Bonjour.
On arrive sur la fin. J'espère tout de même que vous apprécierez.
Bonne lecture à vous !


Chapitre 17

Deux mois plus tard...

Sakazuki se leva au doux son des vagues. La maisonnette se trouvait en bordure de mer et c'est donc chaque matin qu'il se levait en même temps que la marée. Army, elle, nullement gênée par le bruit, dormait paisiblement. Du moins d'ordinaire. Ce matin, elle ne se trouvait pas à ses côtés. Il s'assit rapidement et regarda autour de lui. Une odeur de café et de croissant se fit sentir et il haussa un sourcil tandis que la porte de la chambre s'ouvrit.

« Bonjour Sakazuki...

-Bonjour. En quel honneur est ce délicieux petit-déjeuner ?

-Ton anniversaire peut-être ?

-Déjà ?

-Ça passe vite. Tu es vieux maintenant.

-... Pour ma défense, on ne se rend pas compte des jours qui passent ici.

-Moui. Profite de ton petit-déjeuner au lit. »

Elle posa le plateau qu'elle tenait et s'assit à ses côtés.

« Tu manges avec moi.

-Bien entendu. »

Ils mangèrent et passèrent tranquillement la matinée ensemble. Sakazuki resta à ses côtés alors qu'elle brodait sur une nappe.

« ... Tu as vraiment des passions de mamie. »

Army rigola et lui tira la langue.

« Figure-toi que c'est Dragon qui me l'a appris. Et puis il faut bien que je m'occupe comme monsieur refuse que je touche à un seul dossier.

-Hm. Je refuse à juste titre. »

Elle roula des yeux, l'embrassa brièvement et reprit. Sakazuki regarda sa création et put apercevoir un ''Na'' brodé en bleu.

« Na ?

-Le début du prénom. Je n'ai pas encore la suite. »

Sakazuki haussa un sourcil.

« C'est comme ça que tu comptes choisir un prénom ?

-Bien sûr. Ça commencera par Na. J'en suis sûre.

-Je vois... Un garçon ? »

Army l'observa un instant puis sourit.

« Ce n'est pas parce que j'utilise du bleu que ça va être un garçon. Ça sera une fille. Je suis sûre de moi. »

Sakazuki rit légèrement et l'embrassa sur la tempe.

« Je n'en doute pas un instant. »

Peu avant midi, il entendit un Den Den sonner. Il tourna la tête en direction de la jeune femme qui, sans lever les yeux de son ouvrage, marmonna un vague :

« Pas le mien. »

Il se leva alors pour aller répondre.

« Vice-amiral Sakazuki. J'écoute.

-Yo.

-... Kuzan. Qu'y a-t-il ?

-Désolé du dérangement mais heu... mission.

-Aujourd'hui ? Il le faut vraiment ?

-Oui. Risque de Buster Call. Tu es le vice-amiral le plus proche. Cinq heures d'ici.

-Hm... Je vois. Mais...

-Vas-y. »

Il tourna la tête pour regarder sa femme.

« Je n'en suis qu'au cinquième mois. Le bébé ne va pas venir maintenant.

-Hm... Mais...

-Je ne vais pas m'enfuir ou m'envoler pendant ton absence. Ne t'en fais pas.

-... D'accord. »

Il se tourna de nouveau vers le Den Den.

« Je fais au plus vite.

-D'acc. A toute. »

Il posa son Den Den et prépara ses affaires rapidement. Une fois fait, il retourna auprès d'Army et l'embrassa rapidement.

« Je reviens au plus vite.

-Prends ton temps. Un Buster Call, ce n'est pas anodin.

-Je sais. Je tâcherai d'être à la hauteur. »

Army sourit.

« Tu l'es déjà. Ce ne sont que des rumeurs pour le moment mais on te destine au poste d'amiral. Je ne doute pas un instant de ça. »

Sakazuki sourit à son tour, mit sa casquette et sortit de la maison.


A mi-chemin de l'île où allait se dérouler le Buster Call, son Den Den sonna. Il décrocha, déjà prêt à entendre le fameux ''j'ai oublié''. Cependant, cette fois, ce ne fut pas le cas. Il n'entendit d'abord rien puis un lointain.

