Chapitre 16

Sept mois plus tard...

Sakazuki commença à s'inquiéter. Cela faisait deux jours que sa femme était malade. Il avait dû annuler une mission pour elle et lui-même avait préféré laisser sa place à Borsalino pour le voyage à Marijoa.

« Vraiment... Je ne sais pas où tu vas avec Dragon à chaque fois mais il va falloir arrêter. A chaque fois que tu reviens, tu es dans un état déplorable.

-Ça va... Juste quelques jours de repos... »

Sa voix s'entendait à peine. Sakazuki soupira une fois de plus et humidifia la serviette avant de la reposer sur le front.

La sensation de froid lui fit fermer les yeux et elle soupira.

« ... C'est dans ces moments que je regrette d'être aussi chaud. »

Cette réplique eut au moins le don de faire sourire la jeune femme.

« Que racontes-tu comme bêtise encore... Tu es génial comme chauffage. »

Sakazuki roula des yeux et caressa sa tête.

« Si tu as la force pour dire ce genre de bêtise, c'est que ça ne va pas si mal finalement.

-Mais oui. Va bosser... Je sais que tu voulais aller à Marijoa.

-Je ne vais pas te laisser.

-C'est juste quelques heures... »

Sakazuki se mordit la lèvre. Il était vrai qu'il en avait parlé depuis un moment. Il désirait voir à quoi ressemblait cette fameuse Rêverie. De plus, être assigné à la protection de membres de la royauté changeait des habitudes et rencontrer quelques hommes du Gouvernement pour échanger un peu sur leurs différentes méthodes de travail pouvait toujours s'avérer utile.

Army le regarda et sourit.

« Pas besoin d'avoir mon pouvoir pour voir que tu en meurs d'envie. File... Je ne vais pas mourir pendant ton absence tu sais. »

Cette phrase lui arracha un léger rire. Il l'embrassa sur le front, se leva et commença à se préparer. Army le regardait faire sans bouger. Une fois fait, il se tourna encore une fois vers sa femme.

« Appelle-moi au moindre souci. »

Elle hocha la tête et lui sourit. Elle attendit ensuite qu'il disparaisse de son champ de vision avant de perdre son sourire et se pencher vers une bassine pour y régurgiter le peu de repas qu'elle avait pu avaler.


Sakazuki revint tard dans la nuit. En entrant dans ses appartements, il trouva Army dans la même position. Il s'approcha et posa une main sur son front. La température avait heureusement baissé. Il souffla, se changea et s'allongea à côté. Il vit alors Army ouvrir les yeux et le regarder. Il tendit la main et caressa légèrement sa joue.

« Ça va mieux ? »

Elle hocha la tête et se cala contre lui.

« Tsuru est passée. C'est toi qui lui as demandé de venir, n'est-ce pas ?

-Hm... »

Elle sourit et passa ses bras autour de lui.

« Tout va bien. J'irai mieux dès demain. »

Sakazuki hocha brièvement la tête. Il était inutile de s'inquiéter.


Un mois plus tard...

« Que lui as-tu fait ? »

Dragon se trouvait dans le bureau de Sakazuki, assis sur le canapé, comme à son habitude. Il buvait son café, prenant le temps pour lui répondre.

« Rien. Pourquoi ?

-Ne te moque pas de moi. Elle va peut-être mieux mais elle est beaucoup moins en forme qu'avant. Alors j'aimerais savoir ce que vous faites lorsqu'elle disparait.

-Je n'ai rien à voir avec ses disparitions, tu sais.

-Nous savons tous les deux que si. »

Sakazuki soupira.

« Ecoute. Ta sœur ne va pas bien. Tu l'as bien vu. Essaie au moins de faire en sorte que ses disparitions soient moins fréquentes.

-Hm... Crois-moi. C'est ce que j'essaye de faire depuis longtemps. »

Sakazuki fronça les sourcils. Il ne releva cependant pas et souffla.

« Tu as quelque chose contre les nausées sinon ?

