Bonjour.
Chapitre toujours assez léger pour le moment.
Bonne lecture à vous !


Chapitre 13

Un mois plus tard…

« Sakazuki, sois sérieux un instant… pouffa légèrement Army.

-Mais, je suis on ne peut plus sérieux, répondit le vice-amiral tout en mordillant légèrement le cou de sa colonelle. Tu me déconcentres beaucoup trop pour que je puisse travailler… »

La colonelle leva alors les yeux au ciel et donna une pichenette sur le front de son supérieur.

« Tu as des dossiers importants à remplir et je dois terminer ce rapport avant... »

Sakazuki ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et prit possession de ses lèvres.
Si, les premiers jours, il s'était montré hésitant quant à l'attitude à adopter, il commençait à savoir où se trouvaient les limites. Et au vu du regard joueur que lui montrait sa subordonnée, il était encore loin de les avoir atteintes. Il ne se gêna donc pas pour réduire l'espace entre eux deux, la dominant entièrement du haut de ses presque trois mètres. Cependant, alors qu'il comptait bien continuer sur sa lancée, la porte de son bureau s'ouvrit brusquement. Il se redressa rapidement, s'apprêtant à injurier la personne qui n'était visiblement pas assez poli pour frapper, lorsqu'il reconnut un visage qui lui était plus que familier.

« Sakazuki.

-Hm… Dragon.

-… On peut parler, Sakazuki ? »

Le sus-nommé tourna la tête en direction de la jeune femme mais cette dernière avait les yeux rivés sur son frère. Elle hocha brièvement la tête puis se leva tout en mettant ses lunettes. Elle réajusta ensuite ses vêtements et prit quelques dossiers.

« Une mission m'attend alors je ne tarde pas plus. Si vous voulez bien m'excuser. »

Puis elle se dirigea vers la sortie. Sakazuki voulut l'arrêter, ne serait-ce que pour qu'elle lui explique la situation, mais Dragon l'en empêcha d'un regard. Il ne put donc qu'observer le dos de la jeune femme lorsqu'elle quitta le bureau sans un regard en arrière. Dragon ferma ensuite la porte et se tourna vers son collègue, collègue qui répliqua aussitôt :

« Je peux savoir ce qu'il se passe ?

-Une mission importante. Je t'avais dit qu'elle était souvent sollicitée et qu'elle ne pouvait pas se permettre d'avoir ce genre de relations. Mais, visiblement, tu n'as pas tenu compte de mes recommandations. »

Sakazuki soupira alors et se rassit. Il avait vraiment cru un instant que cette histoire s'était tassée mais, apparemment, Dragon pouvait se montrer très têtu.

« Les couples sont mal vus ici, et tu le sais. D'autant plus lorsque les grades sont aussi éloignés.

-Tu sais aussi bien que moi que les rumeurs sont toujours exagérées ou infondées. Ce n'est pas la peine d'y prêter attention.

-Toi tu le sais, moi je le sais, les gradés en général le savent. Mais ce n'est pas le cas des simples soldats. Il était déjà assez difficile pour elle de faire ses preuves avant ça. Et si jamais ça monte aux oreilles du Gouvernement, qui sait ce qu'il adviendra.

-… Juste parce que j'ai voulu sortir avec une jeune femme qui mérite toute mon attention ?

-Plutôt ''juste'' parce que tu risques de... »

Il s'arrêta en plein milieu de sa phrase, semblant se déchirer intérieurement.

« Peu importe... Le Gouvernement ne laissera pas passer ça. «

Sakazuki retint une grimace en entendant ça.

« Tu as toujours eu cette manie de diaboliser le Gouvernement. Si la justice règne sur ces mers, c'est grâce à eux. Ils ne vont pas s'en prendre à nous juste parce qu'on a une relation qui est un peu plus que professionnelle. »

Dragon plissa les yeux.

« Je crois que vous avez dépassé le stade du ''un peu plus'' d'après ce que j'ai vu en arrivant. »

Sakazuki rougit alors et toussota bruyamment.

« Eh bien, apprends à frapper la prochaine fois. »

Le Monkey D décida de laisser cette scène de côté et la chassa d'un revers de la main avant de revenir au sujet qui l'intéressait réellement.

« Quoi qu'il en soit, le Gouvernement n'est pas aussi bon qu'il veut le faire croire. Reste prudent. »

Devant le sérieux de son collègue, Sakazuki décida d'acquiescer, sans grande conviction néanmoins.

