Bonjour
Encore un chapitre en plus.
Bonne lecture à vous !
Chapitre 14
Trois mois plus tard...
Sakazuki se réveilla au beau milieu de la nuit en sentant du mouvement à ses côtés. Il ouvrit les yeux pour voir sa compagne, encore habillée de son uniforme, s'allonger et souffler. Elle regarda ensuite dans sa direction et lui lança un regard désolé.
« Excuse-moi. Je t'ai réveillé. »
Il se perdit un instant dans son regard avant de hocher négativement la tête.
« Ce n'est rien. »
Il continua de la contempler alors qu'elle fermait les yeux, déjà prête à rejoindre les bras de Morphée.
Il hésita entre se rendormir lui aussi ou la questionner. Après tout, cela faisait une semaine qu'elle avait disparu sans prévenir. Cela lui arrivait de temps en temps mais, récemment, elle était de plus en plus absente et cela commençait à sérieusement l'inquiéter. Il en avait discuté une fois avec Dragon mais ce dernier était resté évasif, parlant à chaque fois de missions qu'elle devait faire, sans plus de détails. Etant son supérieur, il aurait dû être mis au courant pourtant, mais aucun rapport ne lui était parvenu. Même le père de sa subordonnée ignorait ce qu'il se passait, pas qu'il s'en souciait réellement de toute façon. Lorsqu'il lui avait fait part de ses inquiétudes, il avait seulement ri avant de répliquer qu'elle était assez grande pour s'occuper seule d'elle-même.
En bref, seuls Army et son frère semblaient être au courant de ces ''fameuses missions''.
Frère qui d'ailleurs, entra juste après dans leurs appartements.
« Army, nous n'avions pas fini. »
Il sentit la susnommée se crisper avant de pousser un soupir de résignation. Army se releva et commença à se diriger vers son frère. Cependant, Sakazuki lui attrapa le bras et défia du regard Dragon.
« Elle a besoin de repos. Je ne sais pas ce que vous faisiez mais vous pourrez continuer demain. »
A cette réplique, Dragon plissa les yeux. Sakazuki ne lui laissa toutefois pas le temps de répondre et reprit.
« J'imagine que c'est avec toi qu'elle est restée cette semaine... ainsi que toutes les fois précédentes. Elle est fatiguée. Repasse demain. »
Dragon ouvrit la bouche, prêt à répliquer mais Army se dégagea de sa prise et s'avança près de Dragon.
« Je reviens. »
Son frère sortit, rapidement suivie par elle et tous deux disparurent lorsque cette dernière ferma la porte derrière eux.
Sakazuki resta assis sur son lit, les bras ballants, tout sommeil envolé. Il fronça les sourcils, enfila un gilet et sortit à son tour. Ils avaient cependant déjà disparu. Il partit donc à leur recherche, s'aidant de son Haki pour les repérer. Il eut toutefois du mal, les Monkey D étant tous deux particulièrement doués pour se faire discrets. Il les retrouva finalement une dizaine de minutes plus tard dans la partie de la base en travaux, semblant en pleine conversation.
« Je suis fatiguée. Pour le moment, je veux juste aller dormir. »
De son emplacement, il entendait à peine leur conversation. Il n'entendit pas la réponse de Dragon ni les quelques répliques suivantes. Il put néanmoins voir Dragon s'approcher de sa sœur et la prendre dans ses bras avant d'entendre, cette fois assez distinctement.
« Bientôt... Bientôt ce sera fini. Tu n'auras plus à utiliser ton pouvoir pour ça.
-... Tu dis ça à chaque fois.
-Et je compte bien tenir parole. »
Il vit ensuite Army semblant hésiter avant de lui rendre son étreinte. Il put sans mal distinguer de légers tremblements venant d'elle et fut tiraillé par l'envie de la réconforter. Il dut néanmoins se résoudre à laisser Dragon consoler sa sœur, ne voulant pas révéler sa présence et montrer qu'il les avait suivis.