-Les nausées ? »

Sakazuki hocha brièvement la tête.

« Elle se plaint de nausées, elle a des vomissements et elle se fatigue vite. Si au moins on pouvait trouver quelque chose pour l'alléger un peu. »

Dragon le dévisagea alors avant de se pincer l'arête du nez.

« Je rêve... »

Cette réaction mit Sakazuki dans une totale incompréhension. Il n'eut toutefois pas l'occasion de s'en préoccuper car son Den Den sonna. Il regarda rapidement avant de décrocher.

« Sakazuki ? Excuse-moi de te déranger. On va bientôt accoster alors je n'ai pas trop le temps. J'ai complètement oublié de rendre un dossier à papa. La date butoir est aujourd'hui car après il retourne à sa base d'East Blue. Tu pourras le lui transmettre s'il te plait ?

-Bien sûr, je m'en occupe.

-Merci. Ah oui, tant que j'y pense, avant d'oublier de nouveau : je suis enceinte. A ce soir. »

Puis elle raccrocha. Il y eut un blanc de quelques minutes au sein du bureau, Sakazuki n'assimilant pas pleinement l'information.

Quoi ?

Il regarda Dragon qui haussait un sourcil sans pour autant avoir l'air étonné, contrairement à lui.

« ... Quoi ? »

Haussement d'épaules de la part du frère Monkey D, semblant signifier ''C'est Army. A quoi d'autre t'attendais-tu ?''. Dragon prit ensuite son propre Den Den pour appeler sa sœur. L'escargot sonna quelques instants avant que la voix d'Army ne se fasse entendre.

« Dragon ?

-Bonjour Army. Il faudrait que tu rentres à Marineford.

-Je suis en pleine mission. Peux-tu attendre ?

-Moi oui. Mais ton mari, peut-être pas. »

La dernière phrase sortit Sakazuki de sa torpeur qui se leva brusquement pour s'approcher du Den Den.

« Annule la mission et rentre immédiatement à Marineford. C'est un ordre. »

L'ordre était pressant et sans appel. Il vit alors le Den Den faire un bref mouvement de tête.

« J'arrive rapidement. »

Elle raccrocha et Sakazuki se laissa tomber sur le canapé, aux côtés de son ami.

« ... Ce n'est pas une façon d'annoncer une telle nouvelle.

-Hm. Il y a pire, papa poule. »

Sakazuki prit aussitôt un air outré et grogna légèrement.

« Ça n'a rien à voir. C'est juste que je n'allais pas laisser une femme enceinte effectuer des missions.

-Bien sûr. »

Lorsqu'Army arriva, une heure et quarante-trois minutes plus tard (Sakazuki avait compté), c'est un mari inquiet et faisant les cents pas qu'elle retrouva, ainsi que son frère, se pinçant pour la énième fois l'arête du nez en demandant à son collègue de se calmer.

A peine fit-elle un pas dans le bureau que les deux têtes se tournèrent vers elle. Sakazuki fut le premier devant elle, la serrant dans ses bras. Elle haussa un sourcil et releva ses lunettes pour le regarder. Ce qu'elle vit sembla l'amuser car elle rit avant de l'embrasser sur la joue.

« Tout va bien. Je vais bien. Nous allons bien. D'accord ? Je penserai à t'annoncer ce genre de nouvelle avec plus de tact la prochaine fois.

-Parce qu'il y aura une prochaine fois ?

-Pourquoi pas. »

Sakazuki ne sut dire à cet instant quels sentiments le submergeaient mais Army sembla aisément le comprendre car elle prit ses mains et les serra doucement. Il regarda leurs mains jointes et ce simple geste l'apaisa aussitôt.

« Tout va bien se passer.

-... Je sais.

-Eh bien... J'imagine que des félicitations s'imposent. »

Les deux mariés se tournèrent vers Dragon. Army l'observa puis lui sourit et le serra dans ses bras.

« Je te préviens, si c'est un garçon, je vole l'idée de ta femme.

