The originals est à Julie Plec. Ici l'histoire se déroule dans un monde humain sans la présence des vampires.
Une inconnue pas si inconnue
Une grande fête avait lieu au château des de Martel, Lucien de Castle, fils d'un comte ami du patriarche des de Martel, et lui même ami du fils aîné des enfants du maître des lieux avait été invité. Il déambulait à la recherche de son ami lorsqu'il le vit en compagnie d'une jeune femme rousse à qui il tenait les mains.
"Mais que vois-je, Tristan voyons tu désertes la fête de ton père pour retrouver en cachette une ravissante lady, que dirait-il s'il le découvrait?
Les deux individus qu'il avait surpris se tournèrent vers lui, ils affichaient une mine confuse et le fixaient comme s'il était tombé sur la tête.
-Lucien aurais-tu bu un verre ou deux avant de nous rejoindre ici?, le questionna le futur comte.
-Non, je te cherchais avant de débuter les festivités, pourquoi cette question?
-Tu ne la reconnais pas?, insista Tristan
-Tristan voyons, si je connaissais une aussi belle lady je crois que je m'en souviendrais, affirma-t-il.
La jeune lady qui n'avait encore pas prononcé le moindre mot depuis l'arrivée du brun, baissa la tête pour étouffer du mieux qu'elle pouvait les rires qui sortaient de sa bouche. Tristan lui même semblait se retenir de se moquer de son ami.
-Je t'informe que cette inconnue est ma sœur, annonça le de Martel.
Le de Castle tourna la tête vers la petite rousse qui avait relevé son visage et qui le fixait un petit sourire amusé sur les lèvres.
-C'est Aurora!, s'exclama-t-il n'en revenant pas.
-Je n'ai qu'une sœur Lucien, rappela-t-il.
Une servante arriva à la course, elle s'inclina devant les trois individus puis informa Tristan que son père réclamait sa présence, avant de s'incliner une seconde fois et de repartir aussi vite qu'elle était venue.
-Je ne vais pas le faire patienter plus longtemps, je me demande bien ce qu'il me veut, soupira le concerné, Lucien je te confie cette jeune lady, prends bien soin d'elle, ajouta-t-il moqueur.
-Très amusant Tristan, répondit-il sarcastique à son ami qui s'éloignait.
Une fois qu'il eut disparut il fut seul avec Aurora qui souriait toujours amusée par le fait qu'il ne l'avait pas reconnue. Il la détaillait de la tête aux pieds ne pouvant croire que c'était bel et bien Aurora de Martel qu'il avait devant lui.
-Dix ans déjà, dit-il enfin.
-Dix ans et pas un jour de plus, confirma-t-elle.
Dix ans, quarante saisons pendant lesquelles il avait été privé de sa présence, quarante saisons qu'elle avait passé enfermé dans une couvent. Pourtant, même loin du monde, la nature ne l'avait pas oubliée. Lucien revoyait l'adorable petite fille de huit ans adorée de tous. Aujourd'hui, dix ans plus tard, elle était magnifique et il était certain qu'elle allait faire tourner les têtes, elle provoquait déjà cet effet sur lui. Il ne pouvait quitter du regard ses yeux, et il ignorait comment il pouvait encore se tenir debout alors qu'ils le désarçonnaient.
-Je suis étonnée que tu ne sois pas toujours pas marié, lui confia-t-elle.
-Ah bon?
-Oui un peu, je veux dire tu es jeune, tu es en bonne santé, enfin de ce que je vois tu n'as pas l'air souffrant, tu es un des meilleurs partis avec mon frère. Je t'avoue que je suis fort étonnée que tu sois toujours libre. Je pensais au moins que tu serais fiancé.
Il ne su s'il rêvait mais il eut l'impression que cela lui faisait plaisir. Trois années les séparaient mais cela ne les avait jamais dérangé. Aurora avait toujours été mature pour son âge, rien de surprenant lorsque comme elle on avait perdu sa mère à la naissance et qu'on avait grandi avec un père aussi froid que le comte de Martel. Lucien plaignait souvent ses amis, surtout la jeune comtesse à qui aucune erreur n'était pardonnée. Il admirait Rora pour avoir su garder sa douceur et sa gentillesse malgré l'éducation qu'elle avait reçu.
-Je suppose que tu dois être contente d'être de retour ici.
-Je n'étais pas mal au couvent, les sœurs et la mère supérieure étaient très gentilles avec moi, cela me changeait de...
Elle se mordit la langue et ne termina pas sa phrase, honteuse d'avoir faillit manquer de respect à son père.
-En tout cas, je suis ravie de vous revoir Tristan et toi, s'empressa-t-elle d'ajouter afin de détendre l'atmosphère.
-Nous aussi, même si je me demande encore comment je n'ai pas pu te reconnaître tout seul.