Vu leur état, il n'apprendrait rien de plus. Sakazuki décida donc de retourner à ses appartements tant qu'il n'était pas encore repéré. Il entra rapidement, retira son gilet et s'allongea pour l'attendre.
Army revint une vingtaine de minutes plus tard, sans son frère. Elle s'allongea silencieusement à ses côtés et, sans une parole, Sakazuki passa un bras autour de sa taille afin de la rapprocher. C'était tout ce qu'il pouvait faire pour la réconforter.
Army partit en mission deux mois après. Si ses départs l'inquiétaient, au moins, cette fois, la mission était bien dans le cadre de son travail et consistait en une simple arrestation.
Alors qu'il était en pleine rédaction d'un rapport, son Den Den sonna. Il décrocha et entendit la voix de la femme de ses pensées.
« Sakazuki ? J'ai complètement oublié... «
Le dit Sakazuki esquissa un bref sourire. Malgré son inquiétude, ses échanges avec elle l'amusaient toujours autant.
« Le linge ? J'avais remarqué. Je m'en suis occupé, ne t'en fais pas.
-Ah oui, il y avait ça. Mais ce n'était pas ça. J'ai complètement oublié de te dire que je t'aime. »
Si Sakazuki avait bu son café à ce moment-là, il l'aurait certainement immédiatement recraché. A la place, il se contenta d'ouvrir et de fermer la bouche, ne sachant pas quoi répondre.
« Bonne journée Sakazuki.
-A... Attends un instant. Quoi ?
-Hm ? Il y a eu des interférences ? Je t'aime, articula-t-elle plus lentement.
-... Pourquoi ?
-Te le dire ? Oui, moi aussi je trouvais ça ridicule. On le sait tous les deux alors je ne vois pas l'intérêt mais Borsalino m'a assuré que tu te sentirais mieux après.
-... Quoi ?
-Il a remarqué que tu semblais morose alors il est venu me parler. Je t'épargne les détails de la conversation mais, en gros, à un moment, je lui ai fait comprendre que je ne t'avais jamais dit ces trois mots et il a semblé outré et choqué. Il m'a alors répliqué que ce devait être à cause de ça et m'a fait promettre de te le dire. Mais j'ai oublié, excuse-moi. »
En entendant cette réplique, Sakazuki se massa les tempes.
C'était vrai qu'il y avait pensé après que Dragon lui eut posé la question. Mais ce moment avait été bref et il avait vite relégué cette pensée au second... Plutôt au millième rang.
« Hm. Ce n'est rien. Cet idiot... Je vais lui parler pour qu'il ne pense pas à te remettre des idées pareilles dans la tête. Bonne journée Army.
-D'accord. A ce soir. »
Il vit le Den Den se couper et se leva. Il devait maintenant aller dire deux mots à son excentrique ami.
Quelle idée il a eu... Penser que trois mots suffiraient à balayer mes inquiétudes...
Un léger sourire naquit sur ses lèvres, sourire qu'il tenta de faire disparaitre non sans mal.
... Le pire étant que ça fonctionne vraiment.
Il se gifla mentalement et ferma le dossier devant lui avant de quitter son bureau.
Le soir même...
Alors qu'il travaillait, Army entra silencieusement dans son bureau. Il ne la remarqua donc seulement quand elle arriva devant lui. Il leva les yeux et lui sourit, sourire qu'elle lui rendit avant de s'approcher et de l'embrasser brièvement.
« Bonsoir Sakazuki
-Bonsoir Army. »
Elle garda son sourire et fit demi-tour pour certainement aller s'installer sur le canapé mais il l'en empêcha en l'attrapant par le bras afin de la ramener près de lui. Il l'enserra par la taille et pose sa tête sur son épaule, la faisant légèrement rire.
« Mais que fais-tu ?
-Hm... Je t'aime. »
Army haussa un sourcil, montrant son questionnement muet. Tout ce qu'il trouva à dire fut :
« Je ne t'avais pas répondu quand tu me l'avais dit.
-... Je comprends mieux pourquoi on le dit.
-Pardon ?
-Pourquoi on dit ''je t'aime'' alors que tout le monde le sait.
