Bonjour à tous !

Ça fait plusieurs années que je n'ai pas posté sur ce site. Je n'édite plus ici, mais je n'ai pour autant pas arrêté l'écriture. Aujourd'hui, j'édite principalement sur mon blog, mais aussi parfois sur le site Wattpad.

Pour ceux qui m'ont toujours dans leur notification, j'imagine que vous vous demanderez pourquoi je suis revenue. Eh bien, c'est pour fêter mes 20 ans d'écriture.

Déjà 20 ans, le temps passe vite. Le 10 août 2002, je commençais ma première fanfiction Gundam Wing « Je n'ai pas le droit », le 11 août, je crée mon profil et le 12 août, j'éditais le premier chapitre.

Alors, pour marquer le coup, je me suis dit, pourquoi ne pas écrire un nouvel OS Gundam Wing et l'éditer sur le site, 20 ans jour pour jour.

Je ne sais pas si vous serez nombreux à lire cette histoire, mais pour ceux qui le feront, j'espère qu'elle vous plaira.

PS : Je vais éditer mon profil, avec les liens de mon blog sur lequel j'édite toutes mes fanfiction, mes romans et mes dessins, ainsi que le lien de mon Wattpad où j'édite quelques fanfictions (notamment My Hero Academia) si ça en intéresse quelques-uns.

Je vous souhaite à tous une bonne lecture !

20 ANS

(Du Mercredi 13 juillet 2022 au Jeudi 14 juillet 2022

-Tu es en retard.

-Bonjour à toi aussi, dis-je en ignorant cette phrase acerbe alors que je viens à peine d'arriver.

Il ne dit rien, comme d'habitude. Je viens à peine d'arriver et je constate déjà qu'il n'a pas du tout changé. Je m'installe sur le tabouret à côté de lui et commande un verre de vin blanc au barman, qui ne tarde pas à me servir. En attendant, il n'a toujours rien dit. Je m'en amuse, car je n'arrête pas de le fixer depuis que je suis arrivé et je sais que ça l'agace. Il a toujours ce regard froid, même s'il ne me regarde pas. Je le vois dans le miroir qui se trouve derrière le bar.

-Toujours aussi peu loquace, dis-je en souriant. Je pensais qu'avec le temps tu aurais fini par te décoincer un peu. La princesse n'a pas réussi à te dérider ?

-La princesse ?

-Réléna.

-Ah ! Non ! Ça fait plusieurs années que je ne l'ai pas vu.

-Elle aussi, je constate avec surprise. Alors qu'as-tu fait durant ces vingt dernières années, si tu ne les as pas passés près d'elle ?

-J'ai voyagé.

-Durant vingt ans ?

-Oui.

-Et tu as vu de belles choses ?

-Oui.

-C'est marrant, je pensais vraiment que tu resterais près de Réléna comme garde du corps ou autre chose. Mais bon, c'est vrai qu'on a tellement vu du pays durant la guerre, j'imagine que tu as eu envie de prendre un peu de repos, au calme.

Il ne dit rien, encore une fois et je soupire. Quand il me répond par monosyllabe comme ça, ça me donne l'impression qu'il n'en a rien à faire de moi. Alors, dans ce cas, pourquoi avoir accepté de me revoir ?

Durant ces vingt dernières années, je n'ai pas arrêté de penser à lui. J'essayais de repérer un signe de lui dans les médias, quand Réléna passait à la télé. J'étais persuadé qu'il allait rester près d'elle et finalement, je comprends mieux maintenant, pourquoi je ne l'avais pas trouvé. Je le cherchais du regard, mais je n'ai jamais osé le contacter jusqu'à aujourd'hui pour savoir où il se trouvait exactement.

A vrai dire, si je lui ai envoyé un message sur ce vieux numéro que j'avais encore en mémoire dans mon téléphone, c'est parce que, je l'ai aperçu la veille dans la même ville que moi, dans le coin d'une rue. A ce moment-là, j'ai cru avoir rêvé et je l'ai suivi sans m'en rendre compte.

Quand j'ai compris que c'était bien lui, j'ai sorti mon téléphone, par reflexe et je l'ai appelé. Il m'a répondu, et j'avoue que je suis resté un moment interdit au téléphone, incapable de parler, ce qui est loin d'être mon genre. Mais là, entendre sa voix à nouveau, c'était comme un rêve. Quand il a dit qu'il allait raccrocher, j'ai enfin parlé, et je lui ai proposé ce rendez-vous. Et me voilà, assis à côté de lui, vingt ans après.