« Sakazuki... »

Toute bonne humeur envolée, Sakazuki regarda son Den Den.

« Army ? Tout va bien ? »

Il entendit un bruit sourd, comme une masse qui s'abat puis une autre voix se fit entendre, masculine.

« Hey, petit vice-amiral. Tu ne dois pas te souvenir de moi alors laisse-moi te rafraichir la mémoire. Je suis le fils d'un pirate que tu as abattu. Tu l'as tué devant moi puis tu as joué le bon samaritain devant cette pouffiasse en me laissant en vie. Tout ça pour ses beaux yeux, hein ? Je vais te montrer que jouer au gentil, alors qu'on sait tous les deux que tu es un monstre, aura été ta plus grande erreur. »

Nouveau coup, suivi d'un gémissement. Sakazuki serra les poings à s'en faire blanchir les phalanges. Il ordonna de faire demi-tour. Les soldats ne purent cependant pas obéir. Les ordres du Gouvernement avaient été clairs : l'emmener au lieu du Buster Call dans les temps. Il appela alors la base la plus proche tout en sachant que deux heures seraient beaucoup trop longues.

« Tsk. Ne te fatigue pas inutilement. J'en aurai fini le temps qu'ils arrivent, même en prenant tout mon temps. »

Une vidéo s'afficha alors et démarra dès sa réception. Il ne put que voir, impuissant, la lame d'un couteau entailler le bras de la jeune femme. Cette dernière ne cria cependant pas, serrant les dents et fusillant du regard le caméraman.

« Fumier. »

Cette insulte avait été prononcée par Sakazuki au moment même où sa femme le disait dans la vidéo. Il aurait presque ri de cette étrange coïncidence si Army n'était pas menacée.

« Tu as pu voir alors ? Parfait. On va bien s'amuser. Déjà, si tu trouves le moyen de faire demi-tour, je le saurai, et je n'hésiterai pas à lui trancher immédiatement la gorge, compris ? Tu vas gentiment te rendre à ta petite mission et me laisser faire la mienne. »

A cette réplique, Sakazuki fronça les sourcils. Il entendit ensuite un cri mal étouffé et il ne put que crier lui-même.

« Army !

-Oula. A combien de mois en est-elle ? Cinq ? Six ? Peut-être un peu tôt pour faire sortir le petit bout, hein ?

-Ne t'avise pas de...

-Les toucher ? Sinon quoi ? Tu vas me tuer par la pensée ? Je ne fais qu'un juste retour des choses. Tu m'as pris tes parents. Je vais donc te prendre ton bébé. »

Bruit de couteau qu'on aiguise.

A cet instant, Sakazuki eut un déclic. Dragon lui avait parlé d'un voyage à West Blue. Avec de la chance...

En panique, il prit un autre Den Den et l'appela. Les secondes semblèrent interminables alors qu'un autre cri se fit entendre.

« ... Oui ?

-Dragon ! Je t'avais envoyé la position de la maison ! Si tu es proche, vas-y immédiatement ! »

Dragon mit du temps à répondre. Il pouvait entendre des cris en fond et des lames qui s'entrechoquaient mais, contrairement à ce qu'il pensa sur le coup, ces bruits ne venaient pas du Den Den qui communiquait avec Army mais celui en transmission avec Dragon.

« ... suis à vingt minutes... impossible d'y aller main...

-Vas-y tout de suite ! Army... »

Grésillement. Communication coupée.

Sakazuki pesta fortement tandis qu'un rire s'éleva.

« Il faut croire que la chance est de mon côté. Quel dommage pour toi. »

Puis plus rien pendant plusieurs secondes qui semblèrent interminables.

« Mes félicitations vice-amiral. C'est une fille. »

Bruit d'une bouteille qu'on ouvre puis d'un liquide déversé.

« Tu sais... Si je coupe le cordon... Oups. Mes condoléances. »

Non...

« A ton avis, qui brûle en premier. Un bébé ou une femme ?

Bruit de gaz ouvert.

Non...

Tout en lui criait, cependant, il resta les bras ballants, observant le Den Den qui prenait les airs du pirate et se moquait ouvertement de lui.