-Tu es conscient que mon frère va te le rappeler dès que l'occasion se présentera, lui fit-elle remarquer.
-Je vais en attendre parler jusqu'au jour de ma mort je crois bien, soupira-t-il.
-Non, cela ne durera pas aussi longtemps, rassure-toi.
-Tu me vois donc vivre vieux, en conclut-il.
-Je ne sais pas, j'ignore ce que Dieu a prévu pour toi mais je suis certaine que Tristan trouvera d'autres prétextes pour te tourmenter.
-Merci, je croyais que tu allais me réconforter mais non toi aussi tu te moques de moi, dit-il vexé en prétextant partir.
-Non, Lucien, ne me laisse pas, le supplia-t-elle en lui attrapant le bras gauche.
Il lu la détresse dans ses yeux, elle avait été éloignée de Marseille pendant dix ans, les gens avaient changé et elle devait se sentir perdue entourée d'individus qu'elle ne reconnaissait peut-être pas et à qui elle ne devait pas trop savoir quoi leur dire.
-Je ne pars pas Rory, je te le promets.
Il lui adressa un sourire qu'il espéra sincère pour lui prouver qu'il ne s'éloignerait pas d'elle. Elle le remercia d'un sourire mais ne retira pas sa main de peur qu'on ne lui le vole.
-Sinon, puis-je connaître la raison de ces festivités?
-Mon père voulait faire savoir à tout le monde à quel point il était heureux de revoir sa fille adorée qui lui avait cruellement manqué pendant toutes ses années au couvent. La seule consolation qu'il avait était qu'elle était sous la protection du Seigneur et qu'il n'y avait pas meilleure protection, récita-t-elle.
Ils échangèrent un regard, ni l'un ni l'autre ne croyaient à ce qu'elle venait de raconter, mais le comte aimait prétendre qu'il avait de l'affection pour le plus jeune de ses enfants. Lucien savait parfaitement que ce n'était pas le cas et qu'il n'aurait pas versé une larme s'il avait appris qu'elle était morte.
-Évidemment, j'aurais dû m'en douter. Je te pris de me pardonner, s'excusa-t-il
-Lucien, ne t'excuse pas, toi et moi savons que ce n'est qu'un prétexte pour étaler ses richesses et montrer sa puissance. J'ai moins de valeur à ses yeux que ses chiens de chasse, eux ils n'ont pas tué son épouse adorée.
Elle baissa le visage, hantée par la mort de sa mère que son père lui avait reproché maintes et maintes fois la disparition. Lucien détestait la voir dans cet état à cause du comte, il méprisait le géniteur des de Martel et devait jouer la comédie à chaque fois qu'il était en sa présence.
Lucien aussi avait perdu sa mère, il avait cinq ans, mais jamais son père ne l'avait jugé responsable du décès de son épouse. Tristan non plus n'appréciait pas son père et rêvait du jour où il disparaîtrait définitivement.
-Plus je te regarde et moins je comprends comment j'ai pu ne pas deviner que c'était toi, insista-t-il pour changer de sujet.
Ce qu'il vit parfaitement ce fut les joues d'Aurora qui prirent la même teinte que ses cheveux, elle était tellement belle et elle lui avait tellement manqué.
-Lucien, voyons, toi seul avec une jeune lady, que dirait ton père s'il apprenait que tu te compromets, lança une voix masculine d'un ton moqueur.
-Alors monsieur Tristan de Martel sachez qu'il ne dirait rien parce qu'il sait parfaitement que je ne suis pas ainsi et que jamais je ne ferais quoi que ce soit qui pourrait nuire à la réputation de votre jeune sœur, répondit-il.
-Que tu n'avais pas reconnu alors que cela se voit comme le nez au milieu de la figure, signala le blond.
Aurora rit sans retenu cette fois-ci, les joutes verbales de ces deux-là lui avait terriblement manqué, tout comme leur présence dans sa vie. Elle les aimait si fort et ne pas les voir pendant dix ans avait été très dur à endurer.
-Voulais-tu quelque chose, à part te moquer de ton meilleur ami?, demanda Lucien.
-Figures-toi que c'est le cas, je viens vous chercher car votre présence est requise pour le début du banquet, les informa-t-il."
Les deux garçons se placèrent autour de la jeune femme et chacun de leur côté lui prirent le bras. Elle leur offrit le plus beau sourire qu'ils aient vu depuis dix ans, leur astre solaire était de retour et ils avaient l'impression d'enfin sortir d'un interminable hiver. Ils chassèrent de leurs esprits les quelques nuages noirs qui leur soufflaient que le comte allait sûrement chercher à éloigner Aurora d'eux, le plus rapidement possible et cette fois-ci ce serait pour toujours.