-C'est ce que j'ai fait, dit-il finalement.

-Pardon ?

-J'ai voyagé et je me suis reposé.

-Ah, eh bien tant mieux. Et tu es revenu dans le coin pour une raison ?

-Pas vraiment.

Il boit d'une traite son verre de Whisky avant d'en demander un autre, ce qui me surprend beaucoup. Je ne pensais pas qu'il serait du genre à boire. Moi, je n'ai même pas encore touché à mon verre de vin blanc. Je tiens le verre dans ma main, mais je ne le porte pas à mes lèvres, ce n'est pas encore le moment.

-Heero ?

-Hmm ?

-Tu penses encore à tout ça ?

-Chaque jour, dit-il.

-Moi aussi. Et je dois l'avouer, ne plus piloter Deathscyte me manque, mais la paix est revenue et nos Gundam ont été mis au placard. Et il vaut mieux que cela soit comme ça j'imagine.

Il boit à nouveau son verre et j'ai l'impression que mes paroles ne lui font pas plaisir. Il est aussi nostalgique que moi de cette époque, même si ce n'était pourtant pas un moment très joyeux. Nous pouvions mourir à tout moment et nous avons bien failli à plusieurs reprises. Je pense que quand la guerre s'est terminée, lui comme moi, nous avons ressenti un énorme vide On a été formé pour la guerre et quand elle s'est arrêtée, on s'est retrouvés désemparés, Heero plus que les autres, je pense.

Trowa est retourné dans son cirque, Quatre à ses affaires, Wufei est entrée dans l'armée de protection, quant à moi, j'ai passé les vingt dernières années à aider dans un orphelinat. Mais Heero, à part voyager… j'ai l'impression qu'il n'a pas su trouver sa place et ça me fait beaucoup de peine.

-Heero ? Elle te plait ta vie ?

Il se tourne enfin vers moi et son regard vide me fait penser que ce n'est pas le cas. Il regarde son verre et je l'arrête avant qu'il ne le finisse. Mes yeux s'encrent dans les siens et j'espère qu'il ne va pas sombrer. J'ai l'impression en le regardant que si je le lâche des yeux, il disparaitra pour de bon. Et pourtant, c'est lui qui détourne le regard et se rassoit face au bar. Je me lève de mon tabouret et me rapproche de lui et je le sens se tendre.

-Heero, lui soufflais-je.

-Eloigne-toi de moi, dit-il d'un ton sec.

-Non, dis-je en mettant une main sur son bras.

Il me repousse violement, mais je reviens à la charge et je l'oblige à me regarder. Il détourne immédiatement les yeux et il me montre soudain un visage que je ne lui avais jamais vu. Il a l'air de souffrir et à cet instant, je n'ai qu'une seule envie, c'est le prendre dans mes bras.

-Heero, est-ce que tu veux bien m'accompagner ?

-Tu ferais mieux de me laisser, Duo, dit-il.

Il essaie de me faire lâcher prise et de partir, mais je le retiens. Il se débat à peine, alors qu'avant il n'aurais pas hésité à m'en foutre une dans la gueule. Pourtant, là, il ne fait aucun effort et je sens qu'il est fatigué.

-Non, pourquoi avoir accepté mon invitation, si tu voulais que je te laisse ? demandais-je d'un ton rude.

-Je ne sais pas… c'était une erreur, dit-il. Maintenant, lâche-moi.

-Non, jamais. Je ne peux pas te lâcher alors que tu es dans cet état.

-De quel état tu parles ? Je vais très bien.

Mon regard lui fait dire qu'il ne sert à rien de me mentir et il soupire. Il se relâche et je sens qu'il a abdiqué. Je vais payer nos consommations et quand je reviens, il n'a pas bougé. Il a la tête basse et je n'aime pas le voir comme ça. Ce n'est pas le Heero que j'ai connu. Vingt ans ont passé, et forcément, il n'est plus celui que j'ai connu, tout comme je ne suis plus le Duo d'avant. Nous étions des adolescents à cette époque et nous sommes des hommes aujourd'hui et ça, ça change beaucoup de choses.

