Bonjour.
Deux chapitres pour aujourd'hui.
Bonne lecture à vous !
Chapitre 15
Six mois plus tard...
Sakazuki soupira. Il y pensait depuis quelques semaines déjà. Il était peut-être temps de s'engager, n'est-ce pas ?
Il y avait réfléchi durant presque deux mois, il avait acheté la bague il y a deux semaines mais il n'avait jamais trouvé l'occasion, ou le courage, de lui faire sa demande. Soit qu'ils n'avaient pas de temps entre eux, soit que le moment n'était pas propice, d'après lui. Il savait qu'il se cherchait des excuses, notamment la fois où il s'était ravisé car il n'avait pas la bague sur lui (d'ailleurs, depuis, il la garde toujours dans sa poche, bien rangée dans son étui), mais pas tout le temps.
Borsalino avait une fois fait irruption dans son bureau alors qu'il allait poser le genou à terre. Oui, il comptait faire une demande très clichée mais là n'était pas le problème. Le problème était qu'il ne trouvait pas l'occasion parfaite.
Il avait songé à l'inviter à diner, et l'avait fait... mais une famille nombreuse se trouvait près d'eux, le cadet fêtant apparemment son anniversaire. Une demande entre les braillements des enfants et la chanson ''joyeux anniversaire'' en fond n'était peut-être pas le moment le plus propice. Avec un restaurant plus chic, il n'y aurait certainement pas eu ce problème, mais Army avait étonnamment ce genre de restaurant en horreur. D'après ses dires, les personnes présentes, aussi bien les clients que les serveurs, passaient plus de temps à critiquer ou à se dévisager qu'à savourer les plats pourtant délicieux.
Il avait également pensé à l'emmener à une sortie. Cependant, il avait eu la ''brillante'' idée de la laisser choisir. Et elle avait jeté son dévolu sur un parc d'attraction. Bonne idée après tout... sauf qu'elle avait invité ses deux amis vice-amiraux... et son frère. Frère qui passa une excellente sortie avec sa compagne tandis qu'il dut surveiller que ses deux autres collègues ne se perdent pas dans la foule. Doués comme ils étaient, ils pouvaient disparaitre et on ne les aurait plus jamais revus malgré leurs trois mètres. De plus, les deux Monkey D, malgré leurs aspects calmes, préféraient de loin les manèges à sensation forte pour son plus grand déplaisir. Ce n'était pas tellement possible de faire sa demande en plein looping, d'autant plus lorsqu'un Borsalino s'accrochait à lui en criant à pleins poumons.
Toutefois, il avait cru pouvoir avoir son moment en voyant la grande roue. La nuit venait de tomber, la mer se voyait certainement d'en haut... Mais Dragon l'avait devancé en proposant à sa sœur d'y faire un tour. Cette dernière avait hoché la tête en souriant et s'était dirigée vers la grande roue. Néanmoins, alors qu'il désespérait de trouver une solution, la jeune femme avait attrapé sa main, lui intimant de faire le manège avec elle cette fois. Il pensa pouvoir enfin faire sa demande. Après tout, le tarif était pour deux tours. Il aurait bien le temps de sortir la bague. Mais à peine avait-il eu le temps de formuler cette pensée que le forain s'était montré formel : Impossible de faire monter dans la même cabine les deux géants de trois mètres et une troisième personne. Kuzan et Borsalino montèrent donc ensemble en premier tandis que Sakazuki eut le plaisir d'aller dans la cabine suivante en compagnie de Monkey D sœur... et Monkey D frère.
Vraiment, si ce n'était pas une preuve que le destin lui envoyait des signes...
Sakazuki soupira une énième fois, son stylo levé au-dessus d'un quelconque rapport.
Il n'avait jamais cru au mariage de toute façon, ne songeant même pas à s'engager. Pourquoi donc se prenait-il autant la tête ? Ce n'était qu'une simple convention. Il pouvait toujours faire sa demande de la même façon que lorsqu'il lui avait demandé de sortir avec lui. Un simple...
« Veux-tu m'épouser ? »
Exac... Minute... Quoi ?
Sakazuki leva aussitôt la tête pour rencontrer le regard vif de sa soldate. Celle-ci était tranquillement allongée sur le canapé, un livre dans la main. Il aurait presque pensé qu'il avait halluciné si elle n'était pas en train de l'observer, attendant certainement sa réponse. Remarquant son embarras grandissant, la désormais contre-amirale ferma son livre, le posa et s'assit.
« Veux-tu m'épouser ? »
C'est à ce moment qu'il remarqua qu'elle avait retiré ses lunettes.
« ... Tu as lu dans mes pensées. »
Army leva les yeux au ciel.
« Ne sois pas ridicule. Je ne sais pas lire dans les pensées. J'ai juste...