-Et... Pourquoi donc ? »
Elle sourit alors et s'approcha.
« Parce ça fait toujours plaisir de l'entendre et ça met de bonne humeur. »
Elle posa ensuite son front contre le sien et souffla doucement.
« Je t'aime. »
Il n'en fallut pas plus pour que toute retenue de sa part s'estompe. Sakazuki rendit nulle la distance qui les séparait et happa aussitôt ses lèvres dans un baiser langoureux tout en pensant à la suite plus que probable.
Le canapé devrait faire l'affaire...
Sakazuki se réveilla le lendemain matin, dans son lit, encore à moitié dans ses songes. Il tourna la tête pour voir le corps à moitié recouvert de sa compagne. Il se redressa doucement, remonta la couverture sur elle et se prépara pour aller travailler.
« Hm... »
Il s'arrêta en plein boutonnage de chemise et se tourna vers le lit. Un vague marmonnement émergea de sous les draps.
« Sakazuki ? »
A l'entente de son nom, ce dernier s'approcha du lit et s'assit au bord, ayant tout le loisir de voir la jeune femme s'éveiller doucement.
« Hmm... Bonjour... »
Elle se redressa, laissant la couverture glisser légèrement, avant de poser brièvement ses lèvres contre les siennes.
« Bonjour. Repose-toi encore un peu. La nuit a été... mouvementée. »
Pour toute réponse, elle rigola doucement et se rallongea, le laissant terminer de se préparer. Il se dirigea ensuite vers la porte mais, avant de sortir, Army l'interpela une nouvelle fois. Il se retourna.
« Hm ? »
Army le regardait. Elle lui sourit et parla doucement.
« Joyeux anniversaire Sakazuki. »
Sakazuki haussa un sourcil avant d'écarquiller légèrement les yeux ce qui fit de nouveau rire sa compagne.
« Je me doutais que tu avais oublié.
-Hm. »
Sakazuki ne s'offusqua pas de la légère moquerie et lui sourit avant de revenir vers elle, se pencher et l'embrasser doucement.
« Merci. Ai-je droit à un cadeau ?
-Hm. Je n'ai pas eu le temps de te trouver un réel cadeau. Je n'ai qu'une rose à t'offrir. »
Elle pointa le doigt en direction de la table de chevet. Sakazuki tourna la tête pour voir une rose rouge tranquillement installée dans un vase. A se demander comment il avait fait pour ne pas la remarquer plus tôt.
« Elle est très belle.
-Je le sais. C'est ta fleur préférée.
-C'est vrai... Mais c'est ta couleur préférée. »
Elle lui sourit.
« Tu t'en souviens.
-Bien entendu. Et puis, il n'y avait pas mille réponses étant donné que ma couleur préférée est le blanc.
-Marine jusqu'au bout des ongles.
-Toujours. »
Il l'embrassa une fois de plus et se redressa, prêt à sortir. Elle l'arrêta cependant une nouvelle fois puis parla d'une voix plus basse.
« Un autre cadeau. Sors par la fenêtre et reviens devant la chambre après t'être cherché deux seaux d'eau. De mer de préférence. »
Il haussa un sourcil mais obtempéra. Après avoir sauté par la fenêtre pour atterrir tout en souplesse sous le regard médusé de quelques soldats, il revint avec deux seaux remplis jusque devant leur chambre... Et eut la surprise de voir ses deux collègues vice-amiraux devant cette dernière, tenant des confettis, de la farine et, dans un seau, une substance semblant entre le liquide et le visqueux.
Il se dirigea silencieusement vers eux, toussota légèrement puis, alors que Borsalino et Kuzan se retournaient, il leur envoya l'eau de mer... avant de lancer également les seaux qu'il tenait sur leur tête.
Borsalino, pas très vif, et Kuzan, encore à moitié endormi, se prirent tout, perdant durant l'attaque leur propres munitions qui se retrouvèrent étalées sur le sol.
Les deux comparses se regardèrent, semblant tous deux avoir besoin d'assimiler l'information. Sakazuki, quant à lui, rigola franchement.