Je reviens vers lui et je prends son poignet, avant de l'emmener hors du bar. Il se laisse faire sans rechigner et je l'emmène jusqu'à mon hôtel. Durant tout le chemin, il a la tête basse et je n'aime vraiment pas le voir comme ça. Nous arrivons à l'hôtel et quand nous entrons, il n'a toujours pas réagi. J'ai l'impression d'avoir ramené avec moi, une poupée inanimée. Je le fais asseoir sur le lit et il ne me regarde toujours pas. Je retire ma veste avant de la poser sur le porte-manteau, puis je prends la chaise près du bureau et la pose devant lui avant de m'asseoir. Je lui prends les mains et il relève enfin la tête. Son regard semble tellement perdu qu'il me fait encore plus de peine.

-Heero, qu'est-ce qu'il y a ? demandais-je doucement pour ne pas l'effrayer. Parle-moi.

Il ne dit toujours rien, il a rebaissé la tête. Je me rapproche un peu plus, je suis au bord de la chaise. Je lâche ses mains et les pose de chaque côté de son visage pour le forcer à relever la tête et me regarder. J'ai l'impression qu'il est au bord des larmes. C'est sans doute l'alcool qui lui donne cette expression ou peut-être autre chose qui sait. Ses yeux s'ancrent dans les miens et je rougis malgré moi.

Je dois l'avouer, je suis tellement heureux de le revoir. J'ai vraiment beaucoup pensé à lui ces dernières années. Il ne se rend pas compte à quel point il m'a manqué et je n'ai jamais osé lui dire. J'étais jeune et je savais qu'il ne me prendrait pas au sérieux. Et puis, il y avait Réléna, j'étais persuadé qu'il était amoureux d'elle et qu'il resterait près d'elle. Mais, ça n'a pas été le cas, alors ça me fait dire qu'il ne l'a jamais vraiment aimé, même s'il a dû avoir beaucoup d'affection pour elle.

Malgré tout, même si j'avoue ce que j'ai toujours ressenti pour lui, il n'est pas certain qu'il réponde favorablement, je dirais même qu'il est quasiment sûr qu'il me rejette. Je n'ai jamais su ce qu'il pensait, il n'a jamais montré aucune réelle émotion. Je me suis toujours dit que je l'agaçais un peu, à cause de ma bonne humeur constante, mais il n'a jamais vraiment exprimé quoi que ce soit en ma présence et je pensais que ce serait toujours comme ça. Et pourtant, aujourd'hui, alors que je le revois vingt ans plus tard, il a l'air si désemparé. Je caresse ses joues et il ne fait rien pour m'arrêter, ce qui me fait dire que je peux continuer.

-Heero, dis-moi ce qu'il y a ?

-Je ne sais plus quoi faire, dit-il.

-Comment ça ?

-Je… j'ai été élevé pour être un soldat… quand la guerre s'est terminée, je n'ai pas su quoi faire. Je pensais rester dans l'armée comme Wufei, mais au bout de quelques mois, j'ai compris que ce n'est pas ce que je voulais faire, alors, je suis parti et j'ai passé vingt ans à voyager, sans vraiment trouver ma place.

Je lui ai relâché le visage et cette fois, il ne baisse pas la tête. Il me regarde droit dans les yeux et je ne le lâche pas moi-même du regard de peur qu'il se défile à nouveau. Je pose à nouveau mes mains sur les siennes.

-Heero, pourquoi tu as accepté mon invitation ? demandais-je.

J'ai peur de sa réponse. J'ai peur qu'il me dise que ce n'était que par caprice, qu'il n'avait pas vraiment envie de me revoir, mais que ça cassait un peu la monotonie dans laquelle il s'était à priori englué ces dernières années.

-Parce que… hésite-t-il avant de détourner légèrement la tête.

Et j'ai l'impression qu'il rougit à cet instant, mais avec la lumière tamisée de la chambre, je n'en suis pas sûr. Il serre tout à coup ses mains dans les miennes et ses doigts s'entremêlent aux miens.

-Parce que je voulais te revoir, dit-il en relevant la tête à nouveau.

Et là, je peux clairement apercevoir une rougeur sur ses joues que je ne lui ai jamais vu. Je pourrais me dire que c'est l'alcool qui donne cette couleur rosée à ses joues, mais après ce qu'il vient de me dire, je suis sûr que c'est la gêne qui le fait rougir ainsi.