Impuissant. Il ne pouvait absolument rien faire. Les renforts n'arriveraient que dans deux heures si ce n'est plus et Dragon n'allait sûrement pas y aller immédiatement. Il ne pouvait qu'écouter les rires de ce pirate...

« Hm… Donne-moi une raison d'être indulgent envers ta femme. Oh, je sais ! Si tu me supplies et m'implores de te pardonner, je la laisserai vivre. Elle a été foncièrement gentille, elle. Elle mériterait une chance. »

Fils de pirate... Ils poussaient comme de la mauvaise herbe.

Soudain, bruit de verre brisé, masse qui tombe puis grésillements.

Le Den Den prit alors un visage et une voix qu'il ne reconnaissait que trop bien, malgré la faiblesse de cette dernière.

« Hey... »

Il ouvrit la bouche un instant mais la referma, incertain de savoir quoi dire.

« Sakazuki... Ça va aller... d'accord ? »

Sakazuki se mordit violemment la lèvre, s'en voulant de, non seulement n'avoir pas pu la protéger, mais en plus de ne pas pouvoir la réconforter. Et voilà qu'en plus c'était elle qui le rassurait.

« Continue ta mission... Les secours seront plus rapides que toi... de toute façon... Tu me rejoindras après, d'accord ? »

Ne pouvant toujours rien dire, il hocha simplement la tête.

« Ne te presse pas. Tu as le temps... Je ne suis pas loin. On t'attendra. »

Sa gorge sembla se nouer et il ne put qu'acquiescer une nouvelle fois.

Il entendit alors un léger rire.

« Avec tout ça... J'ai complètement oublié de te donner ton cadeau... Je n'ai toujours pas pu aller faire les boutiques... alors cette année, c'est encore une rose rouge... J'espère que tu ne m'en veux pas... Oh, et avant que je n'oublie aussi... Joyeux anniversaire Sakazuki. Je t'... »

Violent bruit, grésillement. Contact coupé.

Les soldats qui s'étaient attroupés autour de lui l'observèrent. Sakazuki ne dit rien, ne semblant même pas les remarquer. Il marcha sur le pont, dans un état second, et s'assit sur une chaise. Casquette vissée sur sa tête, capuche remontée, une seule pensée parvenait à traverser son esprit embrumé.

Continuer la mission...

Les soldats se regardèrent puis se mouvèrent comme un seul homme. Les ordres étaient les ordres. Arriver dans les temps et se préparer au possible Buster Call.

Ils arrivèrent trois heures après près de l'ile qui allait être bombardée : Ohara. Ils n'attendaient que le signal du Den Den doré. Signal qui n'allait sans doute pas tarder.

Un Den Den se fit alors entendre. Par automatisme, Sakazuki décrocha.

« Vice-amiral Sakazuki. Nous sommes sur les lieux. Nous tenons à vous exprimer nos plus sincères condoléances... La maison a explosé, sans doute à cause de gaz. Pour le moment, il est impossible de nous approcher. Nous tentons d'éteindre ce qu'il reste du feu mais... je doute que quelqu'un ait survécu. Un rapport vous sera envoyé dans les plus brefs délais. »

Sans répondre ni changer d'expression, il raccrocha. Il arborait une neutralité sévère, anormale, de celle qui vous clouait sur place.

A ce moment, le signal pour le Bustel Call fut donné. Il baissa un peu plus sa casquette, laissant le navire s'approcher de l'ile.

Continuer la mission...

« Tirez. »

L'ordre avait été donné. Aussitôt, une pluie de boulets de canon s'abattit sur l'ile, la ravageant un peu plus à chaque fois. A ce moment, le navire transportant les civils partit, s'éloignant de l'ile.

Sakazuki l'observa longuement, comme déconnecté. Puis, un deuxième ordre se fit entendre de sa part.

« Tirez sur ce navire.

-Mais, vice-amiral...

-J'ai dit : Tirez ! »

L'ordre avait été grondé, sans appel. Sakazuki lança une réplique qui sera, par la suite, tristement célèbre à la suite de l'annonce de l'incident d'Ohara.

« Nous devons être minutieux ! Si même un seul de ces érudits s'échappait, tous les sacrifices que nous avons faits auront été vains ! Nous devons éliminer l'existence même de ce "mauvais" existant ! »

Sakazuki ? 33 ans.