« … J'imagine que tu comptes quand même continuer à la voir, malgré mes avertissements.

-Tu imagines bien.

-… Je vois, soupira légèrement Dragon. Je ne peux rien y faire de toute façon. Vous êtes tous les deux adultes. Je t'ai prévenu des risques et elle les connait déjà. »

Il regarda ensuite l'heure et se dirigea vers la sortie.

« Je ne tarde pas plus. Il faut que j'aille voir Sengoku pour régler un problème. Bonne journée Sakazuki.

-… Oui. Bonne journée… »

Une fois que Dragon fut parti, une certaine tension sur ses épaules s'allégea et il s'enfonça dans son fauteuil.

Dragon était légèrement paranoïaque sur les bords… mais bon, il avait toujours été un peu comme ça : se méfiant de tout le monde, même de ses supérieurs. Parfois, lorsqu'ils buvaient beaucoup, Dragon lui parlait d'une corruption au sein du Gouvernement et du fait qu'il fallait agir. La majorité du temps, il n'y comprenait pas grand-chose, l'alcool aidant peu à tenir ce genre de sujet de discussion, mais comme Dragon parlait toujours avec entrain dans ce genre de moment, il le laissait à chaque fois parler, acquiesçant sans jamais réellement comprendre ce que lui disait son collègue. Il devrait peut-être prendre le temps de lui poser des questions sur les problèmes dont parlait Dragon… et surtout, de penser à poser ces questions avant que tous deux aient plus d'alcool que d'eau dans le sang.

Ses pensées finirent toutefois par l'inquiéter légèrement. Même saoul, Dragon restait plutôt lucide alors s'il venait à parler de…

La sonnerie de son Den Den se fit soudainement entendre et le fit sursauter. Ses pensées dérivant, il pensa d'abord à un membre du conseil des cinq étoiles l'appelant pour le prévenir de son exécution prochaine. Cependant, sa raison reprit le dessus et il prit son Den Den.

Aucun des membres de ce conseil ne prendrait le temps d'appeler un soldat juste pour ça et, de toute façon, il était clair que le Gouvernement ne prévenait jamais à l'avance les futurs exécutés.

... Surtout qu'il n'y avait aucune raison pour qu'il soit exécuté de toute manière.

Il décrocha finalement pour entendre une voix qu'il aimait particulièrement.

« Sakazuki ? Je te dérange ? »

Cette voix le détendit aussitôt et il répondit doucement :

« Du tout. Ton frère vient de partir. Qu'y a-t-il ?

-Je suis désolée de t'embêter mais j'ai complètement oublié. J'ai fait tourner une machine il y a une heure environ alors je pense que c'est terminé. Tu pourrais t'en occuper s'il te plait ? »

Le vice-amiral secoua brièvement la tête et sourit légèrement.

C'était une facette qu'il lui avait récemment découverte. Army pouvait se montrer très étourdie. Etant donné qu'ils partageaient dorénavant la même chambre, ils avaient convenu de s'occuper des tâches ensemble. Ainsi, ils s'occupaient, par exemple, de la lessive chacun leur tour. Cela permettait de remplir le panier à linge plus rapidement et donc ne pas devoir attendre trop longtemps pour faire une lessive ou devoir utiliser la machine à laver alors qu'elle n'était qu'à moitié remplie. Cette semaine était donc le tour de la colonelle.

« Pas de souci, je m'en occupe.

-Merci beaucoup. Je devrais rentrer d'ici un ou deux jours. Je m'occuperai de la prochaine lessive pour me faire pardonner.

-D'accord. Prends soin de toi. »

Après de rapides au revoir, Sakazuki raccrocha puis ferma le dossier devant lui. Il se leva ensuite afin de se diriger vers la salle où se trouvaient les nombreuses machines à laver mises à disposition afin de permettre aux soldats séjournant à la base de laver leur linge.