-Je sais. Tu as compris ce que je voulais dire.
-Hm. Excuse-moi. Mais ça fait depuis cinq minutes que tu ne bougeais plus, regardant dans le vague en tenant ton stylo sans écrire. Je t'ai appelé sept fois mais tu ne répondais pas. »
Sakazuki grogna légèrement, se leva et s'approcha.
« Ne t'excuse pas. C'est moi... Je te demanderai bien comment tu as fait pour deviner mais je sais très bien que ta réponse va être alambiquée. »
Il posa un genou à terre devant elle et sortit l'étui de sa poche avant de l'ouvrir
« Alors je vais simplement te demander si tu veux bien m'épouser.
-Non. »
Sakazuki ouvrit la bouche mais ses mots se perdirent.
« Tu...
-C'est moi qui te demande de m'épouser.
-... Pardon ?
-J'ai demandé en premier.
-... Es-tu vraiment en train de me faire une scène pour ça ?
-C'est très important, au contraire. C'est moi qui ai eu le courage de te faire la demande il me semble. »
Il voulut répliquer mais la lueur de malice qu'il décela dans son regard l'arrêta. Elle était très clairement en train de se moquer de lui. Il fit alors un rictus et s'approcha.
« J'attendais simplement le bon moment. J'ai essayé mais le moment n'était jamais propice.
-Il l'était là puisque je l'ai faite cette demande.
-...Moi j'ai la bague.
-J'en ai une aussi »
Cette phrase l'arrêta de nouveau un instant.
« ... Vraiment ? »
Elle hocha la tête, se leva, ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit un étui.
Un instant... Mon bureau ?
« Tu as réellement caché une bague dans mon bureau ?
-Tu n'utilises jamais ce tiroir. Je me doutais que tu n'allais pas la trouver. »
Elle s'avança de nouveau vers lui, ouvrit l'étui et le lui tendit.
« Je te le redemande : veux-tu m'épouser ? »
Sakazuki secoua la tête tout en souriant.
« Es-tu au moins au courant que c'est à l'homme de faire la demande normalement ?
-Y a-t-il une règle écrite quelque part ?
-Eh bien... Non, mais c'est la norme... »
Haussement de sourcil venant d'Army.
« Je n'en ai pas été informée. »
Un sourire fleurit sur ses lèvres.
« J'aurais dû m'en douter. »
Six mois plus tard...
« Donc... Rappelez-moi une chose. Qui a fait la demande ?
-Moi.
-Moi.
-... D'accord. »
Dragon regardait son ami et sa sœur, dans leur tenue de mariés. Il préféra ne pas développer et se contenta de les féliciter avant d'aller voir d'autres invités.
Army se tenait au bras de Sakazuki. Ce dernier regardait la salle. Il n'était pourtant pas du genre émotionnel. C'était plus du type de Borsalino. D'ailleurs, celui-ci semblait faire un remix d'une quelconque chanson populaire, terminant par un bruyant ''Nous seeeerons seeeeuls au mooonde''.
Il ne s'en formalisa cependant pas, ne comprenant même pas de quoi il parlait. Sakazuki préféra tenter de garder les pieds sur terre en se remémorant comment ils avaient bien pu arriver aussi vite à ce jour.
Les fiançailles avaient rapidement été annoncées et, avant même que grand frère protecteur ne débarque, la date avait été décidée et les préparatifs commençaient déjà, ne laissant pas l'occasion au Monkey D de tenter de convaincre sa sœur que ce mariage n'était peut-être pas une si bonne idée.
Date du mariage : le jour de l'anniversaire du marié. Ils avaient songé à la même idée. Enfin, lui avait songé à la date d'anniversaire de sa compagne. Au départ, aucun ne démordait sur sa décision initiale. Toutefois, Sakazuki dut bien céder face à l'argument incontestable de la jeune femme : Son anniversaire tombait bien trop tôt. Il fallait du temps pour préparer un mariage. De plus, lui était né pendant la belle saison. Il y avait donc plus de chance pour qu'il fasse beau le jour J. Ce fut donc, non sans rechigner, que le vice-amiral accepta sa proposition.
Le mariage s'était très bien déroulé et la fête battait son plein. Ils avaient choisi de le célébrer en petit comité et c'était déjà bien suffisant. Les soldats de la marine savaient se montrer aussi bruyants que des pirates lorsqu'un événement était fêté.
Il pensait déjà son anniversaire de l'an dernier très réussi mais cette année dépassait toutes ses espérances. Il tourna la tête vers sa... femme ? Oui, sa femme. Il tourna donc sa tête vers elle et une pensée lui traversa l'esprit.
Venaient ensuite les nuits de noce n'est-ce pas ?
A cette pensée, Sakazuki sourit. Vraiment, c'était un excellent anniversaire.
Sakazuki : 32 ans
