Sans lui
Anakin était très inquiet. Obi-Wan avait trois minutes de retard. Il lui avait promis qu'il viendrait le chercher après la classe et il n'était toujours pas là.
Après un mois d'adaptation dans le Temple et d'apprentissage des bases, le Padawan avait enfin été autorisé à suivre les cours classiques d'un padawan junior. Ainsi, son premier cours était un cours de diplomatie en langues étrangères et aliens. C'était intéressant, mais sans plus, il avait déjà eu des discussions rocambolesques avec des étrangers sur Tatooine et il était certain que ce cours ne serait qu'un plus pour lui, du moins, le pensait-il.
Mais là, n'était pas le problème. Obi-Wan tardait à arriver et Anakin ne pouvait s'empêcher de faire les cent pas, ignorant les regards de ses jeunes confrères et des Jedi, qui exprimaient une surprise non retenus face à son impatience.
Puis, après de longues secondes, il était là. Un peu essoufflé, les cheveux légèrement décoiffés, mais bien là, courant vers Anakin, l'expression navré.
« Je suis désolé, Padawan, j'espère que tu n'as pas trop attendu, haleta Obi-Wan.
- Vous avez quatre minutes et 45 secondes de retard, maître, reprocha l'enfant d'un ton boudeur.
- Je suis désolé, répéta Obi-Wan avec un rire nerveux, Maître Rancisis m'a retenu, je l'ai croisé alors que je venais te chercher. »
Anakin se renfrogna encore plus, non content de voir que même en son absence, Obi-Wan attirait les regards. Depuis qu'il vivait au Temple, il avait découvert la popularité de son maître auprès des membres de l'Ordre Jedi, non seulement, il était aimé par pratiquement tous, mais en plus de cela, tout le monde, sans exception, espérait une attention du jeune tueur de Sith. Pendant le mois d'adaptation, il n'y avait pas un seul jour, où Obi-Wan était arrêté dans les couloirs pour discuter d'une technique de sabre ou d'un moyen de négociation, ou encore d'un plan stratégique pour une mission d'infiltration. Anakin écoutait toujours d'une oreille, tirant discrètement la manche d'Obi-Wan, attirant son attention, pour s'extirper de ses personnages qui envahissaient son maître de manière si peu conventionnelle, et ce, du point de vue du jeune padawan.
« Tu m'en veux ? questionna doucement Obi-Wan alors qu'il restait silencieux.
Il sursauta, décontenancé par la supposition de son adorable maître.
- Non, maître, je vous en veux pas, j'étais inquiet, avoua-t-il en se tordant les mains.
- Inquiet ?
- Oui, fit-il en hochant la tête.
Et sans prévenir, il saisit l'un des bras d'Obi-Wan et le tâtonna rapidement, puis se chargea de l'autre de la même manière.
« Que…Anakin ? qu'est-ce que tu fais ? bredouilla le Jedi confus.
- Je vérifie, déclara le jeune garçon en passant ses mains sur la taille de son ainé.
- Anakin, ça suffit ! »
Obi-Wan s'écarta de lui, le repoussant délicatement par les épaules. Ses joues étaient devenus rouge écarlate, ce qui intrigua Anakin, qui trouvait ses réactions de plus en plus fascinants. En fait, il le trouvait mignon, un peu comme un petit chat manka. Il avait subitement envie de le prendre dans ses bras et de le rassurer.
Cependant, il voyait bien qu'Obi-Wan était mal à l'aise et il culpabilisa alors, regrettant d'avoir été blessant envers son maître.
« Je t'ai fait mal, Obi ? »
Le Jedi cligna des yeux, sans doute étonné qu'Anakin l'appelle ainsi. En général, quand Anakin l'appelait ainsi c'était la nuit, quand il faisait des cauchemars et qu'il venait se blottir contre lui, dans son lit. Le seul moment où Obi-Wan se permettait d'agir comme un être humain normal et non un Jedi.
« Non, non, Ani, tu ne m'as pas fait mal, assura-t-il en s'agenouillant pour être à sa hauteur, tu devrais juste me demander avant de me toucher.
- Je voulais juste savoir si tu n'étais pas blessé, expliqua Anakin, j'avais peur qu'il t'arrive quelque chose quand je suis pas là.
- Padawan, je peux me débrouiller tout seul ! protesta Obi-Wan.
- Vous êtes parfois maladroit, maître.
- Quoi ?
- Je le vois, la dernière fois, vous avez oublié de nettoyer la salle de bain et vous avez glissé sur le carrelage.
- C'était un accident !
- Vous avez oublié et si j'avais pas été là, vous auriez pu vous blesser !
- D'accord, d'accord, tu as raison, je te promets que je fais attention, obtempéra Obi-Wan qui commençait à devenir embarrassé, surtout en public car quelques Jedi passaient auprès d'eux et riaient doucement.
Anakin n'était pas rassuré de cette promesse mais il était ravi que son maître admette à demi-mot qu'il avait besoin d'Anakin dans sa vie.