Maintenant qu'il y pensait, ce n'était pas la première fois qu'Army lui faisait ce genre de coup. En réalité, quasiment tous ses appels contenaient obligatoirement les termes ''j'ai complètement oublié''. Parfois c'était le robinet du lavabo qu'elle avait oublié d'éteindre, d'autres fois il s'agissait d'un dossier confidentiel qu'elle avait oublié sur le rebord d'une table de la cafétéria. C'était assez étonnant de voir qu'elle était assez étourdie pour faire ce genre d'erreurs mais qu'elle arrivait tout de même à se souvenir qu'elle avait oublié quelque chose juste après que son navire ne parte. Elle l'appelait donc souvent peu après son départ pour le prévenir et cela commençait même à devenir une habitude. Loin d'en être dérangé, il en profitait pour discuter un peu plus avec elle. De plus, ça le rassurait en quelque sorte. Il sortait bien avec un être humain et non avec un robot sans faille déguisé en une ravissante jeune femme.

Tout en pensant cela, Sakazuki s'occupa rapidement du linge puis repartit en direction de son bureau. En chemin, il croisa Dragon qui semblait tout juste sortir du bureau du bouddha. Il s'arrêta lorsque Dragon le remarqua. Ils se regardèrent quelques secondes avant que, finalement, Dragon ne prenne la parole.

« Tu penses qu'il est un peu tôt pour prendre un verre ?

-… J'imagine qu'on peut faire une petite exception pour cette fois. »

Les deux collègues partirent en ville et entrèrent dans un bar calme. Ils commandèrent chacun un verre et, à son grand étonnement, Dragon lui parla comme il le faisait à chaque fois. Il fut soulagé de voir qu'il pouvait continuer de converser avec lui comme auparavant et ils continuèrent tranquillement la conversation jusqu'en début de soirée. Remarquant tous deux qu'ils n'étaient pas loin de leur limite, ils décidèrent d'arrêter la boisson et se levèrent avant de quitter le bar. Ils se dirigèrent ensuite vers la base, continuant tranquillement de discuter tout en marchant. Une fois à l'intérieur, Sakazuki fut le premier à rejoindre ses appartements. Il s'arrêta devant et se tourna vers son collègue pour lui souhaiter une bonne nuit. Cependant ce dernier changea subitement de sujet.

« Il y a une chose que je voulais te demander. Ma sœur t'a-t-elle dit une seule fois qu'elle t'aimait ? »

A cette question, Sakazuki haussa un sourcil et allait répondre automatiquement que oui mais il se ravisa et considéra la question.

… Les mots ''je t'aime'' avaient-ils même été prononcés une seule fois depuis le début de leur relation ?

Un froncement de sourcils apparut sur Sakazuki. Dragon, comprenant la réponse implicite, souffla :

« Je vois… Bon repos. »

Puis il partit, laissant un vice-amiral totalement confus.


Dragon était retourné dans le Nouveau Monde le lendemain après l'avoir brièvement salué.

Il était donc en train de ruminer ses pensées lorsque le Den Den sonna. Sans grande conviction, il décrocha, s'apprêtant déjà à grogner mais la voix qu'il entendit le calma aussitôt, sans qu'il ne s'en soit réellement rendu compte.

« Bonjour Sakazuki. As-tu bien dormi ?

-Hm. »

Il vit alors l'escargot hausser un sourcil.

« Que se passe-t-il ?

-Rien d'important. Comment se passe ta mission plutôt ?

-Hm… Bien pour le moment. Ce n'est qu'une simple collecte d'informations. Ce n'est pas particulièrement difficile. Juste assez long. Mais du coup, au final, je devrais être de retour d'ici une semaine environ.

-Je vois. Fais tout de même attention.

-Tu me connais. »

Il vit l'escargot sourire ce qui eut le don de le rassurer.

« C'est vrai. J'imagine que je n'ai pas à m'en faire.

-Exactement. On se revoit vite.

-Oui. A bientôt. »

Il allait raccrocher lorsque la voix se fit de nouveau entendre.

« Oh. J'oubliais. Je devais réceptionner un colis aujourd'hui. Tu peux le prendre pour moi ? Une mouette devrait la déposer dans notre chambre dans peu de temps.

-Hm. D'accord.

-Merci. A dans une semaine. »

Puis la transmission se coupa. Sakazuki reposa son Den Den puis secoua la tête, consterné par l'étourderie de sa compagne. Cependant, un sourire franchit ses lèvres et c'est avec le pas plus léger qu'il se dirigea vers sa… leur chambre. C'était ce qu'elle avait dit. Il chassa bien vite cette pensée de sa tête. Il n'avait aucune envie d'avoir l'air aussi niais que Borsalino.