(Rere)bonjour.
On termine pour aujourd'hui ?
Bonne lecture à vous !


Chapitre 11

Lorsqu'il se réveilla pour la seconde fois de la journée, plus personne ne se trouvait à ses côtés. A peine sorti de ses songes, il pensa tout d'abord avoir rêvé mais, en regardant autour de lui, il dut bien admettre que ce n'était pas ses appartements. Il s'assit donc et prit le temps d'observer la pièce. Il ne l'avait pas réellement fait auparavant. La chambre était petite, plus que la sienne en tout cas. Il ne semblait y avoir que le strict minimum. Il n'y avait pas de salle de bains, seulement un lavabo présent non loin du lit.

Il se rappela alors de ses débuts. Il dormait dans un dortoir avec cinq autres soldats. La pièce n'était pas bien grande et ils avaient tout juste la place de circuler entre les lits. C'était d'ailleurs dans ce petit dortoir qu'il avait rencontré Dragon. Cela pourrait faire un bon sujet de discussion la prochaine fois qu'ils se verraient… si Dragon ne le tuait pas à la seconde où il le verrait.

A cette pensée, Sakazuki retint une grimace. Il se leva ensuite prudemment et s'approcha du lavabo afin de se passer de l'eau sur le visage. Il aurait voulu prendre une douche mais seuls les hauts gradés en avaient une personnelle. Il pouvait toujours retourner à ses appartements mais sortir de la chambre de sa subordonnée torse-nu n'était peut-être pas une bonne idée. Les soldats parlaient déjà beaucoup. Ce n'était pas la peine de leur donner plus de matières pour les commérages.

Il décida donc d'attendre l'heure du déjeuner pour sortir. Ce serait bientôt l'heure.

Le vice-amiral regarda une nouvelle fois autour de lui, se demandant où était partie la jeune femme. A ce moment, la porte s'ouvrit sur cette dernière, tenant un panier. Lorsqu'elle le vit, un sourire apparut et elle retira ses lunettes.

« Réveillé depuis longtemps ? »

Sakazuki hocha négativement la tête.

« Je ne compte pas te déranger plus longtemps. J'attends simplement que le couloir se vide un peu…

-Pourquoi veux-tu attendre ? »

Elle parlait avec lui tout en pliant le linge se trouvant dans le panier.

« Eh bien, il y a déjà assez de rumeurs…

-Et donc ? Ce n'est pas normal que mon compagnon sorte de ma chambre ? »

Sakazuki ouvrit la bouche mais, ne trouvant rien à redire, il la referma. Army termina pendant ce temps de plier ses affaires et de les ranger. Elle lui tendit ensuite un vêtement. Sakazuki le prit alors et remarqua qu'il s'agissait de sa chemise.

« Normalement, tout est parti. Je ferai un tour au pressing sinon.

-Ce n'était pas la peine. Je t'avais dit que j'allais la jeter.

-Si on peut éviter de jeter une chemise de bonne qualité pour un peu de vomi. »

Sakazuki rougit, légèrement honteux.

« D'accord… merci.

-De rien. » lui sourit-elle.

Il regarda sa chemise puis la remit. Il regarda ensuite l'heure.

La majorité des soldats devait se trouver au réfectoire.

Il se tourna vers la jeune femme.

« Je ne te dérange pas plus alors… Merci pour ton aide. »

Il se dirigea vers la porte. Cependant, la colonelle l'interpela avant qu'il ne quitte la chambre. Il se tourna vers elle.

« … Un problème ?

-Non. »

Elle s'approcha, le fit pencher et posa brièvement ses lèvres sur les siennes. Elle se recula ensuite et lui sourit.

« J'ai juste oublié de te dire bonjour aujourd'hui. »

Le vice-amiral rougit de plus belle.

« Je vois… Bonne journée. »

Il sortit de la chambre et partit en direction de ses propres appartements. En chemin, il eut toutefois le déplaisir de croiser son collègue Borsalino. En le voyant, un sourire fleurit sur les lèvres de ce dernier. Sakazuki voulut l'éviter mais, avant même de pouvoir faire un geste, le traître était déjà sur lui.

Fichu fruit du démon.

« Aloooors ? Ça vaaa ?

-Ça irait mieux si je n'avais pas à te voir même pendant mon jour de repos.

-Oooouuuh. Méchaaaant. »

Sakazuki grogna légèrement et le contourna pour continuer son chemin. Cela ne vexa pas Borsalino qui le suivit sans se séparer de son éternel sourire.

« Et dooonc… Cette nuiiit ? »

Sakazuki l'ignora et entra dans ses appartements puis claqua la porte avant que son collègue ne puisse entrer. Du moins, il crut le faire mais Borsalino usa une nouvelle fois de son pouvoir pour entrer juste avant que la porte ne se ferme, au grand désespoir du vice-amiral.

« Eh bieeen. Tu accueilles très mal tes amiiis.

-Je ne sais pas si je peux te qualifier d'ami, répondit du tac au tac Sakazuki en plissant les yeux.