C'était en effet un très beau cadeau.
Il partit ensuite tranquillement vers son bureau, non sans leur avoir ordonné au préalable de ''ranger le bordel qu'ils avaient fait devant ses appartements''.
Ce fut donc d'excellente humeur et le sourire aux lèvres qu'il entra dans son bureau. Sourire qui disparut lorsqu'il croisa le regard du grand-frère protecteur.
Sa dernière visite remontait à son intrusion dans ses appartements et ce n'était pas forcément un bon souvenir au vu de l'échange qui avait suivi entre les deux Monkey D.
C'est donc assez méfiant qu'il s'approcha, le saluant brièvement. Dragon, loin de s'en offusquer, se comporta comme d'ordinaire. Il sortit une bouteille et la posa sur la table basse.
« ... Il n'est pas un peu tôt pour boire ?
-C'est un cadeau. Du saké venant tout droit de South Blue. Le meilleur qui existe. »
Sakazuki haussa un sourcil. Il ne connaissait que trop bien cette bouteille, l'ayant partagé avec Dragon plus d'une fois lors d'occasions comme celle-ci.
« Mais où trouves-tu le temps de passer à South Blue ?
-... Je n'y vais pas. J'ai demandé à ce qu'on me livre. Heureusement, elle est arrivée à temps. »
Il s'assit en face, à même le sol et Dragon posa deux coupes sur la table.
« Depuis quand livrent-ils ?
-Ils ne le font pas. Disons que… j'ai profité quand certains de mes hommes sont allés à South Blue pour une mission. Personne ne savait combien de temps ça allait leur prendre alors je suis plutôt fier de pouvoir te l'amener dans les temps. »
Une autre question traversa alors son esprit.
Depuis quand des soldats du Nouveau Monde effectuent des missions sur d'autres mers ?
Il préféra toutefois laisser de côté tout cela, se contentant d'être ravi de la présence de son ami. Dragon les servit puis, après avoir trinqué, ils prirent leur temps pour déguster ce délicieux saké.
Army entra alors qu'ils arrivaient à la fin de la bouteille. En voyant son frère, ses yeux endormis à cause des lunettes brillèrent légèrement.
Un miracle dont seul Dragon était capable : rendre l'éclat de son regard malgré le granit marin. C'était, en tout cas, ce qu'il avait remarqué depuis le temps.
Après un bref salut à son frère, la jeune femme s'assit sur le canapé, à ses côtés.
A croire que le canapé était la propriété des Monkey D. En effet, seuls eux deux s'asseyaient toujours dessus quand ils venaient. Borsalino préférait s'asseoir sur le bureau, ce qui avait le don de l'exaspérer, surtout lorsque son énorme derrière se trouvait sur ses dossiers.
Kuzan, quant à lui, ne voyait jamais d'inconvénient à s'asseoir ou même à s'allonger à même le sol, s'endormant d'ailleurs souvent sur celui-ci.
Même lui l'utilisait rarement, s'étant mis dessus seulement pour...
De brefs moments de la nuit dernière se jouèrent dans son esprit sans qu'il ne puisse les contrôler et le rouge lui monta aux joues. Dragon le remarqua sans mal et plissa les yeux avant de se tourner vers sa sœur.
« Ne me dites pas que... »
Il regarda une nouvelle fois Sakazuki qui semblait légèrement embarrassé. Dragon ne possédait peut-être pas le fruit de l'information mais il était loin d'être simple d'esprit, d'autant plus qu'il connaissait parfaitement les deux énergumènes à ses côtés. Un lien se fit donc rapidement dans ses pensées et c'est écœuré qu'il se leva du canapé.
« Vous n'êtes pas croyables. »
Sakazuki, à cette réplique, se sentit encore plus embarrassé. Il se tourna alors vers sa compagne, espérant sans doute un peu de soutien, mais cette dernière penchait la tête sur le côté, ne semblant pas comprendre la situation.
Foutues lunettes...
Sakazuki : 31 ans.