-Hors de question. Elle tient à avoir un petit Luffy.

-Hm. Bien. De toute façon j'aurai une fille. »

Le grand-frère rigola et caressa sa tête.

« Comme si ça se décidait.

-Je t'assure. Je suis têtue.

-Bien sûr. »


Deux mois plus tard...

Sakazuki venait de terminer le déménagement. Il avait interdit à Army de soulever ne serait-ce qu'un seul carton. Il s'était donc débrouillé seul une bonne partie du temps, acceptant l'aide de ses comparses de temps à autre. Cependant, il commençait à fatiguer. Deux déménagements en deux mois étaient beaucoup même pour lui.

En effet, ils avaient déménagé une première fois dans un appartement situé dans le centre de Marineford. Toutefois, du fait de sa taille, il manquait à chaque fois de se cogner en passant par une porte. Il aurait bien sûr pu s'y accoutumer mais la véritable raison de leur départ de Marineford était le côté travailleur acharné de sa femme. S'il n'y voyait pas d'inconvénient d'ordinaire, étant même fier d'avoir quelqu'un d'aussi sérieux que lui à ses côtés, cela lui posait cette fois un gros inconvénient. La jeune femme avait la fâcheuse tendance à passer discrètement à la base pour s'octroyer des missions ou des dossiers. Elle avait pu le faire un mois entier avant que, pris d'un instinct soudain, il s'était levé de son bureau pour aller dans celui de sa femme, censée être absente car étant normalement à l'appartement. Aussi avait-il eu la surprise de la voir remplir de la paperasse, tranquillement allongée sur le canapé de son propre bureau. Il avait alors eu l'idée de cet éloignement temporaire, histoire de l'écarter, par la même occasion, de tout stress, son pouvoir s'étant en plus encore plus développé. Dorénavant, même les lunettes ne parvenaient pas à annuler complètement les effets de son pouvoir.

Le corps d'une femme enceinte était vraiment pour le moins étrange.

Il se trouvait donc à tout installer dans une maisonnette, sur une petite île tranquille et perdue de West Blue et dont la base la plus proche se trouvait à deux heures en navire lorsque les conditions climatiques étaient les plus favorables. Bien entendu, il devait du coup faire un trajet conséquent pour aller au travail mais c'était seulement le temps de la grossesse et il fallait au moins ça pour dissuader la jeune fille de travailler. Et puis, il n'avait pas besoin de se rendre tous les jours dans une base. Il pouvait s'occuper d'une majorité de dossiers de chez lui, ne devant s'absenter que pour rendre les dossiers les plus confidentiels en main propre ou pour les missions.

Alors qu'il terminait de déplacer les derniers meubles du salon, Army soupira.

« Tu sais, je suis enceinte, pas handicapée. Je peux déplacer quelques objets sans devoir aller aux urgences après. »

Sakazuki tourna la tête dans sa direction, prêt à répliquer mais son regard fut happé par le sien, plus vif que jamais. Les lunettes ne faisant plus l'effet désiré, elle les avait retirées depuis belles lurettes. Malgré le temps passé à ses côtés, ce regard, aujourd'hui plus expressif que jamais, continuait et continuerait certainement à le séduire encore longtemps. Cependant, il put baisser son regard pour observer son ventre dont la légère rondeur commençait à être visible. Cette vision lui confirma qu'il prenait la bonne décision en la ménageant. Elle portait le bébé, il portait les cartons. C'était une juste répartition et même ce vif regard dont elle avait le secret ne lui ferait pas revoir sa position.


C'est tout pour aujourd'hui. On se retrouve donc demain pour les deux derniers chapitres.
On m'a dit qu'il valait mieux prévenir à l'avance : la joie ne sera pas vraiment au rendez-vous (On est quand même sur une histoire expliquant la colère, l'aigreur et le côté extrême constant de l'amiral au magma). C'est en grande partie à cause de ces deux derniers chapitres que j'ai pris la précaution de noter cette fanfiction en T.
J'espère quand même que ça vous plaira et à demain !