-Allons booon. Te réveiller auprès d'une jeeeune femme te fait plus plaisir d'ordinaiiire. »

Déjà las de la conversation, Sakazuki entra dans la salle de bains et verrouilla la porte après avoir bien vérifié que son collègue ne l'avait pas suivi une fois de plus. Décidant ensuite de, pour une fois, profiter de l'immense baignoire à sa disposition, il fit couler un bain avant de se dévêtir et de s'y glisser. Il poussa un soupir d'aise et posa sa tête contre le rebord de la baignoire avant de profiter du silence pour remettre ses idées en place. Du moins, il pensait pouvoir le faire mais une voix de l'autre côté de la porte se fit entendre.

« Sakazukiii ? »

Le susnommé grogna une fois de plus et plongea la tête sous l'eau, espérant ne plus l'entendre lorsqu'il referait surface. Bien entendu, il devait tout de même faire attention, n'oubliant pas qu'il était un utilisateur de fruit du démon. Il remonta peu de temps après et eut le déplaisir d'entendre la voix de son collègue qui ne semblait pas se lasser de l'appeler. Il tenta alors d'ignorer cette voix, fermant les yeux dans le seul but de tenter de se détendre mais ce fut peine perdue car, à peine cette idée lui vint à l'esprit que Borsalino se mit à frapper contre la porte. Pas très fort, bien évidemment, on connaissait le personnage, mais tout de même assez bruyamment pour que Sakazuki ne puisse pas faire abstraction de cette nuisance. Le vice-amiral laissa échapper un juron et s'exclama :

« Si tu frappes encore une fois à cette porte, je carbonise tes bras et je pends le reste en haut d'un mat avec tes entrailles ! »

Ce à quoi Borsalino répondit par un :

« Ooooh. C'est très imaginatif comme exécutiooon. Mais peut-être un peu sanguinaire pour les nouvelles recruuues. »

Si cette réplique pouvait en énerver plus d'un, cela calma Sakazuki qui préféra lever les yeux au plafond. Il ne pouvait pas réellement crier sérieusement sur son ami de toute façon. Il avait un air trop niais pour qu'on puisse lui en vouloir.

« Qu'est-ce que tu veux ?

-Savoir si ça allait mieeeux.

-… Pardon ?

-Baaaah, tu saaais. Tu semblais perduuu. Alors je veux savoir si tu as pu régler le problème avec eeeelle.

-… Qu'est-ce qui te fait croire que mon humeur a un rapport avec elle ?

-Oh arrêêête. Je te connaaais. Kuzan te connaaait. Alors on remarque quand ça va pas et on sait pourquooi. »

Sakazuki regardait la porte en haussant un sourcil.

« Si je comprends bien… Vous êtes assez malins pour vous rendre compte qu'il y a un problème et comprendre la cause du problème… et tout ce que vous trouvez comme solution est de me jeter dans les bras de ce problème puis de déguerpir.

-… Ouaaais. Dis comme çaaa. »

Le vice-amiral secoua la tête et se laissa légèrement glisser dans le bain, tournant son regard vers le plafond.

« Je pense que ça va mieux. »

Sakazuki tendit l'oreille, dans l'attente d'une réponse. Toutefois, Borsalino semblait avoir enfin décidé de se taire même si c'était certainement parce qu'il attendait une suite. Sakazuki soupira alors puis continua :

« Il ne s'est rien passé hier. Je lui ai juste vomi dessus puis j'ai dormi comme une masse jusqu'au lendemain.

-Ooouh.

-Merci. Cette réplique était très utile.

-De rieeen. »

Parfois, Sakazuki se demandait si son collègue le faisait exprès ou s'il ne comprenait réellement pas le second degré. Il balaya toutefois cette interrogation d'un revers de la main et ferma les yeux, espérant que la curiosité de son ami était rassasiée.

C'était, bien entendu, trop espérer.

Quelques minutes après, remarquant qu'il ne reprenait pas, Borsalino le questionna de plus belle :

« Il s'est passé quoi ensuiiite ? »

Sakazuki rouvrit les yeux et retint une grimace.

« C'est elle qui m'a raconté la nuit… et elle l'a fait sans sourciller. Elle a même pris le temps de laver ma chemise. Ce n'était vraiment pas une très bonne nuit pour elle.

-Je vooois. Et malgré ça, tu me dis que ça va mieeeux ?

-… Oui. En réalité, je pensais qu'elle avait accepté de sortir avec moi simplement parce que j'étais son supérieur. J'ai toujours un peu cette impression…

-… Maaais ? »

Sakazuki rit nerveusement et referma les yeux.

« Je pense qu'il faut un minimum apprécier quelqu'un pour ne pas lui reprocher de lui avoir vomi dessus, de dormir avec même quand la personne pouvait partir… et de l'appeler son compagnon… Et puis, elle m'a dit qu'elle me trouvait élégant hier soir, avant que je vous rejoigne. Mais bon, je me fais peut-être des idées. Elle n'a jamais rien dit clairement. »

Après cette phrase, le silence se fit. Sakazuki utilisa légèrement son Haki et, ne sentant plus la présence de son collègue dans sa chambre, il reposa sa tête contre le rebord de la baignoire et put enfin profiter de son bain.