creux de son cou. Sakazuki en fut d'autant plus perdu. Son mal de tête continuait cependant à le martyriser alors il préféra cesser de lutter. D'abord hésitant, il passa lentement un bras autour de la jeune femme puis ferma les yeux. Etonnamment, une fois la gêne passée, sa présence le détendit et, sans s'en rendre compte, le sommeil le gagna de nouveau.