-Moi aussi, je voulais te revoir, dis-je. En fait… pour être honnête, comme j'ai pensé un moment que tu serais près de Réléna, j'espérais te voir à la télévision, pas loin derrière. Mais, ça n'a jamais été le cas. Et j'avoue, je n'ai jamais osé t'appeler, de peur que tu ne veuilles plus me voir. Je me disais que si on ne te voyait plus, c'était parce que tu voulais tirer un trait sur la guerre, les Gundam et… moi. Ça m'a peiné, mais je me disais que je ne pouvais pas m'imposer à toi. Cependant, quand je t'ai vu dans cette rue, je me suis dit que ce serait sans doute ma dernière chance de te revoir. Alors, j'ai pris mon courage à deux mains, je t'ai appelé et par bonheur, tu as répondu. Je n'attendais rien de particulier de cette soirée, je voulais juste te revoir et voir ton visage. Mais, j'avoue que je ne pensais pas te retrouver comme ça, dans cet état. Et ça me fait mal de te voir comme ça.

-Tu parles toujours trop Duo.

-Je sais, je suis comme ça. Mais, j'ai besoin de m'exprimer, contrairement à toi.

-Je sais et je ne te le reproche pas, c'est ce que j'ai toujours aimé chez toi. Cette capacité à t'exprimer alors que moi, je n'ai jamais pu.

-Ce que… tu as toujours aimé ? demandais-je en rougissant.

-Oui, dit-il en souriant soudainement ce qui me trouble et me fait manquer un battement de cœur.

Cette fois, c'est lui qui se rapproche. Son sourire ne quitte pas son visage, mais je vois sur son visage qu'il est en souffrance. Il n'est pas sûr de lui, tout comme moi. J'ai peur de me faire des idées. Si j'amorce un geste et que ça ne lui plait pas, ce sera vraiment sans doute la dernière fois que je le verrais. Pourtant, si je ne fais rien, je pense que je le regretterais, alors, courageusement, je me rapproche un peu plus de lui, approche mon visage, au point que je sens son souffle sur mon visage.

Et contre tout attente, c'est lui qui fait le premier pas. Il réduit la distance entre nous et pose ses lèvres sur les miennes. D'abord, je suis surpris, parce que je ne m'attendais pas à ce que ce soit lui qui prenne l'initiative et bientôt, je lui réponds. J'ai peur que si je ne le fais pas assez vite, il pense que je ne le voulais pas, qu'il se recule et qu'il s'enfuit. Donc, je presse un peu plus mes lèvres contre lui.

Je ne suis pas dans la meilleure position sur cette chaise, mais rien au monde ne me ferait bouger. Je m'accroche à ses bras et demande l'accès à ses lèvres qu'il me donne sans attendre. Nos langues se touchent doucement, elles se cherchent, elles sont d'abord timides, mais bientôt, le baiser se fait plus profond. J'ai tellement chaud, ce baiser est si intense que j'en ai des papillons dans le ventre. Et puis, il y a ce rêve que je réalise enfin, embrasser Heero. Ça fait vingt ans que j'attends ce moment, vingt ans que je ne pense qu'à lui.

Nous nous reculons au bout de quelques instants, un peu essoufflé par ce baiser endiablé que nous nous sommes donnés. Heero me regarde avec appréhension. Décidemment, je n'aurais jamais cru voir autant d'expressions sur son visage en une seule soirée. J'ai l'impression de voir un enfant apeuré devant moi. Il attend mon consentement et je suis bien entendu prêt à lui donner.

-Je t'aime Duo, me surprend-t-il tout à coup.

Je me rassois sur ma chaise, un peu surpris et j'ai l'impression que mon geste le perturbe et d'un seul coup, il se lève, prêt à partir. Mais je ne lui laisse pas le temps de faire un autre geste que de se lever. Je ne le laisserais pas s'enfuir sur un malentendu, c'est hors de question. Je me lève à mon tour et le prends dans mes bras avant de l'embrasser à nouveau. Je dépose plusieurs baisers sur ses lèvres et même sur son visage.

-Moi aussi je t'aime Heero.

Je le sens trembler dans mes bras, mais il finit par se calmer quand il entend mes « je t'aime » que je lui donne comme une litanie qu'il a besoin d'entendre pour être rassuré.

-Je t'aime depuis vingt ans Heero et je t'aimerais pour les vingt ans à venir et même plus. A jamais.

Fin